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( 2 octobre, 2007 )

Les Etats-Unis d’Amérique: 231 ans d’histoires !

L’indépendance ça se fête. Ce mercredi, 4 juillet, les Etats-Unis d’Amérique ont célébré leur 231ème anniversaire d’accession à la souveraineté internationale. Dans notre pays, cette fête a été marquée par des festivités parmi lesquelles cette exposition organisée et intitulée «Regard sur la civilisation américaine ».

Quand les Etats-Unis d’Amérique organisent, célèbrent ou fêtent leur jour d’indépendance, c’est toujours un événement. Ça se voit tout de suite à des détails prêts. Par exemple, une forte présence des éléments de sécurité qui canalise la circulation et des paniers à salade partout.

Pas de va-nu-pieds encore moins de curieux autour du périmètre où se déroule la fête ou la cérémonie. Sans parler du cercle restreint des privilégiés et des voitures luxueuses d’où sortent des ambassadeurs uniquement du G8 ou des pays financièrement puissants ou aussi d’autres personnages mondains et certainement très chics. Aujourd’hui, c’est au musée national que ça se déroule.

Ce 4 juillet 2007, les Etas-Unis d’Amérique, les Etats-Unis qui font rêver, la superpuissance mondiale, fête ses 231 ans d’indépendance. Dans les jardins de notre musée national, on a installé des sièges sous trois tentes multicolores et bien aménagées pour la déclaration du chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique et du représentant du ministère de la Culture et de la Communication et accueillir aussi les «amis » de la grande puissance mondiale.

Il est presque 20 heures. Initialement prévue à 19 heures, la cérémonie officielle commencera avec une heure de retard. C’est normal. Ce sont les gendarmes du monde. Eh oui, les gendarmes du monde ! Et on n’a pas le droit de piper un mot ni grommeler. Un, deux, trois claquements de main suffiront pour indiquer aux invités de rejoindre les sièges sous les tentes. Maintenant, les choses sérieuses peuvent débuter.

Le chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Mauritanie Steven Koutsis, dans son laïus, se dira heureux de constater que son pays partage ses idéaux avec les citoyens d’un nouveau partenaire, la Mauritanie, dans une grande et interminable expérience, appelée démocratie. « La Mauritanie, dit-il, se trouve actuellement à un important tournant de son histoire, similaire à celui de l’Amérique d’il y a quelques siècles. Sur son chemin, elle y trouvera plein de défis à relever auxquels fera face un courage intrépide, un optimisme sans failles eut une certitude de vaincre sans égal ».

Quant au représentant du ministère de la Culture et de la Communication docteur Kane, il a souligné l’importance des relations entre les deux pays notamment dans le domaine de la Culture qui mérite selon lui d’être encouragé et intensifié. « La culture est un facteur de transformation sociale et de développement économique. Nos cultures riches par leurs variétés et leurs diversités constituent un atout sûr pour une meilleure connaissance entre nos sociétés et nos populations. »

Docteur Kane, en outre, ajoutera que «la mission de notre musée est de sauvegarder et de développer notre culture, notre patrimoine mais aussi contribuer à l’ouverture de notre culture à d’autres cultures. L’exposition «Regard sur la civilisation américaine » sera sûrement la plus belle occasion au public mauritanien, de s’imprégner, de s’inspirer de l’histoire, de la culture et de la mode de vie américaine ».

Quinze minutes plutard, c’est la fin. Pas de temps perdu. Aucun. C’est le moment de faire découvrir l’exposition qui retrace les grandes époques du Nouveau Monde. Une exposition sur les arts et la culture, sur la vie économique et sociale, sur la vie politique et institutionnelle, sur les sciences. Quittons l’Amérique du 15ème siècle.

Il faut le dire, sinon, ce serait impardonnable, il y avait à manger et à boire. Oui, à boire et à manger ! Mais aussi, j’ai failli commettre l’irréparable, de l’animation musicale par le groupe folklorique américain «Old Grey Goose ». Y a que les Etats Unis qui savent fourbir une exposition semblable. Fête d’indépendance oblige non !

Babacar Baye Ndiaye

( 2 octobre, 2007 )

Protection des enfants

Haro sur leurs mauvais traitements !

Quelle est la situation actuelle des droits de l’enfant en Mauritanie ? C’est pour apporter des éclaircissements à cette interrogation, que Terre des Hommes a initié un débat sur les droits des enfants dans les domaines de la justice et de la santé animé par des experts sociologues, juristes, médecins et psychiatres au Centre Culturel Français Antoine de Saint Exupéry de Nouakchott ce mardi 19 septembre.

