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( 3 octobre, 2007 )

Les déportés

Et le volet pénal et judiciaire ?

Sur la question du retour des déportés que n’a-t-on pas supputé, entendu comme propositions, rabâché, expliqué, suggéré, avancé des contre-propositions, émis des réserves ? Le retour des déportés, c’est quasi une assurance. Mais pour ce qui est de la traduction en justice des responsables de ces crimes, qu’en serait-il réellement ? Ce volet de la question des déportés, on semble l’occulter. Ou tout au moins, ce qui est urgent, ce sont les modalités pratiques relatives au rapatriement des déportés.

Le retour des déportés : faut-il en avoir peur ? Depuis le discours officiel du Président de la République sur le retour des déportés, toute une botte d’actions négatives, d’amalgames et de fausses interprétations est érigée en parapet pour essayer de barrer, de contourner toutes initiatives, procédures ou mécanismes pouvant aboutir au retour définitif des déportés dans leur pays natal, la Mauritanie. Eux, les antinégromauritaniens, que cherchent-ils encore ? Après avoir brisé leur échine, humilié dans leur dignité, les voilà maintenant qui s’opposent à leur retour. Le pouvoir de SIDI a hérité des dossiers qui scindent encore et créent des remous dans l’opinion : dossier des «déportés », dossier du «passif humanitaire » indissociable au précédent, dossier de «l’esclavage ». Sur chacun de ces dossiers, il y aura toujours des voix, des personnes qui se feront entendre pour défendre leurs intérêts personnels et matériels. Par rapport à la question des déportés, la véritable question est de savoir si Maouiya et sa bande vont être jugés pour leurs forfaits qu’ils ont commis ? C’est une interrogation pleine de susceptibilité, une corde raide, une question qui peut fâcher, une question qui peut susciter une approbation. Durant la période des années de braise comme on dit encore, des choses sans précédent se sont déroulées dans ce pays au su et au vu de tout le monde, des choses inqualifiables ont eu lieu : une communauté bien identifiée et minutieusement ciblée a été déportée contre son gré dans des conditions exceptionnelles et épouvantables. Et cela pour des raisons purement politiques et idéologiques et qui n’avaient rien à voir avec les affrontements inter communautaires entre la Mauritanie et le Sénégal. Aujourd’hui, on parle du retour des déportés et seuls ceux qui se sentent coupables ne veulent pas admettre ou en entendre parler de l’esquisse d’une procédure pénale et judiciaire. Ceux qui ont quelque chose à se réprimander dans leur âme et conscience. Nul doute donc que ces derniers ne soient désarçonnés car des vilenies se sont accomplies dans un silence coupable. A cette époque, ceux qui avaient osé stigmatiser ou dénoncer de telles pratiques avaient été contraints à l’exil forcé ou au musellement. Ainsi, allait la Mauritanie du Président Taya. Aujourd’hui, on parle d’associer tout le monde à ce processus de retour des déportés. Ce qui est curieux au fond. Mais en réalité, au moment des déportations, à quelques exceptions prés, qui a osé prendre le contre-pied du régime de Taya, dire la vérité au diable et aux diablotins protégés actuellement sur le plan pénal et judiciaire par l’ordonnance n°2006-015 qui, dans son article 5 par son alinéa 2, stipule que les situations d’atteinte aux droits de l’Homme sont celles survenues après l’entrée en vigueur de l’ordonnance laquelle en réalité n’est destinée qu’à protéger des hommes qui continuent d’exercer dans les sphères de l’Etat faisant de la loi leur instrument. Toutes les dispositions législatives ont été prises curieusement pour absoudre et faire disparaître les traces de forfaits commis entre 89-90 et 91. C’est comme si tout était minutieusement étudié et bien planifié. Car, il y eut la loi d’amnistie n° 93-23 du 14 juin 1993 sous le régime du Président Taya et l’ordonnance 2006-015 du 12 juillet 2006 prise par le gouvernement de la transition et qui consacrait encore une nouvelle fois les desseins de l’Etat mauritanien à ne pas poursuivre les auteurs de ces basses œuvres et l’impunité des criminels. Mais SIDI Mohamed Ould Cheikh Abdallahi fera-t-il abroger ces deux textes juridiques qui constituent en effet des obstacles pour mettre au moins la lumière sur les actes commis en vue de trouver un terrain favorable à l’entente loin de toute surenchère que nul ne doit aviver. L’heure doit être à l’apaisement des rancœurs C’est le premier levier qu’il faudra déplacer si nous voulons que justice soit faite et que nous ne nous aventurions plus à pratiquer une «politique de chauvinisme d’état et d’exclusion » dans ce pays. Au cas échéant, ce serait une déception pour les victimes.

Babacar Baye Ndiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Règlement du passif humanitaire

S’inspirer des parangons sud africain et marocain ?

