• Accueil
  • > Archives pour octobre 2007
( 7 octobre, 2007 )

En attendant le changement !…

Certains, pour des raisons historiques et évidentes ont bien voulu le changement. Mais finalement, il n’a pas eu lieu. Là aussi, pour des raisons de rapports de force défavorables. En attendant, un vent de changement soufflerait-il sur le pays au million de poètes ?

Les achats de conscience ! C’est un mal et une turpitude. Un avilissement moral, humain et intellectuel. Une honte pour la démocratie, le progrès et le développement social. Nous ne remettons pas en question le fait que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdalmlahi ait été élu souverainement par le peuple mauritanien. Que les élections aient été transparentes et respectueuses des règles du jeu démocratique et électoral. Que le nouveau Président fraîchement élu soit le Président qui « rassure » ou l’homme qu’il faut à la situation actuelle du pays pour des raisons de stabilité politique et sociale. Mais voilà : nous en avons notre claque de ces sempiternels messieurs qui entourent notre Président et qui ont fait campagne avec lui. Ces messieurs-là ont eu à chapeauter ce pays. Et nous savons sur quelle rive ils l’ont fait échouer ! Après la publication définitive des résultats du second tour de l’élection présidentielle par le conseil constitutionnel, j’en ai conclu sans savoir pourquoi : encore cinq ans pour ces messieurs là qui, décidément, sont nés je suis tenté de le dire pour être les éternels faiseurs de Président. Mais bon que faire ? Telle est la volonté de la majorité populaire. Et pourtant durant la campagne électorale, on a salué et claironné la maturité du peuple mauritanien ce qui reste à prouver. Soit. Mais un fait est là essentiel : les élections ont été libres et acceptées par les acteurs et, pour la première fois depuis l’indépendance de notre Etat, les mauritaniens peuvent rêver d’un monde meilleur. Et il aura fallu attendre quarante sept ans pour qu’ils voient leur Président issu des urnes et élu démocratiquement. Organiser des élections libres et démocratiques est une bonne chose mais le véritable salut du peuple mauritanien passe d’abord par une véritable réconciliation nationale. Le mal est si viscéral et les problèmes sont tels qu’il est surréaliste voire maladroit de penser que seul Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, si volontaire et si plein d’intentions soit-il, sortir la Mauritanie de sa léthargie actuelle. Le prochain quinquennat s’annonce laborieux. Et c’est peu dire en affirmant ici qu’il sera un quinquennat à dur labeur.
Qu’on le veuille ou non, les organisations de la société civile ont un rôle primordial a joué dans la continuité du processus démocratique et post électoral. Elles en sont conscientes et ont promis en de multiples occasions d’appuyer le futur Président et son équipe pour trouver des solutions consensuelles à ces dossiers nationaux. Les organisations de la société civile ont fait des propositions dans ce sens au futur gouvernement, notamment le lancement d’une action de réconciliation nationale et la consolidation de l’unité. La promotion du dialogue et de la démocratie est une bonne chose. Et je pense qu’à cet égard, il faut éviter les « deux poids deux mesures ».
Ne nous voilons pas la face. Ce n’est pas en accumulant des frustrations, des passions, des rancoeurs qu’on parviendra à s’en sortir. Et selon toute vraisemblance, l’après Ely pourrait être ou bien la continuité d’un système de gouvernance démocratique entamée par le CMJD ou bien le retour au culte de la personnalité. Et ce serait dommage et signifierait que le processus électoral aura accouché d’un avorton et de surcroît déçu les espérances des millions de citoyens mauritaniens.
On se rappelle que tous les leviers de commande politique et le dispositif de sécurité étaient concentrés entre les mains de Taya et du clan des « vieux barrons sans tonsures » du PRDS. Ainsi donc, avec l’arrivée de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, ont opéré un come back spectaculaire ces messieurs là qui ont fini par faire l’état comme étant leur propriété privée.
Le pouvoir est une tentation, dit on. Qu’en sera-t-il de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah ? Respectera-t-il ses engagements pris devant le peuple durant la campagne électorale et réitérés dans son discours du 26 mars à l’hôtel Khaima ? Observera-t-il et fera-t-il observer la loi de manière juste et équitable sans discrimination de couleurs ?…
Autant d’interrogations substantielles qui peuvent tarauder tellement le risque de voir le pouvoir devenir une propriété clanique est grand. Et si on n’y prend pas garde, l’héritage de la transition du 3 Août 2005 risquera de voler en éclats. En attendant que le changement ait lieu, sera-t-il une malédiction ou une bénédiction pour le peuple mauritanien ?

Babacar Baye NDiaye

( 7 octobre, 2007 )

