( 2 octobre, 2007 )

Protection des enfants

Haro sur leurs mauvais traitements !

Quelle est la situation actuelle des droits de l’enfant en Mauritanie ? C’est pour apporter des éclaircissements à cette interrogation, que Terre des Hommes a initié un débat sur les droits des enfants dans les domaines de la justice et de la santé animé par des experts sociologues, juristes, médecins et psychiatres au Centre Culturel Français Antoine de Saint Exupéry de Nouakchott ce mardi 19 septembre.

Ce débat a permis, loin d’être un diagnostic holistique, d’avoir une meilleure connaissance de la situation des droits de l’enfant, du cadre juridique et institutionnel, de certaines pratiques traumatisantes qui provoquent un déséquilibre psychique mais aussi la nécessité de mener des campagnes de sensibilisation sur les mauvais traitements des enfants qui constituent de facto la couche la plus vulnérable de la société. Au cours de ce débat, les experts ont essayé de faire comprendre la situation dans laquelle vit l’enfant mauritanien de manière générale. Chacun de son coté a évoqué la nécessité de protéger les enfants trop souvent victimes de pratiques coutumières nocives à la santé ou de violences extrêmement graves.
Certes, beaucoup de choses ont été accomplies dans le cadre de la promotion des droits de l’enfant. Parmi lesquelles, on peut citer l’adoption du code statut personnel, l’intégration de la dimension enfant dans le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, la réforme de la justice juvénile qui sont des avancées significatives militant en faveur du recul et de la disparition des mauvais traitements des enfants.
De même que la Mauritanie a ratifié plusieurs instruments juridiques internationaux : la convention relative aux droits de l’enfant et a adhéré au protocole additif à la CDE, la convention sur les pires formes de travail, la convention 182 du bureau international du travail, la convention sur le travail de nuit des enfants.
Mais il a été relevé par certains experts du débat que le législateur mauritanien qui est sensé même protégé l’enfant ignorent le contenu de ces conventions qui ne sont pas souvent harmonisées avec les lois internes, et d’autre part, les parents eux non plus ne maîtrisent pas ou ne connaissent pas bien les droits et les devoirs de leurs progénitures. Ceci crée, à leurs yeux, des disjonctions entre les textes juridiques et les pratiques. Et par ailleurs, il n y a pas de spécification sur toutes les situations d’atteinte aux droits de l’enfant en Mauritanie. Et Dieu sait qu’elles sont nombreuses !
Dans notre pays, les enfants peuvent se retrouver du jour au lendemain dans un cercle vicieux. Drogue, pédophilie, vols, viols… Cette situation est un corollaire de l’extrême pauvreté de certaines familles qui vivent parfois dans des conditions difficiles.
Même si la situation des droits de l’enfant dans notre pays est peu reluisante, il faut dire que la dimension de l’enfant a toujours été prise en considération. On peut citer entre autres la loi n°006/07 portant incrimination et répression des pratiques esclavagistes qui assure la promotion et la sauvegarde du droit et du bien être de l’enfant.
Sur le plan institutionnel, la mise en place de la brigade des mineurs a permis la diminution de certains phénomènes qui étaient jusque là persistants. Disposant suffisamment de peu de moyens et travaillant dans des conditions parfois très difficiles, cette brigade a participé à la régression de la délinquance juvénile Nouakchott. C’est le cas des vols de voiture souvent faits par des enfants issus de familles aisées. Pour ce qui est des viols qui demeurent le délit le plus fréquent, la brigade enregistre par jour 2 à 3 cas. En ce qui concerne l’inceste ou les mariages forcés, la situation est en nette régression.
Sur le plan judiciaire, il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites dans le cadre de la promotion des droits de l’enfant. La législation mauritanienne qui est inspirée du droit musulman a marqué des pas importants dans la justice des mineurs. Auparavant, les pouvoirs publics appliquaient les même peines appliquées aux adultes et les enfants en conflit avec la loi partageaient les mêmes cellules avec les adultes. C’est par la suite que le centre de Beyla fut construit pour essayer d’apporter des solutions à la délinquance juvénile et de séparer les enfants des adultes. Aujourd’hui, certaines associations de défense des droits de l’enfant plaident pour la suppression de ce centre qui, à leurs yeux, ne constituent pas la solution au x problèmes de délinquance juvénile. Et aujourd’hui, grâce à la réforme de la justice des mineurs, l’enfant bénéficie juridiquement du principe de l’assouplissement des peines. Ainsi donc d’une législation répressive on est passé à une législation éducative.
Ce n’est pas uniquement le chapitre justice qui est apparent dans les droits des enfants même si elle occupe une place assez importante. Il y a aussi le volet sanitaire puisque les conséquences psychologiques de certaines pratiques sont incalculables. En outre, il a été noté au cours de ce débat que les filles sont les premières victimes en matière d’atteinte aux droits de l’enfant : gavage, viols, travail forcé, exploitation sexuelle, pédophilie…
En Mauritanie, on estime à 78 pour 1000, le taux de mortalité infantile. Aujourd’hui, on suppose que 56% des filles de 0 à 1 an sont excisées. Ce phénomène est pratiqué dans presque toutes les communautés du pays. Mais elle demeure plus pratiquée dans l’est du pays chez les Maures. Mis à part ceci, l’excision est pratiquée à grande échelle dans notre pays. Un tour sur les statistiques confirme cet état de fait. 75% des femmes interrogées sur cette pratique affirment qu’elles feront exciser leurs filles. Les raisons sont assez dissemblables : 80% d’entre elles la pratiquent pour des raisons religieuses tandis que 20% la font pour des raisons coutumières. Et par rapport aux conséquences, il y a eu des discussions entre les médecins et les religieux. Mais jusqu’à présent, les médecins mauritaniens ne se sont pas prononcés de manière explicite sur cette pratique. Un jeu de ping pong s’est installé entre les médecins et les religieux, chacun ne voulant pas assumer ouvertement ces propres responsabilités sur cette question assez «embarrassante» et délicate.
Pour ce qui est des infanticides, 34 cas(2007) ont été signalés dans la ville de Nouakchott alors que celui des enfants abandonnés a fortement progressé. Ajouté à cela, les enfants malades qui souffrent du manque de prise en charge.
Les enfants apprentis et les enfants almoudos ferment la marche des enfants dont les droits les plus élémentaires sont bafoués au vu et au su de tout le monde. C’est pour tirer la sonnette d’alarme que ce débat a eu lieu afin de permettre d’ouvrir d’autres brèches dans la promotion et la sauvegarde du bien être de l’enfant mauritanien. Et ceci passera nécessairement par l’information, la formation et la sensibilisation sur les droits de l’enfant.
Babacar Baye Ndiaye

( 2 octobre, 2007 )

Ba Issa Sidy, ancien policier

Secrétaire Général du Collectif des anciens fonctionnaires de police victimes des événements(1986-1989-1992)
«Le calvaire des policiers noirs n’a pas commencé uniquement à partir de 1992. Déjà, en 1986, avec le problème des flamistes, il y avait une sorte de bouillonnement au niveau de la police nationale pour faire un balayage ethnique »

