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( 8 octobre, 2007 )

Enseignants des écoles privées formés par l’ANAPEJ:Plus de trois mois d’arriérés de salaires

Depuis 8 heures, ces enseignants des écoles privées formés par l’ANAPEJ attendent que le Directeur Général de la dite agence les reçoit pour les fixer sur leur sort. En effet, voilà plus de trois mois qu’ils courent derrière leurs salaires. Mais à chaque fois, c’est la même chanson qui leur est servie : il faut patienter. Mais jusqu’à quand semblent-ils se demander.

«Nous avons négocié. Nous avons tout fait pour obtenir nos droits. Mais en vain !». Ces propos de désespoir sont de Thiam Abderrahmane, délégué des enseignants des écoles privées formés par l’ANAPEJ. «Certains d’entre nous sont restés plus de trois mois sans toucher leurs salaires d’autres six mois » nous rencarde-t-il. Peut-on penser que la Mauritanie est un pays où on ne respecte pas les droits les plus élémentaires des travailleurs ?

En effet, depuis le mois de juillet dernier, tous les jours, ces enseignants sont là, assis sous les arbres en cette période de Ramadan. Pourtant, ils sont allés voir leur ministère de tutelle qui les a promis de tout faire pour les rétablir dans leurs droits pour lesquels ils sont en train de réclamer depuis plusieurs mois.

«Nous avons vu la Ministre de l’Education Nationale, le Secrétaire Général dudit ministère. Nous avons soulevé tous ces problèmes qui sont actuellement en instance. Ils nous ont promis d’apporter et de trouver des solutions à nos problèmes. ».

Même son de cloche au niveau de l’inspection de travail de Nouakchott qui n’a rien fait pour eux. «C’est nous qui nous plaignions à aller à chaque fois qu’il y a des cas avérés, nous nous déplaçons à l’inspection du travail mais en réalité, ils n’ont rien fait en notre faveur.

D’ailleurs, ils ne peuvent rien faire contre les écoles privées. C’est un lobby» affirme Thiam Abderrahmane apparemment dépité par la situation.

Pendant ce temps-là, leur dossier traîne toujours au niveau de l’ANAPEJ qui refuse de les rencontrer ou renvoie toujours leur rencontre avec ces enseignants aux calendes grecques. Ces jeunes enseignants sont liés avec les écoles privées par des contrats de travail signés par l’ANAPEJ dans le cadre de sa lutte contre le chômage en Mauritanie.

Mais selon les termes de Thiam Abderrahmane, les services de l’ANAPEJ n’ont pas respecté les clauses du contrat qui les lient avec eux. Ce contrat qui est un contrat à durée indéterminé a été mal ficelé, une sorte de contrat maison selon lui. «Nous ne sommes plus disposés à travailler avec eux dans ces conditions(l’ANAPEJ, note de la rédaction).

Nos intérêts sont occultés. Nous avons demandé la révision du contrat c’est à dire revenir à la case de départ. C’est mieux que de travailler dans ces conditions » dit Thiam Abderrahmane sur un ton menaçant. En vain, ils sont entrés en contact avec l’ANAPEJ. «Nous le faisons chaque jour.

C’est pourquoi, les gens sont mobilisés. Depuis quelques mois, tous les jours, nous venons ici. On nous avance des raisons budgétaires et financières à chaque fois. Le plus important pour nous c’est le contrat signé avec les écoles privées. Il s’est trouvé que ce contrat occulte les intérêts des enseignants.

Par conséquent, nous ne trouvons pas un terrain d’entente qui puisse faire que les enseignants et les directeurs d’école puissent travailler sereinement ».

Ainsi, si la situation empire, ces enseignants préféreraient rompre avec les écoles privées que de continuer à travailler dans ces conditions de travail où ils passent le plus clair de leur temps à réclamer leurs droits devant des responsables qui ne veulent rien entendre de leurs détresses et de leurs supplications.

 Avec un salaire mensuel de 42.000 UM, ces centaines de jeunes réclament des conditions de travail décent à défaut de leur non-intégration dans la fonction publique. «Les enseignants sont mis dans de telles conditions de travail. On peut dire que ce sont des conditions extrêmement difficiles parce qu’on les fait travailler sans salaire. Ils ne sont payés à temps et sont souvent harcelés. »

Ces enseignants font aussi face aux directeurs d’écoles privées qui se disent ne pas être en mesure de pouvoir les payer parce qu’ils n’ont pas assez de moyens financiers pour couvrir leurs salaires. Car, en effet, la moitié des salaires de ces enseignants est prise en charge par l’ANAPEJ et l’autre moitié par les écoles privées.

 

Babacar Baye Ndiaye

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