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( 4 octobre, 2007 )

La réalité de l’épidémie du VIH/SIDA en Mauritanie et les possibilités de traitement des malades

Quelles sont les principales informations sur les virus du Sida ? L’engagement du gouvernement mauritanien face à la maladie ? La prise en charge des malades au Centre de traitement ambulatoire de Nouakchott ? La prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant ?…Ces questions ont été abordées lors d’une conférence/débat au CCF ce mercredi 13 juin animée par le docteur Clouzeau de la coopération française, le docteur Abderrahmane Ould Mohamedoune du CTA de Nouakchott et Mme Cira qui pilote l’expérience PTME de Sebkha.
Selon les termes du docteur Clouzeau, la lutte contre le VIH/SIDA passe d’abord contre la lutte des tabous puisque le sida est une maladie rattachée à la sexualité. C’est dans ce cadre que le centre national de lutte contre le sida a été crée, dirigé par le Premier ministre et regroupant différents ministères, la Société Civile, le secteur privé et les religieux. Par ailleurs, c’est le CNLS qui coordonne les financements de la lutte contre le sida comme par exemple le projet MAP financé entièrement par la Banque Mondiale à hauteur de 21.000 USD de même que le projet du Fonds Mondial qui avoisine 17.000 USD. Le CNLS définit et applique le cadre stratégique en optant une approche multisectorielle et décentralisée.
Les grands axes de la lutte contre le sida passe aussi à en croire toujours le docteur Clouzeau par la connaissance de l’épidémie, la prévention de la transmission, le dépistage, le traitement des malades, la lutte contre la discrimination et la prévention de la transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant(PTME). Depuis 1994, il y a la trithérapie et l’association des médicaments antirétroviraux qui permettent au prix de nombreuses contraintes de restaurer progressivement les cellules détruites par le virus du VIH/SIDA. En Mauritanie, depuis deux ans, ces traitements existent. La situation épidémiologique dans notre pays n’est pas pour le moment trop inquiétant comparativement à d’autres pays. Dans notre pays, 12.000 personnes portent le virus du VIH/SIDA dont 1.250 seulement sont prises en charge au CTA tandis que chaque année il y a 1.500 nouvelles infections. Le sida est une maladie comme le diabète et il est possible de se protéger par l’abstinence, la fidélité ou en utilisant le préservatif(même si ce n’est pas une protection absolue c’est mieux pour se protéger du virus), de se faire dépister à travers les centres de dépistages volontaires, aux femmes enceintes de se faire dépister dans les nouvelles structures ou de se faire traiter.
Avant 2003, la prise en charge pour les personnes portant le VIH/SIDA se faisait au centre de traitement ambulatoire de Dakar. Depuis le 1er décembre 2004, il a été crée le centre de traitement ambulatoire de Nouakchott situé au sein de l’hôpital Sebkha. En 2000, plus de 650 dépistages ont été effectués dans la plus grande confidentialité, l’anonymat, la gratuité. Cependant, reconnaît le docteur Abderrahmane Ould Mohamedoune, les consultations médicales sont très longues et parfois très contraignantes. La distribution des médicaments pour le traitement est gratuite. Hormis cela, il y aussi le soutien psychologique du centre en dehors de la distribution des médicaments et du suivi biologique.
L’expérience de la Prévention de la transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant(PTME) lors de la grossesse et de l’allaitement du centre de Sebkha a été exposée par madame Cira. La mise en place de la PTME de Sebkha a démarré le 1er décembre 2005 et a été opérationnel depuis avril 2005 pour des raisons de manque de laboratoire. Durant cette période selon elle, 4990 femmes ont bénéficié de dépistages gratuits. 44 d’entre elles ont été déclarées positives et toutes les femmes séropositives ont été conduites au CTA pour une prise en charge. En Mauritanie, on estime qu’il y a plus de 1035 femmes enceintes porteuses du VIH/SIDA. Le dépistage des femmes enceintes est bien possible dans notre pays et selon madame Cira, la contamination des enfants n’est pas une fatalité.
Durant cette conférence-débat, il y a eu le témoignage d’un PVVIH mauritanien qui fait partie des premières personnes bénéficiant du traitement du VIH/SIDA au Sénégal. Son nom c’est Mohamed Mouloud. Quand il a découvert sa séropositivité en 2002, il a, dit-il, senti la mort dans l’âme puisqu’il a perdu son emploi et se sentait rejeté. Maintenant, avec le traitement antirétroviral, il va mieux et il compte se remarier et reprendre ses activités. Il a par ailleurs stigmatisé l’attitude des médias et de la presse qui ne parlent pas de cette maladie. Il a par ailleurs expliqué comment la PVVIH peut vivre secrètement parce qu’il a peur d’être découvert, aller discrètement au CTA, prendre son traitement en cachette, ne pas oser en parler à son entourage. Le sida comme il l’a rappelé n’est pas une maladie contagieuse. C’est une maladie transmissible. Il appelle par conséquent la société à ne pas ajouter à la souffrance physique la souffrance morale. «Je ne suis pas parti au marché pour l’acheter ».