Le Sénateur de M’Bout rallie le Parti de Ould Maouloud

C’était hier, au siège de l’UFP à Tevragh Zeina que le nouveau sénateur de M’Bout, Monsieur Youssouf Sylla a tenu une conférence de ralliement à laquelle fut conviée la presse nationale et internationale. Le sénateur Youssouf Sylla désormais membre de l’UPP qui était accompagné de responsables de l’UFP dont Monsieur Mohamed Ould Maouloud, candidat à la présidentielle du 11 mars 2007, a annoncé son adhésion à l’UFP.
Youssouf Sylla a entamé sa déclaration d’adhésion en remerciant d’abord l’assistance plus particulièrement la presse nationale pour annoncer son adhésion à l’UFP. Selon ses propres termes, c’est un choix qu’il a fait dans l’intérêt de la Mauritanie et pour soutenir le candidat Mohamed Ould Maouloud qui, à ses yeux, représente la clé du changement pour notre pays. Il a par ailleurs souligné qu’il a choisi librement d’adhérer à l’UFP parce qu’il pense que c’est son devoir de choisir ce qu’il estime être bien pour son pays et que c’est dans ce cadre là qu’il faut placer son ralliement.
Le sénateur a tenu à rappeler aussi que la question de son appartenance à la coalition des « indépendants » est tranchée, qu’il n’est plus un indépendant mais qu’il appartenait désormais à l’UFP, qu’il n’a jamais pris de contact avec qui que ce soit pour lui dire qu’il faut rester « indépendant ». « J’ai choisi d’aller dans un parti, j’y vais » lance-t-il avant d’ajouter selon sa propre expression qu’il est à corps et à âme à l’UFP. Au sujet des raisons de son ralliement à ce parti, Mr Sylla a laissé entendre que c’est une conviction personnelle puisque si tel n’était pas le cas, il pouvait se rallier à d’autres partis qui ont « beaucoup d’argent, beaucoup de moyens et beaucoup d’influences ». Il a noté que sa décision a été facilitée par l’approbation des populations de M’Bout qui ont adhéré à sa démarche.
Enfin, le candidat Mohamed Ould Maouloud, prenant la parole a remercié le sénateur Sylla pour son adhésion à l’UFP et salué sa décision qui dit-il, est une décision courageuse et qu’il espère que beaucoup d’autres élus emprunteront la même voie. Il a terminé en remarquant que l’UFP en sort renforcé. Mohamed Ould Maouloud a souligné que l’influence du Sénateur sera d’un grand apport car c’est une personnalité très connue et qui a une influence au-delà de M’Bout où il a prouvé son poids. Cet atout permettra à l’UFP d’être la force dominante à M’Bout.

Babacar Baye N’Diaye

( 7 octobre, 2007 )

Ibrahima Moctar Sarr:« Personne ne peut imposer à lui seul ses idées dans ce pays »

Pour aboutir à un consensus national, il faut qu’il y ait dialogue. C’est la conviction de Ibrahima Moctar Sarr, leader de la formation politique Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) qui a tenu sa première conférence de presse trois semaines après son congrès extraordinaire des 18 et 19 août dernier. A part quelques anecdotes racontées avec beaucoup d’humour et des propos moralisateurs tenus à l’endroit des journalistes rien de nouveau sous le soleil. Même discours et même tempérament sur les questions nationales. Que d’opinions déjà entendues !

Au cours de toute la conférence de presse qui a duré presque un quart d’heure, Ibrahima Moctar Sarr s’est appesanti essentiellement sur la nécessité de régler le problème de la cohabitation entre les différentes composantes nationales, de faire le point sur ce qui s’est passé, de panser cette plaie béante ouverte par le régime du Président Ould Taya, de mener une véritable investigation pour situer les responsabilités.
«Il y a des crimes qui ont été commis dans ce pays, dit-il. L’Etat ne peut pas s’arroger le droit de les amnistier facilement. Ce sont les victimes et les ayant droits qui peuvent pardonner.
Dès que les faits seront cernés, les dommages réparés, il sera très facile que les ayant droits et les victimes accordent leur pardon pour que la Mauritanie reparte sur de bons pieds ».
Et selon Ibrahima Moctar Sarr, il ne peut y avoir de cohabitation harmonieuse sans que les questions essentielles -problème de l’esclavage et celui du passif humanitaire entre autres- ne soient résolues et sans que l’Etat ne prenne pas les dispositions pour réparer les torts.
«On ne peut pas parler à quelqu’un qui a des blessures ouvertes qui ne sont pas encore fermées, à quelqu’un qui a été déporté hors de chez lui, à quelqu’un qui ne sait pas comment ses proches ont été tués, à quelqu’un qui a les chaînes aux pieds en tant qu’esclave» affirme-t-il sur un ton visiblement ferme et pantelant. «Si la justice nationale ne fait pas son travail, la justice internationale le fera» avertit-il. «Chaque problème doit être réglé correctement. Mais les problèmes doivent être pris en compte par l’Etat avec la solidarité nationale» a-t-il préconisé.
Sur toutes les questions essentielles qui concernent le pays, l’AJD/MR, en corrélation avec tous les autres partis politiques qui partagent ses points de vue, est prêt à aider le gouvernement dans ce qu’il y a d’essentiel et d’important à réaliser dans la mesure où le gouvernement veut aller de l’avant. «Mais, a-t-il précisé, nous ne manquerons pas de mettre l’accent sur les insuffisances, de nous opposer à toute action qui va dans le sens contraire des intérêts de la Mauritanie ».
En outre, l’AJD/MR a estimé d’abord, pour qu’il y ait consensus national ou discussion consensuelle, il faudrait qu’on règle certains préalables à savoir : définir l’identité de la Mauritanie, déterminer comment on doit faire le partage du pouvoir politique entre les différentes composantes nationales, définir comment on peut redistribuer les richesses nationales du pays. Et pour Ibrahima Moctar Sarr, les réparations doivent d’abord être prioritaires car elles conditionnent tout le reste du processus de réconciliation nationale.
. «Une fois qu’elles sont faites, nous pouvons maintenant engager un débat autour des éléments consensuels qui peuvent permettre une meilleure cohabitation » a-t-il laissé entendre. Reste à savoir comment ces «chantiers» seront accueillis par le gouvernement.
«Ce qui fait notre problème, confie-t-il, c’est que nous avons toujours cherché nos différences. Nous avons toujours mis l’accent sur ce qui nous différencie. Nous n’avons jamais cherché à savoir ce qui nous unit.»
Et pour montrer qu’on peut aboutir à un consensus national, l’AJD d’alors avait mis en chantier à la veille de l’élection présidentielle de février 2007 le Mouvement National pour la Réconciliation qui avait comme leitmotiv de créer une osmose au sein de la société mauritanienne et de permettre surtout aux mauritaniens de se réconcilier entre eux-mêmes.
Cette première rencontre qualifiée d’historique par un Ibrahima Moctar Sarr décontracté n’était pas fortuite peut-on dire sans se gourer. C’était pour dans un premier temps s’adapter «au changement de contexte» politique qui se singularise maintenant par «une évolution notable dans le pays». C’était aussi l’opportunité pour l’AJD/MR de marquer la «rupture avec une orientation politique et une façon de faire la politique ». Car, «nous venons d’un régime d’exception, a-t-il rappelé, un régime qui avait pratiquement monopolisé tous les pouvoirs, un régime qui avait dénié au peuple mauritanien le droit de s’exprimer».
C’était aussi l’occasion pour lui d’encourager la presse dans l’assainissement des mœurs politiques et le respect des droits de l’homme.«Je lui suggère encore d’assainir la profession pour que le journaliste comprenne qu’il ne lui ait pas donné d’écrire ce qu’il veut. Il y a une manière de faire du journalisme. On peut faire le journalisme sans passion. On peut faire aussi un journalisme engagé dans le sens des intérêts de la Mauritanie »
Et aux journalistes qui font du panégyrique, du bidonnage ou autres choses, il sermonne. «Il est permis de donner son point de vue mais il faut toujours éviter que ce point de vue aille dans le sens contraire des intérêts de la Mauritanie».
Diantre ! Quand est-ce que nos hommes politiques arrêteront-ils de nous sermonner ?

