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( 7 octobre, 2007 )

Quelle est cette force qui se dissimule derrière toute action de changement ?

Plus que jamais, la Mauritanie a besoin des hommes et des femmes capables de relever les défis qui ont pour nom : réconciliation nationale, justice sociale, développement économique et social, démocratie, bonne gouvernance,…pour cela, il faudra s’armer d’impétuosité et de ténacité.

Car, apparemment, à chaque fois qu’une bonne action est annoncée ou entamée, il y a une force obscure, une force sans âme et sans état d’âme qui se présente pour barrer ou empêcher toute initiative allant dans le bon sens du changement des mentalités et des comportements.

Passif humanitaire, retour des déportés, la question de l’esclavage, sur l’émancipation des femmes mauritaniennes, des personnes d’une nature pas catholique et suspecte qui se dérobent toujours derrière leur visage de pierre créent le désordre et sèment la frousse dans l’esprit des citoyens en brandissant des menaces ou des propos de tout acabit.

Certainement qu’ils sont malades et c’est un danger de laisser ces gens le monopole de l’action et de l’intimidation qu’ils assènent à longueur de journée dans les médias ou autres supports de communication. Avec tout ce qu’elle a connu, la Mauritanie actuellement a besoin de s’apaiser, de rejoindre le ban des nations civilisées et démocratiques.

De montrer qu’elle est peut bien s’en sortir ! Sauf si elle ne le veut. Que ce qu’elle a traversé ne fait partie désormais que de l’histoire ancienne, une histoire qui était irréversible !

On doit pouvoir maintenant sortir de ce canevas pour avancer. Il faut presser le pas déjà que nous avons perdu presque un quart de siècle dû à la folie d’une poignée de personnes sans préoccupation morale et sans vergogne et surtout racoler les mille tessons de la bouteille.

D’ailleurs où est-ce qu’elle nous a mené sinon à la décadence et au déchirement du tissu social, des stigmates non encore cicatrisés ? Fort heureusement hélas, qu’il y a des personnes de bonne foi et épris de paix et de justice qui s’attèlent à cette tache gigantesque et noble. Comme quoi, les temps ne sont pas loin. Il ne servira pas à grand-chose de mettre des bâtons dans les roues.

Ces grands fanatiques risquent de nous obstruer la voie si l’on n’y prend pas garde ! Pour qui se prennent-ils ? Ne parvenant pas toujours à accepter l’histoire et le cours de l’histoire, cette force rétrograde continue de se replier sur elle-même en oubliant qu’il ne sert à rien de courir en tous azimuts en braillant «non, jamais !».

Pourquoi ont-ils toujours peur ? Peut être qu’elle a perdu son flegme. Qu’elle éprouve elle aussi une peur instinctive. Qu’elle sait qu’elle a le couteau sous la gorge. Qu’à tout moment, les choses peuvent basculer. Les exemples sont légion.

S’il y a des personnes qui doivent nécessiter une cure spirituelle c’est bien celles là. Et comme c’est de leurs mœurs, de leur mode de pensée, de leur stratégie, conséquence de leur étroitesse d’esprit, elles sont certainement en train de bourdonner dans l’oreille des populations pour empêcher sans doute que le Président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ne crée lui aussi son propre parti politique.

Car, et d’ailleurs, ne l’ont-elles pas fait avec le retour des déportés, la loi criminalisant l’esclavage ou l’égalité des sexes. Ce ne serait pas alors surprenant de leur part qu’elles prennent leur gourdin et leur tambour !

Babacar Baye NDiaye

( 7 octobre, 2007 )

L’affaire de la drogue : où en sommes-nous ?

Celle-ci défraye encore la chronique. Pour preuve, les saisies se suivent. La drogue suscite beaucoup d’inquiétudes, d’interrogations, de supputations créant beaucoup de remous dans l’opinion.

Au vu de la lenteur judiciaire qui entoure cette affaire peut-on donc penser qu’elle a été classée dans la layette des «affaires indésirables » ? Ou alors les autorités en charge de cette affaire sont-elles en train de faire un travail de fourmi pour pouvoir appréhender les personnes concernées de près ou de loin par cette affaire ? La question taraude les esprits de tous les mauritaniens : où en est l’affaire ?

