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( 8 novembre, 2007 )

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely/ Président de l’Amicale «Paix sans Frontières»

 

  

«Tous ceux qui préconisent la rupture diplomatique avec l’Etat d’Israël sont contre la paix» 

 

Le Rénovateur : Pouvez-vous nous présenter d’abord votre Amicale «Paix sans frontière» ? 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : Notre association est une amicale constituée d’un réseau d’ONGs exerçant dans plusieurs domaines allant du développement social au développement culturel en passant par le développement économique. Elle est aussi constituée d’une élite intellectuelle de la société mauritanienne. Nous sommes convaincus du principe de la paix dans le monde entier et bien sûr sans exclure l’Etat d’Israël. 

 

Le Rénovateur : Cela veut dire que la paix est au cœur de vos préoccupations ? 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : Nous avons cette profonde conviction. Nous sommes convaincus que ce monde qui a beaucoup souffert de la guerre, de la haine, de la destruction, de l’inégalité, il doit y régner l’amour et le dialogue entre les pays et les peuples. Nous pensons que la Mauritanie peut jouer un grand rôle dans ce domaine. 

 

Le Rénovateur : Mais avez-vous déjà pensé à faire transmettre ce message de paix à l’intérieur du pays ? 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : Nous pensons que notre point fort en tant qu’amicale c’est d’être sur le terrain et en contact permanent avec les populations. Nous nous exprimons à la place de milliers de personnes qui n’ont pas le courage de s’exprimer. Cette nouvelle ère de démocratie est à saisir par le peuple mauritanien qui s’est toujours battu pour obtenir certains acquis. Nous pensons que les dernières démarches entreprises pour le retour des déportés et la criminalisation de l’esclavage sont des signes de bonne volonté et participent à l’instauration de la paix et de la justice dans notre pays. 

 

Le Rénovateur : Vraisemblablement, vous êtes apparemment pour le maintien des relations diplomatiques entre la Mauritanie et l’Etat d’Israël ? 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : Je pense que l’Etat hébreu est un état qui existe comme tous les autres états du monde. Qu’est-ce que l’Etat d’Israël a fait que les occidentaux n’ont pas fait ? 

 

Le Rénovateur : En prônant le maintien des relations diplomatiques entre la Mauritanie et l’Etat d’Israël, ne craignez-vous pas de subir les coups de fouet de ceux qui sont contre ce maintien en premier lieu les islamistes ? 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : Je pense que qu’il y a des gens qui sont porteurs d’un discours négationniste en Mauritanie en exploitant le discours politique pour influencer un peuple qui n’est pas en mesure de discerner et d’analyser le fond des choses. Tous ceux qui préconisent la rupture diplomatique avec l’Etat d’Israël sont contre la paix. L’Etat d’Israël a le droit à l’existence comme tous les autres peuples du monde et de vivre dans la paix. Nous ne sommes pas contre la création d’un Etat palestinien. Nous sommes pour la cohabitation pacifique de ces deux peuples. Ceci passe préalablement par le dialogue, l’ouverture, la tolérance et la confiance. 

 

Le Rénovateur : Ne risquez-vous pas d’être esseulé dans votre combat actuel à savoir le maintien des relations diplomatiques entre la Mauritanie et l’Etat Hébreu ? 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : Les gens ne sont pas contre notre initiative. Actuellement, les gens doivent sortir de leur timidité et de leur torpeur. Nous voudrions qu’ils se libèrent, qu’ils s’expriment librement et profiter de ce climat de démocratie et de liberté d’expression reconnue par la loi. C’est l’occasion ou jamais. Les gens ne sont pas contre le maintien des relations diplomatiques entre la Mauritanie et l’Etat Hébreu. 

 

Le Rénovateur : Votre démarche, y a-t-il des raisons sous-jacentes qui l’expliquent ? 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : Nous sommes convaincus de notre combat que nous sommes en train de mener. Nous avons lutté pour d’autres causes bien avant cela. Nous pensons que c’est vraiment là où l’on doit intervenir contrairement à ces partis politiques qui n’ont rien fait pour la Mauritanie. C’est des gens qui protègent leurs intérêts. Nous savons d’où ils viennent et leur message politique est vide. 

 

Le Rénovateur : Sera tenu bientôt le sommet de la paix à Washington. A votre avis, la Mauritanie doit-elle ou non participer à cette rencontre internationale sur la paix ? 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : Nous avons adressé une lettre ouverte à son Excellence Monsieur le Président de la République en lui demandant d’assister à ce sommet. La Mauritanie doit assister à ce sommet comme tous les autres pays qui ont des relations diplomatiques avec l’Etat Hébreu comme à l’image de l’Egypte et de la Jordanie qui sont des pays arabes. Nous pensons que la Mauritanie a un rôle à jouer dans le processus de la paix dans le monde. Nous savons que cette décision nécessite un grand courage et nous avons confiance au Président de la République. Nous savons très bien qu’il est sage, qu’il est un partisan de la paix et qu’il l’a prouvé dans des décisions délicates depuis son arrivée au pouvoir. 

