( 4 octobre, 2007 )

La Faculté de médecine

En Mauritanie, c’est la mode. Il suffit qu’une personne influente décide que telle chose se fait à telle date, tel lieu pour que le projet soit lancé sans que cela réponde à une exigence de développement et de bien être social. Or, nul n’ignore que tels projets demandent du temps, de l’argent et bien sûr du sérieux.

Combien de créations, de projets qui devaient être bien réfléchies et bien étudiées sont nées dans la précipitation et sans études de faisabilité fiables. Une œuvre universitaire aussi grande qu’une grande faculté de médecine mérite-t-elle d’être fondée dans la plus grande anarchie, sans aucune concertation, entourée d’indifférence, emmitouflée dans l’anonymat absolu. Les mauritaniens savent-ils qu’ils ont une faculté de médecine ?

Quelle faculté ? Un bâtiment perdu au milieu d’une lucarne de l’hôpital national. C’est de là que la première promotion de futurs médecins subira une formation.

C’est là que des générations vont être sacrifiées sans pour autant bénéficier d’une formation académique et scientifique qui tiendrait en considération les exigences de qualité en matière d’offres de services hospitaliers.

Ces futurs médecins, sur quels critères de sélection ont-ils été choisis ? Et par rapport aux futures formations, les nouveaux bacheliers vont-ils être inclus dans cette phase de formation qui ne devait concerner que les nouveaux bacheliers ?

Ce n’est pas en formant des médecins, des infirmiers, du personnel soignant qu’on va venir à bout du manque de personnel criard dans les structures hospitalières du pays.

La création de cette faculté de médecine a été bien accueillie mais l’efficacité d’un tel projet laisse à désirer surtout dans sa mise en homogénéité. Le manque de concertation aussi dans ce projet a suscité beaucoup de mécontentement.

Alors qu’il urge de réformer le secteur de la Santé dans notre pays, il serait préférable de se pencher bien sur la balance en vue d’esquiver que la Mauritanie ne périclite.

Dans ce projet de grande envergure, est-ce que les moyens nécessaires ont été débloqués dans la réalisation d’un tel projet qui demande beaucoup de perspicacité et de sérieux. La Mauritanie dispose des professeurs éminents capables d’impulser cette entreprise mais faudrait-il encore qu’ils soient associés à cette œuvre.

Certes, la création d’une telle faculté répond à une exigence de demande de services de plus en plus forte. Il ne faudrait pas non plus omettre qu’un tel projet exige des laboratoires modernes, des recherches académiques entre autres. Et sur quelles bases les enseignants de cette faculté ont-ils été choisis ?

Avec un enseignement de plus en plus au rabais faut-il encore commettre les mêmes impairs en créant tous azimuts des facultés qui n’apporteront rien à l’enseignement universitaire mauritanien sinon que de l’appauvrir. Déjà, l’université de Nouakchott est abandonnée à elle-même, aucune perspective d’avenir ou de restructuration pour la sortir de son sommeil profond. Dans ce cas, faut-il accroître à la médiocrité, la médiocrité ? Certainement pas.

Babacar Baye NDiaye

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