Jusqu’à présent, ils n’ont rien compris de cette affaire nébuleuse, leur lanterne n’étant pas toujours éclairée. On se demanderait même si elle ne serait pas purement et simplement étouffée par les pouvoirs publics qui, pourtant, au début de son éclatement avaient affiché leur ferme volonté de «faire toute la lumière », leur détermination à remuer ciel et terre pour trouver les responsables qui avaient introduit frauduleusement ces importantes quantités de drogue dans notre pays et de les traduire en justice qui qu’ils soient.

Certainement, ce n’était pas un spectacle de chahut que nous offraient les pouvoirs publics. Car, depuis lors, les mauritaniens n’ont rien «entendu » sur cette affaire.

Même si, il y a eu des suspects qui ont été appréhendés, nous serions tentés de croire que nous sommes en train d’assister à un étouffement «complice » de cette affaire extrêmement complexe et encombrante parce que tout simplement, selon certaines rumeurs, certaines présomptions, beaucoup de personnalités, de grandes personnalités, civiles, politiques ou militaires, bien connues, seraient mêlées jusqu’à la moelle de leurs os dans cette affaire.

Nous savons tous que ce ne sont pas les pauvres qui font ou feront entrer d’importantes quantités de drogue dans le pays par le biais des frontières, du port ou de l’aéroport.

Nous savons aussi que des pots de vin sont souvent reçus par les responsables de ces sites pour faire passer invisiblement la drogue. Dans ce pays, par le biais de ce commerce illicite, beaucoup de personnes sont devenues millionnaires ou milliardaires.

Nous cacherait-on des vérités fracassantes dans cette affaire ? Des têtes vont-elles tomber ? Pour le moment, rien ne présage qu’on assistera à l’implosion de la vérité vue les lenteurs et les «obstacles » qui obstruent cette affaire dense de mystères.

Sauf si les autorités accéléraient le pas en mettant les bouchées double. La drogue, c’est une affaire, un cercle de réseaux hyperstructurés difficiles à démanteler.

Mais là n’est pas le véritable problème. D’où les questions suivantes : les autorités vont-elles faire profil bas au détriment de la vérité ? Où vont-elles combattre l’enrichissement illicite de cette catégorie qui s’enrichit d’un coup de baguette magique ?

Les autorités en charge de cette affaire auraient-elles desserré le poing ? Tout porte à le croire sauf si…on nous disait où en est l’affaire ?

 

Babacar Baye Ndiaye

( 7 octobre, 2007 )

Quel scénario pour le second tour ?

L’élection présidentielle du 11 mars passé aura été l’élection des grandes surprises, des révélations mais aussi des déceptions imprévisibles et inopinées. Avec le second tour, nous nous retrouvons sans savoir pourquoi dans une période cruciale de notre histoire politique et sociale. Qu’on ne se leurre pas, nous sommes dans une impasse avec tous les ingrédients et risques que ce second tour pourrait engendrer ?

On murmure qu’au sein de l’armée des allégeances tribales commencent à faire leur apparition .Chaque candidat aurait obtenu le soutien de hauts gradés de sa tribu .Si une telle rumeur se confirme on serait assis sur une poudrière ; Ce que personne ne souhaite.

Les scénarii sont loin d’être joués contrairement à ce que pensent certains. Loin s’en faut. Chacun des deux candidats a les potentialités avec des forces et des faiblesses bien sur de remporter ce second tour vu leur électorat respectif et les soutiens qu’ils peuvent bénéficier même si dans ce domaine Sidi Ould Cheikh Abdallahi part favori pour plusieurs raisons. Quel scénario nous réservera le duel Sidi Daddah ?

Le peuple mauritanien sera-t-il épargné de cette confrontation qui sent déjà le roussi ? Par ailleurs, les deux phénix de la scène politique feront-ils basculer la Mauritanie dans l’implosion sociale ? Là-dessus, c’est la pénombre.

Finalement, cette bataille de présage tant attendue des dinosaures sans tonsure aura lieu ce 25 mars. Mais quelque soit l’issue du second tour, la tache sera difficile pour le futur Président qui devra tenir en considération les questions majeures relatives à l’unité nationale et qui constituent autant de mines explosives pour la Mauritanie et pour lesquelles il devra trouver des solutions adéquates. Contrairement à l’élection présidentielle du 11 mars, celle du second tour dégage une atmosphère déjà passionnante et pleine de suspens.