Babacar Baye Ndiaye
ducdejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 4 octobre, 2007 )

Baguiss

Le groupe qui veut donner des ailes à la musique Bambado

Le Bambado est une musique séculaire qui se transmet de père en fils. Des siècles durant, les gardiens de cette musique ont chanté la bienséance, la vie des marabouts, des guerriers, les louanges d’Allah et de Son Prophète Mohamed (P.S.L)…Le Bambado fait partie de notre patrimoine musical et pour ne pas perdre ce trésor sacré, millénaire, Baguiss, nom d’un groupe de jeunes musiciens mauritaniens, est né pour sauvegarder cette musique, la faire rayonner et lui imprimer un nouveau cachet.
Leur spectacle au CCF, ce mercredi 16 mai, était leur baptême de feu. Mais déjà depuis trois ans ce groupe existait et les musiciens ont décidé de faire quelque chose de nouveau par rapport à ce qui se fait en matière de sonorités dans le milieu musical mauritanien. « On avait envie de changer cet état d’esprit musical qui avait tendance à balancer dans le mbalax sénégalais. Tous les groupes mauritaniens qui font de la musique poulaar mettent 3 ou 4 percussions alors que cela donne des sonorités authentiquement wolof », souligne Laye Thiam manager du groupe. Ainsi donc, résister contre vents et marées au mbalax sénégalais, dire non à tout cela et améliorer la musique Bambado, tel semble être désormais le credo de ces jeunes musiciens. Mais quoiqu’il en soit, Laye Thiam admet cette réalité. « Baba Maal a très tôt chanté dans nos oreilles. On ne pouvait pas y échapper. Il faut le reconnaître » et la sortie de l’album ? « On ne se presse pas, on prend notre temps pour mettre quelque chose de nouveau dans les oreilles ». Tout est dit en une phrase. Il n y a pas une certaine ouverture de cette musique qui se cherche encore et qui est une musique typiquement traditionnelle. « Si on parle de Bambado, on ne peut pas dire que c’est une musique moderne. C’est une musique qui se singularise par le Hodu. Maintenant, on veut sortir cet instrument dans cet univers traditionnel. Par exemple, pourquoi pas ne pas jouer du Hodu avec un contre bas, des instruments modernes ?» poursuit Laye Thiam.
Ce qui préoccupe Baguiss dans leurs chansons c’est surtout l’éducation des enfants. Certainement, parce qu’ils en ont. Leur style musical est empreint de salsa, de zook, du pentatonique malien, du jazz et du blues. Rester sur la scène à dénoncer ou à critiquer, ce n’est pas leur tasse de thé. Ils préfèrent laisser cela entre les mains de leurs frangins rappeurs. Mais pour autant, ça ne les empêche pas de faire entendre leurs voix sur certaines situations.
Partir, partir, partir claironne les jeunes. Mais Guéladio, lead vocal du groupe, qui a eu la baraka de bourlinguer en Europe, a du mal à comprendre l’acharnement et l’obsession des jeunes à vouloir coûte que coûte émigrer. Pour lui, ces deniers sont des complexés qui ne veulent partir parce que Samba est parti.
Issu d’une famille de Bambado c’est-à-dire de griots, Guéladio a commencé à jouer de la musique à l’age de 18 ans. Son père, Saidou Bâ, faisait partie de l’orchestre national de la Mauritanie. Son inspirateur ? Ali Farka Touré. « Il était un ami à mon père et l’appelait maître. Un jour, alors qu’il séjournait chez nous, il m’a offert sans délier bourse une guitare parce que je lui faisais du thé. Il m’a dit : « fils, joue et soie musicien ! ».
Conscients du rôle qu’ils doivent apporter à la sauvegarde de cette musique, les musiciens de Baguiss, veulent s’ouvrir en même temps aux autres musiques et non pas rester accrochés à leur terroir. Parce que la musique est universelle aussi, Baguiss en est conscient pour se faire un passage nécessaire et conquérir d’autres publics.

