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( 14 novembre, 2007 )

Retour des déportés

Le H.C.R. appelle à la solidarité 

 

Avec la signature de l’accord tripartite qui régira les conditions du retour des réfugiés mauritaniens dans leur pays, entre les Ministres de l’Intérieur de la Mauritanie et du Sénégal ainsi que le Représentant du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés en Mauritanie, ce 12 novembre dernier, tout porte à croire que nous allons nous acheminer vers la fin du long et douloureux calvaire des déportés mauritaniens qui attendaient ce jour depuis plus de 18 ans. 

 

Cette signature de l’accord tripartite pour le rapatriement des réfugiés mauritaniens couronnant les efforts des autorités sénégalaises et mauritaniennes dans la recherche de solutions consensuelles au retour des déportés complétera les mesures que le gouvernement mauritanien présentera au cours des journées de consultations nationales prévues ce 20 novembre pour régler dans le détail la question de la réintégration des rapatriés victimes des événements de 1989. En effet, ces journées de concertation, qui vont regrouper toutes les associations des droits de l’Homme vivant au  Sénégal, en Mauritanie et en Europe, toutes les organisations nées des événements de 1989, seront destinées à sensibiliser entre autres l’opinion publique sur l’adoption d’un plan d’action définitive tenant en compte toutes les parties concernées par ce retour des déportés dans leur pays d’origine. 

Cet accord triparti, lit-on dans le communiqué du H.C.R., énonce les engagements que les trois parties prennent pour le succès de ce rapatriement organisé jusqu’en décembre 2008 ainsi que pour la réinsertion durable des rapatriés dans le tissu social mauritanien dans le cadre plus large d’un programme gouvernemental de développement durable. La réalisation de ces engagements, précise toujours le communiqué, dépendra de la solidarité de la communauté nationale mauritanienne, de la solidarité entre les deux états concernés et de la solidarité internationale qui doit accompagner ce processus de réconciliation. 

Rappelons qu’avec l’appui de la France, de l’Italie et des Etats-Unis d’Amérique, le H.C.R. a pu établir à Rosso et à Kaédi un premier dispositif d’accueil des rapatriés en collaboration avec une ONG nationale et les autorités régionales. Et selon le H.C.R., un total de 12.600 réfugiés a exprimé le souhait d’être rapatriés. 

En vue d’un retour des déportés dans des conditions conformes à leur qualité de citoyens mauritaniens et dans la jouissance de tous les droits attachés à la citoyenneté mauritanienne, le H.C.R., sera étroitement associé dans le rapatriement volontaire et organisé des réfugiés mauritaniens qui marquera la fin d’une question humanitaire restée sans réponse depuis quelques 18 années. 

 

Réactions sur cette signature tripartite 

 

Alioune Tine, S.G. de la RADDHO 

«Une page historique vient d’être tournée» 

J’estime qu’il y a une page historique de la tragédie que ce pays a vécue qui vient d’être tournée. Je pense que le Président de la République, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a pris une décision courageuse, une décision responsable qui, si elle respecte les intérêts des réfugiés, permettra de réconcilier la Mauritanie avec son histoire, sa géographie et avec elle-même (…) 

Je n’ai pas de doute non plus. C’est une décision difficile. Tout le monde le sait. C’est une décision qui doit être soutenue de façon consensuelle. Je pense aussi que si tout le monde y met du sien et qu’il n y ait pas d’instrumentalisation politique de cette affaire parce que tous les risques viennent de là, il n y a pas de raison pour qu’on réussisse. Donc, il ne faut pas se faire d’illusion. Il y aura toujours de la résistance et des blocages. Si la Société Civile aussi continue à faire le travail de sensibilisation et l’Etat à manifester toute sa volonté politique de régler les intérêts des réfugiés selon les normes c’est à dire les engagements souscrits par la Mauritanie, je pense qu’on va réussir. 

 

Mamadou Sarr, S.E. du FONADH 

«Cette signature augure un bon retour des déportés» 

Je crois que c’est un grand jour parce que cela fait deux décennies qu’on attendait cette occasion. On ne peut que s’en féliciter et autant que faire accompagner cette décision. Le fait que cet accord triparti ait été signé par la Mauritanie, le Sénégal et le H.C.R.  augure un bon retour des déportés(…) 

On a toujours des appréhensions dans ces genres de problème parce qu’il y a des résistances et d’autres facteurs. Mais, je crois, que c’est un début qui permet de décrisper la situation dans la mesure où aujourd’hui, il y a une volonté manifeste du gouvernement mauritanien de régler ce problème. Je crois aussi que cette signature prépare correctement les journées nationales de concertation autour de cette question. Pour le moment, je suis optimiste même si c’est mesuré. Maintenant, avec le temps et le déroulement de cette affaire, nous allons voir. 

 

Francis Kpatindé, porte-parole du H.C.R. en Afrique de l’Ouest 

«Nos équipes sont prêtes» 

Je me réjouis de la signature de cet accord qui était attendu depuis plus de 18 ans. Vous savez que ces gens sont partis de la Mauritanie dans des conditions regrettables, dans des conditions que nous connaissons tous. Donc, on ne peut que se réjouir de leur retour imminent. Le rapatriement commencera sans nul doute début décembre. Nous allons rapatrier et ramener dans leur pays d’origine quelques 24.000 négro-mauritaniens. Nous avons pour cette occasion 4 bureaux installés  sur les deux rives du fleuve Sénégal à Richard-Toll et à Ourossogui coté sénégalais et 2 autres bureaux à Kaèdi et à Rosso coté mauritanien. Nos équipes sont prêtes pour accompagner le processus de retour des déportés mauritaniens (…). 

Cette signature nous rassure puisque c’est une bonne chose. Nous avons une équipe élue démocratiquement à la tête de la Mauritanie aujourd’hui. C’est un bon signal que le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi se soit engagé au retour de ses compatriotes. Je pense qu’il faut saisir la balle au bond (…). 

Il n y a aucune entreprise humaine sans difficultés. Il y aura des couacs mais je crois que la volonté politique y est. Il faut saisir cette chance. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

Le Rénovateur Quotidien 

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