Le rénovateur : Pouvez-vous nous faire un peu la genèse de votre collectif et les démarches que vous avez eues à mener ?
Ba Issa Sidy : En décembre 2003, j’ai rencontré d’anciens fonctionnaires de police victimes des événements de 1986, 1989 et 1992 pour essayer de mettre en place ce collectif. Depuis lors, nous n’avons ménagé aucun effort pour la reconnaissance de nos droits. A cet effet par exemple, nous nous sommes adressées à notre ancien employeur(direction générale de la sûreté nationale du Ministère de l’Intérieur, NDRL). Nous avons aussi rencontré au moment de la transition le directeur général de la sûreté nationale. Récemment, le Ministre de l’Intérieur Yall Zakaria nous a reçus en nous assurant que le gouvernement fera de tout son possible pour résoudre la question du passif humanitaire tout en demandant l’implication de tout le monde à cette dynamique.
Le Rénovateur : A vous entendre parler, on dirait que vous êtes optimiste ?
B.I.S : Effectivement. Mais d’un autre coté, beaucoup parmi les policiers qui étaient victimes des événements courent toujours derrière leurs droits. Ces gens-là ont été révoqués de leur fonction parce qu’ils sont tout simplement noirs. Le calvaire des policiers noirs n’a pas commencé uniquement à partir de 1992. Déjà, en 1986, avec le problème des flamistes, il y avait une sorte de bouillonnement au niveau de la police nationale pour essayer de faire un balayage ethnique. C’est comme si la direction de la sécurité de l’Etat et la direction du personnel avaient voulu se solidariser des mesures prises par le pouvoir politique alors que les policiers n’avaient rein avoir avec la Flam. Il y a eu une complicité entre le directeur du personnel et le directeur de la sécurité de l’Etat qui étaient tous deux des cousins de Maouiya.
Le Rénovateur : Aujourd’hui, êtes-vous prêt à tourner la page ?
B.I.S : Il y a eu des policiers qui ont été torturés. C’est très important de le souligner. Tous les policiers qui avaient été appréhendés au moment des événements ont fait l’objet de tortures et de sévices. Certes, il n y a pas eu de cadavres à faire sortir des tiroirs quand il s’agit de policiers. Dans tous les cas, il faut dire la vérité et rétablir des gens dans leurs droits. On ne peut pas pardonner quand la vérité n’est pas dite sur les tortures commises sur les policiers noirs. Tous les mauritaniens sont appelés à vivre ensemble.
Le Rénovateur : Vous n’êtes pas donc pour la poursuite judiciaire ?
B.I.S : Si, si, si. Je ne suis pas favorable à ce qu’on laisse ces gens-là dans l’impunité parce que cela pourrait les inciter peut-être à refaire la même chose et pourquoi pas si les noirs voulaient faire eux aussi la même chose. Donc, il faut qu’il y ait des mesures pour que de telles choses ne se reproduisent plus.
Le Rénovateur : Votre collectif est-il reconnu par l’Etat mauritanien ?
B.I.S : Non ! Pourtant, nous avons adressé 5 à 6 demandes dans ce sens. Nous ne sommes pas un collectif clandestin. Nos activités sont connues de tout le monde. Chaque année, nous renouvelons notre demande de reconnaissance comme ampliative le FONADH. Même si notre collectif n’est pas encore reconnu par l’état mauritanien, nous continuerons à revendiquer la reprise des policiers injustement révoqués et le retour de certains d’entre eux qui ont été déportés pendant les événements. Aujourd’hui, parmi les 180 victimes, 17 sont décédées.
Le Rénovateur : Vous demandez donc votre réinsertion dans la police nationale ?
B.I.S : Effectivement et principalement pour ceux qui ont la possibilité de réintégrer la police nationale ou à défaut de cela qu’ils puissent obtenir le remboursement intégral de leurs droits. Parmi ces anciens fonctionnaires de la police, il y en a certains qui sont en âge de pouvoir reprendre service. S’ils ont envie de reprendre, il n y a pas de raison qu’ils recouvrent leurs droits. En outre aussi, il faudrait que leurs grades soient ajustés à celles de leurs promotionnaires qui sont actuellement en service.
Le Rénovateur : N’avez-vous pas peur que votre dossier traîne ?
B.I.S : C’est tout à fait normal mais cela ne nous empêchera pas d’être optimiste. Nous sommes des mauritaniens et nous avons des droits. Je crois que le nouveau régime en est conscient. Dans ce cadre, nous avons prévu de rencontrer le Président de l’Assemblée Nationale Messaoud Ould Boulkheir et le Président du Sénat Ba Mamadou Mbaré. Il y a actuellement des signes qui montrent que les autorités sont favorables au règlement définitif de notre dossier. Le Ministre de l’Intérieur nous a même assuré que tous les policiers victimes des événements seront réintégrés dans leurs droits et entièrement dédommagés.
Le Rénovateur : Disposez-vous des documents qui prouvent que vous étiez de la police nationale ?
B.I.S : Effectivement que nous avons des preuves, bien qu’on ait tout fait pour détruire ces documents. Nous savons qu’au niveau de la section solde, on a fait disparaître nos documents. Au moment des événements, il y a eu un groupe de 50 personnes qui ont été radiées sans qu’il y ait la moindre décision. Il n y a pas eu non plus un arrêté. Souvent, nous posons la question de savoir si nos salaires ne sont pas perçus tous les mois par nos anciens employeurs. Cette révocation n’est pas sortie dans le journal officiel. A plusieurs reprises, nous avons fait cas de cela.
Babacar Baye Ndiaye

( 2 octobre, 2007 )

Youssou N’Dour, musicien surdoué et militant

Youssou N’Dour, musicien surdoué et militant

Elégant, affable, efficace, le chanteur sénégalais Youssou N’Dour, 48 ans, figure au palmarès des cent personnalités les plus influentes de la planète publié chaque printemps par le Time Magazine. « J’ai vu Youssou être l’objet d’une attente croissante et devenir sans effort un leader africain de premier plan. Il a imaginé avant tout le monde de lancer des campagnes pour l’élargissement des nouvelles technologies, il s’est engagé dans un combat contre le paludisme, a milité à l’Unicef. Il est pour moi une source d’inspiration, pas seulement comme artiste, mais comme individu », écrivait le chanteur Peter Gabriel pour présenter dans l’hebdomadaire américain du 14 mai celui qu’il découvrit à Dakar en 1984. Youssou N’Dour, qui a commencé sa carrière musicale à l’âge de 14 ans, y était déjà célèbre et adulé.
Youssou N’Dour, musulman de confrérie mouride, est un chanteur populaire, un gamin à la voix d’or né dans la Médina de Dakar, il gère des affaires et s’implique dans l’humanitaire, mais pas seulement. De timide et introverti qu’il était en dehors de la scène à ses débuts, il est aujourd’hui devenu le porte-parole d’une Afrique urbaine et économiquement consciente.
Ainsi, début juin, il était au G8 d’Heiligendamm, près de Rostock, en Allemagne, avec ses amis Bono (chanteur de U2) et Richard Branson (fondateur de Virgin). Du voyage également, Sir Bob Geldof, promoteur du Live Aid en 1985 contre la famine en Ethiopie, puis du « Live 8″ en 2005, série de shows télévisés planétaires montés pour exiger des puissants l’abolition de la dette des pays les plus pauvres. Youssou N’Dour avait alors été le seul chanteur africain à figurer dans les concerts « nobles » de Paris ou de Londres.
Les présidents présents à Rostock, dont Nicolas Sarkozy pour la France, n’ont pas manqué de se laisser photographier aux côtés de ces stars du show-biz, une aristocratie à laquelle, bizarrement, Youssou N’Dour appartient. « You », en effet, vit, travaille à Dakar. Il aurait pu toute sa vie vendre un nombre de disques proportionnel à la connaissance mondiale du wolof.
Mais le musicien surdoué a su décupler ses forces de vente par un incontestable talent, et par un gracieux système d’alliances : duo de charme avec Neneh Cherry (7 Seconds, standard absolu), appui confraternel du cinéaste américain Spike Lee, puis flirts avec la musique arabe, notamment dans Egypt, hymne à l’islam tolérant enregistré au Caire, et récompensé en 2005 par un Grammy Award américain, malgré le choc irakien, alors que, en 2003, il avait annulé sa tournée américaine en signe de protestation. Le voici acteur, rejouant la tragédie de la traite négrière dans le rôle de l’esclave-poète Olaudah Equiano pour Amazing Grace, du Britannique Michael Apted, à sortir prochainement.
Nouvelle cause : le Darfour. Le 6 juillet, en ouverture du festival de jazz de Montreux, il organise une marche en bordure du lac Léman, au côté du rapporteur spécial de l’ONU Jean Ziegler. « Pourquoi Montreux ? », lui demanda la plate-forme d’informations suisse Swissinfo. « Pour moi, le contraste entre Montreux – avec ses belles voitures et ses gens arborant des airs de fête – et le Darfour, avec 200 000 morts et plus de 2 millions de réfugiés, montre que ce monde est déséquilibré. C’est choquant, c’est vrai, mais cela pousse surtout à réfléchir. Le Darfour pose un problème à la fois ethnique, religieux et politique, qui a trait au terrorisme et à l’islam. » Je veux, nous disait-il en juin à Paris, emmener au Darfour des artistes et des intellectuels africains.
La rumeur voudrait que Youssou N’Dour soit mûr pour entrer en politique : il serait candidat à la députation, à la mairie de Dakar, à la présidence de la République du Sénégal, à celle de l’Union africaine… Mais, invité en mai à la grande « party » qui réunissait les cent personnalités de l’année retenues par Time Magazine, il en revient sceptique, chamboulé et gêné : « On a l’impression que, dans ces milieux-là, on peut décider du sort du monde. »
A Dakar, pourtant, la polémique va bon train : sous le baobab Youssou, aucune herbe ne repousserait. Il serait l’ami des présidents, intime d’Abdou Diouf, puis d’Abdoulaye Wade, toujours du côté du manche. Youssou N’Dour possède un studio d’enregistrement, Xippi, un label de disques, Jojoli, une boîte de nuit, le Thiossane, deux fondations humanitaires. Il a créé Joko, un réseau d’accès à Internet pour les plus démunis. Il possède une radio, Radio Futur Medias, un journal, L’Observateur (60 000 exemplaires par jour), regroupés au sein du groupe Futur Medias, qui emploie 104 personnes. Il a des projets de télévision, parce que « les Africains doivent créer leurs médias ».
Son récent divorce à l’amiable d’avec sa première femme, Mamy Camara, a alimenté les gazettes, autant que le procès en diffamation que lui a intenté Karim Wade, le fils du président, après la révélation, dans L’Observateur, d’un trafic de devises de plusieurs millions de dollars l’impliquant. Youssou N’Dour avait soutenu sans réserve ses journalistes. « Les médias, c’est difficile, commente le directeur de la publication, on dit toujours : c’est Youssou qui dit que… Mais non, je découvre le journal chaque matin, c’est un challenge. »
Ce patron de presse inhabituel insiste : « Les Africains ne sont pas forcément bien informés. En 1985, quand je demandais à ma mère ce qu’était l’apartheid, elle ne savait pas. Alors, j’ai écrit la chanson Nelson Mandela. Aujourd’hui, j’ai des amis qui me demandent qui est le président du Darfour ! Nous devons obtenir de vraies informations et les mettre en commun avec les peuples du continent. » Dès 1985 (pour exiger la libération de Mandela), les concerts ont été la première arme de ce père de sept enfants. Au printemps 2005, avec l’organisation internationale Roll Back Malaria (RBM), il organise l’Africa Live à Dakar, contre le paludisme, avec, en octobre, retrouvailles à Genève pour le 60e anniversaire des Nations unies avec Peter Gabriel, Tiken Jah Fakoli, Stephan Eicher, Gilberto Gil et Kofi Annan.
« Il fallait prendre cette maladie au sérieux. En pleine crise de paludisme, les Sénégalais disaient, avec une grande légèreté : je suis un peu « sibirou ». Aujourd’hui, le discours a changé. On sait qu’il y a près de 3 millions de morts du paludisme par an. Je m’étais fixé un seuil de 3 milliards de dollars pour lutter contre cette maladie et notamment acheter des moustiquaires. » Il dit avoir réuni 1,4 milliard. ( source : le monde)