Babacar Baye Ndiaye
ducedejoal@yahoo.fr
Le Rénovateur Quotidien

( 4 octobre, 2007 )

Nicole Vignote: »Je me sens plus proche de la Mauritanie maintenant que de la France »

«Je suis très attachée à ce pays, j’aime bien le désert, les cultures mauritaniennes et je trouve que les gens sont chaleureuses, respectueuses et fidèles en amitié.» Ces paroles pleines de sincérité et dites avec beaucoup d’émotion sont de Nicole Vignote, une française à la fois peintre, sculpteur, poète et artiste nomade, installée en Mauritanie depuis octobre 1998.

Son dada : aller à la rencontre des autres, découvrir d’autres publics ! Tout comme Ulysse et le chevalier à la triste figure, elle part à la quête des autres, d’elle-même et de l’aventure.

Animée par «un désir culturel» insatiable, elle voyage au Maroc, au Burkina Faso, au Cap Vert, en Espagne, en Suisse, au Canada, en Tchéquie et au Sénégal. Pas étonnant donc quand elle écrit : «voyage, voyage et fertilise ton regard car le soleil n’éclaire pas que la beauté».

Elle laissera son instinct l’a guidé. Là voilà qui découvre la Mauritanie, cette «autre planète» où elle parviendra à tisser et avoir de bonnes relations amicales. Bourlingueuse dans l’âme, elle multiplie ses expériences et fait beaucoup d’échanges avec des «gens, des enfants, des publics en difficultés, des enfants psychotiques».

Car, estime-t-elle, l’art est au service de toutes les causes puisqu’elle s’inscrit dans le développement. Très dynamique mais peu loquace, caractéristique des artistes, dans le domaine artistique, elle a eu à travailler avec beaucoup d’autres artistes comme elle.

D’ailleurs, son CV, très éblouissant et bien fourni témoigne d’un parcours assez singulier et truffé de moments exceptionnels.

En Mauritanie, elle sera à l’origine des premiers «ateliers pour enfants», de la première «maison des artistes». Elle co-fondera la première «association des artistes mauritaniens». Elle est aussi à l’origine du «cercle des poètes». Bref, une femme impliquée et qui a beaucoup joué dans la mutation de l’espace artistique mauritanien.

Parce qu’un artiste, a-t-elle laissé entendre, doit être impliqué dans la société. Et elle est encore plus optimiste qu’auparavant, elle qui a presque participer à l’éclosion de certains mauritaniens aujourd’hui.

«Je crois, dit-elle, que les choses vont bouger. J’ai déjà vu les choses bouger depuis que je suis là puisqu’il n y avait pratiquement rien quand je suis arrivée. Je pense que ça évolue mais les artistes mauritaniens doivent savoir qu’ils ont encore beaucoup à apprendre».

Autodidacte, elle abandonnera cette voie pour dit-elle «se concentrer à son travail d’artiste» qui avait pris place dans son cœur. Ce qui préoccupe Nicole Vignote ? Les enfants, leurs droits. La preuve : au mois de juin dernier, elle a été commissaire d’une manifestation sur «les droits des enfants» organisé par «Terre des hommes» en collaboration avec les élèves de l’école Diam-Ly.

Cette exposition s’est déroulée au musée national où un débat sur les droits des enfants a été organisé. D’ailleurs, un autre sur les droits des enfants sera organisé dans ce mois de septembre au CCF de Nouakchott. Une vraie artiste !

Depuis 1981, Nicole Vignote a vraiment vécu dans le milieu des artistes, des peintres, des sculpteurs et des musiciens dans le quartier de la Bastille à Paris où ses aptitudes artistiques qui dormaient en elle se sont véritablement réveillées.

L’art, pour elle, c’est une manière de s’ouvrir au monde, une façon de restaurer mais surtout d’aller vers les autres, d’appartenir «au regard des autres et à tous».

Cette «envie de se confronter à d’autres cultures» reflète parfaitement sa personnalité, sa nature. Elle s’intéresse à tout : à la poésie, au théâtre, au patrimoine. En un mot, tout ce qui est culturel.