 

Le Rénovateur : …et par rapport à votre ONG «Solidarité pour le développement et la lutte contre la pauvreté en Mauritanie». 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : C’est une ONG qui intervient essentiellement dans le domaine social. Nous savons tous qu’il y a toujours des écarts. Les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent davantage. Nous ne sommes pas une ONG cartable ni une ONG de luxe. Nous intervenons dans les quartiers périphériques de Nouakchott et à l’intérieur du pays. 

 

Le Rénovateur : Puisque votre ONG œuvre dans le domaine social, quel regard portez-vous sur la situation sociale actuelle du pays ? 

Sidi Mohamed Ould Ahmed Ely : Je pense que la situation actuelle, elle est très difficile. Il faut penser mettre en place des programmes d’urgence pour venir en aide les populations défavorisées qui ont un pouvoir très limité. Il faut aussi que l’Etat intervienne avec force pour protéger ces 80% de la population vivant dans la pauvreté. De même que penser aux souffrances des populations de Tintane en leur apportant un soutien concret puisque moi-même j’y étais et j’ai vu dans quelles conditions elles vivent. 

 

Propos recueillis par Babacar Baye Ndiaye 

                ducdejoal@yahoo.fr  

                Le Rénovateur Quotidien 

 

( 8 novembre, 2007 )

Manifestations à l’est du pays/Arrestations dans les rangs de l’opposition

 

 Des manifestations violentes ont éclaté dans certaines localités du pays à la suite de hausses de prix ayant touché les denrées de premières nécessités. A Bassikounou et à Djiguéni, des locaux administratifs ont été mis à sac par des jeunes lycéens encadrés par des brigades. Plusieurs personnes ont été blessées au cours d’affrontements entre les forces de l’ordre et des groupes d’émeutiers. A l’issue de ces échauffourées, des dégâts matériels considérables ont été signalés et des arrestations de deux militants de l’opposition en particulier du Hatem et du RFD sont intervenues à Bassikounou et à Djiguéni.  A Kankossa, une victime par balle a été identifiée. Les coups de feu ont été tirés par la gendarmerie qui avait été auparavant saccagé ainsi que le local de la SNDE et la préfecture. La victime est un jeune homme qui a reçu la balle en pleine tête. Les personnes arrêtées sont accusées d’être les instigateurs de ces troubles derrière lesquels le pouvoir «soupçonne la main de l’opposition qui cherche par tous les moyens à destabiliser le pays». De telles accusations qualifiées de «troubles à l’ordre public» risquent de générer une situation explosive préjudiciable au climat de paix et de liberté qui commençait à s’instaurer dans le pays depuis l’arrivée du nouveau régime. Choses vraiment dommage ! 

 Les acteurs politiques doivent se mobiliser pour trouver une solution adéquate destinée à apaiser les tensions et du coup désamorcer la crise. Le langage du dialogue demeure la meilleure voie pour résoudre ce phénomène.   

Babacar Baye NDiaye 

Le Rénovateur Quotidien   

( 8 novembre, 2007 )

Journée de sensibilisation sur le retour des déportés

 

L’implication des leaders religieux dans la réconciliation nationale est importante et incontournable. Tel est l’enseignement, à vrai dire,  qu’on peut tirer de la journée de sensibilisation sur le retour des déportés qui réunissait hier, à l’hôtel Khaima, l’Association des Imams et Oulémas pour la Défense des Droits des Femmes et des Enfants, l’Initiative des Femmes pour la Paix, l’Unité  et la Concorde Nationale, les représentants des institutions de la République comme la Commission Nationale des Droits de l’Homme et le Ministère de l’Intérieur pour ne citer que celles-là. 

Cette journée de sensibilisation des leaders religieux intervient, en effet, dans un contexte où le gouvernement et le peuple mauritanien sont en train de préparer le retour des déportés. A travers cette journée de sensibilisation, c’est l’implication des leaders religieux qui est visée au regard de leur rôle décisif et de leur audience très large dont ils bénéficient  auprès des populations. 

La coordonnatrice de l’IFPUCN Madame Lô Khadijétou Cheikh a réitéré au nom de l’ONG qu’elle dirige sa profonde gratitude à l’endroit du Président de la République et du Gouvernement mauritanien pour leur engagement constant en faveur de la réconciliation nationale qui s’est traduit, selon elle, par de multiples initiatives louables. 

Cette journée de sensibilisation sur le retour des déports, rappelons le, s’inscrit dans une dynamique déjà enclenchée avec la tenue, à Nouakchott, le 16 août dernier, de la journée de réflexion sur «le rôle des femmes dans le processus de réconciliation nationale». 