Babacar Baye NDiaye

( 7 octobre, 2007 )

Un pas en avant, deux pas en arrière et un pas à coté

Cela peut paraître invraisemblable. Mais quelque soit le futur Président de la République qui sera élu au soir du 25 mars prochain, il n’y aura rien de nouveau, ni de spécial. Je ne dirai même pas d’air nouveau pour la Mauritanie.

Ces deux candidats ont en commun d’avoir connu dans le passé les arcanes du pouvoir et ont eu à une époque donnée de notre histoire participé à la gestion de ce pays. Et dans ce domaine, tous les deux traînent des casseroles. Ils ont fait leur temps mais aussi leurs preuves. Alors que peuvent –ils vraiment apporter à la démocratie et à la justice sociale ?

Pour le moment, les mauritaniens (même pas la majorité) ont fait leur choix et l’ont assumé en choisissant ces deux candidats. Le taux d’absentions risque de surprendre beaucoup d’observateurs pour deux raisons majeures vu les scores qu’ils ont réalisé lors du premier tour de l’élection présidentielle.

Premièrement, l’indiscipline des électeurs des malheureux candidats à moins qu’il n y ait des consignes de vote risque de peser lourd sur la balance électorale.

Deuxièmement, l’abstention de l’électorat négro-africain ne sachant sur quel joker se rabattre risque là aussi de faire tache d’huile sans oublier les 30% des mauritaniens qui se sont abstenus.

Avec Sidi, c’est le retour à l’ancien régime que craignent beaucoup de gens même s’il dit être le président qui rassure. Ahmed lui ne fait pas l’unanimité à cause de ses sorties jugées discriminatoires par certains. Entre Sidi Ould Cheikh Abdallahi et Ahmed Ould Daddah, les mauritaniens auront-ils l’embarras du choix ?

Avec un électorat aussi dispersé, qui des deux réussira-t-il à faire le consensus autour de sa personne et tirer le maximum de profit ? Qui sera le lièvre ? Et qui sera l’hyène dans cette partie de pêche ? Les enjeux seront énormes malgré leur impopularité (35 mauritaniens sur 100 ont voté pour les deux candidats favoris).

Avec une configuration politique sans précédente, jusqu’où nous mènerons le second tour du 25 mars prochain ? Zeidane, Messaoud, Ibrahima Saar…, derrière qui se rangeront-ils ou feront- ils monter les enchères en vue d’un gouvernement de larges consensus issu de sensibilités différentes ?

Babacar Baye Ndiaye

( 7 octobre, 2007 )

Promesses

Je ferai ceci…je ferai cela et patati et patata. Deux semaines durant, les mauritaniens ont entendu toutes sortes de promesses et de slogans. Chaque candidat s’est prétendu être l’avocat ou le sauveur du peuple, le Messie, l’homme providentiel, l’incarnation du changement et je ne sais quoi encore. L’argent a été au rendez vous. Et dans ce domaine là, malheur à ceux qui ont traîné le diable par la queue.

D’ici quelques heures, les feux seront au rouge. Ce sera maintenant au peuple de départager les dix neuf candidats en lice. On sait d’ores et déjà que l’élection présidentielle du 11 mars connaîtra des fortunes diverses Et l’on peut claironner sans être un démagogue que les quatre vingt dix pour cent voir plus qui caractérisaient les scrutins présidentiels ne seront pas au rendez vous.

Mais aussi et j’aimerai bien le croire que les mauritaniens ne sont pas des moutons de panurges même si ceux qui pratiquent la politique au plus haut degré sont des moulins à paroles et excellent parfois dans la pantalonnade. Jusque là, les candidats ont été irréprochables. Pas de phrases assassines ni de d’attaques personnelles même si on a constaté qu’il n’y avait pas d’idées nouvelles et des projets de grande envergure.

Coté pronostics, d’un jour à l’autre, les estimations font boule de neige. Pour le moment, ne gageons rien et serrons nous le kiki. Deux semaines durant, la campagne présidentielle a transformé des centaines de milliers de mauritaniens en autistes que rien n’intéressait hormis l’atmosphère qui prévalait partout dans les campagnes et dans les villes du pays. Journaux entre les mains, post-radio collé à l’oreille et yeux rivés sur les écrans de la télévision nationale.

