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( 14 octobre, 2007 )

Khadijetou Mint Ismail:Une découverte à la mesure de son talent!

Incontestable dans son domaine, elle l’est. Appréciée pour ce qu’elle fait, elle l’est aussi. Et depuis quelques années, Khadijetou Mint Ismail est devenue l’une des rares femmes mauritaniennes fière d’exposer ses tableaux d’art au Centre Culturel Français de Nouakchott.

Ce n’est pas une exagération ou un péché de le dire : entre elle et la peinture, c’est une véritable histoire d’amour et de passion.

« Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout, il faut toujours, ce qui est le plus difficile, voir ce que l’on voit » notait Péguy.

Son exposition qui dévoile beaucoup de choses de la vie, révèle aussi son univers intérieur et son attachement au rêve : rêve de nuits de folie, rêve de liberté, rêve de savoir, rêve de progrès, rêve de tendresse…

Pour le profane, difficile à comprendre. Mais, pour cette femme née en 1967, c’est pour rendre visible ses pensées, ses soucis qui l’accablent. Grâce donc à la peinture, elle s’extériorise.

Ses expositions offrent toujours quelque chose à regarder, à apprécier, à déguster et met en avant le désert et la société. Mais comment une enseignante comme elle qui n’a jamais fréquenté une école des Beaux Arts a pu entrer dans la peinture.

« J’ai toujours aimé la peinture depuis mon jeune âge. Quand je me mets à peindre, je me sens vraiment à l’aise » répond t-elle.

On a souvent tendance à nous faire croire que nos femmes sont dénuées d’imagination et de pifomètre dans les domaines de l’art. Loin s’en faut.

La peinture représente beaucoup pour elle et comme elle le dit, c’est une véritable « amie ». Un moyen d’expression qui lui permet intérieurement d’oublier les tracasseries de la vie.

Khadijetou Mint Ismail est une surréaliste quoique ce mot peut paraître surprenant. Une artiste peintre qui est viscéralement abstraite et baignant dans un univers de rêves et de découvertes. « Quand je suis esseulée, désœuvrée, ou que j’aie des soucis, dès que  je commence à peindre, j’oublie tout aussitôt. C’est une amie intime », lâche t-elle à travers un sourire qui en dit long.

Derrière un homme,  il y a une femme dit-on, mais aussi derrière une femme, il y a un homme. Tout dépend du cadre dans lequel où on se situe,  se trouve.
Grâce donc à son mari qui lui est d’un soutien professionnel très fort, elle a pu acquérir du matériel pour faire ses œuvres d’art, exprimer son être et se faire découvrir à la mesure de son talent.

Parce qu’elle est femme et mère, la majorité de ses peintures représentent les rêves que peut ou pourrait avoir n’importe quelle fille en âge d’aller à l’école.

Ni Picasso, encore moins Joseph Bernard ne l’ont influencé pour éveiller le talent qui roupillait en elle. D’ailleurs, ça ne lui dit rien ces noms-là : « je n’ai pas subi d’influence. C’est venu de manière naturelle. Au début, il faut dire que c’est plutôt grâce à ma fille qui faisait souvent des dessins parce qu’on lui avait acheté du matériel de peinture. Un jour, je me suis dit que je vais essayer de faire des tableaux, de reproduire des œuvres »  précise t-elle.

Ce coup d’essai allait devenir le début de l’aventure et depuis lors, Khadijetou Mint Ismail continue dans ce qui est devenu pour elle une véritable passion. En attendant de conquérir un jour les grandes expositions internationales, elle nous fait rêver des nuits illuminées. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 14 octobre, 2007 )

Projet de loi sur l’esclavage: Les anti esclavagistes se concertent pour une stratégie d’éradication

Les pratiques esclavagistes, malgré l’ordonnance n° 81.234 de novembre 1981 abolissant l’esclavage, la loi n° 2003-05 du 17 juillet 2003 portant répression de la traite des personnes et la loi n° 2005.015 portant code du travail, ne sont pas encore définitivement éradiquées.

Sur le plan politique, l’adoption de telles mesures constituent certes des avancées significatives mais elles restent inopérantes en raison du manque de mise en œuvre d’une tactique de communication appropriée.