Babacar Baye Ndiaye

( 7 octobre, 2007 )

La tuberculose

Nos populations sont de plus en plus victimes de la maladie tuberculeuse et de ses complications. Une maladie grave et qui peut toucher les poumons ou toutes les autres parties du corps mais aussi une maladie qui peut se guérir.

« En Mauritanie, 6000 nouveaux cas environ sont attendus chaque année et moins de 4000 sont dépistés annuellement par les services de santé ». le constat du programme national de lutte contre la tuberculose est d’autant plus alarmante que d’ores et déjà dans le monde 3 millions des décès sont dus à la tuberculose. Entre 8 et 9 millions de personnes y souffrent de la maladie. En Mauritanie à en croire les études hospitalières cette situation traduit que plusieurs sujets sont atteints par cette maladie sans pouvoir bénéficier des soins gratuits de prise en charge des cas de tuberculose par manque d’information ou par ignorance. Parce que la maladie tuberculeuse n’a plus aucun secret pour la médecine et qu’un suivi médical respecté peut guérir définitivement le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales milite pour une prise de conscience des populations. « Les pouvoirs publics ont mis en place au niveau de chaque centre de santé les moyens nécessaires pour le dépistage et le traitement de tous les cas suspects ou atteints de la maladie tuberculeuse : des laboratoires pour le dépistage, de médicaments gratuits pour le traitement et des personnels formés sur les stratégies nationales et internationales de prise en charge des cas », précise Sadna Ould Baheida Ministre de la Santé et des Affaires Sociales. La mortalité élevée tient au retentissement de la maladie sur plusieurs organes. Parmi lesquels : les poumons, les os, les ganglions, les reins, le cerveau, le cœur, etc. Un problème d’autant plus crucial que la bacille de la tuberculose se propage dans l’air lorsqu’une personne atteinte de tuberculose pulmonaire tous ou éternues. Une autre personne peut alors inhaler la bactérie qui se fixe dans ses poumons. La transmission peut alors se faire par voie sanguine vers les autres appareils de l’organisme. Les études faites sur la tuberculose sont préoccupantes. Elles soulignent une grande méconnaissance de la maladie tuberculeuse et de ses conséquences…90% des Mauritaniens ne se sentent pas menacés par cette maladie, plus une personne sur trois pense qu’elle ne concerne que des populations à risque, et un sur quatre pense qu’il y a de moins en moins de contamination ! En aucun cas, nous ne pouvons affirmer que l’épidémie est contenue. Selon les données les plus récentes, chaque année, on enregistre plus de 6000 nouveaux cas et moins de 4000 seulement sont dépistés annuellement par les services de santé. De plus en plus on assiste à un relâchement très inquiétant que la prévention et une expansion de la maladie au sein de toute la population. Non seulement les Mauritaniens pensent ne pas être menacés par la tuberculose mais presque un sur trois croit à tort qu’il n’est pas une personne à risque ! Avec le soutien du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales, de l’Organisation Mondiale de la Santé, du PNUD et du Global Fund, le Programme National de Lutte contre la Tuberculose a souhaité établir une meilleure prise en charge de la maladie en Mauritanie et se donner les moyens de la guérir. Oui ! La tuberculose est une maladie qui se guérit. Les antibiotiques antituberculeux utilisés ont permis à des milliers de personnes atteintes de tuberculose de guérir définitivement. A cette occasion, un manuel de sensibilisation a été élaboré et diffusé au niveau de toutes les composantes de nos populations.

