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( 13 décembre, 2007 )

Ministère du Commerce et de l’Industrie

 

Journée d’Encadrement au profit des ADC 

 

Ce jeudi 13 décembre à l’hôtel Atlantic de Nouakchott, le Ministère du Commerce et de l’Industrie en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie a organisé une Journée d’encadrement au profit des Associations de Protection des Consommateurs sur le contrôle de la qualité et le respect des normes destinées à la consommation humaine et animale. 

 

Cette Journée d’Encadrement fut une opportunité d’échanges qui a permis d’ouvrir le dialogue entre la Direction de la Protection des Consommateurs et les Organisations des Associations de Défense des Consommateurs mauritaniens. Ce fut aussi une occasion des deux parts de discuter du décret n°2007-064 fixant les conditions de contrôle de la qualité et de respect des normes destinées à la consommation humaine et animale. Ce décret en effet ne concerne pas les produits de pêche. Celui-ci  a prévu par ailleurs dans son article 19 des sanctions allant de 10.000 à 3 millions d’ouguiyas contre ceux qui falsifieraient des aliments destinés à la consommation humaine et animale ou ceux qui tenteraient d’importer, de fabriquer, d’exposer, de mettre en vente ou de distribuer des substances médicamenteuses falsifiées, avariées ou périmées. Une mesure saluée par les Associations de Défense des Consommateurs(ADC) qui ont appelé les autorités à plus de vigilance et de dureté concernant l’application effective des mesures contenues dans ce décret signé par Sidi Ould Boubakar(Premier ministre sous la transition, ndlr) ainsi que d’autres dispositions prises relatives à la protection des consommateurs. 

Durant cette journée, il a été surtout question de faire un diagnostic et un état des lieux des produits destinés à la consommation humaine ou animale mais surtout d’insister sur le rôle primordial que peuvent jouer les Associations de Défense des Consommateurs(ADC) dans la régulation de tous les paramètres liés à la qualité des services et marchandises offertes. Cette journée de sensibilisation et de concertation a montré aussi l’absence de stratégies suffisamment conséquentes de la part des Associations de Défense des Consommateurs(ADC) pour mettre en pratique leurs ambitions sur le terrain. 

En Mauritanie, sous la pression des Associations de Défense des Consommateurs(ADC), les pouvoirs publics ont fini par élaborer une législation en institutionnalisant notamment ces associations de protection des consommateurs. Cette volonté des autorités s’est aussi accompagnée au grand bonheur des Associations de Défense des Consommateurs par la création d’organismes chargés de recevoir les plaintes des consommateurs. 

Contrairement à d’autres pays où les Associations de Défense des Consommateurs constituent un contre-pouvoir réel et menaçant, ces dernières, en effet, dans notre pays, sont méconnues du grand public. Ceci explique en grande partie les insuffisances de leurs actions dans notre pays où les laboratoires de contrôle et les ressources humaines manquent terriblement mais surtout où les consommateurs sont souvent envahis par des produits périmés ou avariés. 

Toutefois, par rapport à tous les problèmes qui ont été soulevés au cours de cette Journée d’encadrement des Associations de Défense des Consommateurs, des perspectives relatives à l’élargissement du domaine d’action de ces associations furent dégagées afin de permettre leur meilleure connaissance au près du public. 

Babacar Baye Ndiaye 

  

 

( 13 décembre, 2007 )

Point de presse du FONADH

Au cours d’un point de presse organisé à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’Homme célébré partout à travers le monde notamment par les Organisations de Défense des Droits de l’Homme, monsieur Sarr Mamadou, Secrétaire Exécutif du FONADH a estimé qu’il faut créer des conditions objectives pour que l’abolition de l’esclavage soit effective en Mauritanie. 

«Les résultats des journées de concertation constituent sans nul doute une grande avancée sur la voie du règlement du dossier des réfugiés et du passif humanitaire » s’est réjoui le FONADH qui a souligné le contexte dans lequel s’est déroulée la Journée Internationale des Droits de l’Homme. «Les engagements pris par le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi lors de la campagne présidentielle commencent à connaître un début d’application ». 

Ces engagements concernent l’adoption de la loi portant incrimination de l’esclavage et répression des pratiques esclavagistes, la tenue des Journées Nationales de Concertation et de Mobilisation sur le Retour des Réfugiés et le Règlement du Passif humanitaire et la mise en place attendue de la plate forme des Acteurs Non Etatiques pour le suivi de l’Accord de Cotonou ainsi que de la loi relative aux associations. 

Se disant «fidèle à ses principes sacro-saints de liberté, d’égalité et de démocratie» et prêt à «appuyer la mise en œuvre des résultats des Journées Nationales de Concertation(tenues entre le 21,22 et 23 novembre dernier, ndlr) et les mesures d’accompagnement de la loi incriminant l’esclavage», le FONADH a salué la volonté du Président de la République qui a placé au premier rang de ses priorités la consolidation de l’unité nationale et la cohésion sociale de même que l’engagement de l’ensemble des acteurs concernés par ces questions nationales. 