Les efforts normatifs jusque là entrepris par les autorités ne semblent pas limiter le problème ni satisfaire les expectatives. C’est dans ce cadre, conformément aux engagements des pouvoirs publics, le législateur est appelé à renforcer les règles en vigueur relatives à l’esclavage en incriminant et en réprimant les pratiques qui lui sont associées.

Ainsi donc, par ce projet de loi portant incrimination et répression de l’esclavage, les autorités de la République «visent l’élimination de toutes les tares héritées du passé, la promotion d’une culture d’égalité, de tolérance et de citoyenneté et la mise en place de conditions favorisant le progrès et l’émancipation de tous les mauritaniens. »

Les organisations de défense des droits de l’Homme, SOS Esclaves, le FONADH et l’AMDH, ont organisé une journée de concertation pour une stratégie nationale d’éradication des pratiques esclavagistes en Mauritanie en rapport avec ce projet qui «vise à mieux combattre les pratiques esclavagistes en définissant le crime et délits d‘esclavage et les peines qui leur sont applicables. »

Ce projet de loi, selon l’exposé de motifs présenté par le Premier ministre, harmonise ainsi notre législation avec la convention de Genève de 1926 relative à l’esclavage à laquelle la Mauritanie a adhéré le 6 juin 1986.

« Même si l’égalité de tous les citoyens, sans discrimination aucune, lit-on toujours dans l’exposé de motifs, est un principe fondamental, constitutionnellement reconnu par tous les textes fondamentaux depuis notre indépendance, la persistance d’inégalités effective a, néanmoins continué à entretenir la discorde et les divisions. »

Aucun acte réglementaire n’a jamais été pris sur le plan de la mise en œuvre pratique pour faciliter l’application des dispositions de l’ordonnance n°81.234 de novembre 1981. Jusqu’à aujourd’hui, cette situation se caractérisait par un manque de définition de l’acte comme un crime et non comme une justification par l’Islam.

L’esclavage survit, avec des pratiques anciennes et nouvelles et des manifestations visibles ou invisibles. D’où, selon SOS Esclaves, la double exigence d’opportunité et d’urgence de lui trouver une solution juste et durable.

Sur le plan juridique, l’esclave est considéré comme une propriété, un bien meuble. Rappelons à cet égard que les moindres plaintes et démarches entreprises pour dénoncer les faits relatifs à cette pratique inhumaine n’ont pas réussi à provoquer la moindre sanction contre les fautifs.

SOS Esclaves regrette aussi que «les organes d’information, le plus souvent dénaturent les faits et peignent les militants anti- esclavagistes sous des jours sombres » et fait remarquer que «la plupart des agents chargés de la sécurité et de l’ordre ont eu des attitudes de complicité avec les auteurs de crimes d’esclavage, au moins de complaisance ».

La journée de concertation pour une stratégie d’éradication des pratiques esclavagistes en Mauritanie fut une occasion pour les participants de plaider pour une élimination définitive de cette pratique hideuse et de faire des amendements au projet de loi portant incrimination et répression de l’esclavage.

Mais, cependant, ils ont noté que «l’état continue de brandir, sans les traduire par des actes concrets, ses lois abolitionnistes et sa juridiction à deux vitesses. »

Babacar Baye NDiaye

( 14 octobre, 2007 )

L’argent du pétrole

Ce n’est pas un secret de polichinelle : le pétrole fait entrer beaucoup d’argent dans notre pays. Et tant mieux pour notre économie nationale. Mais là, n’est pas le véritable problème. Mais ailleurs.

En effet, depuis quelques années, la Mauritanie est devenue par la grâce du Ciel l’un des centres d’intérêt, l’une des destinations privilégiées de ces grandes firmes pétrolières internationales. Ainsi donc, des millions voire des milliards d’ouguiyas sont déversés dans les caisses de l’Etat par ces dernières dans le cadre de l’exploration et de la production pétrolière.

Mais tout cet argent, suffira-t-il pour éradiquer substantiellement la pauvreté d’autant plus que les trois quart de la population vivent en dessous du seuil de la pauvreté ? Les nouvelles autorités mettront-elles à profit ces richesses pétrolières pour développer la Mauritanie et la changer sur le plan social et politique ?