Dans de nombreux pays du monde où des processus de changement ont été engagés après des périodes de graves violations des droits de l’Homme, des commissions indépendantes ont été mises sur pied. En Mauritanie, incontestablement, les autorités se sont engagées dans un processus de réconciliation nationale. Mais les prémices d’une véritable volonté de faire toute la lumière sur le passif humanitaire tardent à voir le jour. Face aux intimidations à peine déguisées de ceux qui ont engendré cette parenthèse de l’histoire de la Mauritanie, les autorités feront-elles black out ou vont-elles privilégier la vérité ? Va-t-on s’acheminer vers la mise sur pied d’une commission indépendante ?
Contrairement à une certaine idée répandue, et à ce que pensent certains responsables de partis politiques, il ne s’agit pas d’indexer des personnalités de l’armée ou du pouvoir, ni de faire la chasse aux sorcières encore moins d’engager des procès tous azimuts. Ni la haine en réponse à la haine. Mais de faire la lumière sur ce qui s’est passé de 1986 à 1991 en matière de violations des droits de l’Homme en Mauritanie dans le cadre du passif humanitaire en s’inspirant de certains exemples bien connus en Afrique quitte à envoyer des missions d’informations dans ces pays. C’est à partir de là et de là seulement qu’on peut enclencher des procédures allant dans le sens de la réconciliation nationale. Car, aujourd’hui, qu’est-ce qui garantit véritablement la non-répétition des dites violations ?
Quoiqu’il n’ait pas aisé d’apporter des solutions consensuelles à la problématique du passif humanitaire, il y a cependant des paradigmes de mécanismes que la Mauritanie peut adopter dans le cadre d’un règlement juste de cette question sensible et épineuse. Reste à savoir comment et quand mettre ou adopter ces mécanismes pouvant permettre une issue heureuse sans occulter les questions de fond.
Par rapport aux compensations des victimes, certes, la réponse est complexe. Mais il appartient à l’Etat mauritanien avec les bailleurs de fond de voir ce qui est possible et ce qui n’est pas possible de faire, de voir comment compte-t-il procéder aux compensations des victimes tout en esquivant que la balance ne se penche ni à gauche ni à droite. Car, les victimes de ces violations des droits humains ont subi des préjudices moraux, physiques et matériels.
En outre, comment se départir de toutes formes d’instrumentalisation de la question du passif humanitaire ? Ce n’est pas un secret de polichinelle : le passif humanitaire est un problème extrêmement complexe et très difficile qu’il faille traiter avec beaucoup de lucidité et de responsabilité. Et c’est un fallacieux prétexte de dire qu’on est en train d’instrumentaliser la question du passif humanitaire sur le plan politique et qu’aussi l’armée ne doit rien répondre. Ils ignorent par-là que la question du passif humanitaire est avant tout un problème politique parmi tant d’autres problèmes politiques que connaissent la Mauritanie et qui demeurent les problèmes de tous les mauritaniens.
Comment construire une vision consensuelle dans le cadre d’un règlement du passif humanitaire ? La Mauritanie n’a pas droit à l’erreur. Non ! Car, aujourd’hui, elle est sous les lumières, pour paraphraser Alioune Tine Secrétaire Général de la RADDHO, de la communauté internationale qui s’intéresse à ce qui se passe, se développe en matière de démocratie et de droits humains.
En Mauritanie, les victimes des tragédies successives, entre 1986 à 1991, se comptent par centaines de milliers. Comme il a toujours été préconisé dans le traitement du passif humanitaire, les responsables des violations des droits de l’Homme doivent avoir le courage d’assumer leurs actes et de se présenter devant la justice. Dans ce domaine, l’Afrique du sud et le Maroc qui est un pays voisin où des exactions graves ont été commises sont des parangons qui peuvent servir la Mauritanie. Et pourquoi les autorités de la République ne s’inspireraient-elles pas de ces expériences africaines qui ont pourtant merveilleusement réussi ?
Dans ces deux pays africains, les autorités ont mis sur pied des commissions qui ont sérieusement travailler et de manière indépendante à ce que de telles violations ne puissent plus se reproduire, que des garanties soient données en ce sens et que cette douloureuse page soit tournée. Mais également à définir et à faire officiellement et publiquement reconnaître l’ampleur que les exactions ont eue dans leur pays, ainsi que les mauvaises répercussions qu’elles ont pu avoir sur les personnes des victimes, sur la cohésion du tissu social et sur le principe même du respect des dispositions de la loi.
La Mauritanie n’est pas une exception et ces exemples sont bel et bien applicables à notre pays. Ceci ne peut se faire que dans une commission indépendante qui devra faire dans un premier temps le bilan aussi complet que possible des violations graves des droits de l’Homme nées de ces événements douloureux qu’a connus la Mauritanie mais aussi en dernier lieu rendre aux victimes de ces événements leur dignité civique et humaine comme cela a été le cas au Maroc et en Afrique du Sud. La création d’une telle commission serait toujours bénéfique et il y a urgence de la créer pour qu’elle s’acquitte de sa mission relative au travail de mémoire et à la réconciliation nationale. Mais un processus de réconciliation suppose les étapes suivantes qu’il faut bien mettre en homogénéité pour esquiver des tâtonnements qui n’aboutissent qu’à des impasses : la reconnaissance, le repentir, le pardon et la restauration. Quant à la composition de la dite commission, elle peut comprendre des représentants des victimes choisis librement par eux et qui sont les premières à être victimes, des organisations de défense des droits de l’homme en Mauritanie, de la société civile, d’ONGs humanitaires…bref, une commission composée d’une équipe pluridisciplinaire de plusieurs membres. Les modalités pratiques reviennent à l’Etat à qui il appartient de les définir. Il s’agira par conséquent de réparer le tort vécu par les victimes qui ont seules la plénitude d’amnistier.
Ces commissions, dans ces deux pays, ont démontré leur importance grandissante dans le processus de réconciliation se déroulant dans ces pays où de graves violations des droits de l’Homme ont été constatées notamment celle de faire recouvrer leur dignité aux victimes des violations, de susciter une reconnaissance publique et officielle des peines qu’elles ont endurées et de consacrer les valeurs des droits de l’homme.
Les victimes ne demandent pas trop. Juste qu’on leur dise la vérité sur les mobiles des exactions commises contre elles. Sans doute, les compensations sont nécessaires mais ce ne sont pas le plus important. Mais la vérité.

Babacar Baye Ndiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Marionnette ou volonté de rupture avec le passé ?

Le second tour de l’élection présidentielle du 25 mars pourrait se présenter et se dérouler sous des aspects totalement inédits. On pourrait assister à des bouillonnements incroyables.

Sidi Ould Cheikh Abdallah va-t-il remporter le duel final qui l’oppose à Ahmed Ould Daddah ? Durant sa campagne électorale, il est apparu sur la scène politique comme le Président qui « rassure ». Il a visiblement et malicieusement compris qu’il lui fallait surtout se préoccuper de l’unité nationale. A tort ou à raison, il a été accusé par ses adversaires d’être soutenu par le pouvoir militaire. Sur cette affaire, on a entendu le chef de l’état, le colonel Ely Ould Mohamed Val ouvrir le parapluie du CMJD à plusieurs occasions. Sidi Ould Cheikh Abdallah est-il une marionnette au service du CMJD ? Ou, s’est-il présenté à l’élection présidentielle pour défendre les puissants officiers du CMJD et bien sur leur fortune ainsi que les barrons de l’ancien régime tapis toujours dans l’ombre et qui ne veulent pas s’éloigner du pouvoir même pas d’un iota ? Quitte à compromettre l’unité nationale et la stabilité du pays. Autant d’interrogations sans réponses. Il suffit d’ouvrir les yeux et d’observer pour comprendre ce qui se trame. Mais la bataille ne sera pas facile pour Sidi qui aura en face de lui Ahmed Ould Daddah qui incarne aux yeux de tout le monde l’unique chance pour l’opposition ancienne d’accéder au pouvoir et qui ne manquera pas à coup sur de bénéficier du soutien des ténors de l’opposition pour des raisons de combat historique dont l’U.F.P. et l’A.P.P. qui viennent de confirmer leur soutien à Ahmed Ould Daddah.
Selon toute vraisemblance, Sidi Ould Cheikh Abdallah part favori au second tour de l’élection présidentielle du 25 mars prochain, car il dispose du soutien infaillible du CMJD qui contrôle l’administration et les mannes financières. Nous voilà dans un univers étrange qui s’apparente plutôt à un « deal politique » entre Sidi et les membres du CMJD. Outre ces faveurs, il peut compter sur une grande partie de l’électorat de Zéine Ould Zeidane, de l’électorat noir et bien sur son expérience politique et étatique. Et qui sait sur la fraude ( ?).
Le second tour de l’élection présidentielle suscite un vif intérêt chez les deux camps qui ont affûté déjà leurs armes. Et c’est peu dire en affirmant qu’il sera un second tour à haute tension à moins qu’il n’y ait un esprit de dépassement qui va planer sur la tête des militants des deux camps. Face à la détermination des uns et des autres de gagner à tout prix ce scrutin (on parle et je ne sais sur quelles raisons se fonde-t-on de l’investiture prochaine de Sidi Ould Cheikh Abdallah) et l’optimisme du camp de Ahmed Ould Daddah convaincu que le changement doit s’effectuer contre vents et marées, il est fort à craindre que tous les ingrédients d’une crise politique (ce que nous ne souhaitons pas pour le peuple mauritanien) sont plus que jamais entre les mains des irréductibles des deux camps qui ne lésineront pas un seul moment à mettre le feu aux poudres. L’après 25 mars nous édifiera si les deux candidats ont le sens de la responsabilité et du dépassement que doit prôner tout homme politique dans un contexte de mise à l’épreuve.