( 2 octobre, 2007 )

« Il y a beaucoup de frustrations derrière cette image d’unité et de tranquillité »

Boubacar Ould Messaoud, Secrétaire Général de SOS Esclaves

Criminalisation de la pratique de l’esclavage, règlement du passif humanitaire, situation des droits de l’homme en Mauritanie, l’affaire Alioune Sow…Boubacar Messaoud, président de S.O.S Esclaves, revient sur ces grands dossiers épineux toujours pendants et auxquelles doivent s’atteler les nouvelles autorités afin de leur trouver des solutions consensuelles et urgentes.

Le Rénovateur : Cela fait des années qu’on en parle, est-ce qu’on va s’acheminer une fois pour toutes sous le régime de Sidi vers la criminalisation de la pratique de l’esclavage en Mauritanie ?
Boubacar Ould Messaoud : Des engagements ont été pris par les partis politiques durant la période préélectorale et pendant même la période du second tour des présidentielles. Le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi nous a dit lors de l’audience qu’il nous a accordé récemment qu’il va présenter les jours à venir devant l’Assemblée Nationale une loi caractérisant et criminalisant la pratique de l’esclavage en Mauritanie.
Le Rénovateur : Le 9 juillet 1981, une ordonnance a été prise pour abolir la pratique de l’esclavage en Mauritanie. Mais dans la réalité, il n’ y a jamais eu un décret d’application. Qu’est – ce qui explique ce manque de volonté politique ?
BOM : Il provient du fait que la classe politique se sent concernée, solidaire et plus ou moins dépendant de ce système. Tout le monde se défend d’être esclavagiste mais en réalité beaucoup en tirent des profits. Ça c’est la première remarque. D’autre part, il y a un non dit sur le plan de l’information. Les mauritaniens ont toujours considéré que l’esclavage était justifié et légitime du point de vue religieux. Mon expérience personnelle me conduit à dire que la majorité de nos oulémas sont solidaires de la pratique de l’esclavage. Ces derniers considèrent donc qu’un acte contre la pratique de l’esclavage serait un acte à leurs yeux injuste. On a fait une loi et on leur a reconnu des droits. Comment donc prendre une telle loi sans se décrédibiliser vis-à-vis de l’opinion internationale ? Ce décret devait définir les modalités d’application à savoir qui indemniser, comment indemniser et jusqu’où va l’indemnité. Pour notre part, il serait hors de question d’indemniser les maîtres. Il serait plutôt question d’indemniser les esclaves parce qu’ils ont été victimes pendant des siècles d’une exploitation injuste considérée comme un crime contre l’humanité.
Le Rénovateur : Vous connaissez parfaitement le dossier du passif humanitaire, à votre avis, constitue-t-il une véritable menace pour la sécurité et la cohésion nationale du pays ?
BOM : Effectivement, je considère que c’est une véritable menace pour l’unité nationale parce que les victimes du passif humanitaire sont nombreuses. C’est un grand problème. Tout mauritanien conscient doit être préoccupé non pas parce que cela constitue une menace pour le pays mais c’est une question tout simplement de justice. Il n’est pas certainement souhaitable qu’on fasse la chasse aux sorcières et qu’on développe des sentiments de revanche vis-à-vis de qui que ce soit. Il serait bon de reconnaître d’abord les faits et de trouver les voies et moyens permettant une réconciliation nationale autour de ce problème. Il faut reconnaître ce mal parce qu’il a été fait au nom de l’Etat mauritanien, de la République par des gens qui avaient l’autorité sur les forces armées et la sécurité. On est en train de vouloir occulter ce drame. Alors qu’il y a eu des crimes, des morts, des gens qu’on a enterrés vivants, certains qu’on a pendus, d’autres qu’on aurait écartelés dit-on. Ces choses là ne peuvent pas être oubliées. Il faut partager avec les gens leurs détresses et au moins les indemniser. Cette question doit être prise en charge dans sa globalité. Tous ces gens-là, jusqu’à preuve du contraire, sont des mauritaniens.
Le Rénovateur : Récemment, vous avez été saisi de l’affaire Alioune Sow. Où en est actuellement le dossier ?
BOM : Je veux d’abord être précis. Je ne sais pas si cet enfant s’appelle Alioune Sow ou Mohamed Ould Brahim. Je ne prends pas de position ni pour les haratines ni pour les poulars. Ce n’est pas mon rôle. Je pense que ce garçon là est une victime. Si effectivement, il a été volé ou perdu à un moment donné, c’est un crime monstrueux mais je n’ai aucune preuve de cela et je n’accuse personne. Il est victime dans la mesure où il n’a rien à voir avec tout cela. Présentement, il est confié à la Caritas qui a un centre d’accueil plus approprié à la garde des enfants qui ne sont pas gardés contre leur volonté mais qu’on garde simplement parce qu’ils sont objet de litige.
Le Rénovateur : Quel est l’état actuel de la situation des droits de l’Homme en Mauritanie ?
BOM : Elle est le résultat de ces années d’injustice qu’on a vécu sous le régime de Taaya. La transition a apporté beaucoup de bémol. Il y a eu beaucoup de choses qui ont évolué. Il y a le fait que les organisations de défense des droits de l’Homme ont été reconnues. Il y a eu des amnisties. Les dernières élections nous ont paru relativement correctes et transparentes par rapport à ce que nous avons connu au temps de Taaya. Nous pensons que les problèmes de ce pays sont liés au manque de volonté politique. Nous ne sommes pas réfractaires au progrès. Ce sont ceux qui nous dirigent qui sont des dictateurs. Il faut que la classe politique ait le courage de poser les vrais problèmes, de prendre des décisions de progrès. Si aujourd’hui, on avait criminalisé l’esclavage, on verrait bien que beaucoup de mauritaniens qu’on ne soupçonnait même pas seront les premiers à s’investir pour que les mauritaniens soient libres et égaux.
Le Rénovateur : En tant qu’association de défense des droits de l’Homme, qu’est ce que vous préconisez dans le règlement définitif du passif humanitaire et de la pratique de l’esclavage ?
BOM : La pratique de l’esclavage, je pense, prospère encore dans l’impunité qui est un élément d’encouragement et de maintien du système esclavagiste. Il faudrait qu’on fasse suffisamment de sensibilisation pour déconstruire le socle sur lequel repose l’esclavage en Mauritanie. Il faut des campagnes de démolition de la justification religieuse de l’esclavage dans l’esprit des gens. Il faudrait aussi que les tenants de la religion se prononcent, qu’il y ait de véritables débats et des programmes de mise à niveau de ces anciens esclaves. Si nous voulons que cela produise des effets, il faut que cela se fasse de manière consciente et volontariste.
Le Rénovateur : Sans la résolution sérieuse de ces dossiers épineux, pensez-vous que la réconciliation nationale serait-elle possible ?
BOM : La réconciliation nationale ne sera pas possible sans la résolution définitive de ces dossiers, sans l’engagement franc des hommes politiques. Tout ce qu’on fait aujourd’hui, à mon avis, ressemble à de la comédie. On vit ensemble mais c’est très superficiel. Derrière cette image d’unité et de tranquillité, il y a beaucoup de frustrations. Je pense qu’il faut mettre nos problèmes sur la table et en discuter parce que nous sommes unis par la force des choses. On ne peut pas être divisés par la couleur de la peau ni par la langue.
Le Rénovateur : Récemment vous avez été reçu par le Président de la République. Vous a-t-il dévoilé les mesures qu’il va prendre par rapport à toutes ces questions ?
BOM : Le Président de la République nous a bien conforté en nous disant que sur le problème de l’esclavage que la décision est prise de faire une loi le caractérisant et le criminalisant. Il nous a promis que tous les cas d’esclavage que nous aurons à soumettre seront traités jusqu’au bout. Pour ce qui est du passif humanitaire, il a essentiellement parlé des déportés. Il a promis dans 6 mois que ce problème soit réglé et qu’une commission nationale va s’occuper du rapatriement des déportés. Pour ce qui est du passif humanitaire, c’est une question plus complexe et les pouvoirs publics sont entrain de réfléchir sur les modalités d’engager le processus. A cet égard, nous demandons la reconnaissance des associations des victimes puisqu’elles sont les principaux interlocuteurs.
Le Rénovateur : Par rapport à tout cela donc, qu’est-ce que vous répondez aux victimes qui ne croient pas aux rétablissements de leurs droits ?
BOM : Nous comprenons leur désespoir. Tout ça c’est encore des discours, des promesses. Nous allons travailler pour que cela se traduit dans les faits. Ce n’est pas parce que je suis membre d’une commission nationale que les choses vont être réglés illico non ! Il y a un projet et il faudrait qu’il soit concrétisé.
Le Rénovateur : L’ancien Président du CMJD le colonel Ely Mohamed Val a dit dans son interview à Jeune Afrique que parler de ces problèmes c’est tenter le diable. Pensez vous qu’un jour que ces dossiers vont connaître des solutions ?
BOM : Moi je pense qu’ils trouveront des solutions. Mais le diable c’est quoi. Il y a des gens qui ont peur de leurs ombres. Ils savent mieux que quiconque ce dont ils ont peur. Contrairement à ce qui se dit parfois, personne ne cherche à dramatiser les choses. Il n y a jamais eu de tentative, d’attaque encore moins d’agression contre les tortionnaires. Le diable on le tente parce qu’on refuse de reconnaître les crimes qu’on a commis. Moi, je dis à Ely que c’est ceux qui refusent de les reconnaître qui veulent tenter le Diable mais pas ceux qui en parlent.