Ce débat a permis, loin d’être un diagnostic holistique, d’avoir une meilleure connaissance de la situation des droits de l’enfant, du cadre juridique et institutionnel, de certaines pratiques traumatisantes qui provoquent un déséquilibre psychique mais aussi la nécessité de mener des campagnes de sensibilisation sur les mauvais traitements des enfants qui constituent de facto la couche la plus vulnérable de la société. Au cours de ce débat, les experts ont essayé de faire comprendre la situation dans laquelle vit l’enfant mauritanien de manière générale. Chacun de son coté a évoqué la nécessité de protéger les enfants trop souvent victimes de pratiques coutumières nocives à la santé ou de violences extrêmement graves.
Certes, beaucoup de choses ont été accomplies dans le cadre de la promotion des droits de l’enfant. Parmi lesquelles, on peut citer l’adoption du code statut personnel, l’intégration de la dimension enfant dans le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, la réforme de la justice juvénile qui sont des avancées significatives militant en faveur du recul et de la disparition des mauvais traitements des enfants.
De même que la Mauritanie a ratifié plusieurs instruments juridiques internationaux : la convention relative aux droits de l’enfant et a adhéré au protocole additif à la CDE, la convention sur les pires formes de travail, la convention 182 du bureau international du travail, la convention sur le travail de nuit des enfants.
Mais il a été relevé par certains experts du débat que le législateur mauritanien qui est sensé même protégé l’enfant ignorent le contenu de ces conventions qui ne sont pas souvent harmonisées avec les lois internes, et d’autre part, les parents eux non plus ne maîtrisent pas ou ne connaissent pas bien les droits et les devoirs de leurs progénitures. Ceci crée, à leurs yeux, des disjonctions entre les textes juridiques et les pratiques. Et par ailleurs, il n y a pas de spécification sur toutes les situations d’atteinte aux droits de l’enfant en Mauritanie. Et Dieu sait qu’elles sont nombreuses !
Dans notre pays, les enfants peuvent se retrouver du jour au lendemain dans un cercle vicieux. Drogue, pédophilie, vols, viols… Cette situation est un corollaire de l’extrême pauvreté de certaines familles qui vivent parfois dans des conditions difficiles.
Même si la situation des droits de l’enfant dans notre pays est peu reluisante, il faut dire que la dimension de l’enfant a toujours été prise en considération. On peut citer entre autres la loi n°006/07 portant incrimination et répression des pratiques esclavagistes qui assure la promotion et la sauvegarde du droit et du bien être de l’enfant.
Sur le plan institutionnel, la mise en place de la brigade des mineurs a permis la diminution de certains phénomènes qui étaient jusque là persistants. Disposant suffisamment de peu de moyens et travaillant dans des conditions parfois très difficiles, cette brigade a participé à la régression de la délinquance juvénile Nouakchott. C’est le cas des vols de voiture souvent faits par des enfants issus de familles aisées. Pour ce qui est des viols qui demeurent le délit le plus fréquent, la brigade enregistre par jour 2 à 3 cas. En ce qui concerne l’inceste ou les mariages forcés, la situation est en nette régression.
Sur le plan judiciaire, il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites dans le cadre de la promotion des droits de l’enfant. La législation mauritanienne qui est inspirée du droit musulman a marqué des pas importants dans la justice des mineurs. Auparavant, les pouvoirs publics appliquaient les même peines appliquées aux adultes et les enfants en conflit avec la loi partageaient les mêmes cellules avec les adultes. C’est par la suite que le centre de Beyla fut construit pour essayer d’apporter des solutions à la délinquance juvénile et de séparer les enfants des adultes. Aujourd’hui, certaines associations de défense des droits de l’enfant plaident pour la suppression de ce centre qui, à leurs yeux, ne constituent pas la solution au x problèmes de délinquance juvénile. Et aujourd’hui, grâce à la réforme de la justice des mineurs, l’enfant bénéficie juridiquement du principe de l’assouplissement des peines. Ainsi donc d’une législation répressive on est passé à une législation éducative.
Ce n’est pas uniquement le chapitre justice qui est apparent dans les droits des enfants même si elle occupe une place assez importante. Il y a aussi le volet sanitaire puisque les conséquences psychologiques de certaines pratiques sont incalculables. En outre, il a été noté au cours de ce débat que les filles sont les premières victimes en matière d’atteinte aux droits de l’enfant : gavage, viols, travail forcé, exploitation sexuelle, pédophilie…
En Mauritanie, on estime à 78 pour 1000, le taux de mortalité infantile. Aujourd’hui, on suppose que 56% des filles de 0 à 1 an sont excisées. Ce phénomène est pratiqué dans presque toutes les communautés du pays. Mais elle demeure plus pratiquée dans l’est du pays chez les Maures. Mis à part ceci, l’excision est pratiquée à grande échelle dans notre pays. Un tour sur les statistiques confirme cet état de fait. 75% des femmes interrogées sur cette pratique affirment qu’elles feront exciser leurs filles. Les raisons sont assez dissemblables : 80% d’entre elles la pratiquent pour des raisons religieuses tandis que 20% la font pour des raisons coutumières. Et par rapport aux conséquences, il y a eu des discussions entre les médecins et les religieux. Mais jusqu’à présent, les médecins mauritaniens ne se sont pas prononcés de manière explicite sur cette pratique. Un jeu de ping pong s’est installé entre les médecins et les religieux, chacun ne voulant pas assumer ouvertement ces propres responsabilités sur cette question assez «embarrassante» et délicate.
Pour ce qui est des infanticides, 34 cas(2007) ont été signalés dans la ville de Nouakchott alors que celui des enfants abandonnés a fortement progressé. Ajouté à cela, les enfants malades qui souffrent du manque de prise en charge.
Les enfants apprentis et les enfants almoudos ferment la marche des enfants dont les droits les plus élémentaires sont bafoués au vu et au su de tout le monde. C’est pour tirer la sonnette d’alarme que ce débat a eu lieu afin de permettre d’ouvrir d’autres brèches dans la promotion et la sauvegarde du bien être de l’enfant mauritanien. Et ceci passera nécessairement par l’information, la formation et la sensibilisation sur les droits de l’enfant.
Babacar Baye Ndiaye

( 2 octobre, 2007 )

Objectifs du Millénaire pour le Développement:L’égalité des sexes et l’autonomisation des Femmes

En 2000, à l’instar des autres états membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU), la Mauritanie s’est engagée à éliminer toutes les formes de disparités entre les sexes. Sept ans après sa souscription à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement(OMD), où en est notre pays en matière d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes ? Enquête.

«Le premier rôle de la femme est de rester au foyer.» Ces paroles, extraites de Tribaliques, un ouvrage de Henri Lopez, écrivain et homme politique congolais, appartiennent désormais à une époque révolue où la femme était considérée comme «un objet de volupté», où elle n’avait aucun rôle à jouer dans la société, par conséquent marginalisée, tenue en marge de tout ce qui est inhérent aux prises de décision voire aux prises de position se rapportant à l’évolution sociale et politique de son pays.

Signe des temps : la femme a pris des galons, a pris conscience du rôle qui lui est dévolu et surtout acquis de l’expérience. En un mot, un nouveau jour est en train de se lever est-on tenté de dire. Dans presque tous les pays du monde, plus particulièrement dans les pays en développement, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes occupent des places de choix dans les programmes de développement économique et social des gouvernements. Qu’en est-il de notre pays ?

En Mauritanie, déjà, depuis 1985, le gouvernement a adopté un vaste programme de réformes économiques et financières destinées à rétablir les grands équilibres macro-économiques, à relancer la croissance et à lutter contre la pauvreté.

Ainsi donc, sur le plan social et politique, des pas ont été franchis par le gouvernement mauritanien vers l’intégration et la responsabilisation des femmes. A cet égard, des femmes ont été nommées ambassadrices(deux) et walis(deux). Même cas de figure qui pourrait se présenter pour la nomination des hakems où on peut s’attendre à la nomination plus importante des femmes.

Au niveau du gouvernement, trois femmes ont été nommées aux postes de secrétaires généraux même si le nombre de femmes ministres n’a pas augmenté par rapport à la transition. En outre, même si la présence des femmes sur la scène politique est assez singulière, on compte maintenant deux femmes leaders de partis politiques : madame Sehla Mint Ahmed Zaîd du Parti National El inma(PNI) récemment reconnu et madame Naha Mint Mouknass de l’Union pour la Démocratie et le Progrès(UDP).

A l’assemblée Nationale et au sénat, on compte maintenant 17 femmes députées et 9 femmes sénatrices. En outre, Nouakchott qui ne comptait qu’une seule mairie dirigée par une femme en compte maintenant trois dirigées par des femmes. Certains concours administratifs, jusque là inaccessibles aux femmes, sont ouverts à elles. C’est le cas dans l’armée, la gendarmerie, la garde nationale et la police. Même dans l’aviation civile, elles ont «arraché» leur place.

C’est le cas de Ilham Mint Zeidane 23 ans et Maimouna Mint Mohamed Mbarek 24 ans, toutes deux pilotes à saint Hubert à Montréal. Des précédents !Comme quoi, les femmes sont aussi capables. «Je crois que ce n’est pas suffisant, estime Aminétou Mint Ely Présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille(AFCF). I

l faudrait que le quota des 20% soit matérialisé au niveau de l’administration, de la diplomatie, de la magistrature, dans toutes les sphères de l’Etat. Mais surtout, il est très important qu’elles accèdent à la magistrature…Elles sont marginalisées et victimes de l’injustice. Il faut que ce quota soit appliqué. On ne peut pas faire deux poids deux mesures.» Sur le plan social, les femmes à travers des organisations sont impliquées dans tous les grands dossiers : réconciliation nationale, esclavage, retour des déportés, passif humanitaire…actions humanitaires.

Malgré la volonté politique clairement affichée par les autorités du pays en premier lieu le Président de la République de promouvoir l’accès des femmes aux sphères de décision, de réduire leur faible accès à l’éducation, à la santé et aux outils de production, les actions en faveur de l’émancipation de la femme mauritanienne se heurtent à de nombreux obstacles au sein de la société.

