• Accueil
  • > Archives pour le Dimanche 14 octobre 2007
( 14 octobre, 2007 )

Sinistrés des Inondations de Tintane: La mobilisation continue…pour assister les populations

Biens endommagés, pertes en vies humaines, populations déplacées, dégâts extrêmement considérables…les dernières submersions sur Tintane ont plongé cette Moughataa du Hodh El Gharbi de 60.000 âmes dans une situation catastrophique Cependant, la mobilisation continue…pour assister dignement les populations victimes de ces inondations de la semaine dernière. Le Président de la République et son gouvernement semblent tenir bon. Mais jusqu’à quand ?

 ———–Par Babacar Baye Ndiaye

Dés les premières heures qui suivirent la catastrophe, l’Etat a affiché ses desseins et principalement son engagement à résoudre ce problème  survenu de façon imprévisible et cursive. C’est ainsi donc, que ce vendredi 10 août, le ministre de la Culture et de la Communication a tenu un point de presse pour informer l’opinion publique des mesures entreprises par l’Etat mauritanien pour assister convenablement les populations de la Moughataa de Tintane rudement affectées par ces terribles inondations.
Ainsi, le commissariat chargé de la protection sociale et de la sécurité alimentaire, le ministère de l’économie et des finances, le ministère de l’hydraulique, de l’énergie et des technologies de l’information et de la communication, la SNDE, le ministère des transports, le ministère de la santé, l’armée, la police et enfin le ministère de l’équipement, de l’urbanisme et de l’habitat ont été mis à contribution afin que des mesures nécessaires soient prises pour secourir les populations sinistrées. Au cours de ce point de presse, le ministre a annoncé qu’une enveloppe de 30 millions d’ouguiyas a été remise au wali de la wilaya. En outre, d’importants produits alimentaires et des lots de matériels divers ont été acheminés sur Tintane. 
De même des  dispositions sanitaires ont été prises en vue de prévenir des risques épidémiologiques dans cette Moughataa. Dans le même ordre d’idées, le ministère de l’économie et des finances, Abderrahmane Ould Hama Vezzaz a lui aussi tenu le lendemain(11août) une réunion d’information avec le corps diplomatique accrédité à Nouakchott sur la situation qui prévaut actuellement à Tintane. Les aspects relatifs à la sécurité des populations, fait remarquer le ministre de l’économie et des finances, n’ont pas été négligés par le gouvernement qui a eu à débloquer, dans le cadre de ces submersions, plus d’un milliard d’ouguiyas entièrement endossées par le budget de l’Etat.
Ces dispositions prises par l’Etat, comme l’a rappelé un diplomate présent au cours de la réunion d’information, ont constitué un «baume » pour ces populations. Dans ce même registre, une cellule de crise pilotée par le Premier ministre a été mise en place pour suivre de prés l’évolution de la situation et prendre éventuellement les dispositions qui s’imposeraient.
Quant au Président de la République, il s’est rendu personnellement dans la Moughataa pour s’enquérir de la situation. En compagnie de ses principaux collaborateurs, des ministres concernés et de leurs experts, il a entrepris des contacts et notamment discuté avec les populations de leurs préoccupations pour pouvoir connaître leurs besoins. A l’issue de sa visite, le Président a demandé qu’on fasse un recensement des populations sinistrées. Il a donné des instructions pour sauver ce qui reste encore sous la menace parmi les habitants et les biens mais surtout d’assurer l’approvisionnement permanent de la Moughataa en produits de premières nécessités.
