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( 7 octobre, 2007 )

Administration : Lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite

Qu’une nouvelle ère s’ouvre, quelle attitude les nouvelles autorités opteront envers les vampires de l’économie ? Mais surtout comment réorganiser l’administration après tant d’années de laxisme, de favoritisme, d’immobilisme, de politisation, d’interventionnisme et de dilapidation des biens publics ?

Verra-t-on appliquer le principe de bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques ? Autant d’actes courageux que devra effectuer le Président Sidi Mohamed et son gouvernement pour sortir l’administration de sa léthargie et la mettre sur les bons rails.
Si aucun effort n’est pas véritablement fait, le ver de la corruption continuera de poursuivre son travail de pourrissement de l’administration et aucun secteur ne sera épargné. De plus en plus, l’administration mauritanienne est plongée depuis quelques années dans un profond malaise auquel elle n’arrive pas à s’en départir. Cette situation qui n’a que trop duré a affecté considérablement l’économie nationale. Aucun secteur public n’est véritablement épargné par ce malaise « congénital » qui a encore de beaux jours devant lui.

Les différents régimes qui se sont succédanés n’ont jamais pu remporter le combat à chaque fois qu’il s’est agi d’assainir cette administration. D’ailleurs, toute tentative visant à éradiquer les maux qui gangrènent notre administration est vouée au fiasco. Tant qu’un changement de mentalités n’aura pas été opéré, il sera difficile de vaincre ce mal. Pour ce faire, il urge de prendre des mesures incitatives en vue de restreindre la dépendance du personnel administratif aux pots de vin et autres dessous de tables.

La corruption est un mal qui n’épargne aucun secteur de l’administration. L’acquisition des marchés publics souffre royalement d’une absence de transparence. Le récent rapport de l’Inspection Générale d’Etat nous édifie sur le degré de corruption de la plupart de nos administrateurs et du niveau de mauvaise gestion de l’administration. La manière dont la plupart de ces marchés sont acquis nous identifie encore sur le caractère du non respect des règles de compétitivité.

Aucune mesure n’a jamais été prise pour témoigner d’une véritable volonté de changer les choses dans bien des secteurs de l’administration allant dans le sens du renforcement de la lutte contre l’enrichissement illicite et la corruption. L’argent, qui provient des fonds de développement et de l’aide publique internationale, qui devait servir où être utilisé dans des projets de lutte contre la pauvreté est soustrait et les bénéficiaires laissés en rade.

Conséquence : la pauvreté s’accentue de plus en plus. Au lieu d’investir cet argent quelque part dans l’éducation, la santé, l’eau potable, l’électricité, les infrastructures, les vampires de l’économie préfèrent l’épargner dans des banques pour s’assurer une bien paisible vie ou bien s’acheter de belles voitures, construire de superbes villas, passer tout leur temps à snober les belles femmes.

On note aussi qu’il n’y a aucune loi qui astreint les hauts fonctionnaires à faire la déclaration de leurs biens y compris le Président de la République, ses ministres, ses sénateurs, ses députés, ses maires, ses gouverneurs, ses directeurs… Ainsi donc de hauts cadres sont devenus malhonnêtement riches. Des millions d’ouguiyas sont détournés sans que personne n’ait pipé mot. Et pourtant la question du détournement des fonds publics est une question tranchée par le code de procédure pénale mauritanien. Mais au fond l’applique-t-on ?

De nombreux responsables sont en fonction depuis des décennies. Ils ont bénéficié des avantages et des privilèges du Parti-Etat. D’autres même ont continué à conserver leur position sociale après le coup d’état du 3 août 2005. Jusque là, aucun haut responsable de l’administration, fut-il descendant d’un saint ou d’un marabout vénéré, n’a jamais pensé faire sa déclaration. D’ailleurs, comment y penserait-il faute de disposition légale et réglementaire.

En dehors de leurs revenus légitimement perçus certains responsables font augmenter significativement leur patrimoine ou celui de leurs proches parents créant ainsi des charges supplémentaires pour le budget de l’état. Il y a des fonctionnaires qui pensent qu’ils sont nés pour être d’éternels ministres ou directeurs. Des anciens caciques du régime de Taaya continuent de faire la ronde. Maintenant, ils réclament encore leur part du partage du gâteau quitte à retarder la nomination des postes de ministères. Pourtant, chaque jour on voit de jeunes personnes cadenassées parce qu’elles ont cambriolé une maison. Mais jamais on a emprisonné un haut responsable ou dignitaire du parti au pouvoir ou quelqu’un ayant bénéficié des largesses du pouvoir.

Face à une telle situation moribonde et exaspérante, des mesures rigoureuses doivent être prises pour redorer le blason de l’administration. A cet égard, la revalorisation substantielle des salaires des fonctionnaires pour les mettre à l’abri de la corruption et pour qu’ils puissent conserver leur probité ne ferait qu’atténuer la gravité de la situation. La promotion dans le travail devra se faire dans l’égalité et surtout mettre la personne à la place qu’il faut loin des appartenances politiques ou raciales. Sans oublier parfois de sanctionner et d’imposer la rigueur dans le pointage du personnel.