Il y a un temps nous étions comme l’oiseau sur la branche. Aujourd’hui, nous sommes dans le registre de l’espoir et le monde est entrain de nous observer. Le Mali sous Amadou Toumani Touré a connu une transition réussie. Reste la Mauritanie. Les années à venir seront une mise à l’épreuve à la démocratie aussi bien pour le peuple mauritanien que pour celui qui va occuper le fauteuil présidentiel.

Babacar Baye Ndiaye

( 7 octobre, 2007 )

Prix des denrées de première nécessité: Cauchemar des ménages!

Rares sont les pères de famille qui ne sont pas en proie à la cherté des denrées de première nécessité. Et ce n’est pas donné à n’importe qui d’assurer la dépense quotidienne qui est un véritable casse-tête

Se nourrir devient pour les Nouakchottois une véritable préoccupation. Les denrées de première nécessité sont onéreuses et les prix ne cessent de grimper. La plupart des femmes rencontrées au marché estiment que la vie à Nouakchott est trop dure.

C’est le cas de Aïssata Wane, mère de quatre enfants, demeurant à la Médina 3.  » C’est difficile. Mais bon que faire ? C’est toujours les pauvres qui en pâtissent. Mon mari, lui, est un mécanicien, parfois, il rentre bredouille à la maison. La situation, actuellement, est pénible pour tout le monde notamment pour nous les pauvres.

C’est aussi le sentiment de cette dame qui pense qu’il faudrait diminuer les denrées de première nécessité puisque les pères de famille ne tiennent plus la barre haute.

A la place  » Khar Yalla  » située à quelques mètres du carrefour clinique, nous avons trouvé des ouvriers désoeuvrés sans travail, assis sur des emmarchements ou sur des arbres, à l’attente d’une clientèle. Ils viennent en partie des quartiers défavorisés de Nouakchott.

Fuyant la misère et la pauvreté, ils viennent ici monnayer leur expertise contre des sommes dérisoires. Ici, les avis sont unanimes : le train de vie est cher.

Pour voir du bon poisson ou de la bonne viande, il faut décaisser 2400 UM sans parler de l’huile, du riz, du lait, du sucre. Les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles. Les ménages souffrent du fait de la cherté des denrées de première nécessité.

Les pères de familles sont-ils malheureux?

Titi Hassan et El Hadj Sarr, tous deux ouvriers de leur état, font partie de ceux-là.  » Pour assurer la dépense quotidienne, il faut au moins 2000 UM sans compter le transport, le loyer, l’eau.

Et, pire encore, on peut rester des jours sans trouver de clientèle. La concurrence est devenue rude. Le métier de journalier est très difficile et ne permet pas de satisfaire entièrement nos besoins. « 

Ce n’est pas seulement les ouvriers qui se plaignent de la cherté des prix des denrées de première nécessité. Il y a aussi les fonctionnaires de l’Etat. C’est le cas de Ahmed Salem, père de famille et fonctionnaire au ministère de l’Education nationale qui pense qu’il faut augmenter les salaires, diminuer les prix des denrées de première nécessité et d’ajouter  » nous attendons du gouvernement la prise en charge des préoccupations des citoyens.

Babacar Baye Ndiaye

( 7 octobre, 2007 )

Université de Nouakchott : Les étudiants en colère!

Depuis des semaines, l’université de Nouakchott est dans le tourbillon. Hier, une fois de plus, ce sont les étudiants de la faculté des Sciences et Techniques, suivis de leurs camarades des autres facultés qui ont renoué avec les grèves. Ils ont tenu un sit-in à l’intérieur du Rectorat devant les autorités universitaires. Pour en savoir plus, nous avons tapé à la porte du rectorat en vain…

L’université de Nouakchott est l’université des pauvres. Cette triste réalité illustre bien les conditions extrêmement difficiles voire insupportables dans lesquelles vivent les étudiants mauritaniens. L’université de Nouakchott n’est pas digne d’une véritable université. La situation est alarmante. Les toilettes sont lamentables, les bibliothèques mal équipées, le restaurant n’existe que de nom. Les normes d’hygiène ne sont pas souvent respectées.

Sur le plan équipements modernes, l’université de Nouakchott est en retard considérable par rapport aux autres universités africaines et maghrébines. Les étudiants ne disposent même pas de salles informatiques. Dans ce domaine, aucun effort n’a été fait par les autorités universitaires. Les étudiants ont abandonnés à eux-mêmes.