Enfin, le FONADH a recommandé aux autorités mauritaniennes de faire preuve d’une grande vigilance en vue de faire respecter les dispositions contenues dans les déclarations, pactes et conventions internationaux en matière de promotion et de protection des droits humains ratifiés par la Mauritanie. 

Babacar Baye Ndiaye    

( 13 décembre, 2007 )

Réconciliation Nationale:Cheikh Saad Bouh Camara favorable à la mise en place d’une « commission vérité et réconciliation »

 A l’occasion de la célébration de la Journée Internationale des Droits de l’Homme, Monsieur Cheikh Saad Bouh Camara revient en filigrane sur le contexte dans lequel cette Journée Internationale est née et sur les voies et moyens à définir pour s’acheminer définitivement vers la réconciliation nationale. 

Le Rénovateur Quotidien : Pouvez-vous nous rappeler le contexte dans lequel la Journée Internationale des Droits de l’Homme est née ? 

Cheikh Saad Bouh Camara : Le 10 décembre 1948 au Palais de Chariot à Paris, la communauté internationale, pour la première fois, reprenait la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La Déclaration Universelle de ces Droits de L’Homme est à la fois, la suite de la charte des Nations Unies, laquelle date, le 26 juin 1945 qui a vu la naissance de l’Organisation des Nations Unies et ça va être le commencement de la période contemporaine moderne actuelle des droits de l’homme. Cette déclaration c’est à la fois une utopie, un rêve et un objectif qui ne sera jamais atteint mais qui a posé les jalons et qui a permis de mettre en pratique, de mettre en vrac, de traduire dans les faits un certain nombre de recommandations, de pactes et de traités. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les états ont décidé de se réunir et de mettre en place une documentation des traités, un arsenal de traités internationaux qu’il fallait faire respecter. Il s’agit donc d’un long trajet parce que dès 1948, la Déclaration a permis de lutter contre la colonisation, dès 1948, la Déclaration a permis de mettre en place un certain nombre d’instruments juridiques qui sont actuellement les pièces cardinales de la réglementation sur le plan international en matière de droits de l’homme. On peut citer le pacte international relatif aux droits civils et militaires et le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Je citerai également et c’est extrêmement important, la convention contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la convention des droits de l’enfant. il faut dire que cela a permis de voir émerger la justice internationale à travers la création de la cour pénale internationale qui est aussi l’une des conséquences de la déclaration universelle des droits de l’homme parce que pour la première fois, on a voulu statuer, arrêter les personnes qui violent les droits de l’homme de façon massive et les juger. C’est un pas considérable et il faut retenir que la C.P.I est une consécration. Il faut rappeler que la C.P.I  peut s’autosaisir et peut même décider de déclencher une campagne ou ouvrir un dossier par rapport à des personnes, des groupes ou un Etat qui violent les droits de l’homme. 

Le Rénovateur Quotidien : Chaque pays peut-il saisir cette juridiction internationale ? 

Cheikh Saad Bouh Camara : Si un Etat a rempli les conditions pour être membre de la C.P.I, cet Etat peut déposer une plainte. C’est le cas présentement pour certains pays comme l’Ouganda et la R.D.C par rapport à des personnes qui ont fait subir des violations massives et répétées des droits de l’Homme. Cela pour dire que l’impunité ne sera plus pardonnée ni tolérée. Cela aussi pour rappeler notre devoir, nous en tant que militants des droits de l’Homme, concernant la lutte contre l’impunité. Ce devoir, il se conjugue et se décline en 5 étapes : 

1.     

Par un devoir de mémoire : il faut obtenir et exiger qu’on n’oublie pas les violations des droits de l’Homme. C’est la première condition, elle est incontournable. On ne demande pas un devoir de mémoire pour se venger mais au contraire pour que cela ne puisse plus jamais se reproduire et pour qu’aussi historiquement, on marque les esprits et les cœurs des uns et des autres pour qu’ils sachent ce qui s’est passé. 

2.      Par un devoir de vérité : cela veut dire qu’on va aller chercher, faire des investigations et chercher la véracité et la fiabilité des faits. Le devoir de vérité accompagne le devoir de mémoire. 

3.     

Par un devoir de justice : il est incontournable. Il faut juger les criminels qui qu’ils soient et où qu’ils soient, anciens chefs d’Etat ou chefs d’Etat en mandat. 

4.      Par un devoir de réparation : il faut non seulement traiter les gens dans leur dignité mais il faut une réparation morale, matérielle et financière. C’est dans ce cadre qu’il faut faire campagne pour qu’il y ait réparation de nos parents réfugiés mais aussi pour ceux ou celles qui ont été victimes du passif humanitaire. 

5.     

Enfin, après avoir décliné le devoir de mémoire, celui de vérité, de justice et de réparation, il y a le dernier mais pas le moindre, the last but not the least, le devoir de réconciliation. 

Le Rénovateur Quotidien : Et quelle est la stratégie qu’il faut adopter pour que tout cela soit possible ? 