Les défis pour une bonne administration sont énormes. Les nouvelles autorités vont-elles se lancer dans cette démarche ou vont-elles faire empirer la situation ? Certes, combattre la corruption et assainir l’administration ne sont pas choses aisées. Mais il est du devoir moral des nouvelles autorités, en premier lieu le Chef de l’Etat, de combattre certaines pratiques compromettantes qui ont toujours entravé la bonne marche de l’administration.

Babacar Baye NDiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

Khaled K

« Bienvenue dans ma tête »

Depuis quelques années, avec sa petite caisse en bois remplie de petites machines, il voyage à travers le monde. Ce mardi 10 Avril, il était au centre culturel français Antoine de Saint Exupery pour faire découvrir au public son spectacle « Bienvenue dans ma tête »

Quand il ne représente pas un bouddhiste entrain de prier dans un monastère ou un temple, un affrontement ou un conflit entre indiens et cow-boys, un chevalier en califourchon entrain de fumer, un chinois qui boulotte ou une cérémonie quelque part, il joue avec sa voix, des samplers et vous convie à un drôle de voyage autour du monde. Pour le profane ou pour celui qui n’a jamais assisté à son spectacle, pas facile d’imaginer que cette représentation fulgurante fournira un ensemble harmonieux hybride et volatile qui fera surgir les univers les plus périlleux. Son spectacle est une véritable prouesse technique. Si vous n’avez pas eu la chance de voir Khaled K sur scène, vous avez manqué une grosse occasion de vous faire embarquer dans un voyage imaginaire qui vous ferait rêver, rire et danser.
« Bienvenue dans ma tête » est une mise en scène époustouflante. Comment fait-il pour assurer un tel spectacle, il répond « c’est la maîtrise des appareils, l’amour du son. Je m’entraîne, je fais de la gymnastique, je nage pour garder la forme de la voix » et d’ajouter « le spectacle est un moyen d’expression, quelque chose qui me permet de se sentir mieux. Quand je commence à monter sur scène pour faire les improvisations, physiquement, j’ai besoin de crier, de sauter en l’air, de bouger et ça c’est la scène qui le permet ».
Le spectacle pour Khaled est un véritable cadre de liberté. Tout a débuté il y a six ans lorsqu’il a acheté « ses petites machines » à lui avec lesquelles il travaille actuellement sur scène dans divers spectacles. Grâce donc à ces « petites machines »,on pourrait dire ses compagnons de voyage, il produit des sons et les superpose « j’ai appris à m’en servir très rapidement et une fois que je les ai maîtrisés, je suis monté sur scène et j’ai commencé à faire des improvisations ».
La musique qui accompagne son spectacle et les thèmes qui y sont proposés est née de ces improvisations. Et il y a moins d’un an, il a travaillé sur la mise en scène (« bienvenue dans ma tête ») pour finir ces chansons. Son spectacle, comme il l’a fait savoir, c’est quelque chose qu’on ne peut pas raconter ni expliquer, c’est quelque chose qu’on doit aller voir ou assister. Entre conte, chanson, comédie, Khaled K ne laisse rien au hasard « j’aime bien mélangé tout ça. C’est pour ça que mon spectacle est multidimensionnel ».
Pour cet ancien technicien en régie lumière qui a appris ce métier en regardant des spectacles, c’est la curiosité, le fait d’être seul sur scène et de ne pas répondre à une demande, à une règle qui lui a donné l’envie de trouver quelque chose à improviser ce qui explique son attachement à la liberté « je le fais de manière inconsciente. J’ai besoin de liberté surtout quand il n y a pas de frontières, de limites pour pouvoir bouger à travers le monde donc musicalement j’ai pu le faire. Il y a une seule question qui m’a guidé : c’est pourquoi je ne suis pas l’autre ? ».
Une question banale dira –t-on. Mais Khaled K s’est toujours interrogé et s’interroge encore sur l’histoire de l’humanité, sur certains crimes comme par exemple le conflit entre les indiens et les cow-boys. « Je me suis toujours intéressé aux indiens d’Amérique sans savoir beaucoup leur histoire mais je sais qu’il y a eu des génocides monstrueux. Je me suis posé la question pourquoi les indiens ont été décimés de cette manière ».
Dans « Bienvenue dans ma tête », on retrouve toutes les dimensions de l’univers humain : ce qui fait qu’on a le far West c’est-à-dire les cow-boys avec leurs pistolets, les moines tibétains dans un recueillement et une spiritualité très forte, les fous qui dansent dans les boites de nuit.
Son spectacle est une transposition de la vie réelle sur la scène, une sorte de regard sur la planète puisqu’on y voit toutes les couleurs et toutes les représentations de la vie humaine et à la fin Khaled nous invite inconsciemment ou consciemment à se poser la question suivante : pourquoi ne sommes-nous pas l’un de chacun ?
Dans son spectacle, il y met beaucoup de finesse et de sensibilité, des images qu’on voit tout le temps comme par exemple les gens qui ont des chapeaux sur la tête sous le soleil dans les rizières avec les jambes dans l’eau et qui cueillent ou font le piquage, de l’indien d’Amérique jusqu’aux petites marionnettes chinoises. Leur point commun c’est que ce sont des gens qui s’inscrivent dans la tradition c’est-à-dire qu’ils n’ont aucune technologie à leur disposition, ils ont juste la terre et des moyens rudimentaires.
Le voyage, la liberté, la menace, la mort, la joie de vivre, la peur…tout y est représenté. Et mieux encore, quand il joue avec la marionnette, c’est vachement agréable dans la sonorité !