Pour dix mille étudiants, l’université de Nouakchott n’offre pas un service de santé digne de ce nom encore moins de bibliothèque universitaire (B.U), ni de salles de sport. Pour venir à l’université, c’est tout un tas de problèmes. Les étudiants n’ont pas de moyens de transport satisfaisants, les bus sont souvent vieux et délabrés. Beaucoup de ces problèmes rendent la vie des étudiants très difficile.

Les étudiants attendent des autorités universitaires, du ministère de l’Enseignement supérieur, qu’ils fassent des efforts quand les situations sont tendues. La capacité d’accueil du restaurant universitaire est très faible pour un nombre d’étudiants estimés à 10.000. Prendre le repas à midi ou à 13 heures, relève de l’exploit.

Les bibliothèques de la plupart des facultés sont délabrées. Les ouvrages manquent, ou s’il en existe les éditions sont anciennes et pire encore il est très difficile de trouver des ouvrages qui correspondent au programme. Il y a aussi la discrimination entre les facultés. Les étudiants de médecine sont mieux favorisés que les autres étudiants.

C’est comme si la Mauritanie n’a besoin que de médecin dans le futur. Les littéraires, les économistes, les juristes, les gestionnaires, les scientifiques sont les oubliés de la nouvelle politique universitaire. L’université a été créée pour les étudiants. Donc les autorités doivent s’occuper des problèmes des étudiants.

La collaboration manque entre les étudiants et les autorités universitaires. Les étudiants sont désespérés puisqu’il n’y a aucune perspective pour l’avenir. Les professeurs s’absentent beaucoup et les cours tardent à reprendre. La plupart de nos autorités ont leurs progénitures à l’étranger puisqu’elles savent bien que l’université de Nouakchott ne vaut pas tripette. C’est ça qu’on appelle manquer de respect au citoyen, celui-là même qui est le détenteur du pouvoir.

Revendications en attente Les étudiants réclament la généralisation des bourses, au cas échéant, une bourse obligatoire pour les étudiants qui passent en deuxième année, augmenter le nombre de boursiers des quatrièmes années pour le troisième cycle. Ils veulent que les autorités universitaires prennent au moins cinq à six étudiants.

Ils réclament aussi l’augmentation des bourses jusqu’à 15.000 UM puisque tous les fonctionnaires de l’Etat ont bénéficié des augmentations considérables sur leur salaire. De 1981 à 2006, le montant de la bourse n’a pas évolué. Les salaires grimpent pourquoi donc ne pas penser aux étudiants qui ne demandent que le minimum, estiment- ils. Et de rappeler  » qu’il ne faut pas oublier que les étudiants constitueront les futurs cadres de ce pays. « 

Certains étudiants, c’est le cas de Mar, estiment qu’ils sont libres de réclamer leurs droits si on les en prive. Les autorités étatiques, en premier lieu, le chef de l’Etat, avec les autorités universitaires doivent prendre en charge les problèmes que rencontrent l’université et les étudiants.

Il y va de la crédibilité de cette institution. Espérons qu’il y aura bientôt une issue heureuse et que les étudiants regagneront le chemin des amphithéâtres.

Babacar Baye Ndiaye

( 7 octobre, 2007 )

Administration : Lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite

Qu’une nouvelle ère s’ouvre, quelle attitude les nouvelles autorités opteront envers les vampires de l’économie ? Mais surtout comment réorganiser l’administration après tant d’années de laxisme, de favoritisme, d’immobilisme, de politisation, d’interventionnisme et de dilapidation des biens publics ?

Verra-t-on appliquer le principe de bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques ? Autant d’actes courageux que devra effectuer le Président Sidi Mohamed et son gouvernement pour sortir l’administration de sa léthargie et la mettre sur les bons rails.
Si aucun effort n’est pas véritablement fait, le ver de la corruption continuera de poursuivre son travail de pourrissement de l’administration et aucun secteur ne sera épargné. De plus en plus, l’administration mauritanienne est plongée depuis quelques années dans un profond malaise auquel elle n’arrive pas à s’en départir. Cette situation qui n’a que trop duré a affecté considérablement l’économie nationale. Aucun secteur public n’est véritablement épargné par ce malaise « congénital » qui a encore de beaux jours devant lui.