Babacar Baye Ndiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Ely part-il malgré lui ?

Toute œuvre humaine a une fin. Ely Mohamed Vall est sur le départ, la Mauritanie et les mauritaniens vont entrer dans une nouvelle ère, une ère trouée d’incertitudes, d’interrogations et de zones d’ombres.

Mohamed Vall a fait semblant hier de ne pas paraître mélancolique, de faire croire qu’il ne s’agissait que d’un grand jour pour notre pays : « Est-ce que j’ai l’air triste » a-t-il lancé aux cinquantaines de journalistes. De ne pas voir qu’une page de l’histoire de la Mauritanie est bel et bien en train de se tourner. Le mot « réussite » a donc marqué la période de transition qui a duré 19 mois. Dans son allocution, Ely Mohamed Vall s’est d’ailleurs efforcé de conforter cet état d’esprit. A l’en croire, « le CMJD, le gouvernement de transition et l’ensemble des mauritaniens ont contribué à la réussite de cette œuvre qui est commune à tous les mauritaniens ». En un mot, Ely est convaincu qu’ « ils ont commencé quelque chose qui a été commencé par l’ensemble du peuple mauritanien, que ceci n’est qu’un début et qu’il y a encore beaucoup de choses à accomplir ». Comme pour dissiper les supputations ou pour tordre le cou aux griefs faits au CMJD, à qui l’on reprochait de vouloir conserver le pouvoir ou de soutenir un quelconque candidat, Mohamed Ely Vall s’est voulu être très clair : « Nous avons été au pouvoir pour des raisons précises. Nous avions déclaré que nous sommes là pour accomplir une mission précise et nous quitterons au bout de cette mission et cela n’est pas posé en termes de plaisir ou de déplaisir. Il est posé en termes de devoir à accomplir pour notre pays ». Ely, le tombeur de Maaouiya est-il satisfait de ses 19 mois passés à la tête de l’état. Apparemment oui. « En tout cas, j’ai le sentiment d’avoir tout fait », a-t-il expliqué au sortir de son bureau de vote à la direction des domaines où il a accompli son devoir civique aux environs de 10h 15. A l’analyse de tout cela, Ely reviendra-t-il au pouvoir après avoir pris goût ? En attendant, le colonel missionnaire va assurer jusqu’à terme la transition entamée depuis le 3 Août 2005. Le pouvoir est un opium et qui l’avale le sentira brûler ses entrailles et son cœur. Cette réalité, Ely Mohamed Vall l’a si bien comprise. Maaouiya a goûté aux délices du pouvoir, au lieu de partir, il est resté. Ely a goûté mais il est en train de partir, malgré lui. Car, il avait promis, promis de tenir et de respecter ses engagements et le calendrier du processus électoral. C’est ce qu’on appelle marcher sur sa langue. Après tout, il a sauvé le pays des dérives qui le guettait, à instaurer un nouveau esprit tant sur le plan démocratique que sur le plan social. En bon sportif, Ely a rendu un hommage à la classe politique notamment les 19 candidats en lice qui se sont comportés selon ses propres termes de façon «exemplaire » et «admirable » durant la campagne présidentielle qui s’est déroulé de manière correcte sans le moindre incident majeur.

Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

L’Alliance Progressiste et Populaire survivra-t-elle ?

Curieuse décision que celle que vient de prendre le bureau exécutif de l’Alliance Progressiste et Populaire (déclarent certains) qui s’est tenue ce Lundi 19 Mars à son siége de Tévragh- Zeina et qui a duré plus de huit heures de temps. C’est une véritable bombe que l’APP a lâché en décidant de soutenir la candidature de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Inutile de le dissimuler : ce n’est plus une arcane de notre vie politique. Entre Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah, ce n’est pas le parfait amour, ni « allez, je ne vous hais point ». La conclusion peut paraître hâtive mais l’étau se resserre de plus en plus autour de Ahmed Ould Daddah ! Autrement dit les chances de le voir remporter le second tour de l’élection présidentielle s’amenuisent et se rétrécissent de jour en jour et les combinaisons ou calculs politiques jouent en sa défaveur. Mais pour le moment, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Puisqu’on peut assister au jour du dépouillement des bulletins de vote, à des retournements de situation spectaculaires, ne gageons rien. De même, les électeurs conscients (et Dieu sait qu’ils sont nombreux) qui aspirent au changement peuvent ne pas suivre le bureau exécutif de l’APP dans sa décision. Les uns voient dans ce choix un »suicide politique » d’autres par contre la considèrent comme « logique ». Ainsi donc, l’APP a fini par soutenir le candidat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi en contrepartie d’une participation effective à la gestion des affaires dans le cadre d’un gouvernement commun intègre et compétent qui prend en charge les grandes questions pour lesquelles ce parti a lutté inlassablement durant les dernières décennies mais aussi de pousser le processus démocratique à aller de l’avant et sortir de l’ère du pouvoir personnel, de tout mettre en œuvre afin d’éviter au pays le risque d’un éventuel tiraillement entre les institutions élues et le pouvoir militaire représenté par le CMJD. 19 mois après le salvateur coup d’état du 03 août 2005 par le Colonel Ely Ould Mohamed Vall, la Mauritanie venait de franchir, avec le premier tour, un pallier important de son histoire sur le chemin de la consolidation de l’état de droit et de la démocratie. Dimanche prochain, les électeurs se rendront derechef au bureau de vote pour élire ou Ahmed Ould Daddah ou Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. L’entre deux tours de l’élection présidentielle aura été tumultueux et plein de suspens notamment en ce qui concerne le choix des soutiens des malheureux candidats indécis et qui ont fini par faire monter la barre des enchères très haut. Autant dire qu’il s’agit d’un second tour exceptionnel qui n’a pas encore livré ses secrets. Pendant cette période, on nous a caché tout, on nous a rien dit. Mais, au-delà de cette supercherie politique, sur quelles bases se ficèlent les alliances électorales ? Quelle est, en effet, la seule justification sérieuse qu’elles peuvent apporter aux deux candidats ? C’est qu’elles garantissent une éventuelle participation dans un gouvernement élargi. Et rien du tout. Dans ce registre là, c’est baux deux candidats d’être prêts pour le rendez-vous que le peuple leur a fixé. Quel enseignement faudra-t-il tirer de la décision de l’APP autrement dit quelles seront les conséquences et dans ce cas, seront-elles favorables ou défavorables ? En politique, il faut oser opérer des choix et les assumer au risque de se morfondre. Certainement, les valeurs qu’incarnent Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah ne sont pas compatibles. Mais comme l’a laissé entendre le premier en l’occurrence Messaoud, son choix est loin d’être ambigu encore moins catastrophique. Alors l’Alliance Progressiste Populaire survivra-t-elle à sa décision surprenante du 19 mars passé ?

