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( 25 novembre, 2007 )

Journées Nationales de Concertation sur le retour des déportés

Une initiative saluée par tous les particiapnts

L’initiative prise par le gouvernement mauritanien d’organiser des Journées Nationales de Concertation sur le Retour des Déportés et le Passif humanitaire a été beaucoup saluée et à l’unanimité par l’ensemble des participants à  cet événement de grande envergure nationale venus du Sénégal, du Mali, de la France…

Cette initiative sur le retour des déportés et le passif humanitaire, qui est une première, a été qualifiée de «louable» par les participants. Parmi eux,  Ba Oumar du Rassemblement pour l’Egalité et le Développement, un mouvement associatif basé à Nouakchott et ayant participé aux travaux de l’atelier Insertion des Réfugiés. «C’est une initiative très courageuse et très sage que le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a pris. Si vraiment, les gens appliquent sur le terrain ce qui a été dit, on peut dire que la Mauritanie tournera définitivement la page de son passé douloureux.» Même son de cloche de la part de Mohamed Abdellahi Bellil, acteur de la société civile, qui pense que ces journées permettront de continuer la concertation. «Ce fut un moment très fort d’échanges, de compréhension et de consensus d’autant plus qu’il s’agissait des journées nationales de concertation sur de grandes questions nationales très sensibles qui intéressent et engagent tout le monde pour l’avenir de ce pays et pour son sort. Le fait que tous les acteurs impliqués et concernés de près ou de loin aient assisté à ces journées de concertation est une bonne chose. Les discussions ont permis de dégager de grandes lignes, des pistes qui vont nous conduire sur le bon chemin.» 

De l’avis général des participants, le ton a été pondéré et il n y a pas eu de passion observée ça et là. Ainsi donc, un esprit d’optimisme a régné  au palais des congrès où il y avait une compréhension large de tous les enjeux et surtout une volonté commune et partagée d’œuvrer pour la réconciliation nationale, l’unité et la cohésion sociale. «Ces journées furent constructives, note Ousmane Barry, coordonnateur de l’Union des Associations des Réfugiés Mauritaniens au Sénégal, dans la mesure où nous avons pu nous entendre sur l’essentiel et se parler en tant que fils de ce pays. Il leur convient de se retrouver et d’agir au nom de l’unité nationale, passer aux choses sérieuses et à la construction de notre Etat. » Et d’autres comme Fadiga Tijane membre du Covire préconise, pour des raisons de stabilité politique et sociale mais surtout de dépassement,  la voix du dialogue. «Nous sommes encore un Etat fragile. Il faudrait apaiser les esprits, trouver un terrain de consensus et appuyer la politique du Président de la République. Il y a eu des actes commis par des gens certes mais il faudrait qu’on essaie d’aller au dialogue. » Ces crimes sont rangés dans un registre aux couleurs sombres appelé «passif humanitaire».

En effet, le passif humanitaire a constitué l’épine dorsale au cours des discussions puisqu’il est au cœur même du problème des réfugiés. Mais aussi une corde raide qui appelle beaucoup de prudence et de responsabilité pour certains participants. «Il faut laisser le temps aux gens pour qu’on puisse trouver un consensus national. Ce qui a été fait est fait. Les faits sont connus ! Il y a des solutions à tout problème. Il ne faudrait pas aller dans la brutalité des choses», prévient Fadiga Tijane, victime des exactions de 1990 et délégué médical au Covire tout en souhaitant que la lumière soit faite sur les actes commis par des fonctionnaires de l’Etat. «Nous préconisons, poursuit-il, la création d’une commission nationale ou internationale pour ce problème-là. A défaut d’une commission internationale, créer une commission nationale puisque c’est avant tout un problème national que nous devons traiter au niveau national et voir avec le pouvoir en place comment trouver des solutions. Il ne faudrait pas qu’on utilise cela comme une arme de revanche. »

Durant le déroulement des travaux dans les ateliers, il y a eu toutefois quelques points saillants qui n’ont pas été complètement évacués ou pris en considération. C’est par exemple le cas de la question des indemnisations et l’insertion dans la vie active des réfugiés mauritaniens qui voudraient revenir. «On a remarqué que la plupart de ces réfugiés qui ont été victimes des déportations étaient des éleveurs. Mais dans les documents, c’est juste dans une phrase où on a parlé qu’on va chercher une solution convenable pour eux mais on n’a pas beaucoup précisé quels genres d’indemnités ou de compensations va-t-on leur donner. On sait que c’est un point essentiel dans l’éventuel retour de ces réfugiés mauritaniens. On a dit qu’on va essayer de les donner des projets, des terres pour ceux qui n’en avaient pas et pour ceux qui en avaient, on va essayer de récupérer leur terre et de les leur rendre», fait observer Ba Oumar, participant à l’atelier Insertion des réfugiés et membre du Rassemblement pour l’Egalité et le Développement. «De manière générale, ce qui a été conçu dans les papiers recoupe nos vœux. Le seul point d’achoppement essentiel, c’est le passif humanitaire. Maintenant, les réfugiés que nous sommes et qui sont au centre de ce problème doivent être représentés en amont et en aval dans ce problème», soutient Ousmane Barry.