Interview réalisée par Babacar Baye NDiaye

( 2 octobre, 2007 )

Structures sanitaires

Qu’attend le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales ?

Depuis sa nomination comme ministre de la Santé et des Affaires Sociales, Monsieur Mohamed Ould Raghany tarde toujours à annoncer les couleurs. Alors que beaucoup de maux continuent de gangrener la bonne marche des structures sanitaires de plus en plus désertées par les professionnels de la Santé au profit des cliniques privées ou bien ouvrent parallèlement leurs propres cabinets. Pas étonnants d’en apercevoir presque à chaque coin de la rue de la ville de Nouakchott !
Vous l’avez sans doute constaté ou remarqué. Hormis, le Centre National Hospitalier de Nouakchott qui est notre fleuron en termes d’infrastructures sanitaires, nos structures sanitaires laissent à désirer ou vont mal. Toutes «pataugent», «vivotent», sont aux abois et infestées par des virus qui ont la vie dure dans notre pays : gabegies, corruptions, recrutements de complaisance, déficit en personnel, insuffisance du plateau technique…
Conséquence d’une politique expectative ou manque de volonté ? De toute évidence, les structures sanitaires du pays ne sont pas souvent au niveau des besoins des populations. Pas de réformes annoncées ou esquissées ! Que des promesses à bâtons rompus ! C’est toujours le statut quo. Pour sortir ces «structures sanitaires» de leur sénilité, de leur décrépitude, bref pour les restructurer ou les moderniser, il faudra certes investir des milliards d’ouguiyas dans ce secteur parmi les plus mal au point du pays. Sans compter d’en créer dans les localités qui n’en disposent pas et qui porte préjudice à ces populations.
La situation de ces structures sanitaires est alarmante à plus d’un titre. Par exemple à Nouakchott, les nombreux patients qui fréquentent «l’hôpital national» se soucient ou se préoccupent sans doute de leur souffrance mais certains d’entre eux ou leurs accompagnants ne manquent souvent pas de décrier les conditions de séjour, d’accueil et de traitement à leur égard. Du manque de laboratoires modernes et performants à certaines contraintes comme l’absence de spécialistes dans certains services de l’hôpital en passant par l’absence de formation et d’encadrement, les maux dont souffrent nos structures sanitaires sont légion.
Nonobstant leurs indemnités de logement, de motivation, de garde, d’autres indemnités inhérentes à leur profession, sans parler de leur salaire mensuel que l’état mauritanien les banque, nos médecins crient misère et s’estiment être mal payés. Que dire alors des infirmiers, des sages-femmes, des garçons ou des filles de salle qui passent tout leur temps à pleurnicher comme des marmots.
L’autre mal dont souffrent nos structures sanitaires est en fait une tare typique des pays sous développés. Elle a pour nom le «je-m’en-foutisme». Le personnel tant administratif que soignant viennent au travail à n’importe quelle heure et rentrent quand ils veulent selon leur bonne humeur. Aujourd’hui, c’est un constat d’échec. Toutes les structures sanitaires sont endettées. Pire encore, on a constaté une dégradation manifeste et progressive à tout point de vue avec une prise en charge des malades défaillante et basée sur on ne sait quels critères de choix. Très peu de structures sanitaires connaissent un plateau technique relevé. Résultats d’une politique sanitaire à bâtons rompus et qui a par ailleurs accouché d’une souris. C’est une chimère de nous faire croire qu’il y a une nette amélioration dans ces structures sanitaires, que d’importants efforts ont été consentis dans ce secteur ! Si tel était le cas d’ailleurs, on n’en serait pas à gribouiller encore sur ce que tout le monde sait déjà. Les démunis n’ont pas droit aux soins médicaux les plus élémentaires. En outre, les pouvoirs publics s’en gaussent de leurs préoccupations. Et pourtant, ils savent mieux que quiconque qu’ils sont là grâce à eux, leurs voix.
Dans le secteur de la santé, les difficultés sont réelles. Certaines structures sanitaires ne sont pas loin de l’agonie ou sont dans de beaux draps. D’autres par contre souffrent d’une mauvaise gestion, de problèmes de trésorerie, du manque de moyens matériels et financiers, de ruptures de médicaments. Comme pour dire que nos structures sanitaires souffrent de plusieurs maux et si les solutions tardent à voir le jour la situation risquera de durer et de perdurer ?
L’état doit entamer des réformes d’urgence et mettre ces structures sanitaires sur les bons rails afin qu’elles puissent répondre aux besoins des populations principalement démunies.
Babacar Baye NDiaye

( 6 mars, 2011 )

Goûter au profit des enfants déshérités du centre feu Moulaye Ahmed Ould Boukhary d’Arafat [Reportage Photos]

img2427.jpgimg2432.jpgimg2433.jpgimg2434.jpgimg2435.jpgimg2409.jpgimg2411.jpgimg2419.jpg

A Arafat, dans le quartier de Meçid El Nourou, en retrait de la route qui mène vers le cimetière de Nouakchott, derrière un îlot de maisons, se dresse une institution: le Centre feu Moulaye Ould Boukhary de l’Ong Ensemble contre la pauvreté et l’enfance déshéritée. Lorsqu’on pénètre à l’intérieur de cette institution, on est vite bluffé par le cadre et l’environnement. 

Le Centre feu Moulaye Ahmed Ould Boukhary, financé par le Japon, dispose d’un réfectoire, d’un dortoir, d’une cuisine, d’une administration, d’une salle de formation, d’une bibliothèque où séjournent régulièrement des élèves du quartier, d’une salle de consultations gratuitement assurée par le radiologue Brahim Ntaghry, un des membres fondateurs de l’institution. 

Voilà 6 ans que cet institut, au nom de l’enfance déshéritée, a été créé par des cadres mauritaniens issus de diverses catégories socioprofessionnelles. Aussitôt, le projet est vite lancé. Les bénévoles se bousculent à la porte et l’institution peut se permettre d’accueillir sans arrêt des enfants déshérités. 

L’expérience est vite couronnée de succès. Coup sur coup, le Centre feu Moulaye Ahmed Ould Boukhary reçoit le prix de la FAO pour la nutrition des enfants déshérités en 2OO7 et un autre décerné par la Croix Rouge Italienne à la même année. Au même moment, l’institution reçoit des visiteurs de haute marque comme des ministres de la République, le vice-ministre des affaires étrangères de la République d’Italie. 

Le Centre feu Moulaye Ahmed Ould Boukhary vit aujourd’hui une période très difficile. Et, malgré le peu de moyens dont dispose cette institution, elle continue tout de même à accueillir des enfants déshérités notamment d’Arafat. 

Le président fondateur de cet institut, Mohamed El Khamess Sidi Abdallahi, s’est engagé depuis quelques temps, dans une course contre la montre pour donner une nouvelle impulsion au Centre feu Moulaye Ahmed Ould Boukhary qui n’assure plus à ses pensionnaires un repas par jour depuis l’arrêt du projet de nutrition « Orphelins Enfants vulnérables » piloté par le ministère de la Santé. 

Et, aujourd’hui, le défi majeur de l’administration de cette institution qui a pour ambassadeurs de bonne volonté Raghab Alama du Liban et Ousmane Gangué, c’est exactement de pouvoir assurer une prise en charge nutritionnelle aux enfants. 

Ce 2 mars 2011, vers les coups de dix huit heures, le centre est plongé dans une ambiance devenue presqu’inhabituelle. « De temps en temps, on offre des goûters aux enfants », explique Mohamed El Khamess Abdallahi, son président fondateur. Et chaque goûter semble redonner de la vie, de l’harmonie à son institution. 

Ces goûters sont souvent offerts par des personnes de bonne volonté comme à l’image d’Elisabeth Rodach du Lions Club International qui est venue spécialement offrir un goûter aux enfants déshérités du Centre feu Moulaye Ahmed Ould Boukhary doté également d’une mahadraa où étudient les enfants et une mosquée. 