Babacar Baye N’Diaye
ducdejoal@yahoo.fr

Curieuse décision que celle que vient de prendre le bureau exécutif de l’Alliance Progressiste et Populaire (déclarent certains) qui s’est tenue ce Lundi 19 Mars à son siége de Tévragh- Zeina et qui a duré plus de huit heures de temps. C’est une véritable bombe que l’APP a lâché en décidant de soutenir la candidature de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Inutile de le dissimuler : ce n’est plus une arcane de notre vie politique. Entre Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah, ce n’est pas le parfait amour, ni « allez, je ne vous hais point ». La conclusion peut paraître hâtive mais l’étau se resserre de plus en plus autour de Ahmed Ould Daddah ! Autrement dit les chances de le voir remporter le second tour de l’élection présidentielle s’amenuisent et se rétrécissent de jour en jour et les combinaisons ou calculs politiques jouent en sa défaveur. Mais pour le moment, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Puisqu’on peut assister au jour du dépouillement des bulletins de vote, à des retournements de situation spectaculaires, ne gageons rien. De même, les électeurs conscients (et Dieu sait qu’ils sont nombreux) qui aspirent au changement peuvent ne pas suivre le bureau exécutif de l’APP dans sa décision. Les uns voient dans ce choix un »suicide politique » d’autres par contre la considèrent comme « logique ». Ainsi donc, l’APP a fini par soutenir le candidat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi en contrepartie d’une participation effective à la gestion des affaires dans le cadre d’un gouvernement commun intègre et compétent qui prend en charge les grandes questions pour lesquelles ce parti a lutté inlassablement durant les dernières décennies mais aussi de pousser le processus démocratique à aller de l’avant et sortir de l’ère du pouvoir personnel, de tout mettre en œuvre afin d’éviter au pays le risque d’un éventuel tiraillement entre les institutions élues et le pouvoir militaire représenté par le CMJD. 19 mois après le salvateur coup d’état du 03 août 2005 par le Colonel Ely Ould Mohamed Vall, la Mauritanie venait de franchir, avec le premier tour, un pallier important de son histoire sur le chemin de la consolidation de l’état de droit et de la démocratie. Dimanche prochain, les électeurs se rendront derechef au bureau de vote pour élire ou Ahmed Ould Daddah ou Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. L’entre deux tours de l’élection présidentielle aura été tumultueux et plein de suspens notamment en ce qui concerne le choix des soutiens des malheureux candidats indécis et qui ont fini par faire monter la barre des enchères très haut. Autant dire qu’il s’agit d’un second tour exceptionnel qui n’a pas encore livré ses secrets. Pendant cette période, on nous a caché tout, on nous a rien dit. Mais, au-delà de cette supercherie politique, sur quelles bases se ficèlent les alliances électorales ? Quelle est, en effet, la seule justification sérieuse qu’elles peuvent apporter aux deux candidats ? C’est qu’elles garantissent une éventuelle participation dans un gouvernement élargi. Et rien du tout. Dans ce registre là, c’est baux deux candidats d’être prêts pour le rendez-vous que le peuple leur a fixé. Quel enseignement faudra-t-il tirer de la décision de l’APP autrement dit quelles seront les conséquences et dans ce cas, seront-elles favorables ou défavorables ? En politique, il faut oser opérer des choix et les assumer au risque de se morfondre. Certainement, les valeurs qu’incarnent Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah ne sont pas compatibles. Mais comme l’a laissé entendre le premier en l’occurrence Messaoud, son choix est loin d’être ambigu encore moins catastrophique. Alors l’Alliance Progressiste Populaire survivra-t-elle à sa décision surprenante du 19 mars passé ?

Babacar Baye N’Diaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Malouma Mint Meidah: »que l’unité nationale soit une chose ancrée dans nos esprits »

Ce vendredi 4 Mai, au centre culturel français de Nouakchott, Malouma a présenté en spectacle son nouvel album « Nour » à son public. Le Rénovateur en a profité pour lui poser certaines questions relatives à sa vie professionnelle, à l’unité nationale, à sa nouvelle fonction de sénatrice, à l’émancipation des femmes mauritaniennes mais également à ses préoccupations pour la Mauritanie.

Le Rénovateur : Pourquoi avez-vous choisi « Nour » comme titre de votre nouvel album ?

Malouma : D’abord, c’est une prière faite à Allah Le Tout Puissant. C’est pour cela que j’ai pris « Nour » comme titre de mon nouvel album. C’est la première chose qui m’est arrivée à l’esprit lorsque j’ai commencé l’album. J’ai senti vraiment la nécessité de rendre à travers cet album grâce à Allah et aussi parce que cette période, tout le monde s’en souvient, a coïncidé avec les caricatures sur le prophète Mohamed (PSL). « Nour », on peut dire que c’est une réponse à tout cela.

Le Rénovateur : Qu’est-ce qui différencie, à votre avis, l’album « Nour » à vos précédents albums ?

Malouma : Dans l’album « Nour », il y a la participation de beaucoup de musiciens étrangers surtout français connus à travers le monde. Hormis cela, il y a l’arrangement qui est très différent de celui des précédents albums. C’est un album plus rythmique, plus moderne et plus électronique. Sur le choix des thématiques, il y a aussi une très grande différence par rapport aux albums précédents.

Le Rénovateur : Quelques mois après la sortie de votre album, êtes- vous satisfaite des ventes au niveau international et national ?