Pour ne pas commettre les mêmes bêtises et les mêmes erreurs que les régimes précédents, le régime actuel gagnerait en investissant l’argent du pétrole dans les politiques sectorielles et surtout en esquivant la déliquescence des biens par une bonne gestion économique et financière.

Cela dit, malgré ces richesses halieutiques, minières et pétrolières, notre pays demeure en sus un pays sous développé ; très loin du cercle restreint des pays émergents de la planète terre. C’est parce que jusque là, il n’y a jamais eu une sérieuse volonté pour que la Mauritanie s’en sorte convenablement.

Nous ne devons surtout pas omettre que le pétrole est une ressource épuisable. Une raison supplémentaire pour marcher sur le tapis du progrès social et collectif. L’argent du pétrole ne doit point servir à entretenir un certain clientélisme politique, ni à conforter des intérêts personnels, ni à remplir les valises diplomatiques et les comptes bancaires d’un ministre, d’un directeur, d’un P.M ou d’un P.R. encore moins d’une ethnie, d’un clan ou d’un lobby.

Mais à lutter efficacement contre la pauvreté, le chômage et le déficit structurel en matière d’éducation, de santé, d’infrastructures, d’assainissement, d’approvisionnement en eau et en électricité…des secteurs en perte de vitesse notoire.

Cet argent, ça devrait aussi servir à ceux qui luttent inlassablement pour la survie et leur devenir, à ceux qui réclament qu’on leur améliore leurs conditions de vie misérable, à ces centaines de milliers de mauritaniens qui vivent dans des bauges dans des situations indécentes, à ces mauritaniens désespérés qui se débattent contre la faim et la misère, à ces hommes et femmes de la Mauritanie abyssale…loin de tout, seuls avec Dieu !

Babacar Baye NDiaye

( 14 octobre, 2007 )

Journée mondiale des réfugiés : A quand la fin de calvaire des réfugiés mauritaniens ?

 «Recensement immédiat des déportés restés au Sénégal et au Mali », «Recouvrement de la citoyenneté des victimes de 89 », «Rétablissement des victimes dans leurs droits », «Retour organisé dans la dignité des déportés ».
Voilà en résumé les grandes préoccupations du Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH) qui a célébré ce mercredi 20 juin la journée mondiale des réfugiés. Contrairement aux années précédentes, la journée de cette année a été marquée par la présence de certains partis politiques et de certaines organisations syndicales.

A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, le FONADH a rappelé la situation insoutenable des réfugiés mauritaniens restés encore au Sénégal et au Mali. Rappelons que des dizaines de milliers de citoyens négro-mauriatniens ont été contraints de quitter
la Mauritanie. La question des réfugiés constitue un cas particulier. Et comme l’a rappelé le Secrétariat Exécutif du FONADH, il s’agit de personnes que des représentants de l’Etat mauritanien ont expulsées de leur propre territoire.
La plupart de ces réfugiés ont été victimes d’une politique de chauvinisme de l’Etat et d’exclusion. « Malheureusement, pendant que les victimes affrontaient avec peine les conditions de vie dramatiques, les autorités mauritaniennes de l’époque niaient avec arrogance cette réalité douloureuse », note le Secrétariat Exécutif du FONADH.

Cette question des déportés a toujours été esquivée comme une peste par le pouvoir du colonel Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya et celui du CMJD. «Les changements intervenus le 3 août 2005 avaient suscité beaucoup d’espoir, quant au règlement de cette douloureuse question. Malheureusement, les autorités de la transition, n’ont pas voulu aborder la question » regrette le Secrétariat exécutif du FONADH.
Notons que pendant les élections présidentielles, des engagements très précis par rapport à cette question ont été pris par les différents candidats. Et à ce titre, l’actuel Président de la République et son Premier ministre ont réitéré à plusieurs occasions leurs engagements à régler ce problème, ainsi que celui du passif humanitaire et de l’esclavage dans les meilleurs délais.
Soulignons enfin que la question des réfugiés mauritaniens est très liée à celle du passif humanitaire, à savoir la question des exécutions extrajudiciaires et celle des licenciements abusifs commis durant la même période.