« Vous avez beaucoup de chance de vivre dans ce quartier où vous avez des mamans qui sont à votre disposition, qui vous éduquent et vous donnent du confort. On essaiera de faire le maximum pour trouver et vous offrir davantage de goûters comme celui d’aujourd’hui », déclare Elisabeth Rodach qui a promis d’assister le centre pour le confort des enfants. 

Le centre compte cinq bénévoles dont deux enseignants qui dispensent, à l’après-midi, des cours de rattrapage en français et en arabe aux enfants assuré par Lalla Coulibaly (la mamie des enfants) et Mohamed Salem Ould Aly. 

Dans ce centre qui accueille entre 5O et 8O enfants, on y trouve des orphelins et des enfants issus de foyers extrêmement pauvres. Chaque jour, après les classes, à l’après-midi, ils viennent plancher dans cet institut dont ils sont devenus si familiers.   

« Des requêtes sont en cours pour assurer au moins un repas par jour aux enfants », indique Mohamed El Khamess Sidi Abdallahi. Malgré qu’il soit débordé, le centre continue à accueillir des enfants déshérités et principalement des enfants orphelins qui ont entre 1 et 10 ans, telle cette fille de 5 ans qui a perdu ses parents et qui traîne avec elle son petit frère âgé d’un an. « Il y’a des cas qu’on ne peut pas refuser et on est obligés de les accueillir », explique-t-il. 

La nuit est tombée depuis une dizaine de minutes et déjà le centre commence à se désemplir petit à petit. Les enfants sont partis rejoindre leurs foyers ainsi que les mères de famille qui bénéficient des services du Centre feu Moulaye Ahmed Ould Boukhary sauf le permanent du centre, Housseynou Ahmed et la gouvernante. 

« Dans un contexte marqué par de fortes disparités sociales et par la persistance de la prévalence de la pauvreté, je suis sûr que tout appui généreux à l’enfance orpheline, frange vulnérable de la population, sera d’un précieux concours pour préserver les acquis et développer de nouvelles activités », glisse, avant de prendre congé, le président du centre et par ailleurs médaillé d’or en tir à la cible à Kampala. 

Aujourd’hui, le centre qui éprouve le besoin d’être soutenu est confronté à une série de contraintes dont principalement l’absence de ressources financières suffisantes pour une prise en charge  conséquente de ses charges et du nécessaire développement de nouvelles activités. 

L’Ong envisage d’ailleurs d’organiser, au mois de mars courant, une soirée de gala avec l’artiste Ousmane Gangué. Puis, un grand concert où des artistes du Mali et du Sénégal seront invités. Les fonds récoltés seront destinés à la réhabilitation du centre Moulaye Ahmed Ould Boukhary et à la nutrition des enfants déshérités. 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 16 janvier, 2011 )

Entretien exclusif avec Ahmed Hamza Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott: « A un an du terme de mon mandat, je puis vous confirmer ma décision de ne pas rempiler »

En marge du meeting de la COD notre reporter a tendu son micro à M. Ahmed Hamza, président de la CUN pour recueillir ses impressions.

Le Quotidien de Nouakchott : Selon des observateurs, vous passiez par hasard quand vous avez aperçu des élus debout sur la place. Vous avez décidé alors de rejoindre le meeting, habillé en costume pendant que tout le monde était en boubou, donc préparés pour le meeting. En fait vous êtes arrivé bien après que le meeting ait débuté et vous en êtes reparti avant la fin. Qu’en est-il ?

Ahmed Ould Hamza : Généralement je ne perds pas mon temps pour répondre à ce genre de radotage. Toujours est-il que j’ai quitté mon bureau vers 18 heures 40.

En effet mon devoir est de consacrer toute mon énergie à servir mes concitoyens, et comme j’avais encore un peu de temps, je suis allé au meeting. Effectivement j’étais le seul qui n’était pas en habit traditionnel. Tout simplement parce que je suis venu directement sans prendre le temps de passer chez moi pour me changer. Mais le plus important est que j’ai assisté à l’essentiel des interventions.

L’on a remarqué que vous étiez debout et le président Messoud Ould Boulkheir vous a proposé son siège ?

C’est vrai, et je lui en saurai gré. Vous aurez aussi remarqué mon refus de l’honneur qu’il me faisait ainsi. Même si je trouve le geste amical et courtois, je ne peux pas admettre que le président de l’Assemblée nationale et de surcroît, ancien candidat à la magistrature suprême, cède sa place au Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott. Toutefois, je reconnais que le geste était touchant et plein de sens.

Ceci dit, Il n’en demeure pas moins que l’organisation de notre meeting n’était pas au point, les organisateurs n’ayant prévu que dix sièges sur l’estrade. C’est pourquoi, à l’instar de tous ceux qui ne sont pas chef de partis membres de la COD, je suis resté debout. C’est d’ailleurs ce qui explique, qu’étant fatigué, je n’ai pu rester jusqu’à la fin. L’essentiel pour moi était de marquer par ma présence, ma qualité de militant.

Quelle évaluation faites-vous de ce meeting par rapport à celui organisé la veille par la Coalition des Partis de la Majorité Présidentielle ainsi que de votre appréciation des contenus des discours ?

Autant le meeting de la majorité m’a semblé réussi avec une affluence importante et diversifiée, autant celui de l’opposition m’a déçu par la foule très clairsemée que nous avons réussi à drainer. Cela est d’autant plus étonnant que normalement la conjoncture politique et économique se prête à la contestation. Sur le plan des thématiques abordées, je dois vous avouer que mis à part les termes et expressions malséantes, je me suis reconnu dans ce discours qui, par son ton et son contenu, rappelle étrangement celui de l’opposition.

Ainsi on a vu certains leaders de la Majorité, dénoncer la hausse des prix et enjoindre le gouvernement de prendre les mesures idoines en vue de la juguler. Jusqu’ici nous étions plutôt habitués à une Majorité qui acceptait tout, justifiait tout et ne critiquait jamais. Je dois aussi vous avouer que de notre côté, j’ai surtout été impressionné par le discours de Messoud Ould Boulkheir d’une haute portée politique laissant la porte ouverte au dialogue.

Justement en parlant de dialogue et de ses perspectives, quelle est votre position sur la question ?

Qu’on le veuille ou non, sur plusieurs plans, le discours du président Mohamed Ould Abdel Aziz, rejoint celui développé par l’opposition durant de longues années. Incontestablement il est plus proche de l’opposition que de la majorité actuelle. Rien ne doit empêcher une ouverture vers l’opposition. J’ai toujours dit que nous avions besoin d’une scène politique apaisée et que le pouvoir devait s’ouvrir et ne pas considérer ses opposants comme des ennemis, mais comme des adversaires.

Il y a des points sur lesquels il doit y avoir un consensus national, cela n’empêche pas à tout un chacun de garder ses propres spécificités ou différences. Au lieu de perdre notre temps dans des querelles stériles, nous devons tous, chacun dans sa position, unir nos efforts pour la construction de notre pays. C’est en tout cas ma conviction profonde et je ne ménagerai aucun effort pour qu’elle prévale.

Pourtant, autant que nous sachions, vous avez vous même des problèmes avec le pouvoir ou tout au moins avec des pans importants de l’Administration ?

Je vous le confirme ; mais je tiens à préciser que je ne m’oppose pas pour le plaisir de m’opposer. J’ai toujours eu une attitude constructive et le seul problème que j’ai, c’est celui de la défense de mes compétences et de mon statut d’élu local, représentant les citoyens de notre plus grande agglomération et qui se trouve être notre capital politique et économique. Mon combat est donc uniquement pour la décentralisation, car mon intime conviction est qu’il ne peut y avoir de développement sans la décentralisation et le libéralisme commercial.

Un dernier mot ?

Bientôt je serais à la fin de mon mandat et le seul souhait que j’ai, c’est de pouvoir travailler en harmonie avec les pouvoirs publics pour le bien être de nos concitoyens et de notre ville, pour pouvoir dépenser cette année à bon escient, les milliards d’économie que nous avons pu faire, pour le plus grand bien de notre ville et ce avant qu’ils ne subissent le sort qui lui était réservé avant nous.

A vous entendre vous ne serez pas là pour un second mandat ?

Non ! Et non ! Plus jamais on ne m’y reprendra. A un an du terme de mon mandat, je puis vous confirmer ma décision de ne pas rempiler.

Propos recueillis par BC

( 16 janvier, 2011 )

Ladji Traoré à coeur ouvert au Rénovateur Quotidien

Ladji Traoré est le secrétaire général de l’Alliance populaire progressiste, il répond aux questions du Rénovateur Quotidien.

Le Rénovateur Quotidien : Selon Samory , Monsieur Messaoud Ould Boulkheïr a laissé entendre qu’il a « une nouvelle vision qui est celle de jouer un autre rôle de dimension nationale tel que la lutte contre le terrorisme, les anti-arabismes et les antiesclavagistes qu’il considère comme des extrémistes et des sectaires. Info ou intox ?