«La culture, dit-elle, c’est un facteur de développement. Un pays ne peut pas se développer sans culture. C’est impossible ! Il faut préserver d’une part son patrimoine car la création d’aujourd’hui est le patrimoine de demain. C’est aussi l’image d’un pays à l’extérieur.»

Voilà presque 10 ans qu’elle est en Mauritanie ! Et c’est avec beaucoup de connaissance qu’elle parle de ce pays qui l’a adoptée, de la société mauritanienne dans laquelle elle se sent bien et à l’aise.

 «La Mauritanie, affirme-t-elle, est en train de bouger. Et c’est bien parce qu’on assiste depuis août 2005 à l’émergence de beaucoup d’initiatives. Il y a vraiment beaucoup de gens qui veulent faire beaucoup de choses et c’est bien de les encourager.»

Cependant, a-t-elle avoué, «j’ai beaucoup de choses à apprendre encore en Mauritanie. J’en apprends tous les jours». Très édifiante non !

La France son pays, sa famille et ses amis lui manquent beaucoup. Et ce n’est pas l’argent sans doute qui l’a retenue en Mauritanie. «Il y a très peu d’artistes qui gagnent beaucoup d’argent précise-t-elle. Même en Europe, il y a beaucoup d’artistes en difficultés.

Malgré certaines contraintes, des moments «de petits découragements», elle ne pense pas qu’elle va abandonner ce noble métier au profit d’un autre. La raison ? L’amour de la peinture et la création sont plus forts que tout !

 Pour elle, la liberté est fondamentale dans la création, dans l’art et dans l’œuvre. «Un artiste doit être quelqu’un de libre, quelqu’un qui doit pouvoir exprimer tout ce qu’il pense».

Même si elle est en Afrique, elle garde pour autant «sa manière de s’exprimer» dans le domaine artistique. Et là aussi, il n y a pas d’ordre précis. Tout est fait dans un engrenage. Les choses s’enchaînent les unes dans les autres.

Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

Une autre image de Nouakchott

Des égouts qui dégorgent à longueur de journée, de la fumée piquante provenant de déchets carbonisés, des espaces transformés en dépôts d’ordures, des tas d’immondices jonchant les périphéries des routes, des eaux usées déversées partout…Nouakchott ventre-saint-gris ! est en train de s’effondrer sous le poids des saletés.

Nos espaces naturels, s’ils n’ont pas déjà disparu, sont dans un état de décrépitude très inquiétante. Et aucune mesure n’est prise jusque là pour parer à cette prolifération vertigineuse de ses «plaques d’impuretés » dues à la folie et à l’acharnement des hommes sur notre écosystème qui est de plus en plus acculé.

S’il ne l’est déjà. Ajoutée à cela, la pollution atmosphérique qu’engendrent ces «bus », ces tacots, ces vieilles carcasses d’une autre époque. Et en sus, des embouteillages de plus en plus taquinants et insupportables occasionnant ainsi des pertes de temps considérables et inestimables pour notre économie. Sans parler des charrettes qui encombrent les grandes artères de la capitale et des édicules construits souvent à proximité des routes.

A vrai dire, Nouakchott ressemble à tout sauf à une ville propre, une ville écologique, une ville où on peut avoir la certitude de vadrouiller en inspirant et expirant de l’air pur. D’ailleurs, ces temps qui courent, il n’est pas surprenant de constater des personnes «allergiques » aux puanteurs de masquer leur bouche et leurs deux fosses nasales tellement que ça empeste partout.

Nouakchott, naturellement, a besoin d’une cure, des opérations d’embellissement du genre «quartiers propres » ou «ville propre ». Déjà que c’est insupportable, qu’en sera-t-il si des pluies torrentielles tombaient sur notre capitale ?

L’image de Nouakchott est écœurante et désarmante. Ce n’est pas digne d’un pays qui veut se faire respecter. Et voilà des années que ça dure, finalement, on a l’impression que les populations, faute de solutions et de secours, se sont accommodée de cette atmosphère nauséabonde et étouffante.

Pas de protestation ni de marche pour protester contre cette situation. Pendant ce temps, au lieu de nettoyer ces «images sales et irrespectueuses », les autorités compétentes semblent fouetter d’autres chats. Nouakchott ressemble à une femme décatie et dans ce pays, l’hygiène publique ne semble guère préoccuper personne. Dans quelle capitale sommes-nous alors ? Certainement, pas dans une capitale aux charmes irrésistibles !

Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

L’affaire de la drogue : où en sommes-nous ?

Celle ci défraye encore la chronique. Pour preuve, les saisies se suivent. La drogue suscite beaucoup d’inquiétudes, d’interrogations, de supputations créant beaucoup de remous dans l’opinion.

Au vu de la lenteur judiciaire qui entoure cette affaire peut-on donc penser qu’elle a été classée dans la layette des «affaires indésirables » ? Ou alors les autorités en charge de cette affaire sont-elles en train de faire un travail de fourmi pour pouvoir appréhender les personnes concernées de près ou de loin par cette affaire ? La question taraude les esprits de tous les mauritaniens : où en est l’affaire ?

Jusqu’à présent, ils n’ont rien compris de cette affaire nébuleuse, leur lanterne n’étant pas toujours éclairée. On se demanderait même si elle ne serait pas purement et simplement étouffée par les pouvoirs publics qui, pourtant, au début de son éclatement avaient affiché leur ferme volonté de «faire toute la lumière », leur détermination à remuer ciel et terre pour trouver les responsables qui avaient introduit frauduleusement ces importantes quantités de drogue dans notre pays et de les traduire en justice qui qu’ils soient.

Certainement, ce n’était pas un spectacle de chahut que nous offraient les pouvoirs publics. Car, depuis lors, les mauritaniens n’ont rien «entendu » sur cette affaire.

Même si, il y a eu des suspects qui ont été appréhendés, nous serions tentés de croire que nous sommes en train d’assister à un étouffement «complice » de cette affaire extrêmement complexe et encombrante parce que tout simplement, selon certaines rumeurs, certaines présomptions, beaucoup de personnalités, de grandes personnalités, civiles, politiques ou militaires, bien connues, seraient mêlées jusqu’à la moelle de leurs os dans cette affaire.

Nous savons tous que ce ne sont pas les pauvres qui font ou feront entrer d’importantes quantités de drogue dans le pays par le biais des frontières, du port ou de l’aéroport. Nous savons aussi que des pots de vin sont souvent reçus par les responsables de ces sites pour faire passer invisiblement la drogue.

Dans ce pays, par le biais de ce commerce illicite, beaucoup de personnes sont devenues millionnaires ou milliardaires. Nous cacherait-on des vérités fracassantes dans cette affaire ? Des têtes vont-elles tomber ? Pour le moment, rien ne présage qu’on assistera à l’implosion de la vérité vue les lenteurs et les «obstacles » qui obstruent cette affaire dense de mystères.

Sauf si les autorités accéléraient le pas en mettant les bouchées double. La drogue, c’est une affaire, un cercle de réseaux hyperstructurés difficiles à démanteler. Mais là n’est pas le véritable problème. D’où les questions suivantes : les autorités vont-elles faire profil bas au détriment de la vérité ?

Où vont-elles combattre l’enrichissement illicite de cette catégorie qui s’enrichit d’un coup de baguette magique ? Les autorités en charge de cette affaire auraient-elles desserré le poing ? Tout porte à le croire sauf si…on nous disait où en est l’affaire ?

Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

La Faculté de médecine

En Mauritanie, c’est la mode. Il suffit qu’une personne influente décide que telle chose se fait à telle date, tel lieu pour que le projet soit lancé sans que cela réponde à une exigence de développement et de bien être social. Or, nul n’ignore que tels projets demandent du temps, de l’argent et bien sûr du sérieux.

Combien de créations, de projets qui devaient être bien réfléchies et bien étudiées sont nées dans la précipitation et sans études de faisabilité fiables. Une œuvre universitaire aussi grande qu’une grande faculté de médecine mérite-t-elle d’être fondée dans la plus grande anarchie, sans aucune concertation, entourée d’indifférence, emmitouflée dans l’anonymat absolu. Les mauritaniens savent-ils qu’ils ont une faculté de médecine ?

Quelle faculté ? Un bâtiment perdu au milieu d’une lucarne de l’hôpital national. C’est de là que la première promotion de futurs médecins subira une formation.

C’est là que des générations vont être sacrifiées sans pour autant bénéficier d’une formation académique et scientifique qui tiendrait en considération les exigences de qualité en matière d’offres de services hospitaliers.

