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( 5 octobre, 2007 )

Géraldine Laurent

Une jazzwoman d’exception

Elle est devenue une jazzwoman de manière circonstancielle. Une manière peut être pour elle de se faire plaisir ou de faire plaisir. Dans le cadre d’une tournée africaine, elle a fait escale à Nouakchott pour faire apprécier au public mauritanien son jazz captivant.
« Géraldine Laurent se révèle comme une jazzwoman d’exception : fougue, mise en place, racines et originalité, risques pris, paris tenus avec un swing ébahissant ». Belle phrase de Télérama écrite sur Géraldine. Phrase qui résume la particularité atypique de cette jeune française de la Rochelle âgée seulement de 32 piges. Normal dira-t-on quand on a été principalement influencée par les parangons de la musique jazz comme Charlie Parker, Sony Rollings, Eric Dolphy, Ornette Coleman, John Coltrane…
Du conservatoire de Niort aux salles de répétitions de Paris avec Laurent Bataille, Géraldine a su se faire une place dans le Panthéon des jazzwoman de la planète. De ces petites répétitions va naître un groupe qui portera un nom étrange : « Time Out Trio ». Du coup, ce groupe va participer à des concerts. Ce fut le début d’une aventure et voilà depuis quatre ans que Géraldine Laurent, Laurent Bataille et Yoni Zelnick travaillent ensemble et voyagent ensemble.
Et pourtant, Géraldine n’avait jamais rêvé dans sa vie ni imaginé de faire de la musique jazz puisque son domaine de prédilection à elle, c’était la musique traditionnelle. Par hasard donc, « J’ai appris le saxophone au conservatoire et mon professeur aimait beaucoup le jazz. C’est lui à vrai dire qui m’a fait découvrir et aimer cette musique qui est une musique essentielle et importante ».
Ayant compris très vite les exigences du métier, que c’est une vie artistique et professionnelle avec des engagements et des contrats à satisfaire et à respecter, elle veut sans outre mesure supporter la charge qui pèse sur ses épaules car pour elle, « la musique, on en aura jamais fini » même si parfois il lui arrive parfois de se sentir effilochée. « Oui, ça m’arrive souvent comme tout le monde. Paradoxalement, c’est très difficile de faire de la musique et de transcender tout ça, d’essayer à chaque fois, de changer, de faire mieux, de ne pas se répéter, de travailler pour avancer ».
Time Out Trio nous fait revivre sur scène les standards de jazz, les chansons de comédie musicale américaine des années 30 et 40. La sortie de leur album est prévue pour le mois de Septembre prochain. Le jazz est aujourd’hui considéré comme une musique traditionnelle voire séculaire. Donc, il est plus facile pour les autres musiques comme le Rap, le Rock, le R’n’B d’avoir un public de plus en plus expansif. « Le jazz se porte au mieux on va dire. Mais bon, il y a un problème de diffusion comme toutes les autres musiques. C’est vrai qu’il est moins diffusé que les autres. Cependant, il y a toujours un public important pour le jazz. C’est un peu comme la musique classique et les musiques traditionnelles », estime Géraldine Laurent.
A part cela, il y a une explication beaucoup plus convaincante. « Je pense que tout ça est lié à un problème économique comme pour beaucoup de problèmes en général c’est-à-dire que ce qui peut rapporter beaucoup d’argent, ce n’est pas forcément le jazz ou certaines formes de création qui ne sont pas à consommer tout de suite. Donc ceux qui diffusent cette musique si ça ne leur rapporte pas beaucoup d’argent, ils ne vont pas s’y intéresser alors que s’ils distribuent du rap ou autre chose, ça leur rapporte beaucoup d’argent ».
Quand elle n’est pas sur scène, elle adore faire du piano, sortir, aller dans les bons restaurants, s’amuser. Eh oui, elle est un cœur à prendre et pas besoin de lui demander ce qu’elle attend. « J’attends un marié » répond-elle en souriant.

Babacar Baye NDiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 5 octobre, 2007 )

Règlement du passif humanitaire

S’inspirer des parangons sud africain et marocain ?