Babacar Baye N’Diaye
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

Bourrage de crâne

Comment sortir aujourd’hui du gouffre, des ténèbres, de l’inconnu…la culture mauritanienne ? C’est la seule question. Plutôt hâbleurs que créatifs nos hommes politiques ont-ils favorisé l’émergence d’un mauritanien de loustic nouveau ? A cette immense interrogation nos hommes politiques ne prétendront pas fournir une réponse. Mais ils la poseront autrement. Lutte contre la pauvreté, lutte contre la mauvaise gestion économique, protection des ressources naturelles, promotion de la démocratie, des droits de l’homme, des libertés fondamentales…Tous les jours, à la télévision, à la radio, dans les journaux, on nous serine souvent à longueur de journée ces genres de priorité au demeurant biturant. En Mauritanie, parler de lutte contre l’ignorance peut paraître surprenant à bien des égards. La lutte contre l’ignorance en évidence n’est pas une orientation pour les autorités politiques. Oui on me dira qu’il y a le ministère de l’analphabétisme. Oui on me dira qu’il y a aussi le ministère de la culture et patati et patata. Mais existe-t-il vraiment des efforts allant dans ce sens ? A-t-on mis en place des programmes de lutte contre l’ignorance ? 11mars pilule déjà à l’horizon. En ligne de mire, les élections présidentielles. Des candidatures tous azimuts. Des alliances électorales à n’en pas douter. Objectivement aujourd’hui quel est cet homme politique parmi les candidats qui peut se targuer d’avoir inscrit dans son programme le développement du savoir et de la culture en Mauritanie ? Mieux. Quel est ce régime qui s’est véritablement investi dans la promotion du binôme savoir culture quel est ce ministre de la culture des indépendances a nos jours qui peut dire voila ce que j’ai accompli dans le domaine culturel ? Quel est ce régime qui a pu construire des bibliothèques des centres de documentation des maisons de lecture publique, (même si elles ont existe elles n’ont pas survécu) ; des centres culturels, des lycées modernes, des structures de formation adéquates, d’autres pôles universitaires…partout dans le pays ? Nous ne parlons même pas de structure de promotion culturelle. Heureusement qu’il y a le centre culturel français Antoine Saint- Exupéry de Nouakchott et d’autres centres culturels arabes (Marocain et Egyptien). Que serait la situation si ces derniers n’existaient pas ?
Certes, la Mauritanie est un pays sous développé avec ses réalités socio- économiques exaspérante, avec ces populations à bas revenu. Certes, ce que les autres n’ont pas bâti en un siècle voire plus, nous Mauritaniens on ne le fera pas en deux lurettes. On sait tout ça. Mais on sait aussi que ce laïus a fait son temps et qu’il ne se justifie plus à lui seul. Aujourd’hui les autorités des régimes anciens ou actuels doivent malheureusement se sentir responsables de leurs coulpes notamment dans le domaine des choix d’intégration. On l’a dit et répété : les nations émergeantes ont puisé leur propre parangon de réussite dans leur histoire et leur tradition tout en épousant le pas de la mondialisation.
La culture mauritanienne est-elle moribonde ?
Cette question a souvent lanciné mon esprit. L’édition est essentielle dans la diffusion du savoir. Comment donc comprendre que la Mauritanie n’ait pas encore une structure d’édition. La situation dans ce domaine comme dans bien d’autres domaines de la culture est patente et fâcheuse. Depuis plus de 50 ans, les régimes militaires ou civils qui se sont succédés n’ont rien fait dans la promotion du savoir pénalisant ainsi des générations entières. Les exemples ne manquent pas.
Jusque là, nos autorités n’ont pas investi dans le savoir ni se sont investies dans la promotion de nos produits culturels. L’administration en s’écartant de cette voie a ouvert la porte à l’ignorance et à la méconnaissance. Et aujourd’hui, peu de Mauritaniens lisent ou non pas accès à la lecture ou à l’information alors qu’on parle de NTICs, d’ouverture à tout va. Les librairies qui participent à la promotion du savoir, on peut les compter du bout des doigts. En matière de production littéraire, on a envie de glatir. Evidemment, il y a des auteurs qui essaient tant bien que mal de presser le pas. Mais, Allah que de chemin encore à parcourir. On a l’impression que la production est en régression. Heureusement là aussi qu’il y a M’Barreck Ould Beyrouk (Et le ciel a oublié de pleuvoir), Mohamed Baby ( Bilal), Elimane Ould Mohamed Baba (De mémoire de Nouakchottois), Mohamed Ould Hattatt (Meurtre au cabanon 3) etc…
Mais, faudrait-il que l’Etat s’y mette pour qu’on ait plus à revenir sur ce qu’on a écrit…

Babacar Baye N’Diaye
Le Rénovateur Quotidien

( 7 octobre, 2007 )

Journée Mondiale des Enseignants

Une manifestation célébrée dans la sobriété

Le Syndicat National de l’Enseignement Secondaire (SNES) a célébré dans la sobriété vendredi dernier la «Journée Mondiale des Enseignants» sous le thème «des enseignants et des enseignantes de qualité pour une éducation de qualité». Non seulement, il n y a pas eu de manifestation officielle pour célébrer cette journée dédiée aux enseignants du monde entier mais celle-ci est passée inaperçue dans notre pays. Le Ministère de l’Education Nationale a brillé par son absence. Méconnaissance ou omission involontaire ? Ou alors a-t-il estimé inopportun de célébrer cette journée ?