Babacar Baye NDiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

Sœur Carmen

Une Sœur au chevet des femmes mauritaniennes. Depuis 14 ans, cette sœur espagnole de Notre Dame d’Afrique, travaille comme volontaire au croissant rouge mauritanien et dirige le centre de formation de Péka 10 où des centaines de femmes apprennent trois ans durant les techniques de couture et de teinture ainsi des cours d’alphabétisation.

« Je suis en Mauritanie depuis le 13 janvier 1993. Depuis mon enfance, j’ai toujours travaillé à la promotion de la femme. Je pense que la femme mauritanienne comme toute femme africaine c’est elles qui sauveront demain l’Afrique ».
Le croissant rouge mauritanien a ouvert trois centres de formation à Nouakchott, à Dar-Naim, à Dar-El-Barka et à Péka 10. Depuis 1993, Sœur Carmen dirige le centre de formation de Péka 10. Chaque année, ce centre accueille plus de cinquante femmes qui sont formées pour trois ans. Outre cela, ce centre accueille les enfants de ces femmes qui n’ont pas encore atteint l’age de la scolarisation.
Aujourd’hui, avec la coopération espagnole et une ONG qui s’appelait la MPDL (mouvement pour la justice et la paix) Sœur Carmen a réussi à construire et meubler une boutique située en face de l’ancien hôpital de Sebkha. « Le but de la boutique c’est de faire connaître les produits que les femmes mauritaniennes du croissant rouge font dans les trois centres de formation, raconte-t-elle. C’est pour créer une porte de sortie pour les femmes mauritaniennes. Les femmes peuvent avoir du travail mais où écouler leurs produits, d’où l’idée de mettre en place cette boutique. Malheureusement nos clients ce sont les toubabs et ces derniers préfèrent les robes à l’européenne faite avec des couleurs et des teintures africaines ».
Pourtant, les femmes de ces trois centres participent à toutes les expositions notamment la journée du 8 mars dédiée à la femme pour promouvoir et faire connaître leurs produits. Alors comment faire ? S’interroge Sœur Carmen. « Pas un centime d’aide de la part de l’état mauritanien. Les autorités ne savent même pas qu’on existe. Peut être qu’elles le savent maintenant puisqu’en 2005 il y a eu la reine d’Espagne qui est venue en visite officielle en Mauritanie. Elle est venue visiter notre centre à Péka 10. En ce moment-là, notre centre est sorti à travers les médias mauritaniens et espagnols. J’ai reçu des coups de fil de partout et les gens me disaient que Carmen nous sommes contents de vous on vous a vue à la télé ». Depuis lors, la situation n’a pas changé et les problèmes subsistent. Sœur Carmen reconnaît qu’elle ne peut pas tout faire à elle seule, qu’elle passe parfois des nuits entières sans fermer l’œil parce qu’elle n’a plus de quoi payer la nourriture, de quoi nourrir les enfants. Comme elle le dit, ce n’est pas le paradis. « Si ce n’était pas mon pays, il y a longtemps que ce centre n’aurait plus existé, lance-t-elle. Maintenant, nous allons vers une autonomie financière car les gens ne peuvent pas être assistées durant toute leur vie et ce n’est pas bon. La Mauritanie doit s’habituer à pouvoir trouver par elle-même ces propres fonds pour fonctionner. Ce n’est pas normal qu’un centre de formation qui délivre un diplôme aux femmes, que ce diplôme n’ait pas une valeur officielle. Les autorités mauritaniennes doivent se rendre à l’évidence que ce sont des centres de formation et qu’elles doivent prendre en considération ces diplômes ».
Babacar Baye Ndiaye.
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

En attendant le changement !…

Certains, pour des raisons historiques et évidentes ont bien voulu le changement. Mais finalement, il n’a pas eu lieu. Là aussi, pour des raisons de rapports de force défavorables. En attendant, un vent de changement soufflerait-il sur le pays au million de poètes ?