La persistance de la pauvreté qui frappe les femmes, les disparités entre hommes et femmes en matière d’accès aux services et aux ressources, l’inégalité devant les structures politiques et économiques, le partage inégal des pouvoirs et des responsabilités décisionnelles, le non respect des droits des femmes, la persistance des mauvais traitements infligés aux petites filles et la violation de leurs droits fondamentaux, la non-scolarisation des filles et l’analphabétisme sont autant de paramètres qui ont été identifiés et qui constituent réellement des empêchements à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes.

C’est vrai que la constitution consacre l’égalité juridique entre les hommes et les femmes, qu’un texte de loi rendant obligatoire l’enseignement des filles de 6 à 14 ans a été adopté en 2002. Certes, dans le but d’assurer l’égalité des sexes, la Mauritanie a signé la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre la femme adoptée par l’assemblée générale des nations unies en 1979 de même que ratifiée son protocole facultatif, le 11 novembre 2001.

Certes, le gouvernement mauritanien s’est engagé, à l’issue des journées de concertation, organisées en octobre 2005, à adopter et mettre en œuvre un quota de représentativité de 20% au profit des femmes, aux fonctions électives. Mais ceci mis à part, il y a toujours des problèmes, des discriminations, des revendications de la part des associations de défense des droits de la femme : notamment la ratification du protocole additionnel de la charte africaine des droits de l’homme que la Mauritanie n’a pas ratifiée et qui est très important pour la femme mauritanienne.

Il y a aussi la non harmonisation des lois internes avec les conventions internationales. Pourtant, les traités et accords internationaux conclu par la Mauritanie, où est reconnu et garanti le principe d’égalité, ont une autorité supérieure aux lois de l’Etat et doivent être obligatoirement exécutés. C’est le cas du code du statut personnel et du code de la famille qui comportent des lacunes.

Il y a aussi les réserves sur la CEDAW que la Mauritanie tarde encore à ratifier. C’est également le cas des dispositions de l’article 9 de la convention de Montevideo sur la nationalité des femmes qui avait consacré le principe de la non-discrimination en disposant que «aucune distinction fondée sur le sexe n’existera au regard de la nationalité, dans la législation ou la pratique» n’ont pas encore de traduction dans le droit interne mauritanien qui demeure régi par le code de nationalité de 1961 dont certaines dispositions ne sont pas tout à fait conformes au principe d’égalité consacré par cet article.

Et pourtant, la constitution mauritanienne consacre dans son article 80 la supériorité des conventions internationales régulièrement ratifiées sur la législation. L’Etat mauritanien est-il bien armé pour relever les défis que constituent l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ? Notre pays parviendra-t-il à réaliser ce troisième objectif du millénaire pour le développement d’ici 2015 ?

«En tout cas, face à des structures étatiques composées de féodaux, de maîtres esclaves, de personnes sectaires, de conservateurs, la femme mauritanienne n’aura pas sa place dans cette société même si on veut construire ce pays sur des bases égalitaires et sans discrimination» pense Aminétou Mint Ely.

La promotion de la femme passe d’abord par le travail c’est bien connu. En d’autres termes, favoriser ou créer une indépendance économique des femmes car, tant qu’elles attendront de l’homme quelque chose elles ne pourront pas être indépendantes de celui-ci et seront toujours aliénées.

L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ne demandent pas de fonds même s’il a un aspect développement. Il ne s’agit pas non plus de créer «un féminisme isolant». Mais de favoriser un certain nombre de paramètres qui sont la garantie de la promotion des femmes et de leurs accès aux sphères de décision.

C’est dans ce cadre qu’un document portant Stratégie Nationale de Promotion Féminine a été élaboré en vue d’améliorer les conditions d’existence durables de la femme et renforcer son statut dans la société.

Celle-ci, qui repose sur une vision à l’horizon 2015, se traduira par un renforcement de la participation économique des femmes, par une éradication de l’analphabétisme doublé d’un accès à l’éducation de base pour toutes, par une amélioration de la santé maternelle et infantile, par une grande participation politique et sociale de la femme et enfin par une reconnaissance entière de ses droits.
 

Babacar Baye Ndiaye

( 2 octobre, 2007 )

Le Vent du Sable ou l’esquisse d’un théâtre en germination

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En Mauritanie, la quasi-inexistence des mises en scène théâtrales peut laisser penser que le théâtre à l’image des autres pans de la culture est dans une impasse rébarbative. Et son avenir certainement passera par la résurgence des compagnies de théâtre. Le Vent du Sable est né de cette perspective pour désormais impulser le théâtre mauritanien.

Le Vent du Sable, c’est un groupe de jeunes comédiens qui portent les aspirations et les cris de désespoir de cette jeunesse mauritanienne que « les gens n’écoutent pas » et qui « ne croient pas » à ses projets qui pourtant sur le contenu « sont très lourds et très bénéfiques ». Alors le théâtre est devenu pour eux « un cheval de combat » contre les tares de la société mauritanienne, contre la dérive, la papelardise, le mensonge, le laxisme des hommes politiques, l’injustice et l’inégalité des citoyens devant la loi.

Pas étonnant donc quand « ils se définissent comme des citoyens, des citoyens mauritaniens qui ont un droit et qui veulent obtenir ce droit ».
Pour ces jeunes(Sophie Diallo, Daouda Kane, Omar Sy, Céta Diagana, Mariama Camara, Eva Thiam et Sarr Amadou) qui ont entre 21 et 25 ans, c’est par passion qu’ils sont entrés dans l’univers théâtral.

« Le théâtre nous dit Daouda Kane, c’est un univers que nous devons découvrir ». « J’ai eu à rencontrer, poursuit-t-il, un ivoirien qui me disait que ce n’est pas difficile de trouver un comédien. Le plus difficile c’est de trouver un comédien qui vit avec la passion du théâtre ».

Ainsi donc, vivre la passion théâtrale, est devenu pour eux un acte d’épanouissement, de liberté. Sans pour autant mettre en second degré leurs études auxquelles ils tiennent beaucoup.

On ne choisit pas son fatum, a-t-on coutume de dire. Derrière Vent du Sable, il y a un certain Daouda Kane très connu dans le milieu artistique.

Ce bout de bois, par la force des choses, est devenu comédien par hasard. Grâce donc à des années passées au «Théâtre Nomade », une compagnie théâtrale basée au CCF, il décida de créer sa propre compagnie théâtrale «Le Vent du Sable ».

Certainement pour apporter un nouveau souffle au théâtre mauritanien. A la fois metteur en scène et comédien, il est aussi un artiste engagé, un artiste qui n’a pas sa langue et ses yeux dans sa poche.

Il a toujours son mot à dire sur certaines situations qu’il trouve injustes. «Dans certains quartiers comme Socogim ou Tévragh-Zeina, il n y a jamais eu de délestages ou de pénuries d’eau alors que dans d’autres quartiers, il y a toujours ces problèmes ».

Dénoncer, relater ce qu’on voit en un mot dire la vérité telle qu’elle est. Leurs projets ? Préparer un court métrage sur le sida et une pièce de théâtre sur les clandestins. Refusant de porter un regard sur la société mauritanienne, pour des raisons qu’ils n’ont pas voulu élucider, les comédiens de Vent du Sable semblent cependant être préoccupés par le rôle et la place que doit avoir la jeunesse en Mauritanie.

Sans pour autant renier à leur liberté d’expression ou d’écriture, ces jeunes ambitieux restent ancrés dans leurs convictions, leurs principes de manière viscérale.
Difficile, quand on est des jeunes artistes ambitieux, de convaincre ou de se faire comprendre par les gens. «Pour eux, un jeune est égal à un délinquant. On rencontre tout le temps des difficultés. Un jeune qui amène son projet, il n’a aucun espoir d’être soutenu dans ses démarches », regrette Daouda Kane.

