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( 12 novembre, 2007 )

Christophe Sawadogo

«Je me sers du quotidien comme substrat pour la création»

Christophe Sawadogo est un peintre burkinabé qui vit à Ouagadougou. De 1992 à 1996 il a étudié les arts et la communication avant de devenir critique d’art durant plusieurs années. Il décide ensuite de se consacrer à la peinture. La force de Christophe tient dans sa passion et sa maîtrise de la calligraphie, ainsi que dans sa fascination pour les mots et la poésie. Il travaille essentiellement avec des encres de couleur sur des fonds en papier trempés dans des bains d’encre. Ses œuvres sont exposées actuellement au centre culturel français de Nouakchott et ce durant tout le mois de novembre.

 

Le Rénovateur : On dit de vous que vous êtes parmi les artistes les plus prometteurs d’Afrique de l’Ouest ?

Christophe Sawadogo : Non ! Je trouve qu’à partir du moment où un artiste a le courage de prendre le pinceau et s’exprime dans des conditions de travail et de promotion difficile comme c’est souvent le cas en Afrique, il faut reconnaître cet artiste. Me considérer parmi les artistes les plus prometteurs en Afrique de l’ouest, c’est trop dire ! Je suis comme les autres artistes.

 

Le Rénovateur : Quelle matière utilisez-vous dans vos peintures ?

Christophe Sawadogo : Les encres de chine et à coté de cela, dans la peinture, je travaille avec des terres que je recueille chez moi (Burkina Faso, ndlr) et puis j’y ajoute des acryliques. J’obtiens par le mélange beaucoup de techniques mixtes.

 

Le Rénovateur : On remarque aussi que les femmes occupent essentiellement une bonne part dans vos peintures. Qu’est-ce qui explique cela ?

Christophe Sawadogo : Je pense que la femme est un sujet éternel et on peut débattre là-dessus jusqu’à longueur de journée. Bon ! Je ne fais pas exception en travaillant avec comme inspiratrices les femmes parce qu’avant moi, il y a eu beaucoup d’artistes. Je veux parler de Picasso entre autres artistes célèbres qui se sont référés à la femme comme thème de création. Moi, je ne fais que poursuivre la tradition.

 

Le Rénovateur : Comment cette passion pour la peinture s’est-elle réveillée en vous ?

Christophe Sawadogo : Je dirai que c’est comme toute passion, c’est comme l’amour. On ne sait pas comment on y arrive. On ne sait pas non plus comment on en sort. C’est comme ça que je peux dire. Je ne peux pas expliquer cette passion.

 

Le Rénovateur : Les prix de vos tableaux varient entre 225.000 f cfa et 1.656.000 f cfa. Est-ce que ce n’est pas trop cher pour un africain qui a un pouvoir d’achat très limité ?

Christophe Sawadogo : Non ! J’ai vu dans la rue des gens qui circulent à bord d’une limousine. Un tableau ne vaut pas une limousine ! Tout dépend de la valeur qu’on accorde aux choses matérielles ou aux choses culturelles. Il y en a qui peuvent mettre un million sur une femme et d’autres qui peuvent mettre un million sur une voiture. Pourtant, ils ne trouvent pas que c’est trop cher alors que ce sont ces mêmes objets, une fois partis en Europe, on crie à l’extraversion culturelle, on crie que nos œuvres sont en train d’être pillées. C’est parce que nous, nous n’investissons pas dans notre culture. C’est exactement cela.

 

Le Rénovateur : On dirait aussi que les artistes africains font des œuvres d’art pour une catégorie sociale bien nantie ?

Christophe Sawadogo : Je trouve que c’est assez fort  comme propos parce que moi, lorsque j’expose, je vois aussi l’homme de la rue. Celui qui a le goût, ce n’est pas forcément, celui qui a l’argent. On peut avoir l’argent et ne peut pas avoir du goût.  On peut être pauvre et avoir beaucoup de goût. L’exposition ou un vernissage, c’est une occasion pour celui qui aime la culture de venir et de voir ce qui est exposé.

 

Le Rénovateur : Est-ce que cette cherté des tableaux participe-t-elle vraiment à promouvoir les arts dans les pays africains ?

Christophe Sawadogo : Non ! Je ne trouve pas que ces tableaux sont chers(il insiste sur sa réponse). Je ne sais pas si vous connaissez déjà les marchés de l’art contemporain africain. Je vous dis que c’est un marché qui a de l’avenir. Je crois que nous ne devons pas minimiser ce que nous faisons. Il faut que les artistes africains se disent que ce qu’ils font c’est de la richesse et comme toute richesse, cela suppose beaucoup de travail et comme beaucoup de travail qui demande d’énergie et d’effort, il doit être bien rémunéré.