Les différents régimes qui se sont succédanés n’ont jamais pu remporter le combat à chaque fois qu’il s’est agi d’assainir cette administration. D’ailleurs, toute tentative visant à éradiquer les maux qui gangrènent notre administration est vouée au fiasco. Tant qu’un changement de mentalités n’aura pas été opéré, il sera difficile de vaincre ce mal. Pour ce faire, il urge de prendre des mesures incitatives en vue de restreindre la dépendance du personnel administratif aux pots de vin et autres dessous de tables.

La corruption est un mal qui n’épargne aucun secteur de l’administration. L’acquisition des marchés publics souffre royalement d’une absence de transparence. Le récent rapport de l’Inspection Générale d’Etat nous édifie sur le degré de corruption de la plupart de nos administrateurs et du niveau de mauvaise gestion de l’administration. La manière dont la plupart de ces marchés sont acquis nous identifie encore sur le caractère du non respect des règles de compétitivité.

Aucune mesure n’a jamais été prise pour témoigner d’une véritable volonté de changer les choses dans bien des secteurs de l’administration allant dans le sens du renforcement de la lutte contre l’enrichissement illicite et la corruption. L’argent, qui provient des fonds de développement et de l’aide publique internationale, qui devait servir où être utilisé dans des projets de lutte contre la pauvreté est soustrait et les bénéficiaires laissés en rade.

Conséquence : la pauvreté s’accentue de plus en plus. Au lieu d’investir cet argent quelque part dans l’éducation, la santé, l’eau potable, l’électricité, les infrastructures, les vampires de l’économie préfèrent l’épargner dans des banques pour s’assurer une bien paisible vie ou bien s’acheter de belles voitures, construire de superbes villas, passer tout leur temps à snober les belles femmes.

On note aussi qu’il n’y a aucune loi qui astreint les hauts fonctionnaires à faire la déclaration de leurs biens y compris le Président de la République, ses ministres, ses sénateurs, ses députés, ses maires, ses gouverneurs, ses directeurs… Ainsi donc de hauts cadres sont devenus malhonnêtement riches. Des millions d’ouguiyas sont détournés sans que personne n’ait pipé mot. Et pourtant la question du détournement des fonds publics est une question tranchée par le code de procédure pénale mauritanien. Mais au fond l’applique-t-on ?

De nombreux responsables sont en fonction depuis des décennies. Ils ont bénéficié des avantages et des privilèges du Parti-Etat. D’autres même ont continué à conserver leur position sociale après le coup d’état du 3 août 2005. Jusque là, aucun haut responsable de l’administration, fut-il descendant d’un saint ou d’un marabout vénéré, n’a jamais pensé faire sa déclaration. D’ailleurs, comment y penserait-il faute de disposition légale et réglementaire.

En dehors de leurs revenus légitimement perçus certains responsables font augmenter significativement leur patrimoine ou celui de leurs proches parents créant ainsi des charges supplémentaires pour le budget de l’état. Il y a des fonctionnaires qui pensent qu’ils sont nés pour être d’éternels ministres ou directeurs. Des anciens caciques du régime de Taaya continuent de faire la ronde. Maintenant, ils réclament encore leur part du partage du gâteau quitte à retarder la nomination des postes de ministères. Pourtant, chaque jour on voit de jeunes personnes cadenassées parce qu’elles ont cambriolé une maison. Mais jamais on a emprisonné un haut responsable ou dignitaire du parti au pouvoir ou quelqu’un ayant bénéficié des largesses du pouvoir.

Face à une telle situation moribonde et exaspérante, des mesures rigoureuses doivent être prises pour redorer le blason de l’administration. A cet égard, la revalorisation substantielle des salaires des fonctionnaires pour les mettre à l’abri de la corruption et pour qu’ils puissent conserver leur probité ne ferait qu’atténuer la gravité de la situation. La promotion dans le travail devra se faire dans l’égalité et surtout mettre la personne à la place qu’il faut loin des appartenances politiques ou raciales. Sans oublier parfois de sanctionner et d’imposer la rigueur dans le pointage du personnel.

Les défis pour une bonne administration sont énormes. Les nouvelles autorités vont-elles se lancer dans cette démarche ou vont-elles faire empirer la situation ? Certes, combattre la corruption et assainir l’administration ne sont pas choses aisées. Mais il est du devoir moral des nouvelles autorités, en premier lieu le Chef de l’Etat, de combattre certaines pratiques compromettantes qui ont toujours entravé la bonne marche de l’administration.