L .T : Pour tous ceux qui sont sur le champ de la lutte pour la démocratie et contre l’esclavage, monsieur Messaoud Ould Boulkheïr n’a pas varié de vision et l’affaire du cas d’esclavage avéré découvert et dénoncé par les militants de l’APP, de l’IRA, de S.O.S esclaves et du Flère est d’une actualité brûlante et dans laquelle le président Messaoud ne ménage aucun effort pour couper court aux tentatives d’amalgames et faire libérer les militants anti-esclavagistes emprisonnés est suffisamment éloquent pour couper court à toutes les balivernes à ce sujet.

Depuis la crise ouverte par le coup d’Etat du 8 août 2008 et la lutte acharnée qui est menée pour l’instauration d’une véritable démocratie dans notre pays, aux yeux de ses amis et même ses adversaires Messaoud Ould Boulkheïr a pris la dimension d’un grand patriote dont la vision ne cesse de s’affirmer.

Il s’est porté de même aux premiers rangs des manifestations populaires historiques contre l’AQMI dès 2007, à travers les rues de Nouakchott. Il est possible que pour certains esprits sectaires, la lutte contre l’esclavage est antinomique d’un combat global pour la démocratie, la justice pour tous, l’unité et la sécurité nationales.

Le Rénovateur Quotidien : Certains militants de l’A.P.P soutiennent qu’une main invisible cherche à déstabiliser le parti de l’intérieur. La direction de l’Alliance populaire progressiste a-t-elle le sentiment que Samory agit sous l’influence du pouvoir ?

L .T : Devant la persistance et même l’acharnement de monsieur Samory Ould Beye dans ce qu’il convient d’appeler sa campagne de sape du parti et de dénigrement de son président monsieur Messaoud Ould Boulkheïr combattant patriote, rassembleur et intransigeant, farouchement attaché à la paix et à l’unité nationale, les mouvements des femmes et des jeunes ont rendu public des communiqués de presse pour dénoncer les conceptions erronées de monsieur Samory Ould Beye, des responsables de haut rang dont un secrétaire général adjoint ont donné des interviews dans des journaux en ligne et en langue arabe, en ma qualité de secrétaire général du parti j’ai demandé à monsieur Samory Ould Beye de venir s’entretenir avec moi en présence de membres du bureau exécutif.

Je lui ai dit combien ses idées étaient erronées et en contradiction avec le programme politique du parti et sa stratégie pour sortir notre pays de la crise consécutive au coup d’Etat. Je lui disais ma disponibilité d’écouter des suggestions éventuelles pour une meilleure conduite de l’action du parti. Devant son entêtement le parti a choisi un large débat interne et une campagne de pédagogie politique plutôt qu’une mesure disciplinaire et administrative toujours plus faciles et peut-être pas toujours efficaces.

L’avenir dira en définitive est-ce pour des raisons de limitation politique et idéologique que monsieur Samory agit ou pour une volonté de positionnement à des fins de recherche de leadership politique ou pour d’autres motivations ou instigations inavouées ou la connivence de toutes ces motivations.

Le Rénovateur Quotidien : Que va-t-il se passer ? Samory va-t-il être exclu du parti après les déclarations publiées sur les colonnes du Quotidien de Nouakchott ?

L.T : Il n’appartient pas à ce stade du large débat interne qui est mené dans les instances de base du parti de répondre à cette question. Seules les instances supérieures compétentes du parti tireront les conclusions de ce débat, et le moment venu, prendront des décisions ultimes en conformité avec l’intérêt supérieur du parti, ses orientations fondamentales et ses dispositions statutaires.

Le Rénovateur Quotidien : On a vu monsieur Mohamed Jemil Mansour se lever contre la commission mise en place pour la réforme de l’état civil, parce que celle-ci dans sa composition ne reflète pas le multiculturalisme mauritanien. Que vous inspire de cette reforme ?

L.T : La révision de l’état civil telle qu’envisagée par le régime en place suscite partout inquiétude et soulève même un tollé général tant au niveau de la classe politique que dans la société civile. En effet en raison de ces incidences économiques sociales, politiques, électorales, et vu les antécédents négatifs de notre état civil actuel, APP accorde la plus haute importance à la question.

Par le passé nous avons souligné le caractère incomplet et bâclé des recensements qui excluaient beaucoup de citoyens, avec peu d’importance accordée à l’orthographe des patronymes des différentes communautés notamment des négro-africains, le bas niveau culturel et technique des personnels impliqués dans le travail, leur méconnaissance notoire des noms et prénoms les plus usuels autant de problèmes qui suscitent à nouveau de graves inquiétudes.

En outre la démarche purement sécuritaire avancée est loin d’être convaincante et cache peut-être des velléités de négation de la nationalité de certaines composantes.

Il y a lieu de se prémunir davantage d’ouverture en associant des cadres de toutes les composantes nationales à ce travail particulièrement sensible si l’on veut aboutir à des résultats transparents pouvant servir de base de données à toutes les utilisations ultérieures concernant les populations tant citadines que rurales, et servirent de base pour des listes électorales ouvertes à tous.

Le Rénovateur Quotidien : Le foncier est au cœur du débat politique depuis quelques temps. Que pensez-vous de « concessions » attribuées aux hommes d’affaires dans certaines zones rurales du pays ?

L.T : La question foncière est un problème fondamental dans n’importe quel pays et régime socio-économique. Elle est essentielle dans notre pays compte tenu du contexte environnemental de désertisation, de raréfaction des ressources naturelles : sols, espèces animales, couvert végétal, ressources en eaux de surface et de nappes phréatiques et surtout en raison de son incidence sociale par rapport à toute véritable politique de développement durable de justice sociale.

En effet l’ordonnance 83 127 du 5 juin 1983 portant organisation foncière visait avant d’être détournée de ses objectifs au détriment de ceux qui tirent leurs ressources de la terre, au profit de certains hommes d’affaires et officiers supérieurs absentéistes du secteur rural, à la libération des éléments dépourvus et opprimés des collectivités tribales et villageoises.

Le nouveau danger qui menace le monde rural actuellement en Afrique et singulièrement les paysans mauritaniens c’est la ruée de fonds vautours étrangers qui cherchent à s’investir à des fins spéculatives dans les terres agricoles, c’est l’opération « Land grabbling » sans la recherche d’une quelconque autosuffisance alimentaire.

La seule politique nationale qui vaille c’est l’accès des paysans à la terre, et l’appui de l’Etat pour les moyens de sa mise en valeur, financière, matérielle et technique, seule condition pour éradiquer la misère de la campagne, et mettre fin à l’exode rural vers les centres urbains, assurer l’autosuffisance et la sécurité alimentaires durables et préserver des superficies pour les générations futures. Tout le reste illustre l’absence totale de vision à long terme du régime actuel et sa politique d’improvisation dans tous les domaines.

Le Rénovateur Quotidien : Alors qu’il portait plainte contre un cas présumé d’esclavage, Birane est allé en prison, si bien que d’aucuns soutiennent que la Mauritanie sous la présidence issue de la « rectification du 6 août 2008 » a fait un pas en arrière en matière des droits de l’homme. Partagez-vous cet avis ?

L.T : Les péripéties aux allures surréalistes du cas d’esclavage révélé et dénoncé à Fellouja, quartier périphérique de la commune d’Arafat, par des militants anti-esclavagiste de d’APP, d’IRA, de S.O.S esclaves et du Flère, ne surprennent en définitive que ceux qui sont étrangers au combat complexe contre le phénomène bien enraciné et pernicieux de l’esclavage dans notre pays dans ses différentes composantes nationales et des complicités qu’il trouve au sein des forces de police, de l’administration jusqu’y compris la justice.

Les militants de APP eux y sont bien habitués pour avoir été emprisonnés déjà en 2005, dans un cas similaire révélé à Mederdra. Il est donc temps de marquer une rupture radicale avec toutes les formes d’hypocrisie et de manipulation relatives à l’esclavage et aux pratiques qui lui sont liées.

Ce rôle essentiel incombe à cet égard à l’Etat et à ses différents organes pour une application ferme de la loi n° 2007-048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant toutes les pratiques esclavagistes et il est temps de prendre des arrêtés subséquents pour donner toute l’effectivité à cette loi et prendre des mesures spécifiques plus concrètes au-delà du discours général ambiant de lutte contre la pauvreté et l’esclavage.

Le Rénovateur Quotidien : Selon des indiscrétions le leader de l’APP, monsieur Messaoud Ould Boulkheïr aurait été reçu en audience, récemment, par le président Ould Abdel Aziz , quels sont les sujets qu’ils ont aborde ? Est-ce que le président de l’A.P.P en a profité pour plaider en faveur de Birane Ould Dah Abeïd et ses compagnons de l’IRA ?

L.T : Dès le début de cette affaire, le président Messaoud Ould Boulkheïr s’est impliqué personnellement allant jusqu’à contacter les plus hautes autorités du pays pour demander d’éclaicir totalement cette affaire d’esclavage, dépasser les effets collatéraux et libérer immédiatement les militants anti-esclavagistes,du reste tout le monde se souvient deux jours après cette audience de son discours de clôture de la première session parlementaire dans lequel il est revenu sur ce sujet.

Pour le reste de votre question monsieur Messaoud à ce niveau a dû certainement débattre avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz d’autres sujets d’intérêt national dont je n’ai aucune idée.