Le théâtre du Vent du Sable est un théâtre à la fois comique et tragique. Un théâtre qui ensorcelle ! Qui révèle des secrets de la vie réelle…L’égalité et l’autonomisation des femmes, l’émigration, l’épidémie du VIH/sida, la guerre entre autres autant de préoccupations universelles et qui restent toujours des thèmes qui nous interpellent, des thèmes qui nous concernent directement ou personnellement.

Coté primes de prestations, pas la peine de demander à Daouda, le «petit boss », combien ils gagnent. «Pour le moment, c’est très rare de jouer avec des cachets. Nous gagnons surtout la joie de vivre, comme disent les italiens, la dolce vita ».

Cette joie de vivre est certes fondamentale dans un groupe mais cela n’est pas suffisant. Une chose. Daouda et Cie peuvent devenir soudainement loquaces surtout quand il s’agit de dissiper un amalgame sur leurs relations professionnelles.

«Nous sommes entre frères et sœurs. On ne se drague pas et personne ne ressent quoi que ce soit envers qui que ce soit » se défend Mariama Camara. « Il se peut, tempère Daouda, que l’un d’entre nous ressent quelque chose pour l’autre. C’est tout à fait normal. Je ne vous dirai pas que c’est impossible puisque je peux bel et bien s’énamourer de l’une d’entre elles. On a le droit d’être amoureux non ! Mais rien de tout cela. Il y un esprit de groupe c’est à dire une amitié amitieuse et pas un amour amoureux ».

Franchement très drôle non même si on a du mal à comprendre ! Une autre chose. Dommage que la TVM, qui doit participer à l’éclosion des talents, ne soit pas présente pour immortaliser ces jeunes comédiens désopilants qui ont vachement émerveillé tout le public. Pour une première grande mise en scène, c’était chouette et réussi.

Babacar Baye Ndiaye

( 2 octobre, 2007 )

Ba Issa Sidy, ancien policier

Secrétaire Général du Collectif des anciens fonctionnaires de police victimes des événements(1986-1989-1992)
«Le calvaire des policiers noirs n’a pas commencé uniquement à partir de 1992. Déjà, en 1986, avec le problème des flamistes, il y avait une sorte de bouillonnement au niveau de la police nationale pour faire un balayage ethnique »

Le rénovateur : Pouvez-vous nous faire un peu la genèse de votre collectif et les démarches que vous avez eues à mener ?
Ba Issa Sidy : En décembre 2003, j’ai rencontré d’anciens fonctionnaires de police victimes des événements de 1986, 1989 et 1992 pour essayer de mettre en place ce collectif. Depuis lors, nous n’avons ménagé aucun effort pour la reconnaissance de nos droits. A cet effet par exemple, nous nous sommes adressées à notre ancien employeur(direction générale de la sûreté nationale du Ministère de l’Intérieur, NDRL). Nous avons aussi rencontré au moment de la transition le directeur général de la sûreté nationale. Récemment, le Ministre de l’Intérieur Yall Zakaria nous a reçus en nous assurant que le gouvernement fera de tout son possible pour résoudre la question du passif humanitaire tout en demandant l’implication de tout le monde à cette dynamique.
Le Rénovateur : A vous entendre parler, on dirait que vous êtes optimiste ?
B.I.S : Effectivement. Mais d’un autre coté, beaucoup parmi les policiers qui étaient victimes des événements courent toujours derrière leurs droits. Ces gens-là ont été révoqués de leur fonction parce qu’ils sont tout simplement noirs. Le calvaire des policiers noirs n’a pas commencé uniquement à partir de 1992. Déjà, en 1986, avec le problème des flamistes, il y avait une sorte de bouillonnement au niveau de la police nationale pour essayer de faire un balayage ethnique. C’est comme si la direction de la sécurité de l’Etat et la direction du personnel avaient voulu se solidariser des mesures prises par le pouvoir politique alors que les policiers n’avaient rein avoir avec la Flam. Il y a eu une complicité entre le directeur du personnel et le directeur de la sécurité de l’Etat qui étaient tous deux des cousins de Maouiya.
Le Rénovateur : Aujourd’hui, êtes-vous prêt à tourner la page ?
B.I.S : Il y a eu des policiers qui ont été torturés. C’est très important de le souligner. Tous les policiers qui avaient été appréhendés au moment des événements ont fait l’objet de tortures et de sévices. Certes, il n y a pas eu de cadavres à faire sortir des tiroirs quand il s’agit de policiers. Dans tous les cas, il faut dire la vérité et rétablir des gens dans leurs droits. On ne peut pas pardonner quand la vérité n’est pas dite sur les tortures commises sur les policiers noirs. Tous les mauritaniens sont appelés à vivre ensemble.
Le Rénovateur : Vous n’êtes pas donc pour la poursuite judiciaire ?
B.I.S : Si, si, si. Je ne suis pas favorable à ce qu’on laisse ces gens-là dans l’impunité parce que cela pourrait les inciter peut-être à refaire la même chose et pourquoi pas si les noirs voulaient faire eux aussi la même chose. Donc, il faut qu’il y ait des mesures pour que de telles choses ne se reproduisent plus.
Le Rénovateur : Votre collectif est-il reconnu par l’Etat mauritanien ?
B.I.S : Non ! Pourtant, nous avons adressé 5 à 6 demandes dans ce sens. Nous ne sommes pas un collectif clandestin. Nos activités sont connues de tout le monde. Chaque année, nous renouvelons notre demande de reconnaissance comme ampliative le FONADH. Même si notre collectif n’est pas encore reconnu par l’état mauritanien, nous continuerons à revendiquer la reprise des policiers injustement révoqués et le retour de certains d’entre eux qui ont été déportés pendant les événements. Aujourd’hui, parmi les 180 victimes, 17 sont décédées.
Le Rénovateur : Vous demandez donc votre réinsertion dans la police nationale ?
B.I.S : Effectivement et principalement pour ceux qui ont la possibilité de réintégrer la police nationale ou à défaut de cela qu’ils puissent obtenir le remboursement intégral de leurs droits. Parmi ces anciens fonctionnaires de la police, il y en a certains qui sont en âge de pouvoir reprendre service. S’ils ont envie de reprendre, il n y a pas de raison qu’ils recouvrent leurs droits. En outre aussi, il faudrait que leurs grades soient ajustés à celles de leurs promotionnaires qui sont actuellement en service.
Le Rénovateur : N’avez-vous pas peur que votre dossier traîne ?
B.I.S : C’est tout à fait normal mais cela ne nous empêchera pas d’être optimiste. Nous sommes des mauritaniens et nous avons des droits. Je crois que le nouveau régime en est conscient. Dans ce cadre, nous avons prévu de rencontrer le Président de l’Assemblée Nationale Messaoud Ould Boulkheir et le Président du Sénat Ba Mamadou Mbaré. Il y a actuellement des signes qui montrent que les autorités sont favorables au règlement définitif de notre dossier. Le Ministre de l’Intérieur nous a même assuré que tous les policiers victimes des événements seront réintégrés dans leurs droits et entièrement dédommagés.
Le Rénovateur : Disposez-vous des documents qui prouvent que vous étiez de la police nationale ?
B.I.S : Effectivement que nous avons des preuves, bien qu’on ait tout fait pour détruire ces documents. Nous savons qu’au niveau de la section solde, on a fait disparaître nos documents. Au moment des événements, il y a eu un groupe de 50 personnes qui ont été radiées sans qu’il y ait la moindre décision. Il n y a pas eu non plus un arrêté. Souvent, nous posons la question de savoir si nos salaires ne sont pas perçus tous les mois par nos anciens employeurs. Cette révocation n’est pas sortie dans le journal officiel. A plusieurs reprises, nous avons fait cas de cela.
Babacar Baye Ndiaye

( 2 octobre, 2007 )

Marché de l’emploi: Des demandeurs à l’affût de l’hypothétique trésor

Ces hommes et femmes de différents âges ne sont pas uniquement des mauritaniens. Ils viennent aussi de la sous-région notamment du Sénégal et du Mali pour chercher «un petit job» de plus en plus difficile à trouver comme un diamant vert. Même ceux que nous avons rencontrés là bas ne savent pas comment cette bourse informelle du travail est née.