Babacar Baye N’Diaye 
 

( 14 octobre, 2007 )

Journée mondiale de la Santé mentale

Le Représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS) en Mauritanie, à l’occasion de la «journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre dernier, Docteur Kéita Bah, a estimé que «les boule versements que provoque le déplacement d’un nombre important de personnes charrient les désordres mentaux ».

«La région africaine en général et la sous-région ouest africaine en particulier ont connu leur lot de conflit et de catastrophes qui ont provoqué des déplacements des populations entières et dont les séquelles sur la santé mentale restent encore de nos jours perceptibles » a-t-il indiqué.

Selon lui, «les soins de santé mentale doivent s’adapter aux défis des situations socioculturelles » et surtout principalement en tenant en considération «la diversité culturelle, raciale et ethnique des individus » et à en croire toujours le docteur Kéita Bah, l’Organisation Mondiale de la Santé, dans ses efforts pour amener tous les peuples du monde au niveau de santé le plus élevé possible, appuiera les systèmes de soins à répondre à ces nouveaux défis. Et d’après les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé, 50% des migrants présentent des troubles de santé mentale allant des désordres mentaux chroniques au traumatisme et à la dépression.

Récemment, une enquête du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé a relevé que ces maladies constituent un problème sérieux de santé publique puisqu’elles sont en effet responsables de 13% de la morbidité et qu’elles sont aussi à la base de 33% des invalidités. C’est dans ce contexte que l’Organisation Mondiale de la Santé a développé une stratégie mondiale et régionale pour promouvoir la santé mentale.

 «Cette stratégie, a souligné le représentant de l’OMS en Mauritanie, vise à aider les pays à élaborer et à mettre en œuvre des politiques, des plans d’actions et des mesures législatives en vue d’assurer des soins de santé mentale au niveau communautaire, notamment par le développement des ressources humaines. »

Et pour mieux connaître et contrôler ces maladies mentales en Mauritanie, l’OMS a appuyé la formation du personnel de santé dans la ville de Nouadhibou, mis à la disposition des structures concernées des médicaments de santé mentale destinés aux personnes les plus vulnérables ainsi qu’une mise sur pied d’une ligue pour la lutte contre l’épilepsie et la prise en charge des maladies épileptiques.

Babacar Baye NDiaye

( 13 octobre, 2007 )

Situation économique et sociale du pays: Les chefs de famille entre l’enclume et le marteau!

 Six mois après l’investiture de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la magistrature suprême, les populations notamment les travailleurs, les chômeurs et les fonctionnaires poireautent toujours et avec impatience les grandes réformes sociales et économiques tant promises durant la campagne présidentielle de février et mars 2007.

Et face aux supplications et exigences sociales trop pressantes, le gouvernement de Zéine Ould Zeidane semble avoir du pain sur la planche. Cherté de la vie, chômage, privatisations avec son lot de conséquences…le gouvernement pourra-t-il rassurer les chefs de famille qui ont commencé déjà à désespérer ? 

Rares, aujourd’hui, sont les chefs de famille qui ne sont pas en proie à la cherté des denrées de premières nécessités. Et ce n’est pas donné à n’importe qui d’assurer la dépense quotidienne qui est devenu un véritable casse-tête. Se nourrir donc devient pour les Nouakchottois une véritable préoccupation.

Les denrées de premières nécessités sont onéreuses et les prix ne cessent de grimper. La plupart des femmes rencontrées au marché estiment que la vie à Nouakchott est trop dure. C’est le cas de Fatimata Demba Anne, mère de quatre enfants, demeurant à la Médina 3. ” C’est très difficile dit-elle. Mais bon que faire ? C’est toujours les pauvres qui en pâtissent. Mon mari, lui, est un mécanicien, parfois, il rentre bredouille à la maison. La situation, actuellement, est pénible pour tout le monde notamment pour nous les pauvres.»

C’est aussi le sentiment de cette dame, Aïssata Wane, qui pense qu’il faudrait diminuer les denrées de premières nécessités puisque les chefs de famille ne tiennent plus la barre haute. A la place ” Khar Yalla ” située à quelques mètres du carrefour clinique, nous y avons trouvé des ouvriers désoeuvrés sans travail, assis sur des emmarchements ou sur des arbres, à l’attente d’une clientèle providentielle.

