( 7 octobre, 2007 )

En attendant le changement !…

Certains, pour des raisons historiques et évidentes ont bien voulu le changement. Mais finalement, il n’a pas eu lieu. Là aussi, pour des raisons de rapports de force défavorables. En attendant, un vent de changement soufflerait-il sur le pays au million de poètes ?

Les achats de conscience ! C’est un mal et une turpitude. Un avilissement moral, humain et intellectuel. Une honte pour la démocratie, le progrès et le développement social. Nous ne remettons pas en question le fait que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdalmlahi ait été élu souverainement par le peuple mauritanien. Que les élections aient été transparentes et respectueuses des règles du jeu démocratique et électoral. Que le nouveau Président fraîchement élu soit le Président qui « rassure » ou l’homme qu’il faut à la situation actuelle du pays pour des raisons de stabilité politique et sociale. Mais voilà : nous en avons notre claque de ces sempiternels messieurs qui entourent notre Président et qui ont fait campagne avec lui. Ces messieurs-là ont eu à chapeauter ce pays. Et nous savons sur quelle rive ils l’ont fait échouer ! Après la publication définitive des résultats du second tour de l’élection présidentielle par le conseil constitutionnel, j’en ai conclu sans savoir pourquoi : encore cinq ans pour ces messieurs là qui, décidément, sont nés je suis tenté de le dire pour être les éternels faiseurs de Président. Mais bon que faire ? Telle est la volonté de la majorité populaire. Et pourtant durant la campagne électorale, on a salué et claironné la maturité du peuple mauritanien ce qui reste à prouver. Soit. Mais un fait est là essentiel : les élections ont été libres et acceptées par les acteurs et, pour la première fois depuis l’indépendance de notre Etat, les mauritaniens peuvent rêver d’un monde meilleur. Et il aura fallu attendre quarante sept ans pour qu’ils voient leur Président issu des urnes et élu démocratiquement. Organiser des élections libres et démocratiques est une bonne chose mais le véritable salut du peuple mauritanien passe d’abord par une véritable réconciliation nationale. Le mal est si viscéral et les problèmes sont tels qu’il est surréaliste voire maladroit de penser que seul Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, si volontaire et si plein d’intentions soit-il, sortir la Mauritanie de sa léthargie actuelle. Le prochain quinquennat s’annonce laborieux. Et c’est peu dire en affirmant ici qu’il sera un quinquennat à dur labeur.
Qu’on le veuille ou non, les organisations de la société civile ont un rôle primordial a joué dans la continuité du processus démocratique et post électoral. Elles en sont conscientes et ont promis en de multiples occasions d’appuyer le futur Président et son équipe pour trouver des solutions consensuelles à ces dossiers nationaux. Les organisations de la société civile ont fait des propositions dans ce sens au futur gouvernement, notamment le lancement d’une action de réconciliation nationale et la consolidation de l’unité. La promotion du dialogue et de la démocratie est une bonne chose. Et je pense qu’à cet égard, il faut éviter les « deux poids deux mesures ».
Ne nous voilons pas la face. Ce n’est pas en accumulant des frustrations, des passions, des rancoeurs qu’on parviendra à s’en sortir. Et selon toute vraisemblance, l’après Ely pourrait être ou bien la continuité d’un système de gouvernance démocratique entamée par le CMJD ou bien le retour au culte de la personnalité. Et ce serait dommage et signifierait que le processus électoral aura accouché d’un avorton et de surcroît déçu les espérances des millions de citoyens mauritaniens.
On se rappelle que tous les leviers de commande politique et le dispositif de sécurité étaient concentrés entre les mains de Taya et du clan des « vieux barrons sans tonsures » du PRDS. Ainsi donc, avec l’arrivée de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, ont opéré un come back spectaculaire ces messieurs là qui ont fini par faire l’état comme étant leur propriété privée.
Le pouvoir est une tentation, dit on. Qu’en sera-t-il de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah ? Respectera-t-il ses engagements pris devant le peuple durant la campagne électorale et réitérés dans son discours du 26 mars à l’hôtel Khaima ? Observera-t-il et fera-t-il observer la loi de manière juste et équitable sans discrimination de couleurs ?…
Autant d’interrogations substantielles qui peuvent tarauder tellement le risque de voir le pouvoir devenir une propriété clanique est grand. Et si on n’y prend pas garde, l’héritage de la transition du 3 Août 2005 risquera de voler en éclats. En attendant que le changement ait lieu, sera-t-il une malédiction ou une bénédiction pour le peuple mauritanien ?

Babacar Baye NDiaye

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