Le Président de l’Internationale de l’Education (I.E.), Thulas Nxesi, a estimé dans son discours lu par le Secrétaire Général du SNES, Idoumou Ould Boudide à l’occasion de cette Journée Mondiale des Enseignants que «des ressources humaines et financières supplémentaires devront être investies si l’on veut parvenir à une éducation publique gratuite et de qualité d’ici 2015».
Le Président de l’I.E. a profité de cette journée pour tirer la sonnette d’alarme car la situation en matière d’éducation surtout des enfants est assez critique. «Plus de 70 millions d’enfants sont encore privés de leur droit fondamental à l’éducation » a-t-il indiqué et selon lui, «au-delà de l’objectif de permettre à tous les enfants d’aller à l’école, nous devons aussi faire diminuer la taille des classes de 80 enfants ou plus à un niveau acceptable de 40 enfants ». Il a également attiré l’attention sur la situation de l’éducation qui prévaut actuellement en Afrique où «les systèmes d’éducation publique font face à de multiples défis».
La célébration de la «Journée Mondiale des Enseignants» de l’année 2007 organisée sous le patronage de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) intervient en Mauritanie dans une circonstance assez caractéristique marquée par certaines décisions esquissées par le Ministère de l’Education Nationale visant à muter la trombine du système d’enseignement mauritanien miné par des années de statisme : test du 23 et 24 juillet dernier destiné à évaluer le niveau d’enseignement en Mauritanie, transparence dans les candidatures pour le recrutement des DREN et des IDEN et enfin les critères précis dans l’élaboration des choix des postes d’affectation.
Les syndicats se sont confrontés à une absence de dialogue avec leur Ministère de tutelle qui a pris à certaines occasions des décisions unilatérales. A titre d’exemples, nous pouvons citer les critères de choix des DREN et des affectations. Néanmoins, les syndicats ont salué l’esprit d’ouverture de l’actuelle Ministre de l’Education Nationale madame Nebghouha Mint Mohamed Vall.
Le thème de la journée mondiale des enseignants et enseignantes de cette année a mis l’accent sur le lien entre les conditions de travail des enseignants et les conditions d’apprentissage des enfants.
«Dans de nombreux pays, les enseignants reçoivent à peine un an de formation initiale voire moins. Pire encore, dans des pays comme le Niger, la plupart des enseignants et enseignantes du primaire ne reçoivent qu’une formation de quelques semaines et sont ensuite considérés comme des enseignants diplômés» fait remarquer Thulas Nxesi qui considère cette situation complètement inacceptable et d’ajouter «sans formation adéquate, il est tout simplement impossible de délivrer le programme d’enseignement de haute qualité que nous voulons donner et auquel tous les élèves ont droit». En outre, le Président de l’I.E. a exigé des gouvernements qu’ils appliquent les recommandations de l’UNESCO/OIT relative à la condition du personnel enseignant et procèdent aux investissements publics nécessaires pour que les enseignants puissent faire leur travail de manière correcte et professionnelle.
Certes, la Mauritanie souffre d’une pénurie d’enseignants qui est défi entre autres auquel fait face notre système d’éducation publique qui doit permettre en effet que tous les enfants aillent à l’école pour que l’objectif du millénaire pour le développement sur l’éducation soit réalisé. Mais, la réalisation de cet objectif passe incontournablement par un environnement de travail décent, des salaires permettant de vivre dans de bonnes conditions, un traitement égal et équité des droits pour les femmes, un développement professionnel initial et continu, une implication dans l’élaboration des politiques et une négociation collective pour défendre et renforcer les droits des enseignants.
En marge de cette journée mondiale des enseignants, le SNES a tenu à l’endroit de ses membres un exposé informatique sur les dernières décisions prises par le Ministère de l’Education Nationale ainsi que sur le contenu des négociations avec le Ministère de tutelle.

Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 5 octobre, 2007 )

Géraldine Laurent

Une jazzwoman d’exception

Elle est devenue une jazzwoman de manière circonstancielle. Une manière peut être pour elle de se faire plaisir ou de faire plaisir. Dans le cadre d’une tournée africaine, elle a fait escale à Nouakchott pour faire apprécier au public mauritanien son jazz captivant.
« Géraldine Laurent se révèle comme une jazzwoman d’exception : fougue, mise en place, racines et originalité, risques pris, paris tenus avec un swing ébahissant ». Belle phrase de Télérama écrite sur Géraldine. Phrase qui résume la particularité atypique de cette jeune française de la Rochelle âgée seulement de 32 piges. Normal dira-t-on quand on a été principalement influencée par les parangons de la musique jazz comme Charlie Parker, Sony Rollings, Eric Dolphy, Ornette Coleman, John Coltrane…
Du conservatoire de Niort aux salles de répétitions de Paris avec Laurent Bataille, Géraldine a su se faire une place dans le Panthéon des jazzwoman de la planète. De ces petites répétitions va naître un groupe qui portera un nom étrange : « Time Out Trio ». Du coup, ce groupe va participer à des concerts. Ce fut le début d’une aventure et voilà depuis quatre ans que Géraldine Laurent, Laurent Bataille et Yoni Zelnick travaillent ensemble et voyagent ensemble.
Et pourtant, Géraldine n’avait jamais rêvé dans sa vie ni imaginé de faire de la musique jazz puisque son domaine de prédilection à elle, c’était la musique traditionnelle. Par hasard donc, « J’ai appris le saxophone au conservatoire et mon professeur aimait beaucoup le jazz. C’est lui à vrai dire qui m’a fait découvrir et aimer cette musique qui est une musique essentielle et importante ».
Ayant compris très vite les exigences du métier, que c’est une vie artistique et professionnelle avec des engagements et des contrats à satisfaire et à respecter, elle veut sans outre mesure supporter la charge qui pèse sur ses épaules car pour elle, « la musique, on en aura jamais fini » même si parfois il lui arrive parfois de se sentir effilochée. « Oui, ça m’arrive souvent comme tout le monde. Paradoxalement, c’est très difficile de faire de la musique et de transcender tout ça, d’essayer à chaque fois, de changer, de faire mieux, de ne pas se répéter, de travailler pour avancer ».
Time Out Trio nous fait revivre sur scène les standards de jazz, les chansons de comédie musicale américaine des années 30 et 40. La sortie de leur album est prévue pour le mois de Septembre prochain. Le jazz est aujourd’hui considéré comme une musique traditionnelle voire séculaire. Donc, il est plus facile pour les autres musiques comme le Rap, le Rock, le R’n’B d’avoir un public de plus en plus expansif. « Le jazz se porte au mieux on va dire. Mais bon, il y a un problème de diffusion comme toutes les autres musiques. C’est vrai qu’il est moins diffusé que les autres. Cependant, il y a toujours un public important pour le jazz. C’est un peu comme la musique classique et les musiques traditionnelles », estime Géraldine Laurent.
A part cela, il y a une explication beaucoup plus convaincante. « Je pense que tout ça est lié à un problème économique comme pour beaucoup de problèmes en général c’est-à-dire que ce qui peut rapporter beaucoup d’argent, ce n’est pas forcément le jazz ou certaines formes de création qui ne sont pas à consommer tout de suite. Donc ceux qui diffusent cette musique si ça ne leur rapporte pas beaucoup d’argent, ils ne vont pas s’y intéresser alors que s’ils distribuent du rap ou autre chose, ça leur rapporte beaucoup d’argent ».
Quand elle n’est pas sur scène, elle adore faire du piano, sortir, aller dans les bons restaurants, s’amuser. Eh oui, elle est un cœur à prendre et pas besoin de lui demander ce qu’elle attend. « J’attends un marié » répond-elle en souriant.