Ils viennent en partie des quartiers défavorisés de Nouakchott. Fuyant la mouise et la pauvreté, ils viennent ici monnayer leur expertise contre des sommes dérisoires. Ici, les avis sont unanimes : le train de vie est cher et l’emploi introuvable ! Pour avoir du bon poisson ou de la bonne viande, il faut décaisser 2400 UM sans parler de l’huile, du riz, du lait, du sucre.

Les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles et tracassantes. Les ménages souffrent du fait de la cherté des denrées de premières nécessités. El Hadj Hassan Bâ et Cheikh Tidiane Sarr, tous deux ouvriers de leur état, font partie de ceux-là. ” Pour assurer la dépense quotidienne, il faut au moins 2000 UM sans compter le transport, le loyer, l’eau. Et, pire encore, on peut rester des jours sans trouver de clientèle. La concurrence est devenue rude.

Le métier de journalier est très difficile et ne permet pas de satisfaire entièrement nos besoins. ” Ce n’est pas seulement les ouvriers qui se plaignent de la cherté des prix des denrées de premières nécessités. Il y a aussi les fonctionnaires de l’Etat. C’est le cas de Mohamed Ould  Salem, père de famille et fonctionnaire au Ministère de l’Education nationale qui pense qu’il faut augmenter les salaires, diminuer les prix des denrées de premières nécessités et d’ajouter : «Nous attendons du gouvernement la prise en charge des préoccupations des citoyens.»

La Mauritanie traverse-t-elle une crise sans précédent ? Dans une conférence de presse organisée mardi 9 octobre dernier, les leaders de l’opposition ont fait part de leurs inquiétudes sur la situation actuelle que traverse la Mauritanie caractérisée par une crise sociale aiguë en raison de la cherté de la vie et de la flambée incontrôlable des prix, le chômage grandissant qui frappe la jeunesse en particulier les diplômés.

Les roublards de la République- de la transition- ont emporté avec eux comme un Tsunami les tirelires de l’Etat laissant derrière eux une Mauritanie chauffant au bain-marie. L’économie, la politique, la collectivité…aucun pan de la vie nationale n’est épargné par les soubresauts d’une situation délétère consécutive à un marasme économique qui frise des interrogations. Dans ce tohu-bohu socio-politico-économique où c’est le sauve-qui-peut, le cauchemar de la marmite turlupine les chefs de famille de plus en plus pris entre l’enclume et le marteau.

Récemment, dans une interview accordée à un hebdomadaire de la place, l’éveil-hebdo, Ibrahima Moctar Sarr affirmait que «la situation économique et sociale du pays est réellement préoccupante, beaucoup d’entreprises semble-t-il risquent de déposer leur bilan, certaines vont être rétrocédées à des privés étrangers, on parle de la SNIM pour au moins 20%, Air Mauritanie n’est plus gérable, la Somelec et la SNDE traînent des assiettes, le marasme existe dans nos bidonvilles et dans la campagne, il est aggravé par les catastrophes naturelles. Nous devons tous nous nous préoccuper de cette grave situation et être inventifs pour trouver des solutions salvatrices».

Par Babacar Baye NDiaye

( 8 octobre, 2007 )

Enseignants des écoles privées formés par l’ANAPEJ:Plus de trois mois d’arriérés de salaires

Depuis 8 heures, ces enseignants des écoles privées formés par l’ANAPEJ attendent que le Directeur Général de la dite agence les reçoit pour les fixer sur leur sort. En effet, voilà plus de trois mois qu’ils courent derrière leurs salaires. Mais à chaque fois, c’est la même chanson qui leur est servie : il faut patienter. Mais jusqu’à quand semblent-ils se demander.

«Nous avons négocié. Nous avons tout fait pour obtenir nos droits. Mais en vain !». Ces propos de désespoir sont de Thiam Abderrahmane, délégué des enseignants des écoles privées formés par l’ANAPEJ. «Certains d’entre nous sont restés plus de trois mois sans toucher leurs salaires d’autres six mois » nous rencarde-t-il. Peut-on penser que la Mauritanie est un pays où on ne respecte pas les droits les plus élémentaires des travailleurs ?