Les journées de concertation nationale sur le retour des déportés mauritaniens et le passif humanitaire ont presque mobilisé toutes les bonnes volontés de ce pays. Là où on a pu vraiment associer les hommes politiques, la Société Civile, les médias entre autres, on pouvait assimiler les acteurs culturels qui ont été les grands oubliés de ces Journées Nationales de Concertation. D’ailleurs, ceux que nous avons accrochés au passage ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour critiquer vertement cette absence des acteurs culturels qui peuvent jouer aussi, à leurs yeux, un rôle de sensibilisateurs. Omission ou ignorance ? Abderrahmane Salem, directeur de la maison des cinéastes répond : «C’est une ignorance. Ils(les pouvoirs publics, ndlr) ne sont pas capables de travailler sur une grande action. Le retour des déportés  mauritaniens et le passif humanitaire, c’est un travail de sensibilisation d’abord parce qu’il y a un devoir de mémoire, des choses à témoigner, à dire et c’est avec les acteurs concernés qu’on peut faire cela.» Rappelons aussi que les autorités avaient promis de projeter «Le cercle des noyés» à l’occasion de ces journées de concertation. Il n’en fut rien et Abderrahmane a dû mal à cacher sa déception et son amertume. «Je ne comprends pas pourquoi. Elles avaient publié officiellement une déclaration du Ministère de la Culture et de la Communication en disant qu’elles vont intégrer le film «Le cercle des noyés» dans la campagne de sensibilisation sur le retour des déportés et le passif humanitaire.»

Certains participants ont pointé un doigt accusateur sur ces journées de concertation où ils ont constaté un manque de communication. Ce qui n’est pas de l’avis de Bouzoumou Ould Cheikh Ahmed qui a soutenu le contraire. «Si on pense à l’ordre institué au sein des différents ateliers, on peut affirmer que l’organisation de ces journées s’est bien passée. Tout le monde a eu l’occasion de parler dans le calme et tous les différents ateliers ont été dotés de moyens nécessaires pour pouvoir faire le travail correctement.»

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr

Le Rénovateur Quotidien

 

( 25 novembre, 2007 )

Journées nationales sur le retour des déportés

 

 Un pas vers le processus de réconciliation nationale ! 