 

Le Rénovateur : C’est votre première venue en Mauritanie. Qu’est-ce que vous garderez comme souvenir de votre séjour ?

Christophe Sawadogo : Je garde de la Mauritanie un voyage à la rencontre d’un peuple chaleureux et aussi chaleureux que la terre qui l’accueille. Je suis heureux de retrouver dans mes peintures que les gens ont remarqué qu’il y avait une résonance avec nos couleurs et aussi avec le milieu social. Les thèmes que j’aborde ne sont pas étrangers aux thèmes qui sont abordés ici. Pour moi, c’est vraiment comme si j’étais chez moi. Je suis heureux d’autant plus que beaucoup de gens lorsqu’ils viennent me voir, il y en a ceux qui demandent si je connaissais la Mauritanie auparavant…donc, cela prouve que ce que je fais quelque part rencontre une certaine adhésion de la part des mauritaniens.

 

Le Rénovateur : La peinture c’est votre passion. Que seriez-vous devenu si vous n’étiez pas artiste peintre ?

Christophe Sawadogo : Si je n’étais pas dans la peinture(il observe un moment de silence)…si je n’étais pas dans la peinture(il se rabâche)…Non ! Je ne sais pas ce que je ferais. Je pense que si je n’étais pas dans la peinture, je serai dans un autre milieu où l’émotion est…

 

Le Rénovateur : C’est à dire que vous êtes émotif ?

Christophe Sawadogo : Dans la peinture, la poésie, la littérature, c’est l’émotion qu’on recherche. Dans tous les arts et la culture, c’est l’émotion qu’on recherche.

 

Le Rénovateur : Justement, comment faites-vous pour allier presque avec beaucoup de subtilité peinture, calligraphie, poésie, autant d’univers dissemblables ?

Christophe Sawadogo : Il y va de l’attention comme il y va de la culture. Aussi bien j’aime lire, aussi bien j’adore tout ce qui est étranger ou qui m’est semblable et la curiosité m’aide à rentrer au fond des choses et aussi à rester dans la surface des couleurs.

 

Le Rénovateur : Dans vos tableaux, vous nous invitez au respect de la femme africaine. Sa condition actuelle vous préoccupe-t-elle à ce point ?

Christophe Sawadogo : On peut y voir une lecture sous-jacente. Sinon, ce qui m’inspire davantage, c’est le vécu, le quotidien et je me sers du quotidien comme substrat pour la création, pour ce que je propose.

 

Le Rénovateur : Les œuvres d’art, en Afrique, sont souvent assimilées à des produits de luxe. Cela participe-t-il à les faire connaître davantage ?

Christophe Sawadogo : Non, à mon avis ! L’art accompagne la vie en Afrique. On n’a pas besoin d’être un nanti pour consommer une œuvre d’art. Pour moi, ce n’est pas un luxe. Il y a des richesses qui sont immortelles et pour moi, la culture l’est.

 

Propos recueillis par

Babacar Baye Ndiaye

Le Rénovateur Quotidien

 

( 12 novembre, 2007 )

Signature de l’accord tripartite pour le rapatriement des réfugiés mauritaniens

 

  

Cette signature, conclue ce 12 novembre au palais des congrès de Nouakchott, couronne les multiples efforts engagés  par la Mauritanie, le Sénégal et le H.C.R. dans le cadre d’un retour organisé des réfugiés mauritaniens dans leur pays. Dans son allocution, le Ministre de l’Intérieur mauritanien, Yall Zakaria a réitéré toute la reconnaissance du gouvernement mauritanien envers le gouvernement sénégalais pour son étroite collaboration dans le retour des déportés en lui fournissant des informations utiles sur les réfugiés mauritaniens afin de s’imprégner de leur situation. Le Ministre de l’Intérieur a aussi remercié le H.C.R. qui a, depuis presque deux décennies, assisté les réfugiés mauritaniens en leur offrant sécurité et nourriture. Le Ministre a par ailleurs magnifié l’implication de certaines ONGs des droits de l’Homme dans le domaine de la sensibilisation et de la défense des intérêts des populations. Cet accord marque le démarrage du retour des déportés avec en prélude la tenue des journées de concertation prévues ce 20 novembre et destinées à sensibiliser l’opinion mauritanienne sur l’adoption d’un plan d’action définitive regroupant toutes les associations des droits de l’homme au Sénégal, en Mauritanie et en Europe. La Mauritanie, a rappelé Yall Zakaria, respectera ses engagements pris dans le cadre du retour des déportés. 