En effet, depuis le mois de juillet dernier, tous les jours, ces enseignants sont là, assis sous les arbres en cette période de Ramadan. Pourtant, ils sont allés voir leur ministère de tutelle qui les a promis de tout faire pour les rétablir dans leurs droits pour lesquels ils sont en train de réclamer depuis plusieurs mois.

«Nous avons vu la Ministre de l’Education Nationale, le Secrétaire Général dudit ministère. Nous avons soulevé tous ces problèmes qui sont actuellement en instance. Ils nous ont promis d’apporter et de trouver des solutions à nos problèmes. ».

Même son de cloche au niveau de l’inspection de travail de Nouakchott qui n’a rien fait pour eux. «C’est nous qui nous plaignions à aller à chaque fois qu’il y a des cas avérés, nous nous déplaçons à l’inspection du travail mais en réalité, ils n’ont rien fait en notre faveur.

D’ailleurs, ils ne peuvent rien faire contre les écoles privées. C’est un lobby» affirme Thiam Abderrahmane apparemment dépité par la situation.

Pendant ce temps-là, leur dossier traîne toujours au niveau de l’ANAPEJ qui refuse de les rencontrer ou renvoie toujours leur rencontre avec ces enseignants aux calendes grecques. Ces jeunes enseignants sont liés avec les écoles privées par des contrats de travail signés par l’ANAPEJ dans le cadre de sa lutte contre le chômage en Mauritanie.

Mais selon les termes de Thiam Abderrahmane, les services de l’ANAPEJ n’ont pas respecté les clauses du contrat qui les lient avec eux. Ce contrat qui est un contrat à durée indéterminé a été mal ficelé, une sorte de contrat maison selon lui. «Nous ne sommes plus disposés à travailler avec eux dans ces conditions(l’ANAPEJ, note de la rédaction).

Nos intérêts sont occultés. Nous avons demandé la révision du contrat c’est à dire revenir à la case de départ. C’est mieux que de travailler dans ces conditions » dit Thiam Abderrahmane sur un ton menaçant. En vain, ils sont entrés en contact avec l’ANAPEJ. «Nous le faisons chaque jour.

C’est pourquoi, les gens sont mobilisés. Depuis quelques mois, tous les jours, nous venons ici. On nous avance des raisons budgétaires et financières à chaque fois. Le plus important pour nous c’est le contrat signé avec les écoles privées. Il s’est trouvé que ce contrat occulte les intérêts des enseignants.

Par conséquent, nous ne trouvons pas un terrain d’entente qui puisse faire que les enseignants et les directeurs d’école puissent travailler sereinement ».

Ainsi, si la situation empire, ces enseignants préféreraient rompre avec les écoles privées que de continuer à travailler dans ces conditions de travail où ils passent le plus clair de leur temps à réclamer leurs droits devant des responsables qui ne veulent rien entendre de leurs détresses et de leurs supplications.

 Avec un salaire mensuel de 42.000 UM, ces centaines de jeunes réclament des conditions de travail décent à défaut de leur non-intégration dans la fonction publique. «Les enseignants sont mis dans de telles conditions de travail. On peut dire que ce sont des conditions extrêmement difficiles parce qu’on les fait travailler sans salaire. Ils ne sont payés à temps et sont souvent harcelés. »

Ces enseignants font aussi face aux directeurs d’écoles privées qui se disent ne pas être en mesure de pouvoir les payer parce qu’ils n’ont pas assez de moyens financiers pour couvrir leurs salaires. Car, en effet, la moitié des salaires de ces enseignants est prise en charge par l’ANAPEJ et l’autre moitié par les écoles privées.

 

Babacar Baye Ndiaye

( 7 octobre, 2007 )

Promotion de la femme mauritanienne:Les prémices d’un renouveau

Notre Président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, serait-il devenu le Président des femmes mauritaniennes, leur avocat, leur Ami ?

Car, depuis quelques temps, depuis qu’il est devenu Président de la République, il ne cesse de surprendre les hommes, tous les jours, sa pugnacité de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, de montrer qu’il n’est pas fesse-mathieu en terme de progrès, de promotion et d’émancipation féminine.

