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( 8 novembre, 2007 )

Manifestations à l’est du pays/Arrestations dans les rangs de l’opposition

 

 Des manifestations violentes ont éclaté dans certaines localités du pays à la suite de hausses de prix ayant touché les denrées de premières nécessités. A Bassikounou et à Djiguéni, des locaux administratifs ont été mis à sac par des jeunes lycéens encadrés par des brigades. Plusieurs personnes ont été blessées au cours d’affrontements entre les forces de l’ordre et des groupes d’émeutiers. A l’issue de ces échauffourées, des dégâts matériels considérables ont été signalés et des arrestations de deux militants de l’opposition en particulier du Hatem et du RFD sont intervenues à Bassikounou et à Djiguéni.  A Kankossa, une victime par balle a été identifiée. Les coups de feu ont été tirés par la gendarmerie qui avait été auparavant saccagé ainsi que le local de la SNDE et la préfecture. La victime est un jeune homme qui a reçu la balle en pleine tête. Les personnes arrêtées sont accusées d’être les instigateurs de ces troubles derrière lesquels le pouvoir «soupçonne la main de l’opposition qui cherche par tous les moyens à destabiliser le pays». De telles accusations qualifiées de «troubles à l’ordre public» risquent de générer une situation explosive préjudiciable au climat de paix et de liberté qui commençait à s’instaurer dans le pays depuis l’arrivée du nouveau régime. Choses vraiment dommage ! 

 Les acteurs politiques doivent se mobiliser pour trouver une solution adéquate destinée à apaiser les tensions et du coup désamorcer la crise. Le langage du dialogue demeure la meilleure voie pour résoudre ce phénomène.   

Babacar Baye NDiaye 

Le Rénovateur Quotidien   

( 8 novembre, 2007 )

Journée de sensibilisation sur le retour des déportés

 

L’implication des leaders religieux dans la réconciliation nationale est importante et incontournable. Tel est l’enseignement, à vrai dire,  qu’on peut tirer de la journée de sensibilisation sur le retour des déportés qui réunissait hier, à l’hôtel Khaima, l’Association des Imams et Oulémas pour la Défense des Droits des Femmes et des Enfants, l’Initiative des Femmes pour la Paix, l’Unité  et la Concorde Nationale, les représentants des institutions de la République comme la Commission Nationale des Droits de l’Homme et le Ministère de l’Intérieur pour ne citer que celles-là. 

Cette journée de sensibilisation des leaders religieux intervient, en effet, dans un contexte où le gouvernement et le peuple mauritanien sont en train de préparer le retour des déportés. A travers cette journée de sensibilisation, c’est l’implication des leaders religieux qui est visée au regard de leur rôle décisif et de leur audience très large dont ils bénéficient  auprès des populations. 

La coordonnatrice de l’IFPUCN Madame Lô Khadijétou Cheikh a réitéré au nom de l’ONG qu’elle dirige sa profonde gratitude à l’endroit du Président de la République et du Gouvernement mauritanien pour leur engagement constant en faveur de la réconciliation nationale qui s’est traduit, selon elle, par de multiples initiatives louables. 

Cette journée de sensibilisation sur le retour des déports, rappelons le, s’inscrit dans une dynamique déjà enclenchée avec la tenue, à Nouakchott, le 16 août dernier, de la journée de réflexion sur «le rôle des femmes dans le processus de réconciliation nationale». 

Quant à Madame Narjess Saîdine représentant le PNUD a, dans son allocution, réaffirmé l’appui de cette institution aux autorités de la République pour trouver une solution consensuelle au problème des déportés tout en mettant l’accent sur l’adoption d’un principe de dialogue, de concertation et d’implication de tous les acteurs  au niveau national sur la question.   

A l’en croire, le règlement de ce dossier est une étape importante vers l’unité nationale et la garantie des droits de l’Homme. 

Pour couronner de succès cette journée de sensibilisation, il a été demandé de faire un prêche commun ce vendredi dans toutes les mosquées de Nouakchott. 

Les organisateurs de cette journée de sensibilisation sur le retour des déportés ont souhaité que les leaders religieux s’engagent dans un plaidoyer en faveur du renforcement de l’unité nationale et de la nécessité d’éradiquer les germes de la haine. 

Babacar Baye NDiaye 

Le Rénovateur Quotidien 

( 8 novembre, 2007 )

Jusqu’ où mènera la dégradation des conditions de vie ?