Les achats de conscience ! C’est un mal et une turpitude. Un avilissement moral, humain et intellectuel. Une honte pour la démocratie, le progrès et le développement social. Nous ne remettons pas en question le fait que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdalmlahi ait été élu souverainement par le peuple mauritanien. Que les élections aient été transparentes et respectueuses des règles du jeu démocratique et électoral. Que le nouveau Président fraîchement élu soit le Président qui « rassure » ou l’homme qu’il faut à la situation actuelle du pays pour des raisons de stabilité politique et sociale. Mais voilà : nous en avons notre claque de ces sempiternels messieurs qui entourent notre Président et qui ont fait campagne avec lui. Ces messieurs-là ont eu à chapeauter ce pays. Et nous savons sur quelle rive ils l’ont fait échouer ! Après la publication définitive des résultats du second tour de l’élection présidentielle par le conseil constitutionnel, j’en ai conclu sans savoir pourquoi : encore cinq ans pour ces messieurs là qui, décidément, sont nés je suis tenté de le dire pour être les éternels faiseurs de Président. Mais bon que faire ? Telle est la volonté de la majorité populaire. Et pourtant durant la campagne électorale, on a salué et claironné la maturité du peuple mauritanien ce qui reste à prouver. Soit. Mais un fait est là essentiel : les élections ont été libres et acceptées par les acteurs et, pour la première fois depuis l’indépendance de notre Etat, les mauritaniens peuvent rêver d’un monde meilleur. Et il aura fallu attendre quarante sept ans pour qu’ils voient leur Président issu des urnes et élu démocratiquement. Organiser des élections libres et démocratiques est une bonne chose mais le véritable salut du peuple mauritanien passe d’abord par une véritable réconciliation nationale. Le mal est si viscéral et les problèmes sont tels qu’il est surréaliste voire maladroit de penser que seul Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, si volontaire et si plein d’intentions soit-il, sortir la Mauritanie de sa léthargie actuelle. Le prochain quinquennat s’annonce laborieux. Et c’est peu dire en affirmant ici qu’il sera un quinquennat à dur labeur.
Qu’on le veuille ou non, les organisations de la société civile ont un rôle primordial a joué dans la continuité du processus démocratique et post électoral. Elles en sont conscientes et ont promis en de multiples occasions d’appuyer le futur Président et son équipe pour trouver des solutions consensuelles à ces dossiers nationaux. Les organisations de la société civile ont fait des propositions dans ce sens au futur gouvernement, notamment le lancement d’une action de réconciliation nationale et la consolidation de l’unité. La promotion du dialogue et de la démocratie est une bonne chose. Et je pense qu’à cet égard, il faut éviter les « deux poids deux mesures ».
Ne nous voilons pas la face. Ce n’est pas en accumulant des frustrations, des passions, des rancoeurs qu’on parviendra à s’en sortir. Et selon toute vraisemblance, l’après Ely pourrait être ou bien la continuité d’un système de gouvernance démocratique entamée par le CMJD ou bien le retour au culte de la personnalité. Et ce serait dommage et signifierait que le processus électoral aura accouché d’un avorton et de surcroît déçu les espérances des millions de citoyens mauritaniens.
On se rappelle que tous les leviers de commande politique et le dispositif de sécurité étaient concentrés entre les mains de Taya et du clan des « vieux barrons sans tonsures » du PRDS. Ainsi donc, avec l’arrivée de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, ont opéré un come back spectaculaire ces messieurs là qui ont fini par faire l’état comme étant leur propriété privée.
Le pouvoir est une tentation, dit on. Qu’en sera-t-il de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah ? Respectera-t-il ses engagements pris devant le peuple durant la campagne électorale et réitérés dans son discours du 26 mars à l’hôtel Khaima ? Observera-t-il et fera-t-il observer la loi de manière juste et équitable sans discrimination de couleurs ?…
Autant d’interrogations substantielles qui peuvent tarauder tellement le risque de voir le pouvoir devenir une propriété clanique est grand. Et si on n’y prend pas garde, l’héritage de la transition du 3 Août 2005 risquera de voler en éclats. En attendant que le changement ait lieu, sera-t-il une malédiction ou une bénédiction pour le peuple mauritanien ?

Babacar Baye NDiaye

( 7 octobre, 2007 )