Aux abords de l’église qui se trouve vers le Centre Culturel français, des hommes et des femmes attendent depuis le matin des clients, la plupart du temps des patrons maures, qui viendront leur proposer différents services : lavandière, cuisinière, gardien, boy… A.D. est de ceux-là. Voilà depuis quatre jours qu’elle attend sagement en tricotant. Originaire de Boghé dans le sud de la Mauritanie, mariée et mère de sept enfants, elle a quitté sa ville natale pour venir chercher du travail à Nouakchott.

Presque chaque jour c’est la même routine et la même attente qui dure et perdure encore. Agée de plus de cinquante ans, elle sait que l’attente durera encore. Mais pour combien de temps semble-t-elle se demander ? Elle est la seule grande personne que nous avons rencontrée sur place parmi ces jeunes femmes et ces jeunes filles qui ne cessent d’augmenter de jour en jour en pensant que peut-être qu’elles vont trouver vite un travail quelconque.

Apparemment dépitée par sa situation, elle nous avouera qu’un maure qui l’avait employée quatre jours auparavant l’avait remerciée sans qu’elle ne sache pourquoi. Si la situation perdure nous a-t-elle dit, elle va retourner à Boghé pour s’occuper de ses progénitures.

A côté d’elle se trouve M.S, âgée seulement de 18 ans, depuis ce matin, elle attend le premier client providentiel. Comme les autres jeunes filles de sa génération, c’est sa première fois d’être sur les lieux. Visiblement fatiguée et lassée par une longue attente illimitée, elle lâche des mots à peine imperceptibles. Elles restent ainsi toute une journée sans boire ni manger. Certaines d’entre elles, depuis des mois, voire des années, fréquentent cet endroit à la recherche d’un petit job.

La plupart des personnes qui viennent chercher «ces désespérés de la vie» sont de grands patrons maures qui habitent dans le quartier chic de Tévragh-Zeina. A chaque voiture qui s’arrête devant elles, elles se précipitent sur elle comme des louves affamées. Là aussi, il faut avoir de la baraka pour que le client qui tient compte de certains facteurs telle que la jeunesse et la beauté te propose de faire un détour à la maison.

Chaque jour c’est ainsi. Les prix qu’ils proposent varient souvent entre 20.000 et 25.000 UM selon ces femmes qui estiment que ces sommes d’argent sont dérisoires car ne pouvant pas combler tous leurs besoins quotidiens. Mais là n’est pas le véritable problème de ces femmes dont la plupart d’entre elles n’ont jamais fait les bancs de l’école. «Il y a des hommes qui viennent ici en pensant que nous sommes des prostituées. Comment des femmes qui ont laissé leur mari ou leurs enfants peuvent-elles venir ici en faisant des choses pareilles ?» s’interroge l’une d’entre elles qui ne digère pas cette mauvaise impression que les gens ont sur elles !

Parmi ces femmes, on y retrouve des sénégalaises venues elles aussi tenter leurs chances en Mauritanie. C’est le cas de R.L qui dénonce certaines pratiques et abus dont les étrangères sont souvent victimes, pratiques qui ne sont pas punies ou récriminées. «Parfois, on nous accuse de vols. Tu peux aussi tomber sur des personnes de mauvaises intentions qui peuvent t’abuser. Ou alors elles vous font travailler durant un mois sans qu’elles ne vous payent. Quand tu pars à l’ambassade, au lieu de vous venir en aide, ils vous ignorent.»

Depuis quelques années en effet, la Mauritanie, du fait de sa position géographique, est devenue un passage incontournable dans les migrations transsahariennes. De plus en plus, le nombre de candidats à l’émigration clandestine augmente de manière impressionnante.

Notre pays qui n’échappe pas à la conjoncture économique de plus en plus fortement caractérisée par le sous-emploi se voit envahie par des ressortissants de la sous-région tous les jours. Ces derniers en effet ne sont que des aventuriers à la recherche d’un lendemain meilleur. «Certes, nous cherchons du travail. Mais en vérité nous sommes en Mauritanie pour chercher un moyen d’aller en Europe.», affirme un jeune malien trouvé dans les parages en compagnie d’autres maliens et sénégalais qui n’ont à l’esprit que d’émigrer un jour en Europe.

Babacar Baye Ndiaye

( 2 octobre, 2007 )

Amélioration de la desserte en eau potable dans la Moughata de Teyarett

L’eau c’est bien connu de tout le monde est une ressource indispensable à la vie. Conscient de cette situation, le gouvernement de la République Islamique de Mauritanie a entrepris un vaste programme dans le cadre de l’amélioration de la desserte en eau potable dans la Moughata de Teyarett qui ne dispose pas encore suffisamment de centres de pompage ou d’adduction d’eau.

Nouakchott, par ailleurs capitale, est devenu par la force des choses une métropole de presque d’un million d’habitants. Ce programme ambitieux financé à hauteur de 190.717.233 UM par l’Association Internationale de Développement (IDA) vise à atténuer les souffrances des populations et les pénuries d’eau dont souffre régulièrement cette Moughata populeuse où deux tiers de sa population n’ont pas accès à l’eau potable de manière régulière.

Dans cette Moughata, à l’image des autres zones périurbaines de Nouakchott, très peu de foyers sont raccordés à des conduites d’eau. En outre, ce programme permettra à grande échelle de répondre aux besoins d’eau potable des populations de cette Moughata de Teyarett.

De manière générale, l’alimentation en eau potable vise directement à la réalisation de l’objectif 7 des Objectifs du Millénaire pour le Développement auxquels la Mauritanie a souscrit depuis 2000.

Le principal défi à relever sera de réduire de moitié le pourcentage de la population de cette Moughata qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable mais aussi à améliorer sensiblement la vie des habitants de cette zone périurbaine de Nouakchott.

Mises à part toutes ces considérations d’ordre rationnel, le gouvernement mauritanien devra aussi penser aux autres localités du pays dans ses politiques structurelles. Ce n’est pas uniquement dans la ville de Nouakchott où doivent se concentrer tous les efforts de développement économique et social qu’entreprend le gouvernement.

Combien sont-elles ces populations qui courent à la recherche de ce liquide précieux considéré aujourd’hui dans notre pays comme un produit de consommation luxueux ? Combien sont-elles ces familles qui ne sont pas abonnées aux services de la SNDE du fait des coûts d’embranchement très élevés ?