Babacar Baye NDiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

Khaled K

« Bienvenue dans ma tête »

Depuis quelques années, avec sa petite caisse en bois remplie de petites machines, il voyage à travers le monde. Ce mardi 10 Avril, il était au centre culturel français Antoine de Saint Exupery pour faire découvrir au public son spectacle « Bienvenue dans ma tête »

Quand il ne représente pas un bouddhiste entrain de prier dans un monastère ou un temple, un affrontement ou un conflit entre indiens et cow-boys, un chevalier en califourchon entrain de fumer, un chinois qui boulotte ou une cérémonie quelque part, il joue avec sa voix, des samplers et vous convie à un drôle de voyage autour du monde. Pour le profane ou pour celui qui n’a jamais assisté à son spectacle, pas facile d’imaginer que cette représentation fulgurante fournira un ensemble harmonieux hybride et volatile qui fera surgir les univers les plus périlleux. Son spectacle est une véritable prouesse technique. Si vous n’avez pas eu la chance de voir Khaled K sur scène, vous avez manqué une grosse occasion de vous faire embarquer dans un voyage imaginaire qui vous ferait rêver, rire et danser.
« Bienvenue dans ma tête » est une mise en scène époustouflante. Comment fait-il pour assurer un tel spectacle, il répond « c’est la maîtrise des appareils, l’amour du son. Je m’entraîne, je fais de la gymnastique, je nage pour garder la forme de la voix » et d’ajouter « le spectacle est un moyen d’expression, quelque chose qui me permet de se sentir mieux. Quand je commence à monter sur scène pour faire les improvisations, physiquement, j’ai besoin de crier, de sauter en l’air, de bouger et ça c’est la scène qui le permet ».
Le spectacle pour Khaled est un véritable cadre de liberté. Tout a débuté il y a six ans lorsqu’il a acheté « ses petites machines » à lui avec lesquelles il travaille actuellement sur scène dans divers spectacles. Grâce donc à ces « petites machines »,on pourrait dire ses compagnons de voyage, il produit des sons et les superpose « j’ai appris à m’en servir très rapidement et une fois que je les ai maîtrisés, je suis monté sur scène et j’ai commencé à faire des improvisations ».
La musique qui accompagne son spectacle et les thèmes qui y sont proposés est née de ces improvisations. Et il y a moins d’un an, il a travaillé sur la mise en scène (« bienvenue dans ma tête ») pour finir ces chansons. Son spectacle, comme il l’a fait savoir, c’est quelque chose qu’on ne peut pas raconter ni expliquer, c’est quelque chose qu’on doit aller voir ou assister. Entre conte, chanson, comédie, Khaled K ne laisse rien au hasard « j’aime bien mélangé tout ça. C’est pour ça que mon spectacle est multidimensionnel ».
Pour cet ancien technicien en régie lumière qui a appris ce métier en regardant des spectacles, c’est la curiosité, le fait d’être seul sur scène et de ne pas répondre à une demande, à une règle qui lui a donné l’envie de trouver quelque chose à improviser ce qui explique son attachement à la liberté « je le fais de manière inconsciente. J’ai besoin de liberté surtout quand il n y a pas de frontières, de limites pour pouvoir bouger à travers le monde donc musicalement j’ai pu le faire. Il y a une seule question qui m’a guidé : c’est pourquoi je ne suis pas l’autre ? ».
Une question banale dira –t-on. Mais Khaled K s’est toujours interrogé et s’interroge encore sur l’histoire de l’humanité, sur certains crimes comme par exemple le conflit entre les indiens et les cow-boys. « Je me suis toujours intéressé aux indiens d’Amérique sans savoir beaucoup leur histoire mais je sais qu’il y a eu des génocides monstrueux. Je me suis posé la question pourquoi les indiens ont été décimés de cette manière ».
Dans « Bienvenue dans ma tête », on retrouve toutes les dimensions de l’univers humain : ce qui fait qu’on a le far West c’est-à-dire les cow-boys avec leurs pistolets, les moines tibétains dans un recueillement et une spiritualité très forte, les fous qui dansent dans les boites de nuit.
Son spectacle est une transposition de la vie réelle sur la scène, une sorte de regard sur la planète puisqu’on y voit toutes les couleurs et toutes les représentations de la vie humaine et à la fin Khaled nous invite inconsciemment ou consciemment à se poser la question suivante : pourquoi ne sommes-nous pas l’un de chacun ?
Dans son spectacle, il y met beaucoup de finesse et de sensibilité, des images qu’on voit tout le temps comme par exemple les gens qui ont des chapeaux sur la tête sous le soleil dans les rizières avec les jambes dans l’eau et qui cueillent ou font le piquage, de l’indien d’Amérique jusqu’aux petites marionnettes chinoises. Leur point commun c’est que ce sont des gens qui s’inscrivent dans la tradition c’est-à-dire qu’ils n’ont aucune technologie à leur disposition, ils ont juste la terre et des moyens rudimentaires.
Le voyage, la liberté, la menace, la mort, la joie de vivre, la peur…tout y est représenté. Et mieux encore, quand il joue avec la marionnette, c’est vachement agréable dans la sonorité !