Le Sénateur de M’Bout rallie le Parti de Ould Maouloud

C’était hier, au siège de l’UFP à Tevragh Zeina que le nouveau sénateur de M’Bout, Monsieur Youssouf Sylla a tenu une conférence de ralliement à laquelle fut conviée la presse nationale et internationale. Le sénateur Youssouf Sylla désormais membre de l’UPP qui était accompagné de responsables de l’UFP dont Monsieur Mohamed Ould Maouloud, candidat à la présidentielle du 11 mars 2007, a annoncé son adhésion à l’UFP.
Youssouf Sylla a entamé sa déclaration d’adhésion en remerciant d’abord l’assistance plus particulièrement la presse nationale pour annoncer son adhésion à l’UFP. Selon ses propres termes, c’est un choix qu’il a fait dans l’intérêt de la Mauritanie et pour soutenir le candidat Mohamed Ould Maouloud qui, à ses yeux, représente la clé du changement pour notre pays. Il a par ailleurs souligné qu’il a choisi librement d’adhérer à l’UFP parce qu’il pense que c’est son devoir de choisir ce qu’il estime être bien pour son pays et que c’est dans ce cadre là qu’il faut placer son ralliement.
Le sénateur a tenu à rappeler aussi que la question de son appartenance à la coalition des « indépendants » est tranchée, qu’il n’est plus un indépendant mais qu’il appartenait désormais à l’UFP, qu’il n’a jamais pris de contact avec qui que ce soit pour lui dire qu’il faut rester « indépendant ». « J’ai choisi d’aller dans un parti, j’y vais » lance-t-il avant d’ajouter selon sa propre expression qu’il est à corps et à âme à l’UFP. Au sujet des raisons de son ralliement à ce parti, Mr Sylla a laissé entendre que c’est une conviction personnelle puisque si tel n’était pas le cas, il pouvait se rallier à d’autres partis qui ont « beaucoup d’argent, beaucoup de moyens et beaucoup d’influences ». Il a noté que sa décision a été facilitée par l’approbation des populations de M’Bout qui ont adhéré à sa démarche.
Enfin, le candidat Mohamed Ould Maouloud, prenant la parole a remercié le sénateur Sylla pour son adhésion à l’UFP et salué sa décision qui dit-il, est une décision courageuse et qu’il espère que beaucoup d’autres élus emprunteront la même voie. Il a terminé en remarquant que l’UFP en sort renforcé. Mohamed Ould Maouloud a souligné que l’influence du Sénateur sera d’un grand apport car c’est une personnalité très connue et qui a une influence au-delà de M’Bout où il a prouvé son poids. Cet atout permettra à l’UFP d’être la force dominante à M’Bout.

Babacar Baye N’Diaye

( 7 octobre, 2007 )

Ibrahima Moctar Sarr:« Personne ne peut imposer à lui seul ses idées dans ce pays »

Pour aboutir à un consensus national, il faut qu’il y ait dialogue. C’est la conviction de Ibrahima Moctar Sarr, leader de la formation politique Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) qui a tenu sa première conférence de presse trois semaines après son congrès extraordinaire des 18 et 19 août dernier. A part quelques anecdotes racontées avec beaucoup d’humour et des propos moralisateurs tenus à l’endroit des journalistes rien de nouveau sous le soleil. Même discours et même tempérament sur les questions nationales. Que d’opinions déjà entendues !

Au cours de toute la conférence de presse qui a duré presque un quart d’heure, Ibrahima Moctar Sarr s’est appesanti essentiellement sur la nécessité de régler le problème de la cohabitation entre les différentes composantes nationales, de faire le point sur ce qui s’est passé, de panser cette plaie béante ouverte par le régime du Président Ould Taya, de mener une véritable investigation pour situer les responsabilités.
«Il y a des crimes qui ont été commis dans ce pays, dit-il. L’Etat ne peut pas s’arroger le droit de les amnistier facilement. Ce sont les victimes et les ayant droits qui peuvent pardonner.
Dès que les faits seront cernés, les dommages réparés, il sera très facile que les ayant droits et les victimes accordent leur pardon pour que la Mauritanie reparte sur de bons pieds ».
Et selon Ibrahima Moctar Sarr, il ne peut y avoir de cohabitation harmonieuse sans que les questions essentielles -problème de l’esclavage et celui du passif humanitaire entre autres- ne soient résolues et sans que l’Etat ne prenne pas les dispositions pour réparer les torts.
«On ne peut pas parler à quelqu’un qui a des blessures ouvertes qui ne sont pas encore fermées, à quelqu’un qui a été déporté hors de chez lui, à quelqu’un qui ne sait pas comment ses proches ont été tués, à quelqu’un qui a les chaînes aux pieds en tant qu’esclave» affirme-t-il sur un ton visiblement ferme et pantelant. «Si la justice nationale ne fait pas son travail, la justice internationale le fera» avertit-il. «Chaque problème doit être réglé correctement. Mais les problèmes doivent être pris en compte par l’Etat avec la solidarité nationale» a-t-il préconisé.
Sur toutes les questions essentielles qui concernent le pays, l’AJD/MR, en corrélation avec tous les autres partis politiques qui partagent ses points de vue, est prêt à aider le gouvernement dans ce qu’il y a d’essentiel et d’important à réaliser dans la mesure où le gouvernement veut aller de l’avant. «Mais, a-t-il précisé, nous ne manquerons pas de mettre l’accent sur les insuffisances, de nous opposer à toute action qui va dans le sens contraire des intérêts de la Mauritanie ».
En outre, l’AJD/MR a estimé d’abord, pour qu’il y ait consensus national ou discussion consensuelle, il faudrait qu’on règle certains préalables à savoir : définir l’identité de la Mauritanie, déterminer comment on doit faire le partage du pouvoir politique entre les différentes composantes nationales, définir comment on peut redistribuer les richesses nationales du pays. Et pour Ibrahima Moctar Sarr, les réparations doivent d’abord être prioritaires car elles conditionnent tout le reste du processus de réconciliation nationale.
. «Une fois qu’elles sont faites, nous pouvons maintenant engager un débat autour des éléments consensuels qui peuvent permettre une meilleure cohabitation » a-t-il laissé entendre. Reste à savoir comment ces «chantiers» seront accueillis par le gouvernement.
«Ce qui fait notre problème, confie-t-il, c’est que nous avons toujours cherché nos différences. Nous avons toujours mis l’accent sur ce qui nous différencie. Nous n’avons jamais cherché à savoir ce qui nous unit.»
Et pour montrer qu’on peut aboutir à un consensus national, l’AJD d’alors avait mis en chantier à la veille de l’élection présidentielle de février 2007 le Mouvement National pour la Réconciliation qui avait comme leitmotiv de créer une osmose au sein de la société mauritanienne et de permettre surtout aux mauritaniens de se réconcilier entre eux-mêmes.
Cette première rencontre qualifiée d’historique par un Ibrahima Moctar Sarr décontracté n’était pas fortuite peut-on dire sans se gourer. C’était pour dans un premier temps s’adapter «au changement de contexte» politique qui se singularise maintenant par «une évolution notable dans le pays». C’était aussi l’opportunité pour l’AJD/MR de marquer la «rupture avec une orientation politique et une façon de faire la politique ». Car, «nous venons d’un régime d’exception, a-t-il rappelé, un régime qui avait pratiquement monopolisé tous les pouvoirs, un régime qui avait dénié au peuple mauritanien le droit de s’exprimer».
C’était aussi l’occasion pour lui d’encourager la presse dans l’assainissement des mœurs politiques et le respect des droits de l’homme.«Je lui suggère encore d’assainir la profession pour que le journaliste comprenne qu’il ne lui ait pas donné d’écrire ce qu’il veut. Il y a une manière de faire du journalisme. On peut faire le journalisme sans passion. On peut faire aussi un journalisme engagé dans le sens des intérêts de la Mauritanie »
Et aux journalistes qui font du panégyrique, du bidonnage ou autres choses, il sermonne. «Il est permis de donner son point de vue mais il faut toujours éviter que ce point de vue aille dans le sens contraire des intérêts de la Mauritanie».
Diantre ! Quand est-ce que nos hommes politiques arrêteront-ils de nous sermonner ?

