( 7 octobre, 2007 )

Bourrage de crâne

Comment sortir aujourd’hui du gouffre, des ténèbres, de l’inconnu…la culture mauritanienne ? C’est la seule question. Plutôt hâbleurs que créatifs nos hommes politiques ont-ils favorisé l’émergence d’un mauritanien de loustic nouveau ? A cette immense interrogation nos hommes politiques ne prétendront pas fournir une réponse. Mais ils la poseront autrement. Lutte contre la pauvreté, lutte contre la mauvaise gestion économique, protection des ressources naturelles, promotion de la démocratie, des droits de l’homme, des libertés fondamentales…Tous les jours, à la télévision, à la radio, dans les journaux, on nous serine souvent à longueur de journée ces genres de priorité au demeurant biturant. En Mauritanie, parler de lutte contre l’ignorance peut paraître surprenant à bien des égards. La lutte contre l’ignorance en évidence n’est pas une orientation pour les autorités politiques. Oui on me dira qu’il y a le ministère de l’analphabétisme. Oui on me dira qu’il y a aussi le ministère de la culture et patati et patata. Mais existe-t-il vraiment des efforts allant dans ce sens ? A-t-on mis en place des programmes de lutte contre l’ignorance ? 11mars pilule déjà à l’horizon. En ligne de mire, les élections présidentielles. Des candidatures tous azimuts. Des alliances électorales à n’en pas douter. Objectivement aujourd’hui quel est cet homme politique parmi les candidats qui peut se targuer d’avoir inscrit dans son programme le développement du savoir et de la culture en Mauritanie ? Mieux. Quel est ce régime qui s’est véritablement investi dans la promotion du binôme savoir culture quel est ce ministre de la culture des indépendances a nos jours qui peut dire voila ce que j’ai accompli dans le domaine culturel ? Quel est ce régime qui a pu construire des bibliothèques des centres de documentation des maisons de lecture publique, (même si elles ont existe elles n’ont pas survécu) ; des centres culturels, des lycées modernes, des structures de formation adéquates, d’autres pôles universitaires…partout dans le pays ? Nous ne parlons même pas de structure de promotion culturelle. Heureusement qu’il y a le centre culturel français Antoine Saint- Exupéry de Nouakchott et d’autres centres culturels arabes (Marocain et Egyptien). Que serait la situation si ces derniers n’existaient pas ?
Certes, la Mauritanie est un pays sous développé avec ses réalités socio- économiques exaspérante, avec ces populations à bas revenu. Certes, ce que les autres n’ont pas bâti en un siècle voire plus, nous Mauritaniens on ne le fera pas en deux lurettes. On sait tout ça. Mais on sait aussi que ce laïus a fait son temps et qu’il ne se justifie plus à lui seul. Aujourd’hui les autorités des régimes anciens ou actuels doivent malheureusement se sentir responsables de leurs coulpes notamment dans le domaine des choix d’intégration. On l’a dit et répété : les nations émergeantes ont puisé leur propre parangon de réussite dans leur histoire et leur tradition tout en épousant le pas de la mondialisation.
La culture mauritanienne est-elle moribonde ?
Cette question a souvent lanciné mon esprit. L’édition est essentielle dans la diffusion du savoir. Comment donc comprendre que la Mauritanie n’ait pas encore une structure d’édition. La situation dans ce domaine comme dans bien d’autres domaines de la culture est patente et fâcheuse. Depuis plus de 50 ans, les régimes militaires ou civils qui se sont succédés n’ont rien fait dans la promotion du savoir pénalisant ainsi des générations entières. Les exemples ne manquent pas.
Jusque là, nos autorités n’ont pas investi dans le savoir ni se sont investies dans la promotion de nos produits culturels. L’administration en s’écartant de cette voie a ouvert la porte à l’ignorance et à la méconnaissance. Et aujourd’hui, peu de Mauritaniens lisent ou non pas accès à la lecture ou à l’information alors qu’on parle de NTICs, d’ouverture à tout va. Les librairies qui participent à la promotion du savoir, on peut les compter du bout des doigts. En matière de production littéraire, on a envie de glatir. Evidemment, il y a des auteurs qui essaient tant bien que mal de presser le pas. Mais, Allah que de chemin encore à parcourir. On a l’impression que la production est en régression. Heureusement là aussi qu’il y a M’Barreck Ould Beyrouk (Et le ciel a oublié de pleuvoir), Mohamed Baby ( Bilal), Elimane Ould Mohamed Baba (De mémoire de Nouakchottois), Mohamed Ould Hattatt (Meurtre au cabanon 3) etc…
Mais, faudrait-il que l’Etat s’y mette pour qu’on ait plus à revenir sur ce qu’on a écrit…

Babacar Baye N’Diaye
Le Rénovateur Quotidien

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