Dans de nombreux pays du monde où des processus de changement ont été engagés après des périodes de graves violations des droits de l’Homme, des commissions indépendantes ont été mises sur pied. En Mauritanie, incontestablement, les autorités se sont engagées dans un processus de réconciliation nationale. Mais les prémices d’une véritable volonté de faire toute la lumière sur le passif humanitaire tardent à voir le jour. Face aux intimidations à peine déguisées de ceux qui ont engendré cette parenthèse de l’histoire de la Mauritanie, les autorités feront-elles black out ou vont-elles privilégier la vérité ? Va-t-on s’acheminer vers la mise sur pied d’une commission indépendante ?
Contrairement à une certaine idée répandue, et à ce que pensent certains responsables de partis politiques, il ne s’agit pas d’indexer des personnalités de l’armée ou du pouvoir, ni de faire la chasse aux sorcières encore moins d’engager des procès tous azimuts. Ni la haine en réponse à la haine. Mais de faire la lumière sur ce qui s’est passé de 1986 à 1991 en matière de violations des droits de l’Homme en Mauritanie dans le cadre du passif humanitaire en s’inspirant de certains exemples bien connus en Afrique quitte à envoyer des missions d’informations dans ces pays. C’est à partir de là et de là seulement qu’on peut enclencher des procédures allant dans le sens de la réconciliation nationale. Car, aujourd’hui, qu’est-ce qui garantit véritablement la non-répétition des dites violations ?
Quoiqu’il n’ait pas aisé d’apporter des solutions consensuelles à la problématique du passif humanitaire, il y a cependant des paradigmes de mécanismes que la Mauritanie peut adopter dans le cadre d’un règlement juste de cette question sensible et épineuse. Reste à savoir comment et quand mettre ou adopter ces mécanismes pouvant permettre une issue heureuse sans occulter les questions de fond.
Par rapport aux compensations des victimes, certes, la réponse est complexe. Mais il appartient à l’Etat mauritanien avec les bailleurs de fond de voir ce qui est possible et ce qui n’est pas possible de faire, de voir comment compte-t-il procéder aux compensations des victimes tout en esquivant que la balance ne se penche ni à gauche ni à droite. Car, les victimes de ces violations des droits humains ont subi des préjudices moraux, physiques et matériels.
En outre, comment se départir de toutes formes d’instrumentalisation de la question du passif humanitaire ? Ce n’est pas un secret de polichinelle : le passif humanitaire est un problème extrêmement complexe et très difficile qu’il faille traiter avec beaucoup de lucidité et de responsabilité. Et c’est un fallacieux prétexte de dire qu’on est en train d’instrumentaliser la question du passif humanitaire sur le plan politique et qu’aussi l’armée ne doit rien répondre. Ils ignorent par-là que la question du passif humanitaire est avant tout un problème politique parmi tant d’autres problèmes politiques que connaissent la Mauritanie et qui demeurent les problèmes de tous les mauritaniens.
Comment construire une vision consensuelle dans le cadre d’un règlement du passif humanitaire ? La Mauritanie n’a pas droit à l’erreur. Non ! Car, aujourd’hui, elle est sous les lumières, pour paraphraser Alioune Tine Secrétaire Général de la RADDHO, de la communauté internationale qui s’intéresse à ce qui se passe, se développe en matière de démocratie et de droits humains.
En Mauritanie, les victimes des tragédies successives, entre 1986 à 1991, se comptent par centaines de milliers. Comme il a toujours été préconisé dans le traitement du passif humanitaire, les responsables des violations des droits de l’Homme doivent avoir le courage d’assumer leurs actes et de se présenter devant la justice. Dans ce domaine, l’Afrique du sud et le Maroc qui est un pays voisin où des exactions graves ont été commises sont des parangons qui peuvent servir la Mauritanie. Et pourquoi les autorités de la République ne s’inspireraient-elles pas de ces expériences africaines qui ont pourtant merveilleusement réussi ?
Dans ces deux pays africains, les autorités ont mis sur pied des commissions qui ont sérieusement travailler et de manière indépendante à ce que de telles violations ne puissent plus se reproduire, que des garanties soient données en ce sens et que cette douloureuse page soit tournée. Mais également à définir et à faire officiellement et publiquement reconnaître l’ampleur que les exactions ont eue dans leur pays, ainsi que les mauvaises répercussions qu’elles ont pu avoir sur les personnes des victimes, sur la cohésion du tissu social et sur le principe même du respect des dispositions de la loi.
La Mauritanie n’est pas une exception et ces exemples sont bel et bien applicables à notre pays. Ceci ne peut se faire que dans une commission indépendante qui devra faire dans un premier temps le bilan aussi complet que possible des violations graves des droits de l’Homme nées de ces événements douloureux qu’a connus la Mauritanie mais aussi en dernier lieu rendre aux victimes de ces événements leur dignité civique et humaine comme cela a été le cas au Maroc et en Afrique du Sud. La création d’une telle commission serait toujours bénéfique et il y a urgence de la créer pour qu’elle s’acquitte de sa mission relative au travail de mémoire et à la réconciliation nationale. Mais un processus de réconciliation suppose les étapes suivantes qu’il faut bien mettre en homogénéité pour esquiver des tâtonnements qui n’aboutissent qu’à des impasses : la reconnaissance, le repentir, le pardon et la restauration. Quant à la composition de la dite commission, elle peut comprendre des représentants des victimes choisis librement par eux et qui sont les premières à être victimes, des organisations de défense des droits de l’homme en Mauritanie, de la société civile, d’ONGs humanitaires…bref, une commission composée d’une équipe pluridisciplinaire de plusieurs membres. Les modalités pratiques reviennent à l’Etat à qui il appartient de les définir. Il s’agira par conséquent de réparer le tort vécu par les victimes qui ont seules la plénitude d’amnistier.
Ces commissions, dans ces deux pays, ont démontré leur importance grandissante dans le processus de réconciliation se déroulant dans ces pays où de graves violations des droits de l’Homme ont été constatées notamment celle de faire recouvrer leur dignité aux victimes des violations, de susciter une reconnaissance publique et officielle des peines qu’elles ont endurées et de consacrer les valeurs des droits de l’homme.
Les victimes ne demandent pas trop. Juste qu’on leur dise la vérité sur les mobiles des exactions commises contre elles. Sans doute, les compensations sont nécessaires mais ce ne sont pas le plus important. Mais la vérité.
Babacar Baye Ndiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 5 octobre, 2007 )