Babacar Baye Ndiaye

( 7 octobre, 2007 )

La tuberculose

Nos populations sont de plus en plus victimes de la maladie tuberculeuse et de ses complications. Une maladie grave et qui peut toucher les poumons ou toutes les autres parties du corps mais aussi une maladie qui peut se guérir.

« En Mauritanie, 6000 nouveaux cas environ sont attendus chaque année et moins de 4000 sont dépistés annuellement par les services de santé ». le constat du programme national de lutte contre la tuberculose est d’autant plus alarmante que d’ores et déjà dans le monde 3 millions des décès sont dus à la tuberculose. Entre 8 et 9 millions de personnes y souffrent de la maladie. En Mauritanie à en croire les études hospitalières cette situation traduit que plusieurs sujets sont atteints par cette maladie sans pouvoir bénéficier des soins gratuits de prise en charge des cas de tuberculose par manque d’information ou par ignorance. Parce que la maladie tuberculeuse n’a plus aucun secret pour la médecine et qu’un suivi médical respecté peut guérir définitivement le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales milite pour une prise de conscience des populations. « Les pouvoirs publics ont mis en place au niveau de chaque centre de santé les moyens nécessaires pour le dépistage et le traitement de tous les cas suspects ou atteints de la maladie tuberculeuse : des laboratoires pour le dépistage, de médicaments gratuits pour le traitement et des personnels formés sur les stratégies nationales et internationales de prise en charge des cas », précise Sadna Ould Baheida Ministre de la Santé et des Affaires Sociales. La mortalité élevée tient au retentissement de la maladie sur plusieurs organes. Parmi lesquels : les poumons, les os, les ganglions, les reins, le cerveau, le cœur, etc. Un problème d’autant plus crucial que la bacille de la tuberculose se propage dans l’air lorsqu’une personne atteinte de tuberculose pulmonaire tous ou éternues. Une autre personne peut alors inhaler la bactérie qui se fixe dans ses poumons. La transmission peut alors se faire par voie sanguine vers les autres appareils de l’organisme. Les études faites sur la tuberculose sont préoccupantes. Elles soulignent une grande méconnaissance de la maladie tuberculeuse et de ses conséquences…90% des Mauritaniens ne se sentent pas menacés par cette maladie, plus une personne sur trois pense qu’elle ne concerne que des populations à risque, et un sur quatre pense qu’il y a de moins en moins de contamination ! En aucun cas, nous ne pouvons affirmer que l’épidémie est contenue. Selon les données les plus récentes, chaque année, on enregistre plus de 6000 nouveaux cas et moins de 4000 seulement sont dépistés annuellement par les services de santé. De plus en plus on assiste à un relâchement très inquiétant que la prévention et une expansion de la maladie au sein de toute la population. Non seulement les Mauritaniens pensent ne pas être menacés par la tuberculose mais presque un sur trois croit à tort qu’il n’est pas une personne à risque ! Avec le soutien du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales, de l’Organisation Mondiale de la Santé, du PNUD et du Global Fund, le Programme National de Lutte contre la Tuberculose a souhaité établir une meilleure prise en charge de la maladie en Mauritanie et se donner les moyens de la guérir. Oui ! La tuberculose est une maladie qui se guérit. Les antibiotiques antituberculeux utilisés ont permis à des milliers de personnes atteintes de tuberculose de guérir définitivement. A cette occasion, un manuel de sensibilisation a été élaboré et diffusé au niveau de toutes les composantes de nos populations.