Propos recueillis par Samba Camara

( 16 janvier, 2011 )

Communiqué du Conseil des ministres du 13 janvier 2011

Le Conseil des Ministres s’est réuni Jeudi 13 Janvier 2011 sous la Présidence de son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République. Le Conseil a examiné et adopté les projets de décrets suivants :

- Projet de décret portant modification de certaines dispositions du décret n° 2006-097 du 15 Septembre 2006 portant organisation et fonctionnement de l’Université de Nouakchott. Le projet, conformément aux nouvelles dispositions de la loi 2010-043 du 21 juillet 2010 abrogeant l’ordonnance 2006-007 relative à l’Enseignement Supérieur, introduit de nouveaux organes de gestion et réorganise certaines missions de l’Université de Nouakchott.

- Projet de décret portant modification de certaines dispositions du décret n° 2009-161 du 29 Avril 2009 portant création, organisation et fonctionnement de l’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprise. Le projet met en place les nouvelles dispositions régissant les structures organiques de l’établissement et identifie, également, l’origine et la composition des ressources mises à sa disposition.

- Projet de décret portant modification de certaines dispositions du décret n° 2009-160 du 29 Avril 2009 portant création, organisation et fonctionnement du Centre National des oeuvres Universitaires. Ce projet de décret introduit des modifications importantes relatives à la mission et à l’organisation du Centre, et ce, en vue d’assurer une meilleure gestion des oeuvres universitaires, notamment le logement, la santé, les bourses, les aides sociales, le transport et les activités culturelles et sportives.

- Projet de décret portant modification de certaines dispositions du décret n° 2009-158 du 29 Avril 2009 portant création, organisation et fonctionnement de l’Institut Supérieur d’Enseignement Technologique de Rosso. Le projet définit les prérogatives de l’ISET et complète les structures organiques de l’établissement.

- Projet de décret portant réorganisation et fonctionnement de l’Ecole Normale Supérieure de Nouakchott. Ce projet de décret permet de rénover le cadre organisationnel de l’Ecole Normale Supérieure en le rendant plus adapté à ses nouvelles missions et en élargissant ses capacités d’initiative. Il vise également à diversifier l’offre de formation de l’école à travers la création de nouvelles filières.

- Projet de décret portant approbation et déclaration d’utilité publique du plan de restructuration des secteurs d’Arafat limitrophes de Toujounine et Dar Naim. Le projet couvre 15 secteurs connaissant d’importantes occupations illicites et permettra les rajustements et les réaménagements nécessaires à même de favoriser une restructuration optimale des quartiers ; l’opération fournira 12 090 lots à usage d’habitation et 112 autres destinés aux équipements collectifs et aux places publiques.

- Projet de décret modifiant et complétant certaines dispositions du décret n°2010-046 du 1er mars 2010, portant création d’une Société de Transport Public (STP). Le projet transforme la STP en une Société d’économie mixte par la participation du Privé national au capital de la Société.

- Projet de décret portant approbation de la modification du Statut de la Société de Transport Public (STP). Le projet remet en phase l’organisation et la structuration de la STP d’avec sa nouvelle configuration et réorganise ses organes délibérant et exécutif ;

- Projet de décret accordant le permis de recherche n° 1017 pour les substances du groupe 4 (Uranium) dans la zone sud Bir Tenebdar (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société Mauritanian Ressources Ltd.

- Projet de décret accordant le permis de recherche n° 1018 pour les substances du groupe 2 (Or) dans la zone de Zreig (Wilaya du Gorgol) au profit de la société Mauritanian Ressources Ltd.

- Projet de décret accordant le permis de recherche n° 1086 pour les substances du groupe 2 (Or) dans la zone d’Inal (Wilayas du Dakhlet Nouadhibou et de l’Inchiri) au profit de la société Lusitania Mauritania.

- Projet de décret accordant le permis de recherche n° 1108 pour les substances du groupe 2 (Or) dans la zone d’Aimou (Wilaya de Dakhlet Nouadhibou) au profit de la société Tayssir Resources.

Le Ministre des Affaires Economiques et du Développement, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération par Intérim, a présenté une communication relative à la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.

Le Ministre de l’Equipement et des Transports a présenté une communication relative à un rapport mensuel sur les accidents de circulation. La communication présente la situation des accidents de la circulation survenus au cours du mois de Décembre dernier et les différentes actions à mener pour diminuer et atténuer la situation.

Au regard de l’évolution des prix de certaines denrées alimentaires, le président de la république a instruit le Gouvernement de prendre les mesures les plus urgentes de nature à permettre de contenir les prix à des niveaux les plus accessibles aux populations sur l’ensemble du territoire. Dans ce même cadre, il a demandé de valoriser davantage la production nationale, et particulièrement dans les secteurs des céréales, de la viande, du poisson et des légumes aux fins d’une meilleure et plus grande accessibilité des populations ; ceci ne pourrait qu’influencer favorablement le la qualité des prix.

( 16 janvier, 2011 )

Deux mineures violées, l’une par son oncle par alliance et l’autre par son père

Deux mineures, l’une (sénégalaise) âgée de 16 ans et l’autre (mauritanienne) de 15 ans, ont été violées, la première, par son oncle par alliance et la seconde, par son père, a-t-on appris samedi auprès d’une source proche d’une association de défense des droits de l’Homme mauritanienne, en charge de ces dossiers.

Le viol de la mineure âgée de 16 ans s’est déroulé, jeudi passé, vers 2 heures du matin au Ksar. L’auteur du fait, après avoir été dénoncé par son épouse, a arrêté puis placé en garde à vue à la Brigade des mineurs, en attendant d’être statué sur son sort.

Au sujet de la fille âgée de 15 ans, elle habite à Sebkha. Elle a été séquestrée puis violée par son père. Le viol s’est produit mardi dernier, courant d’après-midi. Le père de la fille a été rapidement interpellé et placé en garde à vue.

Les deux victimes, précise-t-on, ont été reçues au Centre El Wafa pour les conseils et la prise en charge des victimes de violences sexuelles puis accompagnées au Centre Hospitalier National pour l’obtention du certificat médico-légal par un médecin réquisitionné par la police.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 16 janvier, 2011 )

Les violences sexuelles ‘ne doivent pas être tolérées ni acceptées’ selon Zeinabou Mint Taleb Moussa

talebvallmintzeinabou1.jpg

Une des leçons à retenir du rapport de synthèse 2010 sur les cas de violences sexuelles à Nouakchott élaboré par l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (A.m.s.m.e.) pourrait être celle-ci : premièrement, les cas par rapport à l’année 2009 ont diminué et deuxièmement, on constate que, comparativement, à l’année précédente, les tranches d’âge 10/15 et 16/18 sont toujours les plus touchées.

Lors de la publication, le 13 janvier, des résultats de ce rapport de synthèse au Centre El Wafa pour les conseils et la prise en charge des victimes des violences sexuelles de l’A.m.s.m.e., sa présidente, Zéinabou Mint Taleb Moussa, a expliqué cette chute du taux de violences sexuelles par la mise en place de programmes de prévention et de sensibilisation qui ont touché presque toutes les catégories socioprofessionnelles menés dans les neuf moughataas de la ville de Nouakchott.

C’est dans les moughataas d’El Mina, d’Arafat, de Sebkha et de Dar-Naim où l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant a enregistré le plus grand nombre de cas de violences sexuelles. Cet état de fait serait consécutif, selon cette Ong, à la particularité géographique de ces zones de forte prédominance des violences sexuelles.

Pour l’année 2009, l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant avait enregistré 205 cas de violences sexuelles. En 2010, cette Ong a enregistré 160 cas de violences sexuelles. Les filles mineures se retrouvent à la tête du peloton (127 cas) suivies des filles mineures domestiques (9 cas) et des femmes adultes (10 cas). Les femmes domestiques ferment la marche avec seulement deux cas. Les garçons mineurs n’échappent pas non plus aux violences sexuelles. Pour l’année 2010, 12 cas ont été enregistrés.

Derrière le profil des agresseurs se cachent des visages du mari de la mère, de l’enseignant, du père, du marabout, du voisin, du boutiquier, du camarade de classe, de l’ami de la famille, de l’employeur domestique, du domestique, du cousin, du vendeur ambulant, du pompiste, du tailleur, du tôlier, du mécanicien, de l’ânier, du taximan, de l’étranger, du délinquant, de l’inconnu et du mari. Au total, cela fait 258 agressions enregistrées pour l’année 2010.

Les victimes des violences sexuelles proviennent la plupart du temps de la Brigade des mineurs, des structures sanitaires, des commissariats de Police et du Centre El Wafa pour les conseils et la prise en charge des victimes des violences sexuelles.

« Lorsque nous les accueillons, nous leur faisons des examens médicaux. Pour le VIH/Sida, jusqu’à présent, on n’a pas eu un cas positif. Mais, en ce qui concerne le virus de l’hépatite B, nous avons eu deux cas positifs », a indiqué Zéinabou Mint Taleb Moussa.

Par ailleurs, en plus des prestations fournies aux victimes par le Centre El Wafa et le suivi médical des victimes, l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant assure le suivi juridique des dossiers.

« Mais, parfois, il y’a des valeurs socioculturelles qui interviennent pour décourager les victimes de porter plainte devant les juridictions. C’est un problème que nous rencontrons et nous faisons tout afin de pousser les victimes à n’avoir pas peur de porter plainte », a expliqué Me El Id Ould Mohameden, avocat à la Cour et chargé du suivi juridique des dossiers au niveau de l’A.m.s.m.e.

