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( 6 décembre, 2007 )

Libéralisation du secteur audiovisuel: A quand les premières diffusions ?

Ainsi donc, la Mauritanie s’est dotée depuis quelques jours d’une deuxième chaîne de radio (officielle) en plus de Radio Mauritanie et de Radio Jeunesse. Volonté ou signe de sortir des crevasses de l’immobilisme ! Ou tout simplement rupture avec le passé et le recul !…

Ceci constitue en soi un bond assez significatif dans la floraison et le développement des médias en Mauritanie et l’accès du citoyen mauritanien à ces derniers.

Mais cela ne voudrait pas dire non plus que quelque chose a bien changé puisqu’on poireaute toujours l’avènement de la pluralité dans les médias officiels et la libéralisation surtout du secteur audiovisuel. Mordieu ! La Mauritanie est pratiquement le seul pays en Afrique de l’Ouest et du Maghreb a avoir un espace audiovisuel monocolore du fait d’une libéralisation du secteur audiovisuel non encore ébauchée par les autorités du pays.

Il ne faut pas avoir peur des médias puisqu’ils participent à l’ancrage de la démocratie, des libertés publiques, de la bonne gouvernance et de la transparence dans la gestion des affaires publiques. Une sorte de parapet pour ceux qui voudraient riper !

Certes, il y a eu des pogromes de bonne volonté, des pogromes d’ouverture des nouvelles autorités pour essayer de sortir la presse indépendante d’une situation coton notamment en procédant à une réduction substantielle des tarifs d’impression, en associant la presse à certains déplacements des autorités à l’extérieur du pays, en établissant une carte professionnelle en vue de structurer le milieu de la presse indépendante où il y a trop de capharnaüm.

C’est vrai que beaucoup d’actes sont engagés par les autorités dans le sens d’une meilleure appréciation de la presse surtout indépendante. Mais tout cela suffit-il réellement à gober ou gommer les insuffisances, les efforts à accomplir et les impertinences qui caractérisent aujourd’hui, de manière générale, l’espace audiovisuel mauritanien  si on peut parler ainsi. La TVM, autrefois placardée, embobinée et toujours au service d’un pouvoir fanfaron, tarde toujours à convaincre les télespectateurs mauritaniens plus accrochés à d’autres images venues d’ailleurs.

C’est parce que cette «machinerie-là» n’offre pas des programmes alléchants à ces télespectateurs et nous goinfrent souvent d’informations indésirables et en déphasage avec les réalités nationales et contemporaines. Sauf pour la première fois, lorsqu’elle nous a ragaillardis par une rétrospective pas mal sur l’histoire de la Mauritanie ce 28 novembre dernier.

Véritable coup de maître ou essai réussi ! Les nouvelles autorités ont compris vite qu’il fallait changer d’attitude. La TVM Plus, venue booster son aînée, à bout de souffle, a pu, par la diversité qu’offrent ces différents programmes, s’attirer sans superbe une bonne sympathie et une appréciation de la part des mauritaniens.

Elle le doit non seulement à la pluralité de ses programmes mais à sa méthode. Car, pour attirer des télespectateurs, il faut offrir quelque chose de nouveau. Ce que la TVM n’a jamais réussi à faire et à risquer. Que nous apprend, en réalité, la TVM ? Que dalle ! Ni sur l’histoire, ni sur l’évolution politique, sociale et économique du monde ! Ni sur la situation des populations ! Que des programmes bidons et inconvenants!

Dans d’autres pays, l’établissement d’un espace audiovisuel a été possible grâce à la détermination et la pression d’abord des professionnels du secteur mais aussi à la volonté politique. Pourquoi  la Mauritanie ferait ou devrait-elle faire exception ? Ou alors, ce que je ne veux pas imaginer, un espace audiovisuel libre serait impossible en Mauritanie ?

Ce n’est pas sur des tergiversations encore moins sur la couardise qu’on y parviendra. Je ne veux pas penser non plus comme certaines personnes que la libéralisation ne serait pas une bonne chose. Actuellement, il est impérieux et nécessaire pour la Mauritanie de procéder et très vite à la libéralisation du secteur audiovisuel.

Maintenant que la situation à une telle option est favorable, il est du devoir des autorités de concrétiser cette impérieuse nécessité et sans plus tarder, pour sortir d’une longue période d’arriération et de cupidité, rejoindre la caravane des pays qui s’ébaudissent de leur nomenclature audiovisuelle. Nous attendons… avec beaucoup d’espoir cet avènement car, sur le plan médiatique, notre pays a pour caractéristique de n’avoir pas su libéraliser ce secteur.

Les médias officiels ne peuvent pas projeter seuls le citoyen mauritanien souvent ignorant de ce qui se déroule et manipulé candidement. Même si, dans son programme politique durant la campagne présidentielle de février-mars 2007, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’a pas trop évoqué cela, pour marquer encore les esprits et son quinquennat, le meilleur service qu’il peut rendre aux mauritaniens, c’est de libéraliser le secteur audiovisuel. 

Babacar Baye Ndiaye 

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