( 25 novembre, 2007 )

Journées nationales sur le retour des déportés

 

 Un pas vers le processus de réconciliation nationale ! 

Longtemps annoncées, ces journées de concertation sur le retour des déportés ont finalement eu lieu. Ce qui n’était pas une évidence avec toutes les stratégies de sabotage et d’intoxication qui ont été âprement menées par des réseaux hyperstructurés allant même jusqu’à assimiler les récentes manifestations sur la hausse des prix au retour des déportés. Et en les tenant, non seulement, le gouvernement a tenu sa promesse mais il a voulu donner par la même occasion un signal fort et retentissant à tout le peuple mauritanien notamment à ceux qui avaient des suspicions sur la tenue de ces assises nationales. Cependant, tout le mérite revient au Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui a eu le courage de parler d’un dossier qui était jusque là tabou. Ce n’est pas non plus son  engagement personnel sur le retour des déportés qui sera écorné puisque depuis sa campagne électorale, il a fait preuve de tout son désir de régler la question des déportés contrairement à son prédécesseur qui n’a pas voulu tremper ses mains dans la sauce. En effet, depuis son discours du 29 juin, les choses sont allées plus vite que prévues dans le bon sens et le Président de la République a bien compris que l’unité nationale- très superficielle- ne peut passer qu’à travers la résolution de certains dossiers épineux comme celui des déportés, un dossier engendré et légué par l’ancien régime. Ces journées de concertation nationale sur le retour des déportés, même s’il y a eu des voix qui se sont élevées pour dénoncer un certain manque de concertation, seront des moments forts dans le processus de réconciliation nationale. Au-delà même de l’espoir que ces journées ont suscité, elles constituent  en effet une étape très importante et décisive dans le processus de retour des déportés. Un facteur vers le processus de réconciliation nationale ! Une occasion de discuter sereinement sur les issues du règlement de ce dossier dans le consensus ! A vrai dire, ces journées de concertation doivent être saluées puisqu’elles rentrent en droite ligne dans la vision du chef de l’Etat d’une Mauritanie réconciliée avec elle-même mais surtout dans le cadre de la promotion de l’unité nationale qui passe sans doute par le règlement définitif du retour des déportés. En d’autres termes, elles serviront en effet de locomotive dans la suite du règlement du retour des déportés dans leur pays. A coup sûr, le règlement de ce dossier sera un apport considérable dans la consolidation de l’unité nationale puisque ce dossier a engendré beaucoup de haine, de tension et de frustration dans le cœur de ceux qui ont été victimes de près ou de loin des foudres de la dictature du régime déchu. Ainsi donc, ces journées de concertation nationale sur le retour des déportés constitueront sans doute un moment fort dans la consolidation des efforts du gouvernement visant à régler de manière consensuelle et dépassionnée le dossier des réfugiés et celui du passif humanitaire. Cet esprit de réconciliation nationale a plané pendant les trois jours qu’ont duré les journées au palais des congrès où la société civile, la classe politique et les associations des réfugiés ont montré leur forte implication dans le règlement définitif du retour des déportés et à leur adhésion à tout projet de rétablissement de la confiance et du respect entre tous les mauritaniens. Après 18 années d’exil forcé, les déportés mauritaniens vivent les derniers moments d’un long et douloureux calvaire. Ces journées qui ne sont qu’un prélude à leur rapatriement marqueront à coup sûr l’esquisse d’une nouvelle ère dans la réconciliation nationale. Et aujourd’hui, nul ne s’émeut que les détracteurs de la réconciliation nationale, de la démocratie, des libertés publiques, de la paix et de la justice sociale souhaitassent  et priassent ardemment pour que les journées de concertation sur le retour des déportés ne connaissent pas un franc succès ou ne produisent pas des résultats prometteurs. Piqûre de rappel ! Pendant leur règne au pouvoir, pendant cette période où il fallait suivre ou périr, au summum de leur gloire, ils n’ont cessé d’exhiber sans gêne que ces «déportés mauritaniens» n’étaient pas des leurs, qu’ils appartenaient à un autre pays. Ces «mauritaniens», leur tort c’est d’être nés en Mauritanie. Leur tort, c’est d’être des «Kowriyas» comme ils disent. Depuis le discours du Président de la République sur le retour des déportés mauritaniens, le 29 juin dernier,  ils ne dorment plus. Comme hier, ces détracteurs continuent encore à battre en brèche tout projet de retour des déportés dans leur pays d’origine. A commencer par intoxiquer les populations ! Peut-être que le syndrome de la peur d’être masqués un jour les habite, une trouille presque inséparable. Mais, comme l’a rappelé le Président de la République dans son discours d’ouverture des journées nationales de concertation et de mobilisation pour le retour des réfugiés et le règlement du passif humanitaire au Palais des congrès ce 20 novembre, il ne s’agira pas de faire la chasse aux sorciers. Il faut être humble pour tenir un tel propos ! Même s’il est trop tôt de tirer le chapeau à Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, de lui dresser des lauriers, il a accompli sa mission, celle d’avoir assumé la responsabilité de l’Etat mauritanien en reconnaissant de manière officielle les forfaits qui ont été commis au nom de la puissance publique. C’est aux populations de se l’en approprier et de continuer cette œuvre de réconciliation nationale. Il n y a pas d’opprobre aujourd’hui pour eux de faire amende honorable. La lutte ne fait que s’esquisser et le plus difficile reste à faire. Les témoignages entendus par-ci et par-là au palais des congrès à l’occasion des journées de concertation convergent parfaitement au même point et témoignent de toute évidence d’une volonté commune de transcender certaines émotions à la limite compréhensibles. Le retour des déportés suscite beaucoup de débats au sein de la population mauritanienne mais aussi beaucoup de zones d’incongruités et d’incompréhension de la part de certaines personnes très réceptives à certaines déclarations enflammeuses. Ceci passe incontestablement dans la sensibilisation. C’est un volet qui ne devrait pas être omis si on veut réussir ces journées de concertation sur le retour des réfugiés mauritaniens, si on veut qu’elles servent à quelque chose de symbolique. Certes ce problème est politique mais il concerne tout le monde. Le retour des déportés, on en parle à longueur de journée, mais très peu de personnes en appréhendent l’enjeu ou les enjeux.  Ce rôle incombe de prime abord aux pouvoirs publics notamment aux walis, aux hakems, aux maires, aux représentants du peuple qui doivent apporter leur effort dans ce vaste mouvement de retour des déportés. Puisqu’au moins plus 20.000 réfugiés mauritaniens seront concernés par le plan de rapatriement concocté par l’état mauritanien, sénégalais et le H.C.R. Ce qui n’est pas une mince affaire ! Une complexité qui s’explique par la durée que cette affaire a provoquée. Dans cette perspective, les médias doivent jouer leur rôle de courroie de transmission. L’avenir de la Mauritanie dépendra sans doute de ce qu’en feront surtout les hommes politiques qui sont souvent responsables de certaines dérives ! 

Babacar Baye NDiaye    

 

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