L’accès à l’eau potable passe aussi par l’atténuation des frais de raccordement qui ne sont pas souvent à la portée de ces populations aux faibles économies. Certes, le gouvernement a élaboré des politiques stratégiques en matière d’eau potable visant à réduire les inégalités persistantes dans ce domaine.

Ce n’est un secret pour personne, les habitants de Nouakchott font face de plus en plus notamment en période de forte chaleur à des pénuries. Sans parler de ceux de l’intérieur du pays. Et il urge de trouver les voies et moyens qui permettront de mettre fin à cette situation très souvent dramatique et contrastée par la rareté de ce liquide précieux.

Là dessus, le projet d’Aftout-Es Sahili 2010 qui vise à alimenter la ville de Nouakchott réduira substantiellement et certainement ce phénomène auquel sont habituées maintenant les populations de Nouakchott. Il est du devoir du gouvernement d’assurer un environnement durable à ses populations.

Babacar Baye NDiaye

( 2 octobre, 2007 )

Youssou N’Dour, musicien surdoué et militant

Youssou N’Dour, musicien surdoué et militant

Elégant, affable, efficace, le chanteur sénégalais Youssou N’Dour, 48 ans, figure au palmarès des cent personnalités les plus influentes de la planète publié chaque printemps par le Time Magazine. « J’ai vu Youssou être l’objet d’une attente croissante et devenir sans effort un leader africain de premier plan. Il a imaginé avant tout le monde de lancer des campagnes pour l’élargissement des nouvelles technologies, il s’est engagé dans un combat contre le paludisme, a milité à l’Unicef. Il est pour moi une source d’inspiration, pas seulement comme artiste, mais comme individu », écrivait le chanteur Peter Gabriel pour présenter dans l’hebdomadaire américain du 14 mai celui qu’il découvrit à Dakar en 1984. Youssou N’Dour, qui a commencé sa carrière musicale à l’âge de 14 ans, y était déjà célèbre et adulé.
Youssou N’Dour, musulman de confrérie mouride, est un chanteur populaire, un gamin à la voix d’or né dans la Médina de Dakar, il gère des affaires et s’implique dans l’humanitaire, mais pas seulement. De timide et introverti qu’il était en dehors de la scène à ses débuts, il est aujourd’hui devenu le porte-parole d’une Afrique urbaine et économiquement consciente.
Ainsi, début juin, il était au G8 d’Heiligendamm, près de Rostock, en Allemagne, avec ses amis Bono (chanteur de U2) et Richard Branson (fondateur de Virgin). Du voyage également, Sir Bob Geldof, promoteur du Live Aid en 1985 contre la famine en Ethiopie, puis du « Live 8″ en 2005, série de shows télévisés planétaires montés pour exiger des puissants l’abolition de la dette des pays les plus pauvres. Youssou N’Dour avait alors été le seul chanteur africain à figurer dans les concerts « nobles » de Paris ou de Londres.
Les présidents présents à Rostock, dont Nicolas Sarkozy pour la France, n’ont pas manqué de se laisser photographier aux côtés de ces stars du show-biz, une aristocratie à laquelle, bizarrement, Youssou N’Dour appartient. « You », en effet, vit, travaille à Dakar. Il aurait pu toute sa vie vendre un nombre de disques proportionnel à la connaissance mondiale du wolof.
Mais le musicien surdoué a su décupler ses forces de vente par un incontestable talent, et par un gracieux système d’alliances : duo de charme avec Neneh Cherry (7 Seconds, standard absolu), appui confraternel du cinéaste américain Spike Lee, puis flirts avec la musique arabe, notamment dans Egypt, hymne à l’islam tolérant enregistré au Caire, et récompensé en 2005 par un Grammy Award américain, malgré le choc irakien, alors que, en 2003, il avait annulé sa tournée américaine en signe de protestation. Le voici acteur, rejouant la tragédie de la traite négrière dans le rôle de l’esclave-poète Olaudah Equiano pour Amazing Grace, du Britannique Michael Apted, à sortir prochainement.
Nouvelle cause : le Darfour. Le 6 juillet, en ouverture du festival de jazz de Montreux, il organise une marche en bordure du lac Léman, au côté du rapporteur spécial de l’ONU Jean Ziegler. « Pourquoi Montreux ? », lui demanda la plate-forme d’informations suisse Swissinfo. « Pour moi, le contraste entre Montreux – avec ses belles voitures et ses gens arborant des airs de fête – et le Darfour, avec 200 000 morts et plus de 2 millions de réfugiés, montre que ce monde est déséquilibré. C’est choquant, c’est vrai, mais cela pousse surtout à réfléchir. Le Darfour pose un problème à la fois ethnique, religieux et politique, qui a trait au terrorisme et à l’islam. » Je veux, nous disait-il en juin à Paris, emmener au Darfour des artistes et des intellectuels africains.
La rumeur voudrait que Youssou N’Dour soit mûr pour entrer en politique : il serait candidat à la députation, à la mairie de Dakar, à la présidence de la République du Sénégal, à celle de l’Union africaine… Mais, invité en mai à la grande « party » qui réunissait les cent personnalités de l’année retenues par Time Magazine, il en revient sceptique, chamboulé et gêné : « On a l’impression que, dans ces milieux-là, on peut décider du sort du monde. »
A Dakar, pourtant, la polémique va bon train : sous le baobab Youssou, aucune herbe ne repousserait. Il serait l’ami des présidents, intime d’Abdou Diouf, puis d’Abdoulaye Wade, toujours du côté du manche. Youssou N’Dour possède un studio d’enregistrement, Xippi, un label de disques, Jojoli, une boîte de nuit, le Thiossane, deux fondations humanitaires. Il a créé Joko, un réseau d’accès à Internet pour les plus démunis. Il possède une radio, Radio Futur Medias, un journal, L’Observateur (60 000 exemplaires par jour), regroupés au sein du groupe Futur Medias, qui emploie 104 personnes. Il a des projets de télévision, parce que « les Africains doivent créer leurs médias ».
Son récent divorce à l’amiable d’avec sa première femme, Mamy Camara, a alimenté les gazettes, autant que le procès en diffamation que lui a intenté Karim Wade, le fils du président, après la révélation, dans L’Observateur, d’un trafic de devises de plusieurs millions de dollars l’impliquant. Youssou N’Dour avait soutenu sans réserve ses journalistes. « Les médias, c’est difficile, commente le directeur de la publication, on dit toujours : c’est Youssou qui dit que… Mais non, je découvre le journal chaque matin, c’est un challenge. »
Ce patron de presse inhabituel insiste : « Les Africains ne sont pas forcément bien informés. En 1985, quand je demandais à ma mère ce qu’était l’apartheid, elle ne savait pas. Alors, j’ai écrit la chanson Nelson Mandela. Aujourd’hui, j’ai des amis qui me demandent qui est le président du Darfour ! Nous devons obtenir de vraies informations et les mettre en commun avec les peuples du continent. » Dès 1985 (pour exiger la libération de Mandela), les concerts ont été la première arme de ce père de sept enfants. Au printemps 2005, avec l’organisation internationale Roll Back Malaria (RBM), il organise l’Africa Live à Dakar, contre le paludisme, avec, en octobre, retrouvailles à Genève pour le 60e anniversaire des Nations unies avec Peter Gabriel, Tiken Jah Fakoli, Stephan Eicher, Gilberto Gil et Kofi Annan.
« Il fallait prendre cette maladie au sérieux. En pleine crise de paludisme, les Sénégalais disaient, avec une grande légèreté : je suis un peu « sibirou ». Aujourd’hui, le discours a changé. On sait qu’il y a près de 3 millions de morts du paludisme par an. Je m’étais fixé un seuil de 3 milliards de dollars pour lutter contre cette maladie et notamment acheter des moustiquaires. » Il dit avoir réuni 1,4 milliard. ( source : le monde)

( 2 octobre, 2007 )

« Il y a beaucoup de frustrations derrière cette image d’unité et de tranquillité »

Boubacar Ould Messaoud, Secrétaire Général de SOS Esclaves

Criminalisation de la pratique de l’esclavage, règlement du passif humanitaire, situation des droits de l’homme en Mauritanie, l’affaire Alioune Sow…Boubacar Messaoud, président de S.O.S Esclaves, revient sur ces grands dossiers épineux toujours pendants et auxquelles doivent s’atteler les nouvelles autorités afin de leur trouver des solutions consensuelles et urgentes.