Malouma : Bien sur que oui ! Mais au dernier moment parait-il qu’il y a eu beaucoup de piratages au niveau international. L’album a été téléchargé sur la toile. C’est une chose qui est très difficile pour tous les artistes qui continuent encore à souffrir de ce commerce illicite et malhonnête. L’album, après sa sortie internationale, a eu des échos favorables au niveau des ventes. En Mauritanie, je n’ai pas sorti l’album parce que d’abord le marché musical est très mal organisé et il y a trop de magouilles.

Le Rénovateur : Justement, en tant qu’artiste, que ressentez- vous lorsque vous voyez qu’en Mauritanie, il manque énormément de structures musicales dignes de ce nom ?

Malouma : C’est une situation que tous les artistes du pays déplorent du fonds du cœur. Comparez à d’autres pays, il y a beaucoup de choses qui manquent et qui restent à accomplir notamment sur le plan musical. C’est dommage qu’il n y ait pas assez de structures pour promouvoir notre musique. Tout ce qui est culturel fait défaut dans notre pays ou n’est pas bien pris en charge par les pouvoirs publics.

Le Rénovateur : Depuis janvier 2007, vous êtes devenue sénatrice, est-ce que ce sera une manière pour vous de faire entendre la voix des artistes et de défendre leurs droits ?

Malouma : Être sénatrice, c’est une chose qui va me permettre d’être plus responsable, de participer dans les décisions politiques et à mener des projets importants. C’est une fonction qui pourra me permettre d’être aussi plus présente sur la scène politique. Je pense que c’est une occasion pour moi d’autre part de défendre le droit des artistes et de faire connaître toutes les difficultés que rencontrent les artistes de manière générale.

Le Rénovateur : Comment feriez-vous pour concilier votre vie professionnelle et votre activité politique ?

Malouma : Pour moi, c’est facile de concilier les deux parce que tout simplement, ça ne demande qu’une organisation de temps. Au sénat, je n’occupe pas de poste. Je ne suis là bas que durant les périodes de session et celles-ci sont connues de même que les périodes de tournées. C’est vrai que tout mon travail, je le fais à l’extérieur mais cela ne m’empêchera pas d’être une bonne sénatrice.

Le Rénovateur : On dit de vous que vous êtes une femme engagée et une combattante. Qu’est ce qui a expliqué cela ?

Malouma : C’est une longue histoire. Peut être c’est dû au fait que j’ai très tôt vu des choses injustes. Des choses que je trouvais anormales et que j’ai voulues toujours dénoncer comme par exemple le problème des castes qui est un véritable problème en Mauritanie ou bien les idées racistes ou ségrégationnistes. Et puis, j’ai eu la chance d’avoir un père qui m’a très tôt montré la voie à suivre. J’ai vécu dans un univers plein de clichés. Cela se ressente aussi à travers ma musique. Je suis devenue une artiste qui a chanté pour ses sentiments et ce que vivent notamment les pauvres. C’est vrai que je suis une référence dans le milieu musical en Mauritanie.

Le Rénovateur : A votre avis, que faut-il faire pour que la musique mauritanienne s’exporte ou plutôt se développe d’abord ?

Malouma : J’estime que la première chose dont la musique a besoin c’est d’abord une restructuration en profondeur. Le ministère de la culture, les médias officiels doivent y participer. Il faut créer des lieux d’expression artistique pour promouvoir l’art de manière générale comme par exemple la création d’une Ecole Nationale des Arts ou un conservatoire national. Pour cela, il faut mener des études sérieuses pour ce genre de projet. Cela étant, on ne doit pas pour autant négliger la musique traditionnelle et il faut donner des possibilités et des moyens aux artistes qui la promeuvent. Je fais partie de la dernière génération qui a appris la musique traditionnelle et je suis sûre que si cette génération disparaissait, la musique traditionnelle va disparaître aussi. Cependant, nous sommes dans un monde universalisé, il faut penser à l’ouverture de notre musique pour la rendre plus moderne si on veut qu’elle s’exporte. Nous avons des imaginations et des choses modernes qu’on peut partager avec le reste du monde.

Le Rénovateur : Qu’est -ce qui vous parait le plus difficile dans votre vie d’artiste ?

Malouma : Je trouve que tout est difficile dans la vie. Si la musique n’était pas ma passion, je l’aurai abandonnée depuis belles lurettes. Il faut reconnaître que les manques de moyens ou l’environnement n’encouragent pas souvent à être artiste. Le public, les amis et autres nous poussent toujours à persévérer dans le milieu artistique. On leur doit tout cela je pense.

Le Rénovateur : Vous qui avez bourlingué à travers le monde et aussi en tant que femme moderne, pensez vous que la femme mauritanienne est indépendante ?

Malouma : La femme mauritanienne, elle est plutôt active notamment dans le commerce et l’entreprenariat. Elle est très engagée dans ces secteurs-là. Il y a la femme négro-africaine et la femme maure et chacune d’elle à sa façon de vivre et je trouve que la femme négro africaine ressemble beaucoup à la femme maghrébine.

Le Rénovateur : Et vos préoccupations pour la Mauritanie ?


Malouma : Je souhaite véritablement que notre pays devienne un pays moderne et démocratique où les libertés individuelles s’exerceront librement. Je rêve que la Mauritanie soit une référence en Afrique et dans le monde arabo-musulman parce qu’il y a un métissage culturel qui est très beau. Il y a encore beaucoup de secrets qui sont des trésors qu’on n’a pas encore trouvé. Je souhaite enfin que l’unité nationale soit une chose ancrée dans nos esprits.

Interview réalisée
par Babacar Baye Ndiaye

( 3 octobre, 2007 )

Bac 2007: C’est parti !

Visage cafardeux, fatigue, peur naturelle, pression, affolement, tract, panique, stress…Le baccalauréat fait battre la chamade des élèves. Depuis hier, les examens du baccalauréat ont démarré, sur l’ensemble du territoire national avec des retards inexpliqués dans quelques centres de Nouakchott.

La plupart des élèves rencontrés aux centres d’examen se disaient très calmes et très sereins après avoir fait l’épreuve de français. Aicha qui en est à sa deuxième année de tentative semble être très confiante.

«Cette fois-ci, dit-elle, je n’ai pas eu vraiment très peur. Je me sens extrêmement bien » et d’ajouter en toute franchise «Si j’échouais derechef, je ne referai pas le bac. L’année dernière, j’avais toutes les possibilités de réussir mais bon… ».

Même si les élèves estiment que l’épreuve de français a été abordable, ils n’ont pas quand même dissimulé avant la distribution des sujets leur peur de l’inconnu, des choix à faire, et principalement de la pression psychologique. Aminétou n’est pas logée à la même enseigne qu’Aicha. Pour cette jeune fille, c’est sa première fois de faire le bac «J’ai eu très peur, avoue-t-elle, parce que je ne savais pas comment ça allait se passer et cela à vrai dire m’a un peu perturbé. J’ai eu la trouille. J’imaginais qu’il allait y avoir beaucoup de monde. Mais finalement, ça s’est très bien passé ».