Dans le rapport de synthèse de cette Ong, on a noté une forte diminution des arrangements qui se faisaient soit devant la police ou devant le tribunal entre les parents en comparaison avec l’année 2009 où le taux de pourcentage représentait 43%.

Pour l’année 2010, le pourcentage d’arrangement est tombé jusqu’à 41%, un résultat qui s’expliquerait par le fait que les parents des victimes aient compris le besoin de porter plainte. « Il y’a violence mais il n’y a pas de justice. Nous sommes victimes, victimes et victimes. Victimes d’une agression barbare, victimes de mentalités et victimes de l’injustice et de l’insuffisance des lois », a souligné Zeinabou Mint Taleb Moussa.

L’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant vient d’achever une enquête sur les violences sexuelles dans cinq régions de la Mauritanie (Gorgol, Assaba, Brakna, Adrar et Dahlet Nouadhibou). D’après sa présidente, cette enquête montre que ce phénomène est réel en Mauritanie et demeure encore un sujet tabou.

Zeinabou Mint Taleb Moussa a annoncé la création d’une ligne d’assistance téléphonique et d’aide aux enfants qui souhaitent des conseils ou qui sont en danger. Ce numéro vert (80001010) d’appel gratuit mis à la disposition par la Mauritel à l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant sera également ouvert aux femmes victimes de violences. D’ici février, ce numéro vert sera ouvert aux autres opérateurs téléphoniques à savoir Mattel et Chinguittel.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 16 janvier, 2011 )

Meeting de la Coordination de l’Opposition Démocratique à la Capitale

Les leaders de la Coordination de l’Opposition Démocratique (C.o.d.) ont appelé jeudi, lors d’un meeting populaire qui a réuni des milliers de personnes, Mohamed Ould Abdel Aziz et son gouvernement dirigé par Moulaye Ould Mohamed Laghdaf à mettre un terme à la paupérisation et à la gabegie.

S’exprimant le premier lors de ce meeting, Messaoud Ould Boulkheir a dénoncé la montée des prix et le chômage. Le Président de l’Assemblée Nationale s’est également prononcé sur le sort des rapatriés restés encore au Sénégal et Mali.

Lui succédant sur la tribune, Ahmed Ould Daddah a abondé dans le même sens que Messaoud Ould Boulkheir en dénonçant le chômage qui frappe la jeunesse mauritanienne et les marchés de gré à gré qui, selon lui, ont connu une forte hausse. Par rapport à la cherté de la vie, le président du Rassemblement des Forces Démocratiques a regretté le fait que le gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf n’ait rien fait pour amortir le prix des denrées de premières nécessités.

Puis, c’était au tour de Bâ Mamadou Alassane, président du Parti pour la Liberté, la Justice et l’Egalité d’emboucher la trompette en fustigeant les expropriations foncières dont sont victimes les populations de la vallée du fleuve Sénégal et l’arrêt du processus de rapatriement des réfugiés mauritaniens installés au Sénégal.

Le président d’El Wiam, Boidiel Ould Houmeid, a révélé, au sujet de l’augmentation des denrées de premières nécessités, que cela s’expliquerait par la volonté des commerçants qui avaient financé la campagne présidentielle de Mohamed Ould Abdel Aziz. Il a indiqué, à l’heure actuelle, sur un ton ironique, que même les seringues et les sparadraps ne sont plus à la portée des citoyens. Manière pour lui de s’élever contre la privatisation des soins de santé.

Au sujet de la gabegie, Ahmed Ould Sidi Baba a soutenu que les vrais prévaricateurs, se trouvent dans le camp de ceux qui incarnent aujourd’hui le pouvoir, s’inscrivant ainsi en faux contre les allégations de la Coalition des Partis de la Majorité (CPM) qui affirme que l’opposition est composée de Moufcidines.

Le président du l’Union des Forces de Progrès, Mohamed Ould Maouloud a appelé les pouvoirs publics à libérer immédiatement Birame Ould Dah Ould Abeid et ses amis condamnés à six mois de prison ferme par la justice. Il a déclaré qu’il est temps que Mohamed Ould Abdel Aziz et son gouvernement apporte des réponses claires et rapides aux problèmes que rencontrent les mauritaniens. Cela, a-t-il expliqué, pour éviter à la Mauritanie ce qui se passe actuellement en Tunisie depuis quelques semaines. Le président de l’Union des Forces de Progrès s’est enfin interrogé sur l’utilisation des 50 millions de dollars donnés par l’Arabie Saoudite à la Mauritanie.

Quant à Mahfoudh Ould Bettah a regretté, lui, que l’armée ne soit plus une armée républicaine.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

cod0943.jpg

cod0940.jpg

cod0939.jpg

cod0937.jpg

cod09331.jpg

( 16 janvier, 2011 )

Le lapsus de Mintata Mint Hedeyd provoque des éclats de rire

cpm0868.jpg

Mercredi, dans l’après-midi, lors du meeting de la Coalition des Partis de la Majorité (C.p.m.), la secrétaire générale du Parti Républicain pour la Démocratie et le Renouveau (P.r.d.r.) Mintata Mint Hedeyd a parlé de Mâaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, au lieu de Mohamed Ould Abdel Aziz dans un discours qu’elle prononçait.

Ce lapsus de Mintata dont le parti est membre de la Coalition des Partis de la Majorité et reconstruit sur les cendres du défunt Parti Républicain Démocratique et Social (P.r.d.s.) a provoqué des éclats de rire aussi bien chez la foule que chez les autorités présentes à ce meeting. Ce fut un savoureux moment de détente.

Après le ministre de l’hydraulique et de l’assainissement Mohamed Lemine Ould Aboye, c’est autour de Mintata Mint Hedeyd de se mélanger les pinceaux, grossissant ainsi le Guinness des lapsus.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

( 16 janvier, 2011 )

La CPM passe en revue les réalisations du gouvernement lors d’un meeting populaire

La Coalition des Partis de la Majorité (C.p.m.) a organisé un meeting populaire ce 12 janvier à la grande place située au sud de l’institut Iqraa situé à coté de la centrale électrique de la Moughataa de Arafat sur la route Nouakchott- Rosso.

Ont pris la parole : Mohamed Yahya Ould Horma (1er vice-président de l’Union pour la République), Mintata Mint Hedeyd (S.G. du Parti Républicain pour la Démocratie et le Renouveau), Kane Hamidou Baba (Président du Mouvement pour la Réforme), Oumar Ould Maatalla (Ministre délégué auprès du Ministre d’Etat à l’Education Nationale chargé de l’Enseignement Secondaire), Matty Mint Hamady (Ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration) et Ousmane Bâ (S.G. du gouvernement).

Tour a tour, ces leaders politiques, devant plusieurs milliers de personnes, ont fait le bilan des réalisations (infrastructures de base, lutte contre la gabegie et la corruption, amélioration des conditions de vie des populations) de Mohamed Ould Abdel Aziz et du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf présent à ce meeting ainsi qu’abordé les questions de l’heure sur le plan politique, social et économique, ainsi que les perspectives de l’action politique de la coalition des partis de la majorité présidentielle pour l’année courante.

La Coalition des Partis de la Majorité ont demandé au gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf de subventionner les denrées de premières nécessités pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens afin d’éviter ce qui s’est passé récemment en Algérie.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

cpm0868.jpg

cpm0844.jpg 
cpm0880.jpg
cpm0861.jpg

cpm0878.jpg

cpm0871.jpg

( 16 janvier, 2011 )

Des femmes se forment aux techniques de plaidoyer et de communication

sysalimata.jpg

Une session de formation en technique de plaidoyer et de communication organisée par l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f.) s’est ouverte, ce lundi, au Ksar, au siège de cette organisation de la société civile.

S’exprimant à l’ouverture de cet atelier qui prendra fin le 14 janvier, Salimata Sy, qui pilote au niveau de l’A.f.c.f. les activités du programme « Former et Agir en Mauritanie«  financé par l’Union Européenne, a présenté les détails de ce programme portant sur « le renforcement des capacités des associations locales de défense des droits humains en matière de mobilisation sur les droits des femmes ».

« C’est un projet qui est axé essentiellement sur le plaidoyer pour l’amélioration de la législation qui règle ou organise la vie des femmes dans notre pays« , a-t-elle expliqué, précisant aussi que cette session de formation en technique de plaidoyer et de communication sera l’occasion de revenir minutieusement sur « les différents textes nationaux ou internationaux qui organisent la vie de ces femmes à savoir les conventions internationales, les lois nationales, les décrets… ».

« Avant de plaider, il faut savoir d’abord parler. Pour parler, il faut savoir communiquer, cerner son message et identifier sur quoi ce que l’on veut communiquer », a-t-elle lancé aux participantes de cette session de formation assurée par Tijani Ould Mohamed El Kerim, directeur de l’Institut Mauritanien pour l’Accès à la Modernité.

Ce projet regroupe trois autres organisations de défense des droits de l’Homme mauritaniennes dont l’Association des Femmes Chefs de Famille.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

12345...40
Page Suivante »
|