 

Et de vrai, Monsieur Yahya Ould El Waghef continue sa campagne d’explication sur la création du futur parti de la mouvance présidentielle. Récemment, il faisait face à une partie de la Société Civile. Une journée destinée à courtiser plutôt qu’à informer. Assurément, personne ne nie, à corps défendant, le rôle que peut jouer la Société Civile dans le processus actuel de développement du pays. La Société Civile, sans pour autant être l’avocat du diable, devrait se tenir à l’écart de tout ce qui est politique pour pouvoir véritablement mériter son rôle de contre-pouvoir. C’est un secret de polichinelle, la Mauritanie vit actuellement une sorte de tohu-bohu sans précédent fait de tiraillements et de problèmes de tout acabit. Et jusqu’où nous mènera la dégradation des contions de vie des populations ?En effet, la semaine dernière, l’opposition démocratique, elle aussi, organisait un meeting pour stigmatiser ce qu’elle appelle «le retour à la case de départ» qui est en train d’être opéré par l’actuel pouvoir. N’aurait-on pas foulé les pieds sur une terre d’argile ? Pendant ce temps-là, les prix de l’essence s’envolent à la pompe. En réalité, sur le plan social et économique, le pouvoir actuel n’à pas encore véritablement convaincu et séduit les populations sur ces réelles capacités de bien muer le quotidien des masses populaires. Son autarcie semble augmenter leurs appréhensions. Le pouvoir de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’a pas encore fait mieux que ces prédécesseurs. A part décentraliser le conseil des ministres à Nouadhibou. On se demande par la même occasion ce qu’il attend pour mettre en marche la machine des grandes réformes sociales et économiques tant promises durant la campagne présidentielle de février-mars 2007. Certains engagements tardent toujours à se concrétiser sans que l’on sache pourquoi. Les conférences se multiplient et toujours pas de  réponses aux multiples équations que nous nous posons. La dernière en date celle du premier ministre Zéine Ould Zeidane qui a, lui aussi, déçu par son manque d’allusion à la situation actuelle du pays comme si toute la responsabilité de toutes nos souffrances est essentiellement  du ressort du Président de la République qui est seul habilité à répondre aux préoccupations des mauritaniens qui ruminent encore leur déception, leur patience et la confrontation serait loin d’être inévitable. L’eau, l’électricité, les denrées de premières nécessités…tout est devenu cher. Avec une telle situation qui donne du tournis aux populations, que valent vraiment nos syndicats qui n’existent que de nom ? Certes, la montée du prix du pétrole sur le marché international est servie sur la table comme seule explication. Dans ce cas, il appartient à l’Etat mauritanien de trouver des mesures accompagnatrices ou compensatrices pour alléger substantiellement la souffrance des populations qui ne savent plus où se donner de la tronche.  Déjà, des esquisses de manifestations se tiennent et s’organisent ça et là. Si cette situation délétère continue, ces manifestions pourraient se généraliser partout dans le pays. A vrai dire, les protestations contre la dégradation des conditions de vie dans le pays ne font que commencer. Et c’est peu dire en pensant que ce sont là des signes assez inquiétants pour la Mauritanie et sa stabilité sociale. Malgré la bonne volonté du nouveau pouvoir d’appliquer les règles de la transparence, de bonne gouvernance, bref, de faire sortir le pays de son trou, le gouvernement semble avoir les yeux dans les poches. Si vraiment la situation est aussi grave que cela, pourquoi alors, le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ne le reconnaîtrait-il pas ? Au Sénégal, Abdoulaye Wade a reconnu de manière officielle la situation critique qu’est en train de traverser son pays. Ceci pour rassurer les populations face à une situation sociale éprouvante. C’est sous-estimer la situation actuelle du pays en tressant des lauriers au Président de la République mais aussi en lui cachant la vérité.

 

Babacar baye NDiaye  

Le Rénovateur Quotidien

 

 

( 1 novembre, 2007 )

Dental ou les Papys de la musique mauritanienne

Ce mercredi 10 Octobre dernier(2007), le public rassemblé à la cafétéria du Centre Culturel de Nouakchott attendait avec impatience les papys de la musique mauritanienne en l’occurence Baby Sarr, Sédinté Diawara, Ibrahima Sox…Pour une première bulle d’essai, ces papys savent parfaitement qu’ils ne doivent point décevoir ce public venu les découvrir pour la première fois.

 —————–Par Babacar Baye Ndiaye

Ce n’est pas donné souvent à un artiste d’avoir sur les jambes trente ans de carrière musicale. Eux, ils ont franchi ce seuil très difficile à accéder. Et c’est avec beaucoup de fierté que ces messieurs-là assument qu’on les surnomme «les papys» de la musique mauritanienne. «Vu notre âge, nous ne pouvons pas refuser. Cela ne nous dérange guère. C’est très beau. Mais en disant papys, il ne faudrait pas nous rejeter comme musiciens parce que nous avons été les pionniers de la musique mauritanienne. 30 ans de carrière musicale, ce n’est pas petit ! » dit Babi Sarr, manager et simultanément chanteur-guitariste du groupe Dental. 