Babacar Baye N’Diaye
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

Bourrage de crâne

Comment sortir aujourd’hui du gouffre, des ténèbres, de l’inconnu…la culture mauritanienne ? C’est la seule question. Plutôt hâbleurs que créatifs nos hommes politiques ont-ils favorisé l’émergence d’un mauritanien de loustic nouveau ? A cette immense interrogation nos hommes politiques ne prétendront pas fournir une réponse. Mais ils la poseront autrement. Lutte contre la pauvreté, lutte contre la mauvaise gestion économique, protection des ressources naturelles, promotion de la démocratie, des droits de l’homme, des libertés fondamentales…Tous les jours, à la télévision, à la radio, dans les journaux, on nous serine souvent à longueur de journée ces genres de priorité au demeurant biturant. En Mauritanie, parler de lutte contre l’ignorance peut paraître surprenant à bien des égards. La lutte contre l’ignorance en évidence n’est pas une orientation pour les autorités politiques. Oui on me dira qu’il y a le ministère de l’analphabétisme. Oui on me dira qu’il y a aussi le ministère de la culture et patati et patata. Mais existe-t-il vraiment des efforts allant dans ce sens ? A-t-on mis en place des programmes de lutte contre l’ignorance ? 11mars pilule déjà à l’horizon. En ligne de mire, les élections présidentielles. Des candidatures tous azimuts. Des alliances électorales à n’en pas douter. Objectivement aujourd’hui quel est cet homme politique parmi les candidats qui peut se targuer d’avoir inscrit dans son programme le développement du savoir et de la culture en Mauritanie ? Mieux. Quel est ce régime qui s’est véritablement investi dans la promotion du binôme savoir culture quel est ce ministre de la culture des indépendances a nos jours qui peut dire voila ce que j’ai accompli dans le domaine culturel ? Quel est ce régime qui a pu construire des bibliothèques des centres de documentation des maisons de lecture publique, (même si elles ont existe elles n’ont pas survécu) ; des centres culturels, des lycées modernes, des structures de formation adéquates, d’autres pôles universitaires…partout dans le pays ? Nous ne parlons même pas de structure de promotion culturelle. Heureusement qu’il y a le centre culturel français Antoine Saint- Exupéry de Nouakchott et d’autres centres culturels arabes (Marocain et Egyptien). Que serait la situation si ces derniers n’existaient pas ?
Certes, la Mauritanie est un pays sous développé avec ses réalités socio- économiques exaspérante, avec ces populations à bas revenu. Certes, ce que les autres n’ont pas bâti en un siècle voire plus, nous Mauritaniens on ne le fera pas en deux lurettes. On sait tout ça. Mais on sait aussi que ce laïus a fait son temps et qu’il ne se justifie plus à lui seul. Aujourd’hui les autorités des régimes anciens ou actuels doivent malheureusement se sentir responsables de leurs coulpes notamment dans le domaine des choix d’intégration. On l’a dit et répété : les nations émergeantes ont puisé leur propre parangon de réussite dans leur histoire et leur tradition tout en épousant le pas de la mondialisation.
La culture mauritanienne est-elle moribonde ?
Cette question a souvent lanciné mon esprit. L’édition est essentielle dans la diffusion du savoir. Comment donc comprendre que la Mauritanie n’ait pas encore une structure d’édition. La situation dans ce domaine comme dans bien d’autres domaines de la culture est patente et fâcheuse. Depuis plus de 50 ans, les régimes militaires ou civils qui se sont succédés n’ont rien fait dans la promotion du savoir pénalisant ainsi des générations entières. Les exemples ne manquent pas.
Jusque là, nos autorités n’ont pas investi dans le savoir ni se sont investies dans la promotion de nos produits culturels. L’administration en s’écartant de cette voie a ouvert la porte à l’ignorance et à la méconnaissance. Et aujourd’hui, peu de Mauritaniens lisent ou non pas accès à la lecture ou à l’information alors qu’on parle de NTICs, d’ouverture à tout va. Les librairies qui participent à la promotion du savoir, on peut les compter du bout des doigts. En matière de production littéraire, on a envie de glatir. Evidemment, il y a des auteurs qui essaient tant bien que mal de presser le pas. Mais, Allah que de chemin encore à parcourir. On a l’impression que la production est en régression. Heureusement là aussi qu’il y a M’Barreck Ould Beyrouk (Et le ciel a oublié de pleuvoir), Mohamed Baby ( Bilal), Elimane Ould Mohamed Baba (De mémoire de Nouakchottois), Mohamed Ould Hattatt (Meurtre au cabanon 3) etc…
Mais, faudrait-il que l’Etat s’y mette pour qu’on ait plus à revenir sur ce qu’on a écrit…