Ces futurs médecins, sur quels critères de sélection ont-ils été choisis ? Et par rapport aux futures formations, les nouveaux bacheliers vont-ils être inclus dans cette phase de formation qui ne devait concerner que les nouveaux bacheliers ?

Ce n’est pas en formant des médecins, des infirmiers, du personnel soignant qu’on va venir à bout du manque de personnel criard dans les structures hospitalières du pays.

La création de cette faculté de médecine a été bien accueillie mais l’efficacité d’un tel projet laisse à désirer surtout dans sa mise en homogénéité. Le manque de concertation aussi dans ce projet a suscité beaucoup de mécontentement.

Alors qu’il urge de réformer le secteur de la Santé dans notre pays, il serait préférable de se pencher bien sur la balance en vue d’esquiver que la Mauritanie ne périclite.

Dans ce projet de grande envergure, est-ce que les moyens nécessaires ont été débloqués dans la réalisation d’un tel projet qui demande beaucoup de perspicacité et de sérieux. La Mauritanie dispose des professeurs éminents capables d’impulser cette entreprise mais faudrait-il encore qu’ils soient associés à cette œuvre.

Certes, la création d’une telle faculté répond à une exigence de demande de services de plus en plus forte. Il ne faudrait pas non plus omettre qu’un tel projet exige des laboratoires modernes, des recherches académiques entre autres. Et sur quelles bases les enseignants de cette faculté ont-ils été choisis ?

Avec un enseignement de plus en plus au rabais faut-il encore commettre les mêmes impairs en créant tous azimuts des facultés qui n’apporteront rien à l’enseignement universitaire mauritanien sinon que de l’appauvrir. Déjà, l’université de Nouakchott est abandonnée à elle-même, aucune perspective d’avenir ou de restructuration pour la sortir de son sommeil profond. Dans ce cas, faut-il accroître à la médiocrité, la médiocrité ? Certainement pas.

Babacar Baye NDiaye

( 4 octobre, 2007 )

La marche irréversible de l’Histoire!!!

Beaucoup de personnes, par étroitesse d’esprit, ne savent pas ou ignorent naturellement que l’Histoire, la Grande Histoire, lorsqu’elle est en marche, on ne peut l’appréhender, fut-on descendant d’Hercule.

Pour preuve, la trajectoire des pays dits «grandes démocraties » a été souvent jalonnée par des événements souvent douloureux certes mais denses de moralité du point de vue historique, morale, philosophique et politique.

Nous osons croire, même si comme le prétendent certains esprits brillants que comparaison n’est pas souvent raison, que la Mauritanie est en train d’arpenter la bonne piste elle aussi en essayant de sublimer, avec courage et détermination, autant dire tant bien que mal son passé douloureux et épisodique.

Peu importe, dans ce cas, qu’il y ait des personnes de mauvaise foi, des personnes enrubannées par le Diable qui essaient de secouer dans l’ombre les amarres de la barque dans laquelle nous sommes embarqués.

Parce que tout simplement, l’Histoire de notre République est en marche, une procession irréversible et inébranlable. Parce que maintenant, il est permissif de rêver, il y a des hommes et des femmes épris de justice sociale, de paix et de stabilité qui veulent recoller à leur manière les mille tessons de la bouteille, de réconcilier la Grande Mauritanie qui exige aussi de ses fils, de nous de la grandeur.

Parce que la volonté politique qui anime «ces hommes et ces femmes » laisse présager incontestablement des lendemains meilleurs. Car, les grands dossiers, ces dossiers encombrants – passif humanitaire, esclavage, déportés – qui n’ont jamais trouvé une oreille et un cœur sensibles, une issue et un règlement convenable, sont en train d’être pris à bras-le-corps par ces hommes et ces femmes.

A ceux-là, les générations futures leur seront redevables et reconnaissantes. Nous avons tellement envie de glapir bravo à eux tellement ça apporte du baume au cœur. Des ambitions, des initiatives que certains, ceux qui veulent enfouir la marche de l’Histoire, s’acharnent, on ne sait pour quelles raisons, à contenir.

Déterminés à résoudre ces problèmes, les pouvoirs publics n’entendent pas se laisser coiffer sur le poteau. D’ailleurs sur la question du règlement définitif du retour des déportés mauritaniens, des missions officielles sont parties pour essayer de voir comment coordonner ce vaste programme du retour des déportés.