Les premières notes de Babi Sarr remontent en 1976 à Nouadhibou. Par la même année, il découvre le plaisir de jouer la musique. En 1978, il joue avec le «Tiris-Zemmour», un orchestre de Zouérate. Comme un oisillon devenu oiseau, il vole de ses propres ailes et forme, en 1987, son propre groupe «Le Phare» qui s’éteignit malheureusement pour lui avec les événements de 1989. Ce fut l’esquisse de la traversée du désert. Il part au Sénégal, contraint, malgré lui. Et le revoilà, en 2005, de retour à son pays natal. Il remonnaie son expérience à «Darolgal Fulbé», à «Khoumaro» et à «Golé Diré» de Coumba Salah. En 2006, il recrée un groupe «Dental» autrement dit l’union, la réunion des cultures mauritaniennes. Toute une connotation qui résume succinctement son combat pour la fraternité et le brassage culturel. La création de ce groupe vient ainsi donc récompenser des années de sacrifices, d’efforts et de travail. 

Même si Babi Sarr et sa bande sont devenus, naturellement, les papys de la musique mauritanienne, on peut voir en eux l’incarnation et la représentation d’une époque musicale. Babi Sarr exhale une nature modeste avec un zeste de timidité qui lui est presque inséparable. C’est un monsieur aussi qui, malgré les épreuves et les vicissitudes de la vie, a su préserver et jalousement les liens d’amitié. La preuve, depuis 1990, il chemine avec Sédinté Diawara, son soliste. Une complicité hors pair ! D’ailleurs, ils sont toujours ensemble. «Nous nous étions  promis de jouer ensemble, de créer notre propre groupe, souligne Babi Sarr. Nous avons pu concrétiser cela. Au début, chacun de nous jouait séparément dans des groupes différents. Quand nous avons vu que cela n’allait pas bien dans ces groupes-là, nous avons décidé de se retrouver en tant que musiciens pour former notre groupe (Dental, ndlr)». 

De profession enseignante depuis 1979, la musique semble faire partie de la vie de Babi Sarr, de son instinct et il nourrit une inlassable passion pour ce qu’il fait voilà depuis plus de 30 ans et c’est avec beaucoup de fierté qu’il le dit. «Je fais ce que j’aime, assure-t-il, et je n’attends rien de la musique. Je suis enseignant pour assurer la survie de ma famille. Je ne suis pas issu de famille de musiciens. La musique c’est quelque chose que j’aie aimée avec le temps. » Les rappeurs l’éblouissent. «Ce que les gens murmurent bas, eux, ils le disent haut et fort. Ils transmettent les messages là où il faut ». 

Et pour lui, la musique mauritanienne a tous les avantages pour être appréciée partout à travers le monde, reste maintenant à l’exploiter pour vendre cette musique. «Un moment, il y a eu une ruée sur l’Inde pour la recherche et l’inspiration. C’est parce que les gens n’avaient pas compris notre richesse musicale. S’ils l’avaient compris, ils se seraient rués sur la Mauritanie pour exploiter et valoriser notre musique». 

«La musique maure, dit-il pour corroborer ses assertions,  compte 7 voix musicales différentes qu’on retrouve dans toutes les autres musiques du monde. La musique poular qui a, elle aussi, ses propres voix. La  musique Soninké riche en rythmes et en air de même que la musique wolof riche elle aussi en rythmes». 

Ainsi donc, aux yeux de Babi Sarr, ce qui manque, ce sont les infrastructures telles que les écoles. «Pour faire de la musique, soutient-il, il faut savoir la lire, l’écrire. Nous n’avons pas un observatoire. Nous, les musiciens, nous sommes tous des autodidactes. Nous n’avons pas d’écoles pour y être formés. Pour véhiculer une musique, il faut l’apprendre. Le patrimoine est là, riche et varié. Mais… » 

Combinant savamment une musique où tout le monde peut se retrouver, Dental allie avec dextérité musique moderne et musique traditionnelle en partant de la musique traditionnelle pour lui donner une couleur moderne. «Une musique ne vieillit pas, confie-t-il. Si elle vieillissait, qu’est-ce qu’on allait trouver. Maintenant, quelle est l’appréciation et la réaction des gens par rapport à cette musique (Dental, ndlr). » 

Babi Sarr est favorable à une musique mauritanienne multicolore et représentative de toutes les couches sociales. «Où est le musicien qui véhicule aujourd’hui la musique mauritanienne dans toutes ses couches sociales, s’interroge-t-il. Chacun de nos musiciens représente une seule composante et celle-ci ne représente pas la Mauritanie. Il aurait été mieux d’avoir une musique dans laquelle on entendrait toutes les musiques. A défaut de cela, que chaque musicien essaie au moins de faire entendre les autres couches. » Il cite comme exemple, Hadrami Ould Meidah. «Il a eu un grand succès au niveau de tout le monde parce que lorsqu’il chantait, on entendait toutes les couches sociales, toutes les langues et cela plaisait parce que chacun se sentait dans sa musique. » 

Son concert qui a été bien accueilli lui a donné davantage de motivation et de courage pour continuer dans ce qu’il aime : faire plaisir et se faire plaisir

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