• Accueil
  • > SOCIETE
  • > Les squats de Nouakchott: Des lopins de terre sans eau ni électricité
( 14 octobre, 2007 )

Les squats de Nouakchott: Des lopins de terre sans eau ni électricité

Depuis plus d’un quart de siècle, les conditions climatiques de la Mauritanie se sont considérablement dégradées entraînant ainsi une détérioration de la situation économique et sociale qui a touché toutes les franges de la société. Conséquence de la situation : presque, dans chaque quartier de Nouakchott, il y a des espaces, des bouts de terre sans eau ni électricité généralement appelées squats par ci, «Kebbas » ou «gazraas » par là.
Dans ces squats, les populations vivent dans des environnements insalubres. Les risques pour la santé auxquelles elles sont exposées proviennent du manque d’assainissement et d’eau potable, du surpeuplement et de la mauvaise aération des logements et des lieux. Les carences alimentaires réduisent la résistance des habitants aux maladies, ce qui est d’autant plus grave qu’ils vivent constamment au contact d’organismes pathogènes.
Hadami, maçon de son état, vit depuis dix ans dans l’un des squats de Nouakchott appelés communément «Kebbas » avec sa famille, sa femme et ses deux enfants, l’un âgés de cinq ans et l’autre de trois ans. Eux quatre, ils vivent dans une baraque avec un lit et deux matelas pour leurs progénitures, et un espace encore plus petit faisant office de garde robe.
Le toit de la baraque confectionnée de matériaux de fortune commence à se désintégrer et en cette période des pluies, il a dû tendre des bâches solides pour éviter que les eaux de pluie ne suintent à travers les perforations du toit. Son sort n’est pas cependant beaucoup plus enviable que celui des autres voisins assez nombreux qui ne peuvent pas tous passer la nuit dans leurs baraques et sont astreints souvent à dormir à la belle étoile en ne souhaitant guère qu’il ne pleuve.
Ceci met en évidence le fait que les sombres réalités de la vie dans ces «Kebbas » échappent aux politiques du gouvernement. En plus de toutes sortes de maladies, il y a toujours des risques d’incendie. D’autre part, la population de Nouakchott a explosé en l’espace de 45 ans. Les squats ou «gazraas » sont une des conséquences du manque de politique en matière de logement. Et pourtant, il est démontré que les politiques d’amélioration du logement en milieu urbain peuvent avoir d’immenses répercussions sur la réduction de la pauvreté et le bien être environnemental.
En outre, dans ces squats, l’eau est rare et chère pour les populations qui en achètent souvent en petites quantités à des vendeurs des rues, à des coûts unitaires considérables. A ces habitants des «gazraas », qu’est-ce qui a été fait pour eux par le Ministère de l’habitat ou du logement, des services publics ou de la Communauté Urbaine de Nouakchott ?
Le seul pis-aller utilisé jusqu’ici est la méthode répressive c’est-à-dire incinérer ces «taudis » de misère. Les squatters de la Gazraa, au nord du cimetière d’Arafat, qui ont occupé l’actualité le mois passé, en sont l’illustration parfaite, des hommes, des femmes et des enfants assistaient avec impuissance devant les forces de l’ordre à la destruction de leur «logement ».
Pour ces populations, pas de projets de développement ou des programmes de logement à loyer modéré. Et aucune incitation offerte par l’Etat. Bien que les autorités aient fait des efforts pour gérer la croissance de Nouakchott par le truchement de plans d’aménagement successifs, ces tentatives n’ont pas débouché à des résultats concrets.

Babacar Baye Ndiaye

Pas de commentaires à “ Les squats de Nouakchott: Des lopins de terre sans eau ni électricité ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|