Des chantiers prioritaires

S’il y a une situation qui a pu préoccuper et rassembler tous les mauritaniens, loin des identifications politiques et communautaristes, c’est bien celle de la stabilité politique et sociale du pays. Durant la campagne électorale, mais également dans des débats organisés par les médias nationaux et étrangers sur le processus électoral en Mauritanie, beaucoup de thèmes ont été évoqués et débattus par les 19 candidats chacun y apportant sa corbeille de propositions et de contribution. Les partis politiques, la presse, les organisations de défense des droits de l’homme et de la société civile ont accordé une part capitale à ces sujets qui étaient jusque là occultés ou considérés comme tabous, ou mis en seconde importance. On a entendu les propositions des uns et des autres, reste maintenant à les réunir dans un cahier de charge et les mettre en application dans l’intérêt de la Nation et du pays.

La moralisation de l’administration

Dans le cadre de l’assainissement des finances publiques, le prochain gouvernement devra avoir comme cheval de bataille la moralisation de l’administration qui passerait nécessairement par la lutte contre l’impunité et la corruption. Et sur cette question, tout le monde devrait se mobiliser pour apporter sa contribution par rapport à ces deux maux qui ont gangrené l’appareil d’état durant plus de deux décennies. Les solutions ne manquent pas. Comme cela se fait ailleurs, une commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLI) serait la bienvenue. Cette commission aurait pour rôle entre autres de punir en cas de preuves avérées la réalisation de profits personnels ou l’obtention d’avantages de toute nature ainsi que la corruption passive ou active, la concussion et le détournement. Toujours par rapport à cette question, beaucoup de candidats ont proposé durant la campagne électorale des mesures allant dans ce sens. Il faudra pour remporter ce pari, doter cette commission des moyens financiers, matériels et humains afin qu’elle soit indépendante et joue pleinement son rôle de veille.