Babacar Baye NDiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

Sœur Carmen

Une Sœur au chevet des femmes mauritaniennes. Depuis 14 ans, cette sœur espagnole de Notre Dame d’Afrique, travaille comme volontaire au croissant rouge mauritanien et dirige le centre de formation de Péka 10 où des centaines de femmes apprennent trois ans durant les techniques de couture et de teinture ainsi des cours d’alphabétisation.

« Je suis en Mauritanie depuis le 13 janvier 1993. Depuis mon enfance, j’ai toujours travaillé à la promotion de la femme. Je pense que la femme mauritanienne comme toute femme africaine c’est elles qui sauveront demain l’Afrique ».
Le croissant rouge mauritanien a ouvert trois centres de formation à Nouakchott, à Dar-Naim, à Dar-El-Barka et à Péka 10. Depuis 1993, Sœur Carmen dirige le centre de formation de Péka 10. Chaque année, ce centre accueille plus de cinquante femmes qui sont formées pour trois ans. Outre cela, ce centre accueille les enfants de ces femmes qui n’ont pas encore atteint l’age de la scolarisation.
Aujourd’hui, avec la coopération espagnole et une ONG qui s’appelait la MPDL (mouvement pour la justice et la paix) Sœur Carmen a réussi à construire et meubler une boutique située en face de l’ancien hôpital de Sebkha. « Le but de la boutique c’est de faire connaître les produits que les femmes mauritaniennes du croissant rouge font dans les trois centres de formation, raconte-t-elle. C’est pour créer une porte de sortie pour les femmes mauritaniennes. Les femmes peuvent avoir du travail mais où écouler leurs produits, d’où l’idée de mettre en place cette boutique. Malheureusement nos clients ce sont les toubabs et ces derniers préfèrent les robes à l’européenne faite avec des couleurs et des teintures africaines ».
Pourtant, les femmes de ces trois centres participent à toutes les expositions notamment la journée du 8 mars dédiée à la femme pour promouvoir et faire connaître leurs produits. Alors comment faire ? S’interroge Sœur Carmen. « Pas un centime d’aide de la part de l’état mauritanien. Les autorités ne savent même pas qu’on existe. Peut être qu’elles le savent maintenant puisqu’en 2005 il y a eu la reine d’Espagne qui est venue en visite officielle en Mauritanie. Elle est venue visiter notre centre à Péka 10. En ce moment-là, notre centre est sorti à travers les médias mauritaniens et espagnols. J’ai reçu des coups de fil de partout et les gens me disaient que Carmen nous sommes contents de vous on vous a vue à la télé ». Depuis lors, la situation n’a pas changé et les problèmes subsistent. Sœur Carmen reconnaît qu’elle ne peut pas tout faire à elle seule, qu’elle passe parfois des nuits entières sans fermer l’œil parce qu’elle n’a plus de quoi payer la nourriture, de quoi nourrir les enfants. Comme elle le dit, ce n’est pas le paradis. « Si ce n’était pas mon pays, il y a longtemps que ce centre n’aurait plus existé, lance-t-elle. Maintenant, nous allons vers une autonomie financière car les gens ne peuvent pas être assistées durant toute leur vie et ce n’est pas bon. La Mauritanie doit s’habituer à pouvoir trouver par elle-même ces propres fonds pour fonctionner. Ce n’est pas normal qu’un centre de formation qui délivre un diplôme aux femmes, que ce diplôme n’ait pas une valeur officielle. Les autorités mauritaniennes doivent se rendre à l’évidence que ce sont des centres de formation et qu’elles doivent prendre en considération ces diplômes ».
Babacar Baye Ndiaye.
Le Rénovateur Quotidien

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