Au sujet des mesures d’urgence en ligne de mire, il sera aménagé des canalisations permettant d’évacuer les eaux de pluie de manière à assurer la pérennité de la vie dans la Moughataa. Et parallèlement, cinq camps, pour servir d’accueil et d’hébergement aux populations sinistrées, ont été érigés en vue de les mettre à l’abri, provisoirement. Actuellement, il est très difficile de faire une évaluation précise des dommages occasionnés par les inondations.
Une équipe d’experts a été dépêchée sur les lieux pour évaluer les pertes. Mais, selon des informations, le coût des dégâts serait «exorbitant ». On avance plusieurs milliards d’ouguiyas. Outre les pertes en biens, les inondations ont provoqué le déplacement de 2000 à 2500 personnes. Et deux personnes, dont l’identification n’a  pas été révélée par les autorités, ont péri dans cette catastrophe naturelle.
Le réseau d’adduction en eau potable et le réseau électrique ont été complètement endommagés. Mais, rassure le ministre de l’économie et des finances au cours de la réunion d’information qu’il a eu avec le corps diplomatique, tous les moyens seront mis en oeuvre pour rétablir dans les meilleurs délais les services publics, l’eau et l’électricité.
Dans le cadre de l’appui international, une équipe technique du système des nations unies en Mauritanie sera envoyée sur place. Et pour ce qui est de la solidarité nationale, il y a eu des initiatives de quelques parlementaires, de la société civile et des partis politiques de l’opposition. La vitesse de réaction des autorités a été beaucoup saluée par la représentation diplomatique qui a été très sensible au drame que vivent actuellement les populations de Tintane. Le premier pays à s’être manifesté est la Libye qui a envoyé deux cargos chargés de médicaments, de vivres et divers matériels. 
Le ministre de l’économie et des finances a annoncé un plan de relogement des populations sinistrées de Tintane. La mise en œuvre d’un tel programme exige beaucoup de moyens financiers. La Mauritanie, à cet égard, compte sur ses partenaires au développement, sur la contribution des pays frères et amis, sur la solidarité et la bonne volonté de tous les mauritaniens.
Pour cela, des spécialistes seront envoyés sur place  pour évaluer le coût du relogement. Il s’agira de sortir des terres de Tintane, une nouvelle ville dotée de toutes les infrastructures communautaires (écoles, routes, réseaux électriques…). Ce projet, selon le ministre de l’économie et des finances, coûtera beaucoup de milliards. Reste à savoir si les fonds vont être  trouvés et à temps ? Ce plan de relogement fera l’objet d’une approche de développement intégré et permettra par la même occasion d’améliorer la qualité de l’habitat, de développer les activités économiques et surtout de créer de l’emploi.
Les jours à venir, les autorités vont mettre sur pied des mécanismes de gestion des catastrophes naturelles. En réalité, Tintane n’est que la partie visible de l’iceberg. Car, le gouvernement avait identifié 18 communes inondables dont la commune de Tintane pour que les risques d’inondations de grande envergure soient anticipés. C’est ainsi que le gouvernement a prévu un programme de longue durée pour soustraire les populations de ces localités des risques d’inondations. Et Tintane se remettra-t-elle de ces submersions ?