Cheikh Saad Bouh Camara : Je crois qu’il faut continuer à exiger et à demander qu’il y ait une commission vérité et réconciliation pour savoir tout ce qui s’est passé pendant ces différentes décennies. Il faut se mobiliser aussi pour la lutte contre toutes les formes d’esclavage anciennes ou contemporaines. La mobilisation de tout un chacun est sine qua non. Il faut qu’on sache le contenu de cette loi votée par le Parlement et qu’on suive avec attention les décrets d’application et enfin participer au temps de mobilisation sociale contre toutes les formes d’esclavage. Il faut se mobiliser non seulement pour pouvoir voir réellement l’application de cette loi mais aussi pour accueillir nos frères et sœurs réfugiés. C’est un combat, un combat au plan de la communication et au plan culturel. C’est un combat pour qu’ils puissent recouvrer leur dignité. C’est un combat pour les mettre dans les mêmes conditions que ceux qui sont là. Nous devons tout faire pour qu’ils puissent être rétablis dans leurs droits et avoir les réparations qu’ils méritent. C’est après seulement que nous pouvons parler de réconciliation nationale. 

Propos recueillis 

Babacar Baye Ndiaye 

( 13 décembre, 2007 )

Isabelle Fiadeiro

«Je me sens bien lorsque je suis dans le désert » 

Depuis sa dernière exposition du 4 juin dernier au Centre Culturel Français de Nouakchott, Isabelle Fiadeiro s’est beaucoup amélioré sur le plan artistique et créatif. Même son français. Et tant mieux pour elle ! 

Le Rénovateur Quotidien : Vous aimez les paysages du désert. Est-ce de l’amour, de l’enchantement ou purement et simplement une échappatoire ? 

Isabelle Fiadeiro : C’est un refuge en réalité puisque j’aime beaucoup les paysages du désert, du Sahara. Je l’ai découvert, il y a 4 ans ! Je suis fascinée par le Sahara. De temps en temps, je pars en brousse. Je reste un mois dans un village, dans un petit endroit. Tu voyages, tu regardes, tu vois différentes choses. Après tu fais la sélection. Il y a d’autres choses que j’ai vues et que je n’ai pas encore reproduites. Le fleuve par exemple ! 

Le Rénovateur Quotidien : Mohamed, Sidi, Hassane, Husseine…sont des noms qui reviennent dans vos peintures ? 

Isabelle Fiadeiro : Peut être parce que je passe beaucoup de temps dans le désert. C’est dans le désert que les trois religions divines sont descendues. Ce sont des noms de Prophètes. Il y a un moment que ces gens peut-être ont marché dans le même endroit. A partir de là, on comprend pourquoi les religions sont descendues dans le désert. 

Le Rénovateur Quotidien : La peinture, est-ce une manière pour vous de restituer ce que vous voyez, entendez ou ressentez lorsque vous êtes dans la nature, le Sahara ? 

Isabelle Fiadeiro : La peinture fait partie de ma vie. C’est une façon de remettre tout en place peut-être. Je me sens bien lorsque je suis dans le désert entre les populations. J’ai du temps pour dessiner, discuter et faire des choses. C’est très différent de la vie que je menais en Europe très rapide, toujours à courir. Ça te donne du temps pour réfléchir, pour résister. 

Le Rénovateur Quotidien : Pourquoi ces paysages vous fascinent-ils ? 

Isabelle Fiadeiro : Je pense que c’est l’immensité. On se rend compte qu’on est insignifiant, qu’on est de petits objets devant une vaste étendue de dunes et de sable. 

Le Rénovateur Quotidien : Vous peignez grâce à votre imaginaire ou bien ce que vous peignez, c’est quelque chose que vous entendiez, viviez ou voyiez ? 

Isabelle Fiadeiro : Tous les deux. La peinture a deux phases.  Une première phase où j’essaie de reproduire le réel ou l’autre phase où j’essaie de faire avec l’atmosphère. Les couleurs changent, elles ne sont pas réelles. 

Le Rénovateur Quotidien : A quoi ressemble la vie sous le Khaima ? 

Isabelle Fiadeiro : C’est tranquille, je pense. Lorsqu’on est dans un petit village sous un Khaima, il y a tous ces gestes qu’on répète quotidiennement, qu’on refait et qu’on écoute. Un de ses meilleurs souvenirs que je garde c’est le ver de thé à battre sur la table. 

Le Rénovateur Quotidien : Contrairement à votre dernière exposition, vous êtes beaucoup amélioré, vos tableaux sont devenus plus expressifs, mieux relookés. Qu’est-ce qui a changé en vous ? 

Isabelle Fiadeiro : Je suis dans une recherche permanente. Ce n’est pas encore fini. On continue à travailler pour s’améliorer. Je travaille seule tous les jours. Mon mari aussi m’aide avec des accrochages par-ci et par-là(confie-t-elle avec un grand et doux sourire qui en dit long). Il me donne l’appui moral pour continuer. Je pense que les admirateurs peuvent voir tout le travail qui a beaucoup évolué. 

Propos recueillis par 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

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