( 23 octobre, 2007 )

Philippe Duchemin: 40 ans de jazz !

Philippe Duchemin a sorti  à son actif 5 compacts discs baptisés tous «Philippe Duchemin Trio» et a collaboré dans une quarantaine de productions avec d’autres musiciens jazzmen. De passage à Nouakchott, il a tenu un concert en hommage à Oscar Peterson au Centre Culturel Français.

—————–Par Babacar Baye Ndiaye 

Non, ce n’est pas un hasard si Philippe Duchemin a dû embrasser très tôt et vite la carrière de jazzmen. Déjà, à l’age de 9 ans, il avait commencé à jouer du piano classique. Puis à l’age de 15 ans, avec des professeurs de musique classique.

Ensuite, il dût, pour se perfectionner et s’améliorer, travailler son jazz tout seul avec des disques pour essayer de faire ce que ses aînés ont fait avant lui. Pour lui, tout a commencé aux états unis d’Amérique, berceau du jazz. «J’avais un oncle, se remémore-t-il encore, qui vivait au sud de la France.

Celui-ci était un pianiste amateur qui jouait dans un orchestre de jazz à Nouvelle Orléans…Lorsque j’ai entendu cette musique, je me suis dit que c’est cela que je vais faire dans ma vie. Et puis un jour, on m’a invité à jouer avec eux. Je n’avais que 14 ans.» Ce premier coup n’était point pour lui une consécration mais juste un moment d’essai.

Né en 1957 à Toulouse au Sud de la France, Philippe Duchemin  est toujours un célibataire, un choix délibéré qu’il assume parfaitement. «Je ne suis pas marié et je n’ai pas d’enfant », précise-t-il avant d’ajouter avec condescendance « je ne suis pas marié parce que j’aime les femmes. Le problème c’est qu’en musique, on est tout le temps en voyage. On ne peut pas se marier et avoir des enfants si on a choisi de voyager tout le temps. Ma femme c’est ma musique ».

Le jazz c’est d’abord pour lui une passion même si reconnaît-il, il y gagne beaucoup d’argent. Son maître à penser, Oscar Peterson. «C’est un grand artiste, dit-il. Je l’ai toujours écouté ». Mais au fond qui était ce monsieur-là. 

«C’est un pianiste né au Canada mais il a surtout travaillé aux états unis. Il est connu dans le monde entier. C’est un homme qui a une grande technique de piano. Il a crée un véritable style de piano que j’adore. C’est pour cela que j’essaie de jouer dans sa direction ».

Le moment qui l’a le plus marqué c’est lorsqu’il a joué avec des jazzmen américains. Il se rappelle encore comme si c’était hier de ces moments forts dans sa carrière de jazzman. «J’ai joué avec Kenny Clark, Lionel Humton entre autres et la rencontre avec ces américains étaient toujours un peu difficile c’est-à-dire que je n’avais pas beaucoup d’expérience.

Mais à chaque fois, cela m’a enrichi. J’ai beaucoup appris de ces gens-là». «J’avais le trac de jouer avec ces gens-là, avec des gens qui avaient beaucoup plus d’expérience que moi alors que moi je n’en avais pas beaucoup, avoue Philippe Duchemin. Maintenant, cela me fait moins d’effet. Je suis devenu plus expérimenté. Je n’ai plus de trac».

Aujourd’hui, par contre, ce sont les moments de déception et quand ça ne progresse pas qui le tracasse. «Parfois, j’ai l’impression de stagner, que je suis un peu vidé, reconnaît-il ». Inutile de savoir s’il va abandonner la musique. 

«Ah ! Non,  se précipite-t-il de répondre. Le jazz, c’est ma vie » et de poursuivre cette fois sur un autre ton « le jazz est une musique universelle. Certes, on constate souvent que ce sont les personnes âgées qui aiment ça parce que ce n’est pas à la mode. La mode c’est quoi. C’est un commerce. C’est ça que je regrette. Et la musique n’a rien à voir avec le commerce.

La musique de jazz c’est une belle musique. Je ne vois pas pourquoi il ne doit pas être à la mode. Je ne vois pas non plus pourquoi il devrait avoir une connotation désuète alors que cela devrait être quelque chose qui doit être présente».

Philippe Duchemin déplore principalement cette image de musique ringarde dont souffre aujourd’hui le jazz mais reste néanmoins optimiste. «J’ai toujours peur qu’il disparaisse parce que lorsqu’on ne produit plus à la radio, on n’est plus à la mode. Mais à côté de cela, je vois toujours des musiciens jeunes qui arrivent et jouent du jazz même s’ils ont entre 12 et 13 ans. Il y en aura toujours. On arrivera jamais à tuer cette musique».

Et pour lui, il faut aller chercher ailleurs les problèmes que rencontre actuellement le jazz surtout au niveau des médias qui ont participé en grande partie à l’agonie du jazz avec la complicité des grandes maisons de disc américaines. 

«Les médias ne sont intéressés que par l’argent dit-il. Ils sont payés par les majors des compagnies américaines qui leur disent d’aller dans telles directions. Tout ça, c’est une affaire de commerce. Il ne faut pas mélanger l’art et le commerce».

Son jazz s’inspire de la musique classique, de la musique brésilienne (la Casanova) et de la musique folklorique surtout slave. Parmi ceux qui l’ont influencé, on peut citer bien sûr Oscar Peterson, Fats Waller, Eroll Garner, Art Tatum… autant de noms dans l’univers du jazz.

Pour son premier concert à Nouakchott, il a laissé une bonne impression. Et lui-même que pense-t-il de la Mauritanie. «Ah ! J’étais surpris c’est-à-dire que ça ne ressemble pas au reste de l’Afrique que je connais bien. Les gens sont assez calmes et aimables. Je suis surpris de voir un autre côté de l’Afrique. »

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