( 14 octobre, 2007 )

Les squats de Nouakchott: Des lopins de terre sans eau ni électricité

Depuis plus d’un quart de siècle, les conditions climatiques de la Mauritanie se sont considérablement dégradées entraînant ainsi une détérioration de la situation économique et sociale qui a touché toutes les franges de la société. Conséquence de la situation : presque, dans chaque quartier de Nouakchott, il y a des espaces, des bouts de terre sans eau ni électricité généralement appelées squats par ci, «Kebbas » ou «gazraas » par là.
Dans ces squats, les populations vivent dans des environnements insalubres. Les risques pour la santé auxquelles elles sont exposées proviennent du manque d’assainissement et d’eau potable, du surpeuplement et de la mauvaise aération des logements et des lieux. Les carences alimentaires réduisent la résistance des habitants aux maladies, ce qui est d’autant plus grave qu’ils vivent constamment au contact d’organismes pathogènes.
Hadami, maçon de son état, vit depuis dix ans dans l’un des squats de Nouakchott appelés communément «Kebbas » avec sa famille, sa femme et ses deux enfants, l’un âgés de cinq ans et l’autre de trois ans. Eux quatre, ils vivent dans une baraque avec un lit et deux matelas pour leurs progénitures, et un espace encore plus petit faisant office de garde robe.
Le toit de la baraque confectionnée de matériaux de fortune commence à se désintégrer et en cette période des pluies, il a dû tendre des bâches solides pour éviter que les eaux de pluie ne suintent à travers les perforations du toit. Son sort n’est pas cependant beaucoup plus enviable que celui des autres voisins assez nombreux qui ne peuvent pas tous passer la nuit dans leurs baraques et sont astreints souvent à dormir à la belle étoile en ne souhaitant guère qu’il ne pleuve.
Ceci met en évidence le fait que les sombres réalités de la vie dans ces «Kebbas » échappent aux politiques du gouvernement. En plus de toutes sortes de maladies, il y a toujours des risques d’incendie. D’autre part, la population de Nouakchott a explosé en l’espace de 45 ans. Les squats ou «gazraas » sont une des conséquences du manque de politique en matière de logement. Et pourtant, il est démontré que les politiques d’amélioration du logement en milieu urbain peuvent avoir d’immenses répercussions sur la réduction de la pauvreté et le bien être environnemental.
En outre, dans ces squats, l’eau est rare et chère pour les populations qui en achètent souvent en petites quantités à des vendeurs des rues, à des coûts unitaires considérables. A ces habitants des «gazraas », qu’est-ce qui a été fait pour eux par le Ministère de l’habitat ou du logement, des services publics ou de la Communauté Urbaine de Nouakchott ?
Le seul pis-aller utilisé jusqu’ici est la méthode répressive c’est-à-dire incinérer ces «taudis » de misère. Les squatters de la Gazraa, au nord du cimetière d’Arafat, qui ont occupé l’actualité le mois passé, en sont l’illustration parfaite, des hommes, des femmes et des enfants assistaient avec impuissance devant les forces de l’ordre à la destruction de leur «logement ».
Pour ces populations, pas de projets de développement ou des programmes de logement à loyer modéré. Et aucune incitation offerte par l’Etat. Bien que les autorités aient fait des efforts pour gérer la croissance de Nouakchott par le truchement de plans d’aménagement successifs, ces tentatives n’ont pas débouché à des résultats concrets.

Babacar Baye Ndiaye

( 14 octobre, 2007 )

Khadijetou Mint Ismail:Une découverte à la mesure de son talent!

Incontestable dans son domaine, elle l’est. Appréciée pour ce qu’elle fait, elle l’est aussi. Et depuis quelques années, Khadijetou Mint Ismail est devenue l’une des rares femmes mauritaniennes fière d’exposer ses tableaux d’art au Centre Culturel Français de Nouakchott.

Ce n’est pas une exagération ou un péché de le dire : entre elle et la peinture, c’est une véritable histoire d’amour et de passion.

« Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout, il faut toujours, ce qui est le plus difficile, voir ce que l’on voit » notait Péguy.

Son exposition qui dévoile beaucoup de choses de la vie, révèle aussi son univers intérieur et son attachement au rêve : rêve de nuits de folie, rêve de liberté, rêve de savoir, rêve de progrès, rêve de tendresse…

Pour le profane, difficile à comprendre. Mais, pour cette femme née en 1967, c’est pour rendre visible ses pensées, ses soucis qui l’accablent. Grâce donc à la peinture, elle s’extériorise.

Ses expositions offrent toujours quelque chose à regarder, à apprécier, à déguster et met en avant le désert et la société. Mais comment une enseignante comme elle qui n’a jamais fréquenté une école des Beaux Arts a pu entrer dans la peinture.

« J’ai toujours aimé la peinture depuis mon jeune âge. Quand je me mets à peindre, je me sens vraiment à l’aise » répond t-elle.

On a souvent tendance à nous faire croire que nos femmes sont dénuées d’imagination et de pifomètre dans les domaines de l’art. Loin s’en faut.

La peinture représente beaucoup pour elle et comme elle le dit, c’est une véritable « amie ». Un moyen d’expression qui lui permet intérieurement d’oublier les tracasseries de la vie.

Khadijetou Mint Ismail est une surréaliste quoique ce mot peut paraître surprenant. Une artiste peintre qui est viscéralement abstraite et baignant dans un univers de rêves et de découvertes. « Quand je suis esseulée, désœuvrée, ou que j’aie des soucis, dès que  je commence à peindre, j’oublie tout aussitôt. C’est une amie intime », lâche t-elle à travers un sourire qui en dit long.