Babacar Baye NDiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 5 octobre, 2007 )

Règlement du passif humanitaire

S’inspirer des parangons sud africain et marocain ?

Dans de nombreux pays du monde où des processus de changement ont été engagés après des périodes de graves violations des droits de l’Homme, des commissions indépendantes ont été mises sur pied. En Mauritanie, incontestablement, les autorités se sont engagées dans un processus de réconciliation nationale. Mais les prémices d’une véritable volonté de faire toute la lumière sur le passif humanitaire tardent à voir le jour. Face aux intimidations à peine déguisées de ceux qui ont engendré cette parenthèse de l’histoire de la Mauritanie, les autorités feront-elles black out ou vont-elles privilégier la vérité ? Va-t-on s’acheminer vers la mise sur pied d’une commission indépendante ?
Contrairement à une certaine idée répandue, et à ce que pensent certains responsables de partis politiques, il ne s’agit pas d’indexer des personnalités de l’armée ou du pouvoir, ni de faire la chasse aux sorcières encore moins d’engager des procès tous azimuts. Ni la haine en réponse à la haine. Mais de faire la lumière sur ce qui s’est passé de 1986 à 1991 en matière de violations des droits de l’Homme en Mauritanie dans le cadre du passif humanitaire en s’inspirant de certains exemples bien connus en Afrique quitte à envoyer des missions d’informations dans ces pays. C’est à partir de là et de là seulement qu’on peut enclencher des procédures allant dans le sens de la réconciliation nationale. Car, aujourd’hui, qu’est-ce qui garantit véritablement la non-répétition des dites violations ?
Quoiqu’il n’ait pas aisé d’apporter des solutions consensuelles à la problématique du passif humanitaire, il y a cependant des paradigmes de mécanismes que la Mauritanie peut adopter dans le cadre d’un règlement juste de cette question sensible et épineuse. Reste à savoir comment et quand mettre ou adopter ces mécanismes pouvant permettre une issue heureuse sans occulter les questions de fond.
Par rapport aux compensations des victimes, certes, la réponse est complexe. Mais il appartient à l’Etat mauritanien avec les bailleurs de fond de voir ce qui est possible et ce qui n’est pas possible de faire, de voir comment compte-t-il procéder aux compensations des victimes tout en esquivant que la balance ne se penche ni à gauche ni à droite. Car, les victimes de ces violations des droits humains ont subi des préjudices moraux, physiques et matériels.
En outre, comment se départir de toutes formes d’instrumentalisation de la question du passif humanitaire ? Ce n’est pas un secret de polichinelle : le passif humanitaire est un problème extrêmement complexe et très difficile qu’il faille traiter avec beaucoup de lucidité et de responsabilité. Et c’est un fallacieux prétexte de dire qu’on est en train d’instrumentaliser la question du passif humanitaire sur le plan politique et qu’aussi l’armée ne doit rien répondre. Ils ignorent par-là que la question du passif humanitaire est avant tout un problème politique parmi tant d’autres problèmes politiques que connaissent la Mauritanie et qui demeurent les problèmes de tous les mauritaniens.
Comment construire une vision consensuelle dans le cadre d’un règlement du passif humanitaire ? La Mauritanie n’a pas droit à l’erreur. Non ! Car, aujourd’hui, elle est sous les lumières, pour paraphraser Alioune Tine Secrétaire Général de la RADDHO, de la communauté internationale qui s’intéresse à ce qui se passe, se développe en matière de démocratie et de droits humains.
En Mauritanie, les victimes des tragédies successives, entre 1986 à 1991, se comptent par centaines de milliers. Comme il a toujours été préconisé dans le traitement du passif humanitaire, les responsables des violations des droits de l’Homme doivent avoir le courage d’assumer leurs actes et de se présenter devant la justice. Dans ce domaine, l’Afrique du sud et le Maroc qui est un pays voisin où des exactions graves ont été commises sont des parangons qui peuvent servir la Mauritanie. Et pourquoi les autorités de la République ne s’inspireraient-elles pas de ces expériences africaines qui ont pourtant merveilleusement réussi ?
Dans ces deux pays africains, les autorités ont mis sur pied des commissions qui ont sérieusement travailler et de manière indépendante à ce que de telles violations ne puissent plus se reproduire, que des garanties soient données en ce sens et que cette douloureuse page soit tournée. Mais également à définir et à faire officiellement et publiquement reconnaître l’ampleur que les exactions ont eue dans leur pays, ainsi que les mauvaises répercussions qu’elles ont pu avoir sur les personnes des victimes, sur la cohésion du tissu social et sur le principe même du respect des dispositions de la loi.
La Mauritanie n’est pas une exception et ces exemples sont bel et bien applicables à notre pays. Ceci ne peut se faire que dans une commission indépendante qui devra faire dans un premier temps le bilan aussi complet que possible des violations graves des droits de l’Homme nées de ces événements douloureux qu’a connus la Mauritanie mais aussi en dernier lieu rendre aux victimes de ces événements leur dignité civique et humaine comme cela a été le cas au Maroc et en Afrique du Sud. La création d’une telle commission serait toujours bénéfique et il y a urgence de la créer pour qu’elle s’acquitte de sa mission relative au travail de mémoire et à la réconciliation nationale. Mais un processus de réconciliation suppose les étapes suivantes qu’il faut bien mettre en homogénéité pour esquiver des tâtonnements qui n’aboutissent qu’à des impasses : la reconnaissance, le repentir, le pardon et la restauration. Quant à la composition de la dite commission, elle peut comprendre des représentants des victimes choisis librement par eux et qui sont les premières à être victimes, des organisations de défense des droits de l’homme en Mauritanie, de la société civile, d’ONGs humanitaires…bref, une commission composée d’une équipe pluridisciplinaire de plusieurs membres. Les modalités pratiques reviennent à l’Etat à qui il appartient de les définir. Il s’agira par conséquent de réparer le tort vécu par les victimes qui ont seules la plénitude d’amnistier.
Ces commissions, dans ces deux pays, ont démontré leur importance grandissante dans le processus de réconciliation se déroulant dans ces pays où de graves violations des droits de l’Homme ont été constatées notamment celle de faire recouvrer leur dignité aux victimes des violations, de susciter une reconnaissance publique et officielle des peines qu’elles ont endurées et de consacrer les valeurs des droits de l’homme.
Les victimes ne demandent pas trop. Juste qu’on leur dise la vérité sur les mobiles des exactions commises contre elles. Sans doute, les compensations sont nécessaires mais ce ne sont pas le plus important. Mais la vérité.
Babacar Baye Ndiaye
Le Rénovateur Quotidien