Parmi ces élèves, il y a aussi ceux qui sont un peu déçus des sujets donnés. C’est le cas de Moktar qui s’attendait plutôt à autre chose. « J’attendais beaucoup le théâtre ou le roman mais bof ! C’est la poésie qui est finalement sortie. Cependant, tout n’est pas encore perdu parce que j’ai beaucoup travaillé même si c’est très subjectif ». Son camarade d’à coté lui apparemment n’est pas optimiste «Mon problème c’est au niveau de la correction. Je n’ai pas confiance parce qu’il y a souvent des magouilles de toutes natures, de la mafia. Je ne suis pas trop rassuré parce qu’ici ce qui compte c’est l’argent et non pas le travail ».

A en croire certains présidents de jury, les examens se déroulent pour le moment dans de très bonnes conditions. Les dispositions matérielles ont été réunies et l’ensemble du personnel d’encadrement de même que le dispositif de sécurité.

Pour ce bac 2007, toutes les mesures idoines ont été prises pour interdire notamment l’utilisation des portables dans les salles d’examen et toujours par rapport à cela, les sorties ont été limitées sauf pour les cas nécessaires.

De telles dispositions ont choqué certains comme Absa très loquace. «Il est impossible de tricher. Trois surveillants dans une salle. ! Comment peut-on tricher dans ces conditions ? Beaucoup de surveillants dans une même salle c’est du n’importe quoi ! »

Cette année, pour éviter la grogne des professeurs et des surveillants, les indemnités de surveillance et de correction ont été augmentées à hauteur de 50%. Certainement, pense Monsieur Cheikh Ould Ahmed président du jury Lettres Modernes au Collège des jeunes filles, elles auront un impact favorable sur le déroulement des examens.

Cependant, malgré les efforts déployés par le ministère de l’Education Nationale pour le bon déroulement des examens, dans plusieurs centres de Nouakchott, comme celui d’El Mina B entre autres, des retards considérables d’une heure d’horloge ont été constatés. Et personne n’a su ce qui s’est véritablement passé dans ces centres d’examen même les élèves n’ont pas été édifiés.

Certes toute œuvre humaine est faillible. Mais pourquoi les présidents de jury des dits centres n’ont-ils pas élucidé les raisons de ce retard suspicieux ? La première bouffée de pression passée, les élèves maintenant se disent à l’aise pour aborder avec beaucoup de sérénité la suite des examens même s’ils ont des doutes. La veille du baccalauréat c’est souvent aussi pour certains une soirée d’insomnie :la pression est trop forte, on ne sait jamais ce qui va se passer. «Je n’ai pas dormi de la nuit nous explique Khadija. Je n’ai même pas pris mon petit déjeuner. Hier, je me suis endormi vers deux heures du matin ».

Le bac ce n’est pas seulement la pression. C’est aussi les libations (entendons par-là les pratiques occultes ) et les élèves interrogés avouent ne pas recourir à de tels usages qu’ils trouvent ringards. Le bac de cette année selon certains élèves pour le moment est plus facile que celui de 2007. L’après bac, beaucoup d’entre eux y pensent déjà. Faire des études en tourisme et hôtellerie, journalisme, marketing, droit, anglais, … nos futurs bacheliers rêvent déjà des carrières prometteuses.

Babacar Baye Ndiaye

( 3 octobre, 2007 )

Aniz : la perle du zook mauritanien

Ce vendredi 11 Mai, au centre culturel français, elle a tenu son premier spectacle pour faire découvrir son talent au public de Nouakchott. Venu nombreux, le public a beaucoup apprécié la belle voix de ce prodige talent. En attendant de conquérir un jour d’autres publics, d’autres contrées, elle fait trémousser ses nombreux fans.

Des filles émancipées et branchées qui prêtent l’oreille ou gigotent au moindre son de zook, on en voit des milliers partout en Mauritanie mais des filles qui chantent le zook sont très rares. Comme quoi une véritable révolution musicale est entrain de s’établir petit à petit dans notre pays. Aniz fait partie de celles là. Depuis septembre 2006, elle a réalisé son rêve de petite fille de cinq ans. « J’ai fait mes premiers pas dans la musique grâce à une rappeuse sénégalaise sister Feuz qui m’a présentée des jeunes du groupe de rap mauritanien Number One African Salam. Je leur ai expliqué que je voulais faire de la musique, que c’était mon rêve. C’est alors qu’ils ont décidé de m’appuyer ».
Seule fille qui fait actuellement du zook en Mauritanie, Aniz, selon sa propre expression, se sent comme toutes les autres filles et ceci ne l’empêche pas d’avoir la tête sur les épaules. « Ce n’est pas parce que je chante que je suis différente d’elles non ! »
Agée seulement de 19 ans, elle sait que la tache qui l’attend ne sera pas facile pour elle. « Parfois, quand je monte sur scène, je suis découragée parce qu’il n y a pas de public en Mauritanie. Tu ne sais même pas si ce que tu fais leur plait ou non ! ». Elle pouvait être rappeuse, mais elle avait envie de zooker d’ailleurs dans sa répertoire musicale, elle mélange avec une subtilité parfaite le R’n’B et le zook. Alors, elle chantera pour l’amour, l’amitié et sa mère qui n’est plus d’ailleurs de ce monde mais à qui elle tient toujours à rendre hommage à chaque fois qu’elle monte sur scène dans l’un de ses morceaux. Sa timidité ne l’empêche pas néanmoins de porter en bandoulière sa philosophie : « Défendre les jeunes filles par rapport à certaines étiquettes qu’on leur colle ». Charmante, elle l’est et elle aurait pu être mannequin. Longiligne, toute en finesse, avec un magnifique sourire, elle optera pour la musique, à 18 ans, pour dit-elle devenir une chanteuse. Et elle mettra en berne ses études au profit de sa passion. Mais pour autant, Aniz ne s’endort pas sur ses lauriers et elle continue son chemin en attendant de trouver un producteur un jour.
Il est difficile pour une jeune fille de 19 ans comme elle de se faire comprendre par les siens. « Je vis avec ma tante. Au début, elle m’encourageait mais par la suite elle me reprocha mes sorties qui devenaient à ses yeux de plus en plus fréquentes ».
Faire face donc, malgré les obstacles de la vie, de l’incompréhension et de l’appréhension des parents et…ne pas laisser tomber sa passion. Aniz, la perle du zook mauritanien, assume avec beaucoup de modestie son statut de jeune fille musicienne.

Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Amy Sow, artiste-peintre

Le rêve d’enfance devenu réalité

On peut dire sans se gourer qu’elle compte parmi les artistes peintres de sa génération les plus remarquables. Son exposition de lundi dernier restera peut être l’un des grands moments de sa vie d’artiste peintre. Jusque là ne participant qu’à des expositions communes, elle a, cette fois-ci grâce au centre culturel de Nouakchott, fait une exposition personnelle.

Ses sources d’inspiration, elle les cherche dans les profondeurs de la beauté de la femme africaine. «Je m’inspire, affirme-t-elle, de la femme africaine plus particulièrement de la femme hall poulaar. L’inspiration n’a pas de frontières. Parfois, on peut imaginer quelque chose et le faire sortir à travers la peinture » et «Baba Maal aussi, avoue-t-elle, m’inspire d’une façon extraordinaire. C’est mon idole ». Amy Sow, la trentaine rugissante, exhale un look d’artiste. Depuis toute petite, elle ne rêvait que d’être artiste un jour et se souvient encore de ses premières esquisses dans la peinture.«Au début, raconte-t-elle, je n’avais pas d’initiateurs. Je me débrouillais toute seule. En 2001, j’ai été à l’école des beaux-arts de Nouakchott. Nous étions la première promotion féminine. Nous étions 10 filles et nous avions subi 6 mois de formation à l’issue de laquelle, nous avions reçu des attestations ; des ateliers de calligraphie nous ont été ouverts avec le soutien du commissariat aux droits de l’Homme et à la lutte contre la pauvreté ».
Comme à l’égard de beaucoup d’artistes, elle n’a pas pu échapper aux tentacules de la peinture qui est selon elle un moyen d’expression. «C’est la peinture, dit-elle, qui m’a choisi en quelque sorte. Je ne peux pas expliquer dans quelles circonstances je suis venue à la peinture. C’est venu tout d’un coup ! ». Depuis ses débuts, en 1999, elle a fréquenté la jet-set des artistes peintres mauritaniens. «Je faisais des desseins. J’ai découvert la peinture en fréquentant quelques artistes peintres mauritaniens comme par exemple Maurice ».
Mariée à un artiste peintre qu’elle qualifie de «démocrate », elle ne compte pas abandonner un jour son «univers artistique » qu’elle trouve fantastique. Originaire de Kaédi, dans le sud de la Mauritanie, cette peule d’ébène peut être considérée comme une artiste peintre rêveuse. «Ce n’est pas interdit de rêver se défend-elle ».
La passion de Amy Sow pour la peinture est instinctive. Elle a un fort penchant pour les peintures, aidée en cela par la compréhension de son entourage. «Je suis à l’aise, s’enorgueillit-elle, dans la peinture. C’est mon univers. C’est vrai que ce n’est pas évident chez nous pour une femme artiste, de surcroît peintre. Souvent, elle est mal vue. Heureusement, dans ma famille, je suis comprise. Ma famille et principalement mon mari me soutiennent. C’est peut être aussi je suis issue de famille d’artistes. » Elle n’a jamais rêvé de faire autre chose que faire de la peinture. Même si, elle n’a jamais participé à des expositions internationales, elle compte dans l’avenir exposer en Belgique. D’ailleurs, elle a été à Saint-Louis du Sénégal où elle a exposé à l’occasion du festival international de jazz et les gens, paraît-il, ont beaucoup apprécié ses tableaux.
Les peintures de Amy Sow ont beaucoup à nous apprendre. Des tableaux superbes, une peinture surréelle qui mêle réalité et imaginaire. Ses tableaux nous ramènent dans la réalité des choses et de l’actualité. Par exemple, l’Emigration «des jeunes africains qui veulent partir à l’autre bout du monde ». Ce n’est pas «prudent et c’est dangereux » pense-t-elle et d’ajouter «on voit toujours des morts, des naufragés ». Certains de ses tableaux évoquent ce drame contemporain. L’excision qui demeure encore malgré «des campagnes de sensibilisation » sur cette pratique. Outre cela, on retrouve dans ses tableaux l’espoir, l’amour, la beauté de la femme africaine, le rêve, la nostalgie, les traditions, le mariage, les silences du palais qui évoquent la psychose des femmes violées, terrorisées et qui souffrent de la folie des hommes en temps de guerre.
Amy Sow se réjouit que la peinture commence à être appréciée par les mauritaniens et à prendre place dans leur cœur. «La peinture en Mauritanie, dit-elle, commence à être connue. Auparavant, elle ne faisait pas partie de notre culture non seulement mais elle était mal vue. Maintenant, certains préjugés commencent à disparaître et les gens commencent à changer ». Rassurant pour penser que tout va changer dans le domaine de la peinture dans ce pays où les mentalités sont fortement claquemurées dans des tours d’ivoire imprenables et insurmontables.
Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr

Le rêve d’enfance devenu réalité

On peut dire sans se gourer qu’elle compte parmi les artistes peintres de sa génération les plus remarquables. Son exposition de lundi dernier restera peut être l’un des grands moments de sa vie d’artiste peintre. Jusque là ne participant qu’à des expositions communes, elle a, cette fois-ci grâce au centre culturel de Nouakchott, fait une exposition personnelle.