Derrière un homme,  il y a une femme dit-on, mais aussi derrière une femme, il y a un homme. Tout dépend du cadre dans lequel où on se situe,  se trouve.
Grâce donc à son mari qui lui est d’un soutien professionnel très fort, elle a pu acquérir du matériel pour faire ses œuvres d’art, exprimer son être et se faire découvrir à la mesure de son talent.

Parce qu’elle est femme et mère, la majorité de ses peintures représentent les rêves que peut ou pourrait avoir n’importe quelle fille en âge d’aller à l’école.

Ni Picasso, encore moins Joseph Bernard ne l’ont influencé pour éveiller le talent qui roupillait en elle. D’ailleurs, ça ne lui dit rien ces noms-là : « je n’ai pas subi d’influence. C’est venu de manière naturelle. Au début, il faut dire que c’est plutôt grâce à ma fille qui faisait souvent des dessins parce qu’on lui avait acheté du matériel de peinture. Un jour, je me suis dit que je vais essayer de faire des tableaux, de reproduire des œuvres »  précise t-elle.

Ce coup d’essai allait devenir le début de l’aventure et depuis lors, Khadijetou Mint Ismail continue dans ce qui est devenu pour elle une véritable passion. En attendant de conquérir un jour les grandes expositions internationales, elle nous fait rêver des nuits illuminées. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 14 octobre, 2007 )

Projet de loi sur l’esclavage: Les anti esclavagistes se concertent pour une stratégie d’éradication

Les pratiques esclavagistes, malgré l’ordonnance n° 81.234 de novembre 1981 abolissant l’esclavage, la loi n° 2003-05 du 17 juillet 2003 portant répression de la traite des personnes et la loi n° 2005.015 portant code du travail, ne sont pas encore définitivement éradiquées.

Sur le plan politique, l’adoption de telles mesures constituent certes des avancées significatives mais elles restent inopérantes en raison du manque de mise en œuvre d’une tactique de communication appropriée.

Les efforts normatifs jusque là entrepris par les autorités ne semblent pas limiter le problème ni satisfaire les expectatives. C’est dans ce cadre, conformément aux engagements des pouvoirs publics, le législateur est appelé à renforcer les règles en vigueur relatives à l’esclavage en incriminant et en réprimant les pratiques qui lui sont associées.

Ainsi donc, par ce projet de loi portant incrimination et répression de l’esclavage, les autorités de la République «visent l’élimination de toutes les tares héritées du passé, la promotion d’une culture d’égalité, de tolérance et de citoyenneté et la mise en place de conditions favorisant le progrès et l’émancipation de tous les mauritaniens. »

Les organisations de défense des droits de l’Homme, SOS Esclaves, le FONADH et l’AMDH, ont organisé une journée de concertation pour une stratégie nationale d’éradication des pratiques esclavagistes en Mauritanie en rapport avec ce projet qui «vise à mieux combattre les pratiques esclavagistes en définissant le crime et délits d‘esclavage et les peines qui leur sont applicables. »

Ce projet de loi, selon l’exposé de motifs présenté par le Premier ministre, harmonise ainsi notre législation avec la convention de Genève de 1926 relative à l’esclavage à laquelle la Mauritanie a adhéré le 6 juin 1986.

« Même si l’égalité de tous les citoyens, sans discrimination aucune, lit-on toujours dans l’exposé de motifs, est un principe fondamental, constitutionnellement reconnu par tous les textes fondamentaux depuis notre indépendance, la persistance d’inégalités effective a, néanmoins continué à entretenir la discorde et les divisions. »

Aucun acte réglementaire n’a jamais été pris sur le plan de la mise en œuvre pratique pour faciliter l’application des dispositions de l’ordonnance n°81.234 de novembre 1981. Jusqu’à aujourd’hui, cette situation se caractérisait par un manque de définition de l’acte comme un crime et non comme une justification par l’Islam.

L’esclavage survit, avec des pratiques anciennes et nouvelles et des manifestations visibles ou invisibles. D’où, selon SOS Esclaves, la double exigence d’opportunité et d’urgence de lui trouver une solution juste et durable.

Sur le plan juridique, l’esclave est considéré comme une propriété, un bien meuble. Rappelons à cet égard que les moindres plaintes et démarches entreprises pour dénoncer les faits relatifs à cette pratique inhumaine n’ont pas réussi à provoquer la moindre sanction contre les fautifs.