( 5 octobre, 2007 )

Des chantiers prioritaires

S’il y a une situation qui a pu préoccuper et rassembler tous les mauritaniens, loin des identifications politiques et communautaristes, c’est bien celle de la stabilité politique et sociale du pays. Durant la campagne électorale, mais également dans des débats organisés par les médias nationaux et étrangers sur le processus électoral en Mauritanie, beaucoup de thèmes ont été évoqués et débattus par les 19 candidats chacun y apportant sa corbeille de propositions et de contribution. Les partis politiques, la presse, les organisations de défense des droits de l’homme et de la société civile ont accordé une part capitale à ces sujets qui étaient jusque là occultés ou considérés comme tabous, ou mis en seconde importance. On a entendu les propositions des uns et des autres, reste maintenant à les réunir dans un cahier de charge et les mettre en application dans l’intérêt de la Nation et du pays.

La moralisation de l’administration

Dans le cadre de l’assainissement des finances publiques, le prochain gouvernement devra avoir comme cheval de bataille la moralisation de l’administration qui passerait nécessairement par la lutte contre l’impunité et la corruption. Et sur cette question, tout le monde devrait se mobiliser pour apporter sa contribution par rapport à ces deux maux qui ont gangrené l’appareil d’état durant plus de deux décennies. Les solutions ne manquent pas. Comme cela se fait ailleurs, une commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLI) serait la bienvenue. Cette commission aurait pour rôle entre autres de punir en cas de preuves avérées la réalisation de profits personnels ou l’obtention d’avantages de toute nature ainsi que la corruption passive ou active, la concussion et le détournement. Toujours par rapport à cette question, beaucoup de candidats ont proposé durant la campagne électorale des mesures allant dans ce sens. Il faudra pour remporter ce pari, doter cette commission des moyens financiers, matériels et humains afin qu’elle soit indépendante et joue pleinement son rôle de veille.

La question de l’unité nationale

C’est une question primodiale et d’un enjeu majeur. Et pour preuve, elle a occupé une place importante dans tous les programmes et discours des candidats qui pensent qu’il faut nécessairement rebâtir entre les mauritaniens la confiance qui a été écornée durant les années 90. Mais sur quelles bases devra se faire l’unité nationale ?
Le premier jalon va consister d’abord à procéder aux réparations et préjudices civils durant la période du règne du Président Taaya. Que tous les torts qui ont été faits soient réparés pour tous les déportés et les réfugiés mauritaniens. D’autres par contre pensent qu’il faut aller au fond des choses pour savoir réellement quelle a été l’étendue de la spoliation des terres et des violations et quelle a été la dimension du problème afin qu’il soit traité au mieux ? Toujours sur cette question, Sidi O / Cheikh a même préconisé s’il est élu de mettre en place un Observatoire des Droits de l’Homme qui va régler définitivement toutes les questions relatives aux problèmes des réfugiés, des veuves des victimes des douloureux événements de 1989 et 1991. D’autres, comme Ahmed Daddah, proposent l’organisation d’une réconciliation nationale. Il y a aussi le problème du partage du pouvoir politique qui a été souvent monopolisé par une ethnie ou une famille qui détenait tous les leviers de commande de l’état, de l’économie et de tous les espaces de la vie nationale. Enfin, il y a le problème de la répartition des richesses nationales qui n’ont pas véritablement profité aux populations les plus démunies. Tous ces problèmes devraient être traités de manière consensuelle pour aboutir à une véritable réconciliation nationale. Fort donc de ces éléments, comment tourner la page sans pour autant réveiller les démons du passé de manière à favoriser la réconciliation ?