La question de l’unité nationale

C’est une question primodiale et d’un enjeu majeur. Et pour preuve, elle a occupé une place importante dans tous les programmes et discours des candidats qui pensent qu’il faut nécessairement rebâtir entre les mauritaniens la confiance qui a été écornée durant les années 90. Mais sur quelles bases devra se faire l’unité nationale ?
Le premier jalon va consister d’abord à procéder aux réparations et préjudices civils durant la période du règne du Président Taaya. Que tous les torts qui ont été faits soient réparés pour tous les déportés et les réfugiés mauritaniens. D’autres par contre pensent qu’il faut aller au fond des choses pour savoir réellement quelle a été l’étendue de la spoliation des terres et des violations et quelle a été la dimension du problème afin qu’il soit traité au mieux ? Toujours sur cette question, Sidi O / Cheikh a même préconisé s’il est élu de mettre en place un Observatoire des Droits de l’Homme qui va régler définitivement toutes les questions relatives aux problèmes des réfugiés, des veuves des victimes des douloureux événements de 1989 et 1991. D’autres, comme Ahmed Daddah, proposent l’organisation d’une réconciliation nationale. Il y a aussi le problème du partage du pouvoir politique qui a été souvent monopolisé par une ethnie ou une famille qui détenait tous les leviers de commande de l’état, de l’économie et de tous les espaces de la vie nationale. Enfin, il y a le problème de la répartition des richesses nationales qui n’ont pas véritablement profité aux populations les plus démunies. Tous ces problèmes devraient être traités de manière consensuelle pour aboutir à une véritable réconciliation nationale. Fort donc de ces éléments, comment tourner la page sans pour autant réveiller les démons du passé de manière à favoriser la réconciliation ?

D’autres priorités

La question culturelle suscite encore des débats au sein de la population mauritanienne de même que la question des langues qui n’est pas définitivement réglée même si c’est une question tranchée par la constitution. La Mauritanie est un pays multi culturel et multi linguistique. Pourquoi donc favoriser une langue au détriment des autres ? Cette inégalité est plus visible au niveau de la radio et de la télé.
Depuis des décennies, l’armée a joué un rôle non négligeable dans la structure de l’appareil d’état pour des raisons politiques et électoralistes. Actuellement, la non ingérence de l’armée dans les affaires politiques et publiques est plus que d’actualités. Avec l’arrivée du CMJD au pouvoir, le contexte politique a changé à partir du moment où la transition est venue. Une chose est certaine avec ce régime militaire, la Mauritanie s’est débarrassée d’un régime dictatorial. Quel sera alors le rapport du futur chef de l’état avec l’armée ? Autrement dit si l’Etat de droit et la vie politique se feraient sans l’intervention de l’armée ?
Selon toute vraisemblance, l’après transition pourrait être la continuité des acquis démocratiques et leur préservation, la mise en place d’un nouveau système de gouvernance fondé sur des bases égalitaires. Meme si c’est vrai que chaque période avec les événements qui la caractérisent et la façonnent, on ne s’empêcherait pas de glapir désormais, plus rien ne sera comme avant. Vive la démocratie et l’état de droit seules garanties de liberté et de justice sociale ! Ces valeurs universelles n’appartiennent à personne !

Babacar Baye Ndiaye

( 5 octobre, 2007 )

Quand le passif humanitaire divise la grande muette !