SOS Esclaves regrette aussi que «les organes d’information, le plus souvent dénaturent les faits et peignent les militants anti- esclavagistes sous des jours sombres » et fait remarquer que «la plupart des agents chargés de la sécurité et de l’ordre ont eu des attitudes de complicité avec les auteurs de crimes d’esclavage, au moins de complaisance ».

La journée de concertation pour une stratégie d’éradication des pratiques esclavagistes en Mauritanie fut une occasion pour les participants de plaider pour une élimination définitive de cette pratique hideuse et de faire des amendements au projet de loi portant incrimination et répression de l’esclavage.

Mais, cependant, ils ont noté que «l’état continue de brandir, sans les traduire par des actes concrets, ses lois abolitionnistes et sa juridiction à deux vitesses. »

Babacar Baye NDiaye

( 14 octobre, 2007 )

L’argent du pétrole

Ce n’est pas un secret de polichinelle : le pétrole fait entrer beaucoup d’argent dans notre pays. Et tant mieux pour notre économie nationale. Mais là, n’est pas le véritable problème. Mais ailleurs.

En effet, depuis quelques années, la Mauritanie est devenue par la grâce du Ciel l’un des centres d’intérêt, l’une des destinations privilégiées de ces grandes firmes pétrolières internationales. Ainsi donc, des millions voire des milliards d’ouguiyas sont déversés dans les caisses de l’Etat par ces dernières dans le cadre de l’exploration et de la production pétrolière.

Mais tout cet argent, suffira-t-il pour éradiquer substantiellement la pauvreté d’autant plus que les trois quart de la population vivent en dessous du seuil de la pauvreté ? Les nouvelles autorités mettront-elles à profit ces richesses pétrolières pour développer la Mauritanie et la changer sur le plan social et politique ?

Pour ne pas commettre les mêmes bêtises et les mêmes erreurs que les régimes précédents, le régime actuel gagnerait en investissant l’argent du pétrole dans les politiques sectorielles et surtout en esquivant la déliquescence des biens par une bonne gestion économique et financière.

Cela dit, malgré ces richesses halieutiques, minières et pétrolières, notre pays demeure en sus un pays sous développé ; très loin du cercle restreint des pays émergents de la planète terre. C’est parce que jusque là, il n’y a jamais eu une sérieuse volonté pour que la Mauritanie s’en sorte convenablement.

Nous ne devons surtout pas omettre que le pétrole est une ressource épuisable. Une raison supplémentaire pour marcher sur le tapis du progrès social et collectif. L’argent du pétrole ne doit point servir à entretenir un certain clientélisme politique, ni à conforter des intérêts personnels, ni à remplir les valises diplomatiques et les comptes bancaires d’un ministre, d’un directeur, d’un P.M ou d’un P.R. encore moins d’une ethnie, d’un clan ou d’un lobby.

Mais à lutter efficacement contre la pauvreté, le chômage et le déficit structurel en matière d’éducation, de santé, d’infrastructures, d’assainissement, d’approvisionnement en eau et en électricité…des secteurs en perte de vitesse notoire.

Cet argent, ça devrait aussi servir à ceux qui luttent inlassablement pour la survie et leur devenir, à ceux qui réclament qu’on leur améliore leurs conditions de vie misérable, à ces centaines de milliers de mauritaniens qui vivent dans des bauges dans des situations indécentes, à ces mauritaniens désespérés qui se débattent contre la faim et la misère, à ces hommes et femmes de la Mauritanie abyssale…loin de tout, seuls avec Dieu !

Babacar Baye NDiaye

( 14 octobre, 2007 )

Journée mondiale des réfugiés : A quand la fin de calvaire des réfugiés mauritaniens ?

 «Recensement immédiat des déportés restés au Sénégal et au Mali », «Recouvrement de la citoyenneté des victimes de 89 », «Rétablissement des victimes dans leurs droits », «Retour organisé dans la dignité des déportés ».
Voilà en résumé les grandes préoccupations du Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH) qui a célébré ce mercredi 20 juin la journée mondiale des réfugiés. Contrairement aux années précédentes, la journée de cette année a été marquée par la présence de certains partis politiques et de certaines organisations syndicales.

