( 2 octobre, 2007 )

Structures sanitaires

Qu’attend le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales ?

Depuis sa nomination comme ministre de la Santé et des Affaires Sociales, Monsieur Mohamed Ould Raghany tarde toujours à annoncer les couleurs. Alors que beaucoup de maux continuent de gangrener la bonne marche des structures sanitaires de plus en plus désertées par les professionnels de la Santé au profit des cliniques privées ou bien ouvrent parallèlement leurs propres cabinets. Pas étonnants d’en apercevoir presque à chaque coin de la rue de la ville de Nouakchott !
Vous l’avez sans doute constaté ou remarqué. Hormis, le Centre National Hospitalier de Nouakchott qui est notre fleuron en termes d’infrastructures sanitaires, nos structures sanitaires laissent à désirer ou vont mal. Toutes «pataugent», «vivotent», sont aux abois et infestées par des virus qui ont la vie dure dans notre pays : gabegies, corruptions, recrutements de complaisance, déficit en personnel, insuffisance du plateau technique…
Conséquence d’une politique expectative ou manque de volonté ? De toute évidence, les structures sanitaires du pays ne sont pas souvent au niveau des besoins des populations. Pas de réformes annoncées ou esquissées ! Que des promesses à bâtons rompus ! C’est toujours le statut quo. Pour sortir ces «structures sanitaires» de leur sénilité, de leur décrépitude, bref pour les restructurer ou les moderniser, il faudra certes investir des milliards d’ouguiyas dans ce secteur parmi les plus mal au point du pays. Sans compter d’en créer dans les localités qui n’en disposent pas et qui porte préjudice à ces populations.
La situation de ces structures sanitaires est alarmante à plus d’un titre. Par exemple à Nouakchott, les nombreux patients qui fréquentent «l’hôpital national» se soucient ou se préoccupent sans doute de leur souffrance mais certains d’entre eux ou leurs accompagnants ne manquent souvent pas de décrier les conditions de séjour, d’accueil et de traitement à leur égard. Du manque de laboratoires modernes et performants à certaines contraintes comme l’absence de spécialistes dans certains services de l’hôpital en passant par l’absence de formation et d’encadrement, les maux dont souffrent nos structures sanitaires sont légion.
Nonobstant leurs indemnités de logement, de motivation, de garde, d’autres indemnités inhérentes à leur profession, sans parler de leur salaire mensuel que l’état mauritanien les banque, nos médecins crient misère et s’estiment être mal payés. Que dire alors des infirmiers, des sages-femmes, des garçons ou des filles de salle qui passent tout leur temps à pleurnicher comme des marmots.
L’autre mal dont souffrent nos structures sanitaires est en fait une tare typique des pays sous développés. Elle a pour nom le «je-m’en-foutisme». Le personnel tant administratif que soignant viennent au travail à n’importe quelle heure et rentrent quand ils veulent selon leur bonne humeur. Aujourd’hui, c’est un constat d’échec. Toutes les structures sanitaires sont endettées. Pire encore, on a constaté une dégradation manifeste et progressive à tout point de vue avec une prise en charge des malades défaillante et basée sur on ne sait quels critères de choix. Très peu de structures sanitaires connaissent un plateau technique relevé. Résultats d’une politique sanitaire à bâtons rompus et qui a par ailleurs accouché d’une souris. C’est une chimère de nous faire croire qu’il y a une nette amélioration dans ces structures sanitaires, que d’importants efforts ont été consentis dans ce secteur ! Si tel était le cas d’ailleurs, on n’en serait pas à gribouiller encore sur ce que tout le monde sait déjà. Les démunis n’ont pas droit aux soins médicaux les plus élémentaires. En outre, les pouvoirs publics s’en gaussent de leurs préoccupations. Et pourtant, ils savent mieux que quiconque qu’ils sont là grâce à eux, leurs voix.
Dans le secteur de la santé, les difficultés sont réelles. Certaines structures sanitaires ne sont pas loin de l’agonie ou sont dans de beaux draps. D’autres par contre souffrent d’une mauvaise gestion, de problèmes de trésorerie, du manque de moyens matériels et financiers, de ruptures de médicaments. Comme pour dire que nos structures sanitaires souffrent de plusieurs maux et si les solutions tardent à voir le jour la situation risquera de durer et de perdurer ?
L’état doit entamer des réformes d’urgence et mettre ces structures sanitaires sur les bons rails afin qu’elles puissent répondre aux besoins des populations principalement démunies.
Babacar Baye NDiaye

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