Le débat autour du passif humanitaire suscite beaucoup de remous dans l’armée qui a eu à jouer un rôle prééminent dans les événements tragiques de 1989-90-91. C’est en 1986 que les premiers actes contre la communauté négro mauritanienne ont eu lieu avec son point culminant la parenthèse de 1990 et 1991 ou plus de 500 militaires Négro mauritaniens ont été exécutés, accusés de vouloir renverser le régime du Président Taya.
Durant sa campagne présidentielle, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah avait affirmé sa réelle volonté politique de trouver une issue heureuse à la question du passif humanitaire. Deux mois après son investiture, il fait une déclaration officielle dans laquelle il reconnaît le rôle de l’Etat et affirme derechef sa volonté de trouver des solutions justes et objectives à ce dossier qui constitue un lourd et difficile héritage que lui ont délégué le CMJD et le régime de Taya. Quelques jours après ce discours officiel, une délégation interministérielle composée du Ministre de l’intérieur Zakaria Yall et du Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République Yahya Ould Ahmed El Waghef se rendent dans les camps des réfugiés mauritaniens qui se trouvent au Sénégal. De même que des campagnes de sensibilisation et d’explication sont menées auprès des populations, de la société civile, des partis politiques et des autorités religieuses afin de les associer dans le programme de retour des réfugiés mauritaniens concocté par l’Etat.
Toutefois, malgré de telles tentatives, le passif humanitaire semble relégué au second plan. On dirait que cette question serait en train d’être banalisée et occultée par les pouvoirs publics du moins à l’heure actuelle. Pour quelles raisons ? Et par rapport au passif humanitaire, le président de la république soutient l’engagement de l’Etat mauritanien à mener une « enquête honnête et sérieuse » en vue de connaître le nombre exact de personnes qui ont été tuées au cours de ces événements et permettre à leurs familles de recouvrer tous leurs droits.
Tout le monde sait qu ‘une partie de l’armée nationale a les mains et les bras bien trempés dans le dossier du passif humanitaire. Au sein de cette républicaine, il semblerait qu’il y ait des officiers qui éprouvent une peur bleue. Pour ce qui est de la question judiciaire du passif humanitaire, deux tendances se dégagent : d’une part, ceux qui se sentent mouillés et qui ne voudraient pas qu’on en parle. Cette tendance, parait-il, n’hésiterait pas à agir, à semer la zizanie, si on l’ accusait d’avoir participé à ces événements, des menaces à peines voilées. Cette tendance ainsi donc n’aurait pas intérêt que cette question soit soulevée. L’autre aile est plus favorable à la mise sur pied d’un mécanisme d’identification des auteurs. A cet égard, certains officiers célèbres du défunt CMJD ont estimé de leur part avoir les « mains propres » et souhaiteraient qu’on ré-ouvre le dossier et que la lumière soit faite par rapport aux exactions commises au nom de l’armée.
Qui est bourreau et qui ne l’est pas ? Difficile à répondre. Ce qui est sûr et certain, c’est que cette question du passif humanitaire divise l’armée. Et à l’extérieur, l’image de notre armée nationale est galvaudée par son passé tumultueux. Au sein de l’armée, ils sont légion, ceux qui veulent que les choses soient clarifiées et les responsabilités situées. L’armée doit être à l’image du pays. En matière de commandement militaire, la discrimination est patente Dans cette armée, il n y a pas de volonté d’instaurer un esprit d’équité et de justice Pourtant le problème peut- être réglé en s’inspirant des exemples marocain et sud africain. Les compensations ne devraient pas obnubiler les ayants droits au point d’occulter le côté juridique du dossier. Ou alors, pourquoi les bourreaux ne présenteraient-ils pas leurs excuses aux victimes qui ont par ailleurs le droit de savoir dans quelles conditions leurs maris ont été trucidés ? En outre, par rapport au plan de règlement, c’est à l’Etat de voir les modalités pratiques. Les veuves disent ne point s’ opposer au pardon. A condition que les bourreaux avouent leurs crimes.
Aujourd’hui, c’est un défit, si l’état veut régler aussi le passif humanitaire, le premier signal fort qu’il devrait entreprendre, c’est de démettre les officiers de certains commandements de l’armée. Le Président de la République en est certainement conscient. C’est sans doute ce qui explique qu’il est en train d’opérer des mutations en douceur au sein de la grande muette. Le CMJD avait penché sur les méthodes à utiliser dans le cadre du passif humanitaire. Mais il y a eu cependant un relâchement à l’époque. Les bourreaux peuvent avoir une porte de sortie honorable. Encore faudrait-il qu’ils assument leur leurs actes et aient le courage de reconnaître ce qu’ils ont commis.
Comme ce sont des militaires, n’avaient-ils pas agi sous commandement ? Un autre débat dans un débat.


Babacar Baye Ndiaye

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