A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, le FONADH a rappelé la situation insoutenable des réfugiés mauritaniens restés encore au Sénégal et au Mali. Rappelons que des dizaines de milliers de citoyens négro-mauriatniens ont été contraints de quitter
la Mauritanie. La question des réfugiés constitue un cas particulier. Et comme l’a rappelé le Secrétariat Exécutif du FONADH, il s’agit de personnes que des représentants de l’Etat mauritanien ont expulsées de leur propre territoire.
La plupart de ces réfugiés ont été victimes d’une politique de chauvinisme de l’Etat et d’exclusion. « Malheureusement, pendant que les victimes affrontaient avec peine les conditions de vie dramatiques, les autorités mauritaniennes de l’époque niaient avec arrogance cette réalité douloureuse », note le Secrétariat Exécutif du FONADH.

Cette question des déportés a toujours été esquivée comme une peste par le pouvoir du colonel Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya et celui du CMJD. «Les changements intervenus le 3 août 2005 avaient suscité beaucoup d’espoir, quant au règlement de cette douloureuse question. Malheureusement, les autorités de la transition, n’ont pas voulu aborder la question » regrette le Secrétariat exécutif du FONADH.
Notons que pendant les élections présidentielles, des engagements très précis par rapport à cette question ont été pris par les différents candidats. Et à ce titre, l’actuel Président de la République et son Premier ministre ont réitéré à plusieurs occasions leurs engagements à régler ce problème, ainsi que celui du passif humanitaire et de l’esclavage dans les meilleurs délais.
Soulignons enfin que la question des réfugiés mauritaniens est très liée à celle du passif humanitaire, à savoir la question des exécutions extrajudiciaires et celle des licenciements abusifs commis durant la même période.

Babacar Baye N’Diaye 
 

( 14 octobre, 2007 )

Journée mondiale de la Santé mentale

Le Représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS) en Mauritanie, à l’occasion de la «journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre dernier, Docteur Kéita Bah, a estimé que «les boule versements que provoque le déplacement d’un nombre important de personnes charrient les désordres mentaux ».

«La région africaine en général et la sous-région ouest africaine en particulier ont connu leur lot de conflit et de catastrophes qui ont provoqué des déplacements des populations entières et dont les séquelles sur la santé mentale restent encore de nos jours perceptibles » a-t-il indiqué.

Selon lui, «les soins de santé mentale doivent s’adapter aux défis des situations socioculturelles » et surtout principalement en tenant en considération «la diversité culturelle, raciale et ethnique des individus » et à en croire toujours le docteur Kéita Bah, l’Organisation Mondiale de la Santé, dans ses efforts pour amener tous les peuples du monde au niveau de santé le plus élevé possible, appuiera les systèmes de soins à répondre à ces nouveaux défis. Et d’après les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé, 50% des migrants présentent des troubles de santé mentale allant des désordres mentaux chroniques au traumatisme et à la dépression.

Récemment, une enquête du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé a relevé que ces maladies constituent un problème sérieux de santé publique puisqu’elles sont en effet responsables de 13% de la morbidité et qu’elles sont aussi à la base de 33% des invalidités. C’est dans ce contexte que l’Organisation Mondiale de la Santé a développé une stratégie mondiale et régionale pour promouvoir la santé mentale.

 «Cette stratégie, a souligné le représentant de l’OMS en Mauritanie, vise à aider les pays à élaborer et à mettre en œuvre des politiques, des plans d’actions et des mesures législatives en vue d’assurer des soins de santé mentale au niveau communautaire, notamment par le développement des ressources humaines. »

Et pour mieux connaître et contrôler ces maladies mentales en Mauritanie, l’OMS a appuyé la formation du personnel de santé dans la ville de Nouadhibou, mis à la disposition des structures concernées des médicaments de santé mentale destinés aux personnes les plus vulnérables ainsi qu’une mise sur pied d’une ligue pour la lutte contre l’épilepsie et la prise en charge des maladies épileptiques.

Babacar Baye NDiaye

|