Quant au Ministre sénégalais de l’Intérieur maître Ousmane Ngom, il a réitéré l’engagement du gouvernement sénégalais à aider le gouvernement mauritanien dans le processus de rapatriement  des déportés  pour ceux qui souhaiteraient rentrer dans leur pays dans la sécurité. Cet accord, dira-t-il, à une dimension historique puisqu’il va régler de manière définitive le problème du retour des déportés. Le peuple mauritanien et le peuple sénégalais ont vécu toujours ensemble, a-t-il soutenu, au- delà des tensions consubstantielles. Ainsi donc, il est de leur rôle, en vue de préserver et renforcer les liens qui existent entre les deux peuples d’inventer de nouvelles solidarités. Pour ce qui est des associations de défense de l’homme présentes à cette cérémonie de cérémonie, dont la RADDHO et le FONADH qui ont exprimé toute leur satisfaction sur cette signature tripartite entre le gouvernement sénégalais, mauritanien et le H.C.R., qui marque enfin le début du règlement définitif de ce processus de rapatriement des déportés mauritaniens. 

Babacar Baye Ndiaye 

Le Rénovateur Quotidien 

( 12 novembre, 2007 )

Non à l’amalgame !

«Nos meilleures graines sont nos enfants». Ainsi parlait l’auteur de «L’aventure Ambiguë», Cheikh Hamidou Kane,  dans la bouche de l’un de ses personnages. Cette phrase vaut bien d’être méditée dans le contexte actuel où les démons de la violence ont gagné certains établissements scolaires du pays. Rarement, nous en sommes arrivés à ce point. Nos enfants ont-ils embarqués dans le navire de la violence mené par des mains dangereuses qui ne se soucient que de leur plan destructeur ? Qui incite les gens à la violence ? L’école mauritanienne en voie de reconstruction a besoin d’être préservée de tels actes préjudiciables à tout le peuple mauritanien. Ainsi donc, vu la situation du pays marquée par des tiraillements, il est du ressort des pouvoirs publics et de l’opposition démocratique d’éclairer la lanterne des populations mauritaniennes qui sont en train d’être dangereusement manipulées par des individus de mauvaise foi. Des individus qui sont en train de vouloir faire basculer derechef le pays dans une situation explosive comme s’ils n’avaient rien retenu des leçons du passé et comme si aussi ils voulaient toujours demeurer dans le statut quo. En effet, ces gens-là sont en train d’utiliser et d’exploiter cette situation consécutive à la hausse des prix des denrées de premières nécessités constatées depuis quelques temps pour créer la confusion et la suspicion au sein des populations et les dresser les unes contre les autres. Cette situation aussi semble être aggravée, ce qui est profondément regrettable,  par d’autres gens qui utilisent dans pareilles circonstances comme c’est présentement le cas  le langage de la diversion et de l’amalgame. Le comble dans tout cela, c’est lorsqu’on veut assimiler ces dernières manifestations  la question  du retour des déportés qui n’a aucun rapport avec les dernières manifestations. Ce qui est une insulte, avec tout ce que le pouvoir actuel a abattu comme effort pour que le dossier des déportés connaisse enfin une issue heureuse. S’il y a des intentions cachées ceci n’a rien à voir avec des manifestations parties avec   la hausse des prix. Hélas, ils sont en train de détourner la réalité des choses en voulant nous faire croire que les mauritaniens sont contre le retour des déportés. A vrai dire, les adversaires de la Mauritanie sont ceux-là même qui cherchent toujours sans répit à détruire la Mauritanie en tenant un langage démagogique et perturbateur. Et si on glisse sur le terrain politique, la chute risque d’être brutale et fatale encore. Certes,  l’Etat qui n’a pas su anticiper sur ces événements tragiques    pour empêcher  les gens de manifester en utilisant la politique de l’autruche mais cela ne voudrait pas signifier en abuser pour semer l’amalgame dans l’esprit des populations incapables souvent  de discerner le vrai et le faux. La stabilité du pays risque de voler en éclats si l’on n’y prend pas garde en contrecarrant certains groupuscules qui sont en train de gaver les mauritaniens d’idées absurdes et maléfiques. Babacar Baye NDiaye Le Rénovateur Quotidien 

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