Quant à Madame Narjess Saîdine représentant le PNUD a, dans son allocution, réaffirmé l’appui de cette institution aux autorités de la République pour trouver une solution consensuelle au problème des déportés tout en mettant l’accent sur l’adoption d’un principe de dialogue, de concertation et d’implication de tous les acteurs  au niveau national sur la question.   

A l’en croire, le règlement de ce dossier est une étape importante vers l’unité nationale et la garantie des droits de l’Homme. 

Pour couronner de succès cette journée de sensibilisation, il a été demandé de faire un prêche commun ce vendredi dans toutes les mosquées de Nouakchott. 

Les organisateurs de cette journée de sensibilisation sur le retour des déportés ont souhaité que les leaders religieux s’engagent dans un plaidoyer en faveur du renforcement de l’unité nationale et de la nécessité d’éradiquer les germes de la haine. 

Babacar Baye NDiaye 

Le Rénovateur Quotidien 

( 8 novembre, 2007 )

Jusqu’ où mènera la dégradation des conditions de vie ?

 

Et de vrai, Monsieur Yahya Ould El Waghef continue sa campagne d’explication sur la création du futur parti de la mouvance présidentielle. Récemment, il faisait face à une partie de la Société Civile. Une journée destinée à courtiser plutôt qu’à informer. Assurément, personne ne nie, à corps défendant, le rôle que peut jouer la Société Civile dans le processus actuel de développement du pays. La Société Civile, sans pour autant être l’avocat du diable, devrait se tenir à l’écart de tout ce qui est politique pour pouvoir véritablement mériter son rôle de contre-pouvoir. C’est un secret de polichinelle, la Mauritanie vit actuellement une sorte de tohu-bohu sans précédent fait de tiraillements et de problèmes de tout acabit. Et jusqu’où nous mènera la dégradation des contions de vie des populations ?En effet, la semaine dernière, l’opposition démocratique, elle aussi, organisait un meeting pour stigmatiser ce qu’elle appelle «le retour à la case de départ» qui est en train d’être opéré par l’actuel pouvoir. N’aurait-on pas foulé les pieds sur une terre d’argile ? Pendant ce temps-là, les prix de l’essence s’envolent à la pompe. En réalité, sur le plan social et économique, le pouvoir actuel n’à pas encore véritablement convaincu et séduit les populations sur ces réelles capacités de bien muer le quotidien des masses populaires. Son autarcie semble augmenter leurs appréhensions. Le pouvoir de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’a pas encore fait mieux que ces prédécesseurs. A part décentraliser le conseil des ministres à Nouadhibou. On se demande par la même occasion ce qu’il attend pour mettre en marche la machine des grandes réformes sociales et économiques tant promises durant la campagne présidentielle de février-mars 2007. Certains engagements tardent toujours à se concrétiser sans que l’on sache pourquoi. Les conférences se multiplient et toujours pas de  réponses aux multiples équations que nous nous posons. La dernière en date celle du premier ministre Zéine Ould Zeidane qui a, lui aussi, déçu par son manque d’allusion à la situation actuelle du pays comme si toute la responsabilité de toutes nos souffrances est essentiellement  du ressort du Président de la République qui est seul habilité à répondre aux préoccupations des mauritaniens qui ruminent encore leur déception, leur patience et la confrontation serait loin d’être inévitable. L’eau, l’électricité, les denrées de premières nécessités…tout est devenu cher. Avec une telle situation qui donne du tournis aux populations, que valent vraiment nos syndicats qui n’existent que de nom ? Certes, la montée du prix du pétrole sur le marché international est servie sur la table comme seule explication. Dans ce cas, il appartient à l’Etat mauritanien de trouver des mesures accompagnatrices ou compensatrices pour alléger substantiellement la souffrance des populations qui ne savent plus où se donner de la tronche.  Déjà, des esquisses de manifestations se tiennent et s’organisent ça et là. Si cette situation délétère continue, ces manifestions pourraient se généraliser partout dans le pays. A vrai dire, les protestations contre la dégradation des conditions de vie dans le pays ne font que commencer. Et c’est peu dire en pensant que ce sont là des signes assez inquiétants pour la Mauritanie et sa stabilité sociale. Malgré la bonne volonté du nouveau pouvoir d’appliquer les règles de la transparence, de bonne gouvernance, bref, de faire sortir le pays de son trou, le gouvernement semble avoir les yeux dans les poches. Si vraiment la situation est aussi grave que cela, pourquoi alors, le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ne le reconnaîtrait-il pas ? Au Sénégal, Abdoulaye Wade a reconnu de manière officielle la situation critique qu’est en train de traverser son pays. Ceci pour rassurer les populations face à une situation sociale éprouvante. C’est sous-estimer la situation actuelle du pays en tressant des lauriers au Président de la République mais aussi en lui cachant la vérité.

 

Babacar baye NDiaye  

Le Rénovateur Quotidien

 

 

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