Longtemps annoncées, ces journées de concertation sur le retour des déportés ont finalement eu lieu. Ce qui n’était pas une évidence avec toutes les stratégies de sabotage et d’intoxication qui ont été âprement menées par des réseaux hyperstructurés allant même jusqu’à assimiler les récentes manifestations sur la hausse des prix au retour des déportés. Et en les tenant, non seulement, le gouvernement a tenu sa promesse mais il a voulu donner par la même occasion un signal fort et retentissant à tout le peuple mauritanien notamment à ceux qui avaient des suspicions sur la tenue de ces assises nationales. Cependant, tout le mérite revient au Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui a eu le courage de parler d’un dossier qui était jusque là tabou. Ce n’est pas non plus son  engagement personnel sur le retour des déportés qui sera écorné puisque depuis sa campagne électorale, il a fait preuve de tout son désir de régler la question des déportés contrairement à son prédécesseur qui n’a pas voulu tremper ses mains dans la sauce. En effet, depuis son discours du 29 juin, les choses sont allées plus vite que prévues dans le bon sens et le Président de la République a bien compris que l’unité nationale- très superficielle- ne peut passer qu’à travers la résolution de certains dossiers épineux comme celui des déportés, un dossier engendré et légué par l’ancien régime. Ces journées de concertation nationale sur le retour des déportés, même s’il y a eu des voix qui se sont élevées pour dénoncer un certain manque de concertation, seront des moments forts dans le processus de réconciliation nationale. Au-delà même de l’espoir que ces journées ont suscité, elles constituent  en effet une étape très importante et décisive dans le processus de retour des déportés. Un facteur vers le processus de réconciliation nationale ! Une occasion de discuter sereinement sur les issues du règlement de ce dossier dans le consensus ! A vrai dire, ces journées de concertation doivent être saluées puisqu’elles rentrent en droite ligne dans la vision du chef de l’Etat d’une Mauritanie réconciliée avec elle-même mais surtout dans le cadre de la promotion de l’unité nationale qui passe sans doute par le règlement définitif du retour des déportés. En d’autres termes, elles serviront en effet de locomotive dans la suite du règlement du retour des déportés dans leur pays. A coup sûr, le règlement de ce dossier sera un apport considérable dans la consolidation de l’unité nationale puisque ce dossier a engendré beaucoup de haine, de tension et de frustration dans le cœur de ceux qui ont été victimes de près ou de loin des foudres de la dictature du régime déchu. Ainsi donc, ces journées de concertation nationale sur le retour des déportés constitueront sans doute un moment fort dans la consolidation des efforts du gouvernement visant à régler de manière consensuelle et dépassionnée le dossier des réfugiés et celui du passif humanitaire. Cet esprit de réconciliation nationale a plané pendant les trois jours qu’ont duré les journées au palais des congrès où la société civile, la classe politique et les associations des réfugiés ont montré leur forte implication dans le règlement définitif du retour des déportés et à leur adhésion à tout projet de rétablissement de la confiance et du respect entre tous les mauritaniens. Après 18 années d’exil forcé, les déportés mauritaniens vivent les derniers moments d’un long et douloureux calvaire. Ces journées qui ne sont qu’un prélude à leur rapatriement marqueront à coup sûr l’esquisse d’une nouvelle ère dans la réconciliation nationale. Et aujourd’hui, nul ne s’émeut que les détracteurs de la réconciliation nationale, de la démocratie, des libertés publiques, de la paix et de la justice sociale souhaitassent  et priassent ardemment pour que les journées de concertation sur le retour des déportés ne connaissent pas un franc succès ou ne produisent pas des résultats prometteurs. Piqûre de rappel ! Pendant leur règne au pouvoir, pendant cette période où il fallait suivre ou périr, au summum de leur gloire, ils n’ont cessé d’exhiber sans gêne que ces «déportés mauritaniens» n’étaient pas des leurs, qu’ils appartenaient à un autre pays. Ces «mauritaniens», leur tort c’est d’être nés en Mauritanie. Leur tort, c’est d’être des «Kowriyas» comme ils disent. Depuis le discours du Président de la République sur le retour des déportés mauritaniens, le 29 juin dernier,  ils ne dorment plus. Comme hier, ces détracteurs continuent encore à battre en brèche tout projet de retour des déportés dans leur pays d’origine. A commencer par intoxiquer les populations ! Peut-être que le syndrome de la peur d’être masqués un jour les habite, une trouille presque inséparable. Mais, comme l’a rappelé le Président de la République dans son discours d’ouverture des journées nationales de concertation et de mobilisation pour le retour des réfugiés et le règlement du passif humanitaire au Palais des congrès ce 20 novembre, il ne s’agira pas de faire la chasse aux sorciers. Il faut être humble pour tenir un tel propos ! Même s’il est trop tôt de tirer le chapeau à Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, de lui dresser des lauriers, il a accompli sa mission, celle d’avoir assumé la responsabilité de l’Etat mauritanien en reconnaissant de manière officielle les forfaits qui ont été commis au nom de la puissance publique. C’est aux populations de se l’en approprier et de continuer cette œuvre de réconciliation nationale. Il n y a pas d’opprobre aujourd’hui pour eux de faire amende honorable. La lutte ne fait que s’esquisser et le plus difficile reste à faire. Les témoignages entendus par-ci et par-là au palais des congrès à l’occasion des journées de concertation convergent parfaitement au même point et témoignent de toute évidence d’une volonté commune de transcender certaines émotions à la limite compréhensibles. Le retour des déportés suscite beaucoup de débats au sein de la population mauritanienne mais aussi beaucoup de zones d’incongruités et d’incompréhension de la part de certaines personnes très réceptives à certaines déclarations enflammeuses. Ceci passe incontestablement dans la sensibilisation. C’est un volet qui ne devrait pas être omis si on veut réussir ces journées de concertation sur le retour des réfugiés mauritaniens, si on veut qu’elles servent à quelque chose de symbolique. Certes ce problème est politique mais il concerne tout le monde. Le retour des déportés, on en parle à longueur de journée, mais très peu de personnes en appréhendent l’enjeu ou les enjeux.  Ce rôle incombe de prime abord aux pouvoirs publics notamment aux walis, aux hakems, aux maires, aux représentants du peuple qui doivent apporter leur effort dans ce vaste mouvement de retour des déportés. Puisqu’au moins plus 20.000 réfugiés mauritaniens seront concernés par le plan de rapatriement concocté par l’état mauritanien, sénégalais et le H.C.R. Ce qui n’est pas une mince affaire ! Une complexité qui s’explique par la durée que cette affaire a provoquée. Dans cette perspective, les médias doivent jouer leur rôle de courroie de transmission. L’avenir de la Mauritanie dépendra sans doute de ce qu’en feront surtout les hommes politiques qui sont souvent responsables de certaines dérives ! 

Babacar Baye NDiaye    

 

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