L’horizon, pour ces «démolisseurs » de l’Histoire, se couvre d’autant que leurs actions ne suscitent guère de réaction immédiate. Bref, cette sorte de ligne rouge qui existait et existe encore entre les communautés disparaîtra à jamais un jour qu’on le veuille ou pas. Comment donc ne pas approuver et être sensible à ce qui est en train de se faire ?

Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

Quand le Ministère de la Culture et de la Communication donne le mauvais exemple !

L’absence des représentants du Ministère de la Culture et de la Communication, ce mercredi 27, au CCF, à l’occasion de la conférence sur «la stratégie nationale pour le cinéma » en marge de la SENAF, est tout simplement irrémissible, burlesque voire un opprobre.

Ce congé explique non seulement un manque de considération viscéral, mais il soulève également des interrogations quant aux déterminations véritables et politiques du Ministère de la Culture et de la Communication de faire avancer ou faire bouger l’Art et la Culture en Mauritanie.

En n’étant pas présents à la conférence, les représentants du Ministère de la Culture et de la Communication ont déshonoré le cinéma en Mauritanie et plus particulièrement Abderrahmane Ahmed Salem qui ne savait plus quoi faire sinon se disculper au près du public qui était venu assister à cette conférence qui n’a pas eu lieu finalement.

Ainsi donc, ils donnent raison à ceux qui ont toujours pensé ou plutôt reproché au Ministère de la Culture et de la Communication, son laxisme, son manque de soutien et de volonté politique à l’égard des arts et de la Culture. Pour éclore comme les pétales d’une fleur, notre cinéma national n’a pas besoin de mauvais exemples encore moins des représentants insoucieux.

Et au lieu de voler au secours de notre cinéma qui était presque à l’article de la mort, les autorités du Ministère de la Culture et de la Communication ont démontré une énième fois de plus que nous ne pouvons pas compter sur elles !

Hélas donc, pourra-t-on continuer indéfiniment, au mépris de l’Art et de la Culture, à compter sur un ministère dont l’unique talent est de nous abreuver des balivernes, des discours sans valeur et stériles, des promesses platoniques pour faire garder une bouture d’espoir et de confiance dans nos esprits ? Cette méthode assassine de faire rêvasser a fait son temps.

Elle a entraîné des leurres dans le cœur de ceux qui sont concernés par les arts et la culture, trucidé des initiatives o combien porteuses de fruits. Le Ministère de la Culture et de la Communication serait-il en train de se détourner de ses devoirs primaires à l’égard des cinéastes qui ne demandent pas trop ? Nous savons tous que ce n’est pas l’imagination et l’esprit d’initiative qui font défaut à la maison des cinéastes.

Loin s’en faut. Malheureusement et c’est dommage que la véracité dans le domaine de la Culture et de la Communication soit encore rébarbative et désarmante. Non, le Ministère de la Culture et de la Communication, n’a pas véritablement changé même si ceux qui y font la pluie et le beau temps tambourinent des airs de bonne volonté, claironnent à longueur de journée leurs desseins de bien faire et de bien réussir.

Certes, on peut bien faire à moins qu’on ne le veuille pas. Mais, s’il vous plaît, ne nous donnez plus l’occasion de gribouiller sur ce qui précède…et à y voir de près, nous avons parfois l’impression que ce ministère remet l’ouvrage sur le métier chaque fois. A quand la véritable rupture dans la pratique des choses ?

Babacar baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

Dur, dur d’être enfant de la rue!!!

Les enfants sont l’avenir d’une nation a-t-on coutume de dire. Ce n’est pas certainement ces enfants dont la tranche d’âge varie entre 7 et 15 ans qu’on associerait à ce principe séculaire.

Car, ces enfants de la rue vivent des situations dramatiques et inhumaines victimes souvent de malnutrition, d’accidents de la route, de violences, de toutes les corvées imaginables de la part de leurs «tuteurs ».

Ces enfants ne sont point protégés par les lois de leur République et leur droit à un avenir sain n’est point respecté. Qui ne les a pas vus, au bord des carrefours, des mosquées, des marchés en train de tendre lamentablement leurs mains droites en bravant parfois des situations scabreuses et mortelles. Ces images choquantes ne devraient laisser personne indifférente.