Ses sources d’inspiration, elle les cherche dans les profondeurs de la beauté de la femme africaine. «Je m’inspire, affirme-t-elle, de la femme africaine plus particulièrement de la femme hall poulaar. L’inspiration n’a pas de frontières. Parfois, on peut imaginer quelque chose et le faire sortir à travers la peinture » et «Baba Maal aussi, avoue-t-elle, m’inspire d’une façon extraordinaire. C’est mon idole ». Amy Sow, la trentaine rugissante, exhale un look d’artiste. Depuis toute petite, elle ne rêvait que d’être artiste un jour et se souvient encore de ses premières esquisses dans la peinture.«Au début, raconte-t-elle, je n’avais pas d’initiateurs. Je me débrouillais toute seule. En 2001, j’ai été à l’école des beaux-arts de Nouakchott. Nous étions la première promotion féminine. Nous étions 10 filles et nous avions subi 6 mois de formation à l’issue de laquelle, nous avions reçu des attestations ; des ateliers de calligraphie nous ont été ouverts avec le soutien du commissariat aux droits de l’Homme et à la lutte contre la pauvreté ».
Comme à l’égard de beaucoup d’artistes, elle n’a pas pu échapper aux tentacules de la peinture qui est selon elle un moyen d’expression. «C’est la peinture, dit-elle, qui m’a choisi en quelque sorte. Je ne peux pas expliquer dans quelles circonstances je suis venue à la peinture. C’est venu tout d’un coup ! ». Depuis ses débuts, en 1999, elle a fréquenté la jet-set des artistes peintres mauritaniens. «Je faisais des desseins. J’ai découvert la peinture en fréquentant quelques artistes peintres mauritaniens comme par exemple Maurice ».
Mariée à un artiste peintre qu’elle qualifie de «démocrate », elle ne compte pas abandonner un jour son «univers artistique » qu’elle trouve fantastique. Originaire de Kaédi, dans le sud de la Mauritanie, cette peule d’ébène peut être considérée comme une artiste peintre rêveuse. «Ce n’est pas interdit de rêver se défend-elle ».
La passion de Amy Sow pour la peinture est instinctive. Elle a un fort penchant pour les peintures, aidée en cela par la compréhension de son entourage. «Je suis à l’aise, s’enorgueillit-elle, dans la peinture. C’est mon univers. C’est vrai que ce n’est pas évident chez nous pour une femme artiste, de surcroît peintre. Souvent, elle est mal vue. Heureusement, dans ma famille, je suis comprise. Ma famille et principalement mon mari me soutiennent. C’est peut être aussi je suis issue de famille d’artistes. » Elle n’a jamais rêvé de faire autre chose que faire de la peinture. Même si, elle n’a jamais participé à des expositions internationales, elle compte dans l’avenir exposer en Belgique. D’ailleurs, elle a été à Saint-Louis du Sénégal où elle a exposé à l’occasion du festival international de jazz et les gens, paraît-il, ont beaucoup apprécié ses tableaux.
Les peintures de Amy Sow ont beaucoup à nous apprendre. Des tableaux superbes, une peinture surréelle qui mêle réalité et imaginaire. Ses tableaux nous ramènent dans la réalité des choses et de l’actualité. Par exemple, l’Emigration «des jeunes africains qui veulent partir à l’autre bout du monde ». Ce n’est pas «prudent et c’est dangereux » pense-t-elle et d’ajouter «on voit toujours des morts, des naufragés ». Certains de ses tableaux évoquent ce drame contemporain. L’excision qui demeure encore malgré «des campagnes de sensibilisation » sur cette pratique. Outre cela, on retrouve dans ses tableaux l’espoir, l’amour, la beauté de la femme africaine, le rêve, la nostalgie, les traditions, le mariage, les silences du palais qui évoquent la psychose des femmes violées, terrorisées et qui souffrent de la folie des hommes en temps de guerre.
Amy Sow se réjouit que la peinture commence à être appréciée par les mauritaniens et à prendre place dans leur cœur. «La peinture en Mauritanie, dit-elle, commence à être connue. Auparavant, elle ne faisait pas partie de notre culture non seulement mais elle était mal vue. Maintenant, certains préjugés commencent à disparaître et les gens commencent à changer ». Rassurant pour penser que tout va changer dans le domaine de la peinture dans ce pays où les mentalités sont fortement claquemurées dans des tours d’ivoire imprenables et insurmontables.

Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le R »novateur Quotidien

( 3 octobre, 2007 )

Tghana Cheikh Saad bouh dit cheikh aidara, rédacteur en chef de l’authentique

Aujourd’hui rédacteur en chef de l’authentique depuis sept ans, cheikh aidara a eu à travailler d’abord dans l’administration publique avant d’atterrir sur les pistes du journalisme.

————Par Babacar Baye Ndiaye

D’abord, cheikh aidara a débuté sa carrière de fonctionnaire dans l’administration publique et a eu à collaborer pendant plus de dix ans avec l’Office National des Statistiques (O.N.S).

Ce qui lui permis comme il le dit d’acquérir une longue et solide expérience dans ce domaine et de connaître très bien la Mauritanie mais aussi de côtoyer toutes les couches et composantes de la population. Un plus dans l’enrichissement de son expérience, s’enorgueillit-il.

Mais pourquoi ce choix venant de la part d’un fonctionnaire de l’état ? Parce qu’ « il n y a aucun métier que j’aurai préféré au journaliste. J’ai toujours aimé l’écriture qui m’a toujours passionné. J’écrivais même avant d’être journaliste » et cheikh de poursuivre « le journalisme c’est une vocation comme certains embrassent la carrière d’enseignant comme vocation non pas par amour du gain mais par amour que l’on voue au métier, c’est une passion ».

Nul besoin de lui dire « soyez journaliste si c’est votre métier ». Ainsi donc en déchaussant ses babouches de fonctionnaire de l’état, il préféra marcher sur les berges de la presse écrite et intégra aussitôt l’authentique après avoir passé une période éphémère dans un journal appelé « Le Temps ».

Cependant, le métier de journaliste avoue-t-il est un travail harassant, stressant mais par amour au métier, il essaie tant bien que mal de supporter la lassitude qui fait partie du métier. Derrière son nom de marabout, se cache une rigueur infaillible. « Je suis un homme pointilleux et rigoureux.

Quand j’entreprends un travail, je le fais entièrement avec tout le sérieux requis. D’ailleurs, c’est que me reproche Oumar (directeur de publication de l’authentique) tout le temps ». Alors question Cheikh ? Ne vous est-il jamais arrivé d’être tracassé dans la vie ? « Rien ne me tracasse. Je suis quelqu’un qui ne pense pas au lendemain et qui oublie hier. C’est une disposition naturelle que j’ai cultivée parce que je suis issu d’une famille maraboutique qui a des principes assez rigoristes. Je vis au jour le jour ».

Son principal souci demeure les ressources humaines c’est-à-dire avoir des journalistes formés et se consacrer entièrement à son rôle de rédacteur en chef autrement dit un chef d’orchestre d’une équipe.

Et par rapport à la presse écrite en Mauritanie ? « Elle a connu une grande évolution c’est-à-dire sur le plan de la qualité, de la régularité, de la profusion des titres de journaux, il y a un très grand progrès qui s’est dessiné ces dernières années bien qu’il y a encore beaucoup de lacunes. Les journalistes ont besoin encore de formation parce que très peu sont formés sur les techniques journalistiques ».

Etant né au Sénégal et y ayant fait toutes ses études, Cheikh Aidara fait partie de ceux qui revendiquent leur double culture mauritanienne et sénégalaise. Eternel optimiste, il ne peut s’empêcher de se réjouir du processus de transition qui a tiré à sa fin.

« je pense que l’avenir nous réservera quelque chose de meilleur par rapport à ce que nous avons vécu. C’est le souhait de la plupart des mauritaniens. J’aurai aimé qu’on s’achemine vers un gouvernement d’union nationale pour dépasser cette période de post- transition mais malheureusement tel ne sera le cas. Je le regrette. Je pense qu’il faut qu’il y ait une opposition qui s’oppose de manière démocratique et responsable ».

Quand il est à la maison, il met à profit son temps libre pour s’occuper de sa femme et ses deux enfants. La politique et lui c’est dans le cadre de son travail. « Je ne milite à aucun parti politique. Je ne me suis jamais impliqué dans le jeu politique ».

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