D’autres priorités

La question culturelle suscite encore des débats au sein de la population mauritanienne de même que la question des langues qui n’est pas définitivement réglée même si c’est une question tranchée par la constitution. La Mauritanie est un pays multi culturel et multi linguistique. Pourquoi donc favoriser une langue au détriment des autres ? Cette inégalité est plus visible au niveau de la radio et de la télé.
Depuis des décennies, l’armée a joué un rôle non négligeable dans la structure de l’appareil d’état pour des raisons politiques et électoralistes. Actuellement, la non ingérence de l’armée dans les affaires politiques et publiques est plus que d’actualités. Avec l’arrivée du CMJD au pouvoir, le contexte politique a changé à partir du moment où la transition est venue. Une chose est certaine avec ce régime militaire, la Mauritanie s’est débarrassée d’un régime dictatorial. Quel sera alors le rapport du futur chef de l’état avec l’armée ? Autrement dit si l’Etat de droit et la vie politique se feraient sans l’intervention de l’armée ?
Selon toute vraisemblance, l’après transition pourrait être la continuité des acquis démocratiques et leur préservation, la mise en place d’un nouveau système de gouvernance fondé sur des bases égalitaires. Meme si c’est vrai que chaque période avec les événements qui la caractérisent et la façonnent, on ne s’empêcherait pas de glapir désormais, plus rien ne sera comme avant. Vive la démocratie et l’état de droit seules garanties de liberté et de justice sociale ! Ces valeurs universelles n’appartiennent à personne !

Babacar Baye Ndiaye

( 5 octobre, 2007 )

Quand le passif humanitaire divise la grande muette !

Le débat autour du passif humanitaire suscite beaucoup de remous dans l’armée qui a eu à jouer un rôle prééminent dans les événements tragiques de 1989-90-91. C’est en 1986 que les premiers actes contre la communauté négro mauritanienne ont eu lieu avec son point culminant la parenthèse de 1990 et 1991 ou plus de 500 militaires Négro mauritaniens ont été exécutés, accusés de vouloir renverser le régime du Président Taya.
Durant sa campagne présidentielle, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah avait affirmé sa réelle volonté politique de trouver une issue heureuse à la question du passif humanitaire. Deux mois après son investiture, il fait une déclaration officielle dans laquelle il reconnaît le rôle de l’Etat et affirme derechef sa volonté de trouver des solutions justes et objectives à ce dossier qui constitue un lourd et difficile héritage que lui ont délégué le CMJD et le régime de Taya. Quelques jours après ce discours officiel, une délégation interministérielle composée du Ministre de l’intérieur Zakaria Yall et du Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République Yahya Ould Ahmed El Waghef se rendent dans les camps des réfugiés mauritaniens qui se trouvent au Sénégal. De même que des campagnes de sensibilisation et d’explication sont menées auprès des populations, de la société civile, des partis politiques et des autorités religieuses afin de les associer dans le programme de retour des réfugiés mauritaniens concocté par l’Etat.
Toutefois, malgré de telles tentatives, le passif humanitaire semble relégué au second plan. On dirait que cette question serait en train d’être banalisée et occultée par les pouvoirs publics du moins à l’heure actuelle. Pour quelles raisons ? Et par rapport au passif humanitaire, le président de la république soutient l’engagement de l’Etat mauritanien à mener une « enquête honnête et sérieuse » en vue de connaître le nombre exact de personnes qui ont été tuées au cours de ces événements et permettre à leurs familles de recouvrer tous leurs droits.
Tout le monde sait qu ‘une partie de l’armée nationale a les mains et les bras bien trempés dans le dossier du passif humanitaire. Au sein de cette républicaine, il semblerait qu’il y ait des officiers qui éprouvent une peur bleue. Pour ce qui est de la question judiciaire du passif humanitaire, deux tendances se dégagent : d’une part, ceux qui se sentent mouillés et qui ne voudraient pas qu’on en parle. Cette tendance, parait-il, n’hésiterait pas à agir, à semer la zizanie, si on l’ accusait d’avoir participé à ces événements, des menaces à peines voilées. Cette tendance ainsi donc n’aurait pas intérêt que cette question soit soulevée. L’autre aile est plus favorable à la mise sur pied d’un mécanisme d’identification des auteurs. A cet égard, certains officiers célèbres du défunt CMJD ont estimé de leur part avoir les « mains propres » et souhaiteraient qu’on ré-ouvre le dossier et que la lumière soit faite par rapport aux exactions commises au nom de l’armée.
Qui est bourreau et qui ne l’est pas ? Difficile à répondre. Ce qui est sûr et certain, c’est que cette question du passif humanitaire divise l’armée. Et à l’extérieur, l’image de notre armée nationale est galvaudée par son passé tumultueux. Au sein de l’armée, ils sont légion, ceux qui veulent que les choses soient clarifiées et les responsabilités situées. L’armée doit être à l’image du pays. En matière de commandement militaire, la discrimination est patente Dans cette armée, il n y a pas de volonté d’instaurer un esprit d’équité et de justice Pourtant le problème peut- être réglé en s’inspirant des exemples marocain et sud africain. Les compensations ne devraient pas obnubiler les ayants droits au point d’occulter le côté juridique du dossier. Ou alors, pourquoi les bourreaux ne présenteraient-ils pas leurs excuses aux victimes qui ont par ailleurs le droit de savoir dans quelles conditions leurs maris ont été trucidés ? En outre, par rapport au plan de règlement, c’est à l’Etat de voir les modalités pratiques. Les veuves disent ne point s’ opposer au pardon. A condition que les bourreaux avouent leurs crimes.
Aujourd’hui, c’est un défit, si l’état veut régler aussi le passif humanitaire, le premier signal fort qu’il devrait entreprendre, c’est de démettre les officiers de certains commandements de l’armée. Le Président de la République en est certainement conscient. C’est sans doute ce qui explique qu’il est en train d’opérer des mutations en douceur au sein de la grande muette. Le CMJD avait penché sur les méthodes à utiliser dans le cadre du passif humanitaire. Mais il y a eu cependant un relâchement à l’époque. Les bourreaux peuvent avoir une porte de sortie honorable. Encore faudrait-il qu’ils assument leur leurs actes et aient le courage de reconnaître ce qu’ils ont commis.
Comme ce sont des militaires, n’avaient-ils pas agi sous commandement ? Un autre débat dans un débat.


Babacar Baye Ndiaye

123456...11
« Page Précédente  Page Suivante »
|