Les bonnes paroles ne viendront pas à bout de la mendicité des enfants tout court. Seuls un changement viscéral des mentalités et un engagement politique fort peuvent y parvenir.

Ces enfants aux regards pitoyables sont livrés à eux-mêmes, contractant souvent des maladies d’une autre époque, se débattant contre la mort ou vivant dans des conditions d’hygiène et de vie insalubre et exécrable. Ces enfants de la rue rencontrent tous les supplices de la vie, ignorent l’épanouissement et la joie de vivre.

La lutte contre la mendicité des enfants de la rue doit s’inscrire dans une campagne de sensibilisation, dans une lutte plus globale contre la pauvreté. Faudrait-il que nos législateurs votent une loi caractérisant la mendicité comme un délit ?

Encore faudrait-il associer les organisations qui défendent le droit des enfants et surtout combattre le mal par la racine à savoir en conscientisant les parents qui continuent d’envoyer leurs enfants «dans la gueule du loup » ? Car, à vrai dire, dans ces supposées «écoles coraniques », l’unique chose que les «maîtres » apprennent aux enfants durant leur séjour, c’est comment mendier.

Les enfants restent des enfants et il nous appartient de les tracer un avenir meilleur que celui lequel leurs parents les a jetés inconsciemment. Aidons-les à sortir de ce canevas et ne soyons pas complices de cette situation écœurante !

Babacar Baye Ndiaye

( 4 octobre, 2007 )

Les misères d’une presse!

Une fois n’est pas coutume. Si l’on fouinait dans les misères du métier de journaliste, dans les misères d’une certaine presse écrite de la RIM. Si, pour une fois, on confessait sans retenue, sans détours et à cœur ouvert, la vie des journalistes de cette presse écrite c’est à dire ses souffrances qui lui empêchent de vivre mieux dans le meilleur des mondes possibles. Objectivement, à quelques exceptions près, quel est cet organe de la presse écrite qui émerge vraiment, évolue clairement, bref s’en sort ?

Quelle est cette presse, qui peut se targuer d’être dans des conditions confortables ? Quel est ce journaliste qui peut s’enorgueillir d’avoir trouvé une autosuffisance financière ?

La preuve, beaucoup d’entre eux exercent d’autres fonctions parallèles. Ils sont instituteurs, professeurs et je ne sais quoi davantage. Parce que, il faut le dire, les salaires sont misérables et ironie du sort, les patrons se sucrent sur le de leurs employés(les journalistes).

Nous le savons tous : les journalistes vivotent, souffrent et ne sont point mis dans des conditions dignes de ce nom. Quittons maintenant ce chapitre pour parler de la liberté de presse et d’expression qui n’existe que de surface. Il n y pas véritablement de presse entièrement libre du moment où nous avons «la trouille » de publier ce que nous pensons et devons dénoncer. S

ur un autre front, le journaliste n’échappe pas aux coups de gueule de certains milieux politico-affairistes. Aux risques de poursuites judiciaires voire même d’emprisonnement.

Pour preuve : les journalistes subissent parfois des menaces de mort, des intimidations de toute nature. On les empêche, je ne sais pour quels motifs, d’accomplir convenablement leur métier.

D’un autre côté, entre le pouvoir et la presse, c’est souvent l’éternelle impossibilité de la cohabitation du chat et du chien. Cette presse écrite là, dont on claironne à longueur de journée son rôle primordial, ne vit que de misères, de miettes. Pas des ventes comme le croient certains.

Mais des abonnements. Et là aussi, ce n’est pas facile de percer pour certains. Il faut avoir des atomes crochus pour en bénéficier. Les subventions et les cartes de presse professionnelles promises par l’état tardent à voir le jour. Pendant ce temps là, que fait la HAPA ?

A vrai dire, nous pratiquons un journalisme d’amateur et rien n’est fait pour être dans «l’air du temps ». On ne développe pas une entreprise médiatique sans faire suivre les moyens. Pas n’importe lesquels ? Même pour aller à un reportage c’est la croix et la bannière.

Et le comble dans tout ça, c’est que parfois plus de deux journalistes sont obligés de se partager le même appareil photo, le même baladeur enregistreur. Comment peut-on faire du bon journalisme dans ces conditions ? En tout cas, ce n’est pas demain la veille. Toutes nos chaussures sont éculées et poussiéreuses…Zut !

Babacar Baye Ndiaye

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