Le Rénovateur : Cela fait des années qu’on en parle, est-ce qu’on va s’acheminer une fois pour toutes sous le régime de Sidi vers la criminalisation de la pratique de l’esclavage en Mauritanie ?
Boubacar Ould Messaoud : Des engagements ont été pris par les partis politiques durant la période préélectorale et pendant même la période du second tour des présidentielles. Le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi nous a dit lors de l’audience qu’il nous a accordé récemment qu’il va présenter les jours à venir devant l’Assemblée Nationale une loi caractérisant et criminalisant la pratique de l’esclavage en Mauritanie.
Le Rénovateur : Le 9 juillet 1981, une ordonnance a été prise pour abolir la pratique de l’esclavage en Mauritanie. Mais dans la réalité, il n’ y a jamais eu un décret d’application. Qu’est – ce qui explique ce manque de volonté politique ?
BOM : Il provient du fait que la classe politique se sent concernée, solidaire et plus ou moins dépendant de ce système. Tout le monde se défend d’être esclavagiste mais en réalité beaucoup en tirent des profits. Ça c’est la première remarque. D’autre part, il y a un non dit sur le plan de l’information. Les mauritaniens ont toujours considéré que l’esclavage était justifié et légitime du point de vue religieux. Mon expérience personnelle me conduit à dire que la majorité de nos oulémas sont solidaires de la pratique de l’esclavage. Ces derniers considèrent donc qu’un acte contre la pratique de l’esclavage serait un acte à leurs yeux injuste. On a fait une loi et on leur a reconnu des droits. Comment donc prendre une telle loi sans se décrédibiliser vis-à-vis de l’opinion internationale ? Ce décret devait définir les modalités d’application à savoir qui indemniser, comment indemniser et jusqu’où va l’indemnité. Pour notre part, il serait hors de question d’indemniser les maîtres. Il serait plutôt question d’indemniser les esclaves parce qu’ils ont été victimes pendant des siècles d’une exploitation injuste considérée comme un crime contre l’humanité.
Le Rénovateur : Vous connaissez parfaitement le dossier du passif humanitaire, à votre avis, constitue-t-il une véritable menace pour la sécurité et la cohésion nationale du pays ?
BOM : Effectivement, je considère que c’est une véritable menace pour l’unité nationale parce que les victimes du passif humanitaire sont nombreuses. C’est un grand problème. Tout mauritanien conscient doit être préoccupé non pas parce que cela constitue une menace pour le pays mais c’est une question tout simplement de justice. Il n’est pas certainement souhaitable qu’on fasse la chasse aux sorcières et qu’on développe des sentiments de revanche vis-à-vis de qui que ce soit. Il serait bon de reconnaître d’abord les faits et de trouver les voies et moyens permettant une réconciliation nationale autour de ce problème. Il faut reconnaître ce mal parce qu’il a été fait au nom de l’Etat mauritanien, de la République par des gens qui avaient l’autorité sur les forces armées et la sécurité. On est en train de vouloir occulter ce drame. Alors qu’il y a eu des crimes, des morts, des gens qu’on a enterrés vivants, certains qu’on a pendus, d’autres qu’on aurait écartelés dit-on. Ces choses là ne peuvent pas être oubliées. Il faut partager avec les gens leurs détresses et au moins les indemniser. Cette question doit être prise en charge dans sa globalité. Tous ces gens-là, jusqu’à preuve du contraire, sont des mauritaniens.
Le Rénovateur : Récemment, vous avez été saisi de l’affaire Alioune Sow. Où en est actuellement le dossier ?
BOM : Je veux d’abord être précis. Je ne sais pas si cet enfant s’appelle Alioune Sow ou Mohamed Ould Brahim. Je ne prends pas de position ni pour les haratines ni pour les poulars. Ce n’est pas mon rôle. Je pense que ce garçon là est une victime. Si effectivement, il a été volé ou perdu à un moment donné, c’est un crime monstrueux mais je n’ai aucune preuve de cela et je n’accuse personne. Il est victime dans la mesure où il n’a rien à voir avec tout cela. Présentement, il est confié à la Caritas qui a un centre d’accueil plus approprié à la garde des enfants qui ne sont pas gardés contre leur volonté mais qu’on garde simplement parce qu’ils sont objet de litige.
Le Rénovateur : Quel est l’état actuel de la situation des droits de l’Homme en Mauritanie ?
BOM : Elle est le résultat de ces années d’injustice qu’on a vécu sous le régime de Taaya. La transition a apporté beaucoup de bémol. Il y a eu beaucoup de choses qui ont évolué. Il y a le fait que les organisations de défense des droits de l’Homme ont été reconnues. Il y a eu des amnisties. Les dernières élections nous ont paru relativement correctes et transparentes par rapport à ce que nous avons connu au temps de Taaya. Nous pensons que les problèmes de ce pays sont liés au manque de volonté politique. Nous ne sommes pas réfractaires au progrès. Ce sont ceux qui nous dirigent qui sont des dictateurs. Il faut que la classe politique ait le courage de poser les vrais problèmes, de prendre des décisions de progrès. Si aujourd’hui, on avait criminalisé l’esclavage, on verrait bien que beaucoup de mauritaniens qu’on ne soupçonnait même pas seront les premiers à s’investir pour que les mauritaniens soient libres et égaux.
Le Rénovateur : En tant qu’association de défense des droits de l’Homme, qu’est ce que vous préconisez dans le règlement définitif du passif humanitaire et de la pratique de l’esclavage ?
BOM : La pratique de l’esclavage, je pense, prospère encore dans l’impunité qui est un élément d’encouragement et de maintien du système esclavagiste. Il faudrait qu’on fasse suffisamment de sensibilisation pour déconstruire le socle sur lequel repose l’esclavage en Mauritanie. Il faut des campagnes de démolition de la justification religieuse de l’esclavage dans l’esprit des gens. Il faudrait aussi que les tenants de la religion se prononcent, qu’il y ait de véritables débats et des programmes de mise à niveau de ces anciens esclaves. Si nous voulons que cela produise des effets, il faut que cela se fasse de manière consciente et volontariste.
Le Rénovateur : Sans la résolution sérieuse de ces dossiers épineux, pensez-vous que la réconciliation nationale serait-elle possible ?
BOM : La réconciliation nationale ne sera pas possible sans la résolution définitive de ces dossiers, sans l’engagement franc des hommes politiques. Tout ce qu’on fait aujourd’hui, à mon avis, ressemble à de la comédie. On vit ensemble mais c’est très superficiel. Derrière cette image d’unité et de tranquillité, il y a beaucoup de frustrations. Je pense qu’il faut mettre nos problèmes sur la table et en discuter parce que nous sommes unis par la force des choses. On ne peut pas être divisés par la couleur de la peau ni par la langue.
Le Rénovateur : Récemment vous avez été reçu par le Président de la République. Vous a-t-il dévoilé les mesures qu’il va prendre par rapport à toutes ces questions ?
BOM : Le Président de la République nous a bien conforté en nous disant que sur le problème de l’esclavage que la décision est prise de faire une loi le caractérisant et le criminalisant. Il nous a promis que tous les cas d’esclavage que nous aurons à soumettre seront traités jusqu’au bout. Pour ce qui est du passif humanitaire, il a essentiellement parlé des déportés. Il a promis dans 6 mois que ce problème soit réglé et qu’une commission nationale va s’occuper du rapatriement des déportés. Pour ce qui est du passif humanitaire, c’est une question plus complexe et les pouvoirs publics sont entrain de réfléchir sur les modalités d’engager le processus. A cet égard, nous demandons la reconnaissance des associations des victimes puisqu’elles sont les principaux interlocuteurs.
Le Rénovateur : Par rapport à tout cela donc, qu’est-ce que vous répondez aux victimes qui ne croient pas aux rétablissements de leurs droits ?
BOM : Nous comprenons leur désespoir. Tout ça c’est encore des discours, des promesses. Nous allons travailler pour que cela se traduit dans les faits. Ce n’est pas parce que je suis membre d’une commission nationale que les choses vont être réglés illico non ! Il y a un projet et il faudrait qu’il soit concrétisé.
Le Rénovateur : L’ancien Président du CMJD le colonel Ely Mohamed Val a dit dans son interview à Jeune Afrique que parler de ces problèmes c’est tenter le diable. Pensez vous qu’un jour que ces dossiers vont connaître des solutions ?
BOM : Moi je pense qu’ils trouveront des solutions. Mais le diable c’est quoi. Il y a des gens qui ont peur de leurs ombres. Ils savent mieux que quiconque ce dont ils ont peur. Contrairement à ce qui se dit parfois, personne ne cherche à dramatiser les choses. Il n y a jamais eu de tentative, d’attaque encore moins d’agression contre les tortionnaires. Le diable on le tente parce qu’on refuse de reconnaître les crimes qu’on a commis. Moi, je dis à Ely que c’est ceux qui refusent de les reconnaître qui veulent tenter le Diable mais pas ceux qui en parlent.