Après leurs nominations aux postes d’ambassadrices, les voilà maintenant promues aux postes de walis. Des précédents dans l’histoire politique et sociale de notre pays qui vient de sortir d’une époque d’obscurantisme et de fanatisme qui a toujours entravé la bonne marche de la République, de notre état et de notre peuple.

La promotion des femmes de plus en plus accentuée sonnerait-elle le glas d’une époque? Nos femmes, longtemps marginalisées et enchaînées dans des clichés infondés, seraient-elles en train de vivre dans le meilleur des mondes ?

La seule fausse note- incompréhensible et impardonnable !-c’est qu’il n y a pas eu parmi toutes ces nominations officielles esquissées ces derniers temps modernes, des femmes issues de la communauté négro-mauritanienne.

Sans aucun esprit de sectarisme ni aucune idée revendicatrice, c’est pour signifier simplement que la Mauritanie n’appartient pas uniquement à une seule communauté. C’est pour dire aussi, qu’au moment où la problématique sur la réconciliation nationale suscite beaucoup de débats, d’engouement et d’inquiétudes simultanément, il faut pratiquer et promouvoir une politique non discriminatoire et égalitaire qui constitue des gages d’intégration et de justice.

Ceci dit, non «avec cœur », Monsieur le Président de la République, continuez sur cette lancée de gloire pour faire rêver nos femmes, surtout celles qui se battent inlassablement et de manière convaincue pour leur reconnaissance et leur acceptation dans les sphères de décision de l’administration !

En tout cas, ce ne sont pas les associations de défense des droits de la femme mauritanienne qui ne vont pas ovationner des deux mains et des deux pieds. La femme mauritanienne est aussi capable d’accomplir de bonnes choses contrairement à ce que pensent certains esprits malveillants.

D’ailleurs, la compétence n’est pas l’apanage exclusif de l’un ou l’autre des deux sexes. C’est une question de jugement du reste relatif.

Aujourd’hui, personne ne pourra reprocher au Président de la République l’attention particulière qu’il porte ou qu’il est en train de porter sur la femme mauritanienne. Ce qu’elle n’a jamais osé rêver. On est tenté de brailler «Enfin ! Les femmes ont-elle trouvé leur véritable avocat ?» en la personne du Président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi himself qui est en train de bouleverser -c’est une impression- les mœurs et les traditions et les coutumes séculaires.

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi serait-il un Président iconoclaste ? Les historiens sans doute nous apporteront des éclaircissements à cette question ?

 

Babacar baye NDiaye

( 7 octobre, 2007 )

Assainissement : Enfin, les autorités ont trouvé chaussures à leurs pieds !

«Dragui-transport ». C’est cette société française désormais qui se chargera de l’assainissement du centre-ville de Nouakchott et de Ksar. Pour les autres localités de Nouakchott ou de l’intérieur du pays, elles peuvent encore patienter.

 

En terme de création d’emplois, l’état peut bien se frotter les mains car hormis l’assainissement dont elle aura en charge, cette société créera plus de 600 emplois permanents.

 

Même si le montant de l’accord signé entre les autorités et la société «Dragui-transport » membre du groupe français «Pizzorno Environnement » n’a pas été dit. Maintenant, les privilégiés des quartiers chics de Nouakchott peuvent pousser «un Ouf de soulagement !».

La gestion de l’assainissement doit aussi concerner les collectivités locales qui ont assurément un rôle à jouer dans ce secteur où c’est le capharnaüm qui fait ravage dû principalement à une absence d’études sérieuses et viables.

 

Cette gestion ne doit pas être considérée comme un «domaine réservé ou exclusif» autrement dit, il ne faut pas faire endosser toute la responsabilité à la Communauté Urbaine de Nouakchott qui ne dispose pas suffisamment de moyens financiers et techniques pour pouvoir répondre aux exigences et aux besoins des populations de Nouakchott en terme d’assainissement.

 

C’est pour cela qu’on parle de décentralisation pour un peu alléger les domaines d’intervention de l’état et surtout responsabiliser les collectivités locales dans certaines prises de décisions qui ne doivent impliquer qu’elles-mêmes.