Babacar Baye N’Diaye
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

Journée Mondiale des Enseignants

Une manifestation célébrée dans la sobriété

Le Syndicat National de l’Enseignement Secondaire (SNES) a célébré dans la sobriété vendredi dernier la «Journée Mondiale des Enseignants» sous le thème «des enseignants et des enseignantes de qualité pour une éducation de qualité». Non seulement, il n y a pas eu de manifestation officielle pour célébrer cette journée dédiée aux enseignants du monde entier mais celle-ci est passée inaperçue dans notre pays. Le Ministère de l’Education Nationale a brillé par son absence. Méconnaissance ou omission involontaire ? Ou alors a-t-il estimé inopportun de célébrer cette journée ?

Le Président de l’Internationale de l’Education (I.E.), Thulas Nxesi, a estimé dans son discours lu par le Secrétaire Général du SNES, Idoumou Ould Boudide à l’occasion de cette Journée Mondiale des Enseignants que «des ressources humaines et financières supplémentaires devront être investies si l’on veut parvenir à une éducation publique gratuite et de qualité d’ici 2015».
Le Président de l’I.E. a profité de cette journée pour tirer la sonnette d’alarme car la situation en matière d’éducation surtout des enfants est assez critique. «Plus de 70 millions d’enfants sont encore privés de leur droit fondamental à l’éducation » a-t-il indiqué et selon lui, «au-delà de l’objectif de permettre à tous les enfants d’aller à l’école, nous devons aussi faire diminuer la taille des classes de 80 enfants ou plus à un niveau acceptable de 40 enfants ». Il a également attiré l’attention sur la situation de l’éducation qui prévaut actuellement en Afrique où «les systèmes d’éducation publique font face à de multiples défis».
La célébration de la «Journée Mondiale des Enseignants» de l’année 2007 organisée sous le patronage de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) intervient en Mauritanie dans une circonstance assez caractéristique marquée par certaines décisions esquissées par le Ministère de l’Education Nationale visant à muter la trombine du système d’enseignement mauritanien miné par des années de statisme : test du 23 et 24 juillet dernier destiné à évaluer le niveau d’enseignement en Mauritanie, transparence dans les candidatures pour le recrutement des DREN et des IDEN et enfin les critères précis dans l’élaboration des choix des postes d’affectation.
Les syndicats se sont confrontés à une absence de dialogue avec leur Ministère de tutelle qui a pris à certaines occasions des décisions unilatérales. A titre d’exemples, nous pouvons citer les critères de choix des DREN et des affectations. Néanmoins, les syndicats ont salué l’esprit d’ouverture de l’actuelle Ministre de l’Education Nationale madame Nebghouha Mint Mohamed Vall.
Le thème de la journée mondiale des enseignants et enseignantes de cette année a mis l’accent sur le lien entre les conditions de travail des enseignants et les conditions d’apprentissage des enfants.
«Dans de nombreux pays, les enseignants reçoivent à peine un an de formation initiale voire moins. Pire encore, dans des pays comme le Niger, la plupart des enseignants et enseignantes du primaire ne reçoivent qu’une formation de quelques semaines et sont ensuite considérés comme des enseignants diplômés» fait remarquer Thulas Nxesi qui considère cette situation complètement inacceptable et d’ajouter «sans formation adéquate, il est tout simplement impossible de délivrer le programme d’enseignement de haute qualité que nous voulons donner et auquel tous les élèves ont droit». En outre, le Président de l’I.E. a exigé des gouvernements qu’ils appliquent les recommandations de l’UNESCO/OIT relative à la condition du personnel enseignant et procèdent aux investissements publics nécessaires pour que les enseignants puissent faire leur travail de manière correcte et professionnelle.
Certes, la Mauritanie souffre d’une pénurie d’enseignants qui est défi entre autres auquel fait face notre système d’éducation publique qui doit permettre en effet que tous les enfants aillent à l’école pour que l’objectif du millénaire pour le développement sur l’éducation soit réalisé. Mais, la réalisation de cet objectif passe incontournablement par un environnement de travail décent, des salaires permettant de vivre dans de bonnes conditions, un traitement égal et équité des droits pour les femmes, un développement professionnel initial et continu, une implication dans l’élaboration des politiques et une négociation collective pour défendre et renforcer les droits des enseignants.
En marge de cette journée mondiale des enseignants, le SNES a tenu à l’endroit de ses membres un exposé informatique sur les dernières décisions prises par le Ministère de l’Education Nationale ainsi que sur le contenu des négociations avec le Ministère de tutelle.

Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

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