Interview réalisée par Babacar Baye NDiaye

( 2 octobre, 2007 )

The Black Clock

A leur actif, dans leur discographie, deux albums : «A Song for You » sorti en octobre 2006 et «Life Confection » sorti en juin 2007.

Le week end dernier à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott, The Black Clock, sous l’initiative de l’ambassade des états unis en Mauritanie, ont offert un concert gratuit. Ils ont été dans notre pays dans le cadre des relations culturelles américano-mauritaniennes.

Beaucoup d’enfants suivent, souvent, les traces de leurs géniteurs. Ils s’écartent très rarement du chemin que leurs parents voudraient qu’ils arpentent.

Seth Sharp n’a pas échappé à cette volonté parentale. Sa mère, Francis Mc Alpbe Sharp, une actrice et une chanteuse américaine l’a fait découvrir très tôt la musique classique, les ballets.

Elle lui donna l’envie de s’essayer dans la musique parce qu’il assistait régulièrement à ses répétitions. Les années passèrent et Seth Sharp devenu adulte se découvrit des aptitudes musicales innées.

Sa mère, malgré qu’elle le portait encore dans son ventre, continuait à jouer des pièces de théâtre sur scène. « C’est de là sans doute que j’ai contracté le virus de la musique. A bas age, j’accompagnais souvent ma mère à ses répétitions » confie-t-il avec beaucoup d’émotion.

The Black Clock est un groupe de jeunes musiciens américains qui font de la World Music avec un zeste de Jazz, de Soul, de Funk, de Blues, de Gospel et de la Musique Classique.

Un parfum de diversité pour toucher un maximum de public. «J’aime mettre beaucoup de genres dans ma musique » avoue Seth Sharp, lead vocal du groupe.

Il y a des événements dans notre vie qui nous marqueront à jamais, des événements qui resteront toujours gravés au fond de notre mémoire. Pour Seth Sharp, ce fut quand il a chanté à la Maison Blanche pour le Président des Etats Unis, Bill Clinton.  

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Et l’autre événement s’est déroulé à Brazzaville au Congo quand lui et sa bande ont joué devant plus de 18.000 spectateurs hyper enthousiasmés. D’ailleurs, il a écrit un morceau exclusivement dédié à Brazzaville.

Seth Sharp est un musicien qui tient beaucoup à la mélodie, à l’amour et à l’espoir. Parfois même il se permet des chants religieux (gospel) même s’il sait que tout le monde n’est pas religieux.

Petiot, avoue-t-il, il était «vraiment timide » sauf quand il chantonnait. Des moments de bonheur et de déceptions, il en a rencontré de toutes les couleurs comme tout le monde dans sa vie.

Mais Seth Sharp sait très bien ce qui l’attend «dans l’industrie musicale qui est très difficile et très complexe car il y a beaucoup de requins dans ce business et il faut savoir parlementer avec eux pour réussir ».

Et si, jusque là, il n’a pas été la proie de ces «bestioles», c’est grâce en grande partie à sa sœur qui est avocate.

Seth Sharp qui se dit très heureux d’être en Mauritanie qu’il trouve pépère est là par l’intermédiaire d’une compatriote travaillant à l’ambassade américaine de Paris qui lui a proposé d’aller jouer en Afrique.

Etablis en Island où ils sont mieux connus qu’aux états unis, The Black Clock est à leur deuxième voyage en Afrique. Au début de l’aventure, c’était uniquement Seth Sharp qui faisait ses concerts seul en Island.

Au fil du temps, il sentit la nécessité de créer son propre groupe qui existe depuis 2006. Depuis lors, c’est devenu Seth Sharp and the Black Clock, un nom de groupe assez particulier.

« La première fois que j’ai joué avec mon groupe en Island, il n y avait pas de nom pour la bande. Il y a quelqu’un qui a demandé le nom du groupe…Un moment je marchais rêveur et d’un coup j’ai entendu des gens glapir «Black Clock ! », «Black Clock ! », « Black Clock !»…je me suis dit que c’est l’appellation qu’on va donner à notre bande » raconte Seth Sharp l’air très ému.

Marié ? «Je n’ai pas le temps pour me consacrer à cela. Pour le moment, je suis marié avec ma musique » dit-il avec beaucoup d’humour dans un accent français hilarant et jovial.

Et pourquoi pas aussi pas de présence féminine dans son groupe ? « J’ai cherché une femme mais je n’ai pas trouvé. Je suis triste qu’il n y ait pas la présence féminine dans mon groupe » regrette-t-il.

Ses stars préférées, disons plutôt ses icônes ne sont autres que Michael Jackson, Stevie Wonder et Jennifer Holiday, des mégas stars dont les chansons ont beaucoup bourdonné dans ses oreilles et l’ont admirablement influencé.

Certainement, il rêve déjà, un jour, de faire comme elles, de suivre leurs traces : conquérir le monde ! A leur actif, dans leur discographie, deux albums : «A Song for You » sorti en octobre 2006 et «Life Confection » sorti en juin 2007.

Babacar Baye Ndiaye

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