 

Cette fois, espérons que la bonne solution a été trouvée et que Nouakchott longtemps abandonnée à elle –même va enfin se présenter comme une ville propre dans un environnement salubre. Et c’est une honte pour l’image du pays de voir notre capitale où tout est concentré patauger dans les ordures.

 

La capitale Nouakchott est la seule capitale des capitales de l’Union du Maghreb Arabe où les problèmes d’assainissement sont récurrents parce qu’il n y a jamais eu dans ce domaine des signes qui montrent réellement que les autorités ont à l’esprit et au cœur l’assainissement de la ville de Nouakchott.

 

Et malgré les efforts qui ont été toujours consentis dans ce secteur très malade par les pouvoirs publics, notre capitale n’a pas changé et les problèmes sont restés les mêmes voire plus préoccupants.

 

La problématique de l’assainissement ne devrait même pas constituer un obstacle pour nos autorités car l’agglomération de Nouakchott n’est pas très vaste de même que sa population qui est très restreinte contrairement à d’autres capitales de la sous région où le taux de pourcentage en terme de chiffres est très élevé.

 

Les populations de Nouakchott sont tellement indisciplinées et dénuées de l’esprit de citoyenneté et de civisme qu’il faudra à cette société du temps et de la patience pour venir à bout du problème de l’assainissent.

 

Le développement urbain ce n’est pas seulement l’affaire des pouvoirs publics. C’est aussi celle des citoyens qui doivent en premier lieu montrer leur adhésion au projet de tout développement urbain.

 

Babacar Baye NDiaye

( 7 octobre, 2007 )

Submersions au sud de la Mauritanie : SOS en faveur des populations

Depuis quelques jours, les populations du sud de la Mauritanie vivent un calvaire dramatique pour ne pas dire dans un enfer, consécutif à d’importantes quantités de pluie enregistrées ces derniers jours.

Alors que même nous avons encore en mémoire les images choquantes de la ville de Tintane complètement submergée, alors que même la situation dans cette moughata a semblé excéder les pouvoirs publics et les autorités locales pour xyz raisons, voila que d’importantes quantités de pluies viennent encore de tomber sur les wilayas du Brakna, du Gorgol et du Guidimakha rendant presque ces localités inaccessibles ou difficiles à vivre.

Déjà, selon certaines informations, les dégâts seraient assez importants : beaucoup d’habitations effondrées, d’importantes familles déplacées, trois personnes gravement blessées. Les populations semblent être oubliées par les autorités de la République qui tardent encore à tirer la sonnette d’alarme, à se mobiliser en temps réel pour secourir ces populations désemparées.

Il semblerait aussi que les autorités locales n’ont pas estimé ou senti la nécessité de sonner l’alerte ni de mobiliser les aides alimentaires et médicales pour secourir les sinistrés.

Ce qui est curieusement incompréhensible. Même si déjà, sur place, la fondation de la première dame, madame Khattou Bint Boukhary et le commissariat à la protection sociale et à la sécurité alimentaire sont sur pied d’œuvre pour alléger les souffrances des populations consécutives aux dernières intempéries en leur distribuant des produits alimentaires, des vêtements, des tentes, les lenteurs constatées dans le traitement de cette situation sont assez inquiétantes.

On se rappelle encore qu’au lendemain des intempéries qui avaient submergé la moughata de Tintane, tout le gouvernement (presque enfin!) s’était mobilisé en premier lieu le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi himself.

Même notre marine nationale, notre gendarmerie nationale, notre police nationale et notre garde nationale s’étaient mobilisées et impliquées dans les secours.

On se croyait même dans un tournage de film digne des américains. C’est pour dire que notre gouvernement avait vraiment mouillé le maillot comme disent les sportifs.

Ce n’est pas aller trop vite en besogne en pensant que le gouvernement n’accorde pas d’attention sur ce qui se passe là-bas ou dédramatise la situation qui prévaut actuellement dans le sud du pays!

Ou alors -c’est souvent le cas- il attend que la situation devienne catastrophique, lui échappe, se pourrisse ou le transcende pour qu’il réagisse promptement.

Babacar baye NDiaye

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