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( 21 février, 2008 )

Opération de retour des déportés:«Si des actes forts ne sont pas pris, l’opération de retour sera vouée à l’échec », estime le FONADH

Deux jours après la conférence de presse de l’Agence Nationale chargée de l’Accueil et de la Réinsertion des Réfugiés et de l’annulation du retour du deuxième contingent des déportés mauritaniens au Sénégal, le Forum National des Organisations des Droits de l’Homme a tenu une conférence de presse, ce mercredi 20 février 2008,  pour dénoncer les agissements du H.C.R. et de l’ambassadeur de Mauritanie au Sénégal tout en demandant le respect et l’application des recommandations issues des journées nationales de concertation( tenues les 20, 21 et 22 novembre 2007, ndlr) mais et surtout en demandant l’implication pleine et entière des organisations de défense des droits de l’homme en tant que partenaires dans le processus du règlement du passif humanitaire. 

Le FONADH n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour tirer à boulets rouges sur le H.C.R., qui mène selon lui, une gestion peu transparente de la question du retour des déportés. «Nous avons constaté dés le départ, fait remarquer Mamadou Moctar Sarr, secrétaire exécutif du FONADH, aux premiers moments des recensements, que le H.C.R., n’avait pas véritablement impliqué les responsables des structures de défense des intérêts des déportés. Lors, des journées nationales de concertation sur le retour des déportés et le règlement du passif humanitaire, des engagements ont été pris mais nous avons l’impression que le H.C.R. est en train de faire cavalier seul ».

En outre, le FONADH s’est insurgé contre l’attitude du H.C.R. qui a organisé l’opération test dans la précipitation et le manque de préparation dans l’organisation de ce rapatriement des déportés mauritaniens. «Après le retour des déportés, une semaine plus tard, nous avons envoyé sur place une délégation pour visiter l’ensemble des sites aménagés pour ceux qui sont revenus. Depuis qu’ils sont revenus (les déportés, ndlr), aucune autorité n’est venue les rendre visite. L’opération test ne nous satisfait pas et les conditions de vie sont déplorables. Et on peut dire que les autorités sont en train de baisser les bras », déclare le secrétaire exécutif du FONADH qui estime que «le recensement a été fait dans une opacité totale » avec la partialité de l’ambassadeur de MAURITANIE (Ahmed Ould Bellal, ndlr) au Sénégal qui traite, selon lui, avec un groupe de réfugiés au détriment de la partie la plus représentative. «Au moment de signer l’accord triparti, l’ambassadeur s’est fait accompagner de trois individus qui ne représentent personne. Tout ce que ces gens-là (allusion faite aux organisations de défense des droits humains, ndlr) veulent, c’est qu’ils soient impliqués dans le processus de rapatriement. Les victimes, on ne doit pas les contourner. C’est pourquoi nous disons et nous l’avons signalé au plus haut niveau que l’ambassadeur est en train de jouer un jeu dangereux par rapport à ce problème. Ce ne sont pas des affirmations gratuites. C’est quelque chose de vérifiable ».

Le processus de rapatriement des déportés mauritaniens a été confié par l’ALPD (Association de Lutte contre la pauvreté et pour le Développement) dirigée par Mohamed Vall Ould Khissa et par ailleurs parenté à l’ambassadeur de Mauritanie au Sénégal. Le FONADH est monté au créneau pour dénoncer ce recrutement qui s’est fait dans une totale opacité. Ce recrutement est mal apprécié d’autant plus que ce monsieur Mohamed Vall Ould Khissa est accusé d’être un détracteur du processus de rapatriement des déportés mauritaniens. On l’accuse même d’avoir été contre le retour des déportés. Comment donc, les pouvoirs publics, connaissant tout cela, n’ont-ils pas réagi en confiant l’opération de retour à une ONG blanche comme neige et qui ne compromettrait aucunement la réussite de ce processus de rapatriement ? «On aurait pu, pour un problème aussi important, lancer un avis d’appel d’offres et voir toutes les ONGs qui postulent », pense Mamadou Moctar Sarr.

Le FONADH, dans le sens d’apporter des solutions par rapport au retour des déportés mauritaniens, a mis en place un comité de réflexion, dirigé par Lalla Aicha membre du FONADH. Ce dit comité a déjà élaboré un plan d’action qui a été transmis aux autorités. Car, estime le FONADH, si des actes forts de consolidation des acquis et de motivation des réfugiés ne sont pas pris, l’opération de retour sera vouée à l’échec.

Par ailleurs, le FONADH a dénoncé la précipitation dans laquelle, l’ANAIR a été mise sur place par les pouvoirs publics au détriment des intérêts et des droits des déportés. «Cette agence devrait avoir d’abord un conseil d’administration qui étudierait les grandes orientations avant de commencer la mise en œuvre de son programme d’urgence. Mais, malheureusement, l’agence est partie trop vite en besogne. A notre connaissance, le conseil d’administration n’a pas encore été désigné. Il faut que l’agence respecte le minimum qui est d’abord la mise en place de ce conseil. Nous pensons que cette agence pourra jouer un grand rôle d’autant plus que nous savons que l’action du H.C.R. est très limitée dans le temps. Il reviendra donc à l’agence de créer des conditions nécessaires pour régler définitivement le problème des déportés », a laissé entendre Mamadou Moctar Sarr tout en dénonçant le manque de concertation qui environne le processus de rapatriement des déportés mauritaniens mais surtout en reprochant à l’ANAIR d’avoir concocté un programme d’urgence sans pour autant demander leur avis.

Babacar Baye Ndiaye 

( 21 février, 2008 )

Unicef: Lancement du rapport 2008 de la situation des enfants dans le monde

Contenant 154 pages, le rapport de l’UNICEF sur la situation des enfants dans le monde 2008 a  examiné les principales questions, problématiques et sujets relatifs aux enfants et présenté les statistiques économiques et sociales en lien avec le bien-être des enfants de tous les pays. Ce lancement du rapport s’est déroulé devant les représentants du Ministère chargé de la Promotion Féminine, de l’Enfance et de la Famille, du Ministère de la Santé, de la Coordinatrice Résidente du Système des Nations Unies, le Représentant de l’OMS et le Représentant de l’UNICEF en Mauritanie, Monsieur Christian Skoog. 

Le thème de cette année 2008 porte sur ‘la survie de l’enfant’. Le choix du thème s’explique par la situation dramatique que vivent les enfants notamment ceux de l’Afrique subsaharienne qui connaît un fort taux de mortalité infantile très élevée. «En Afrique subsaharienne, la situation est particulièrement alarmante et à plutôt tendance à empirer : 1 enfant sur 6 meurt dans cette région avant d’atteindre l’âge de 5 ans », déclare Christian Skoog, dans sa présentation sur la situation des enfants dans le monde 2008.

Parmi les raisons invoquées par les experts de l’UNICEF figurent les conflits, les catastrophes naturelles, le SIDA, la pauvreté, le manque d’infrastructure physique et les faibles capacités des systèmes de santé qui entravent les progrès vers de meilleures chances de survie de l’enfant en Afrique subsaharienne.

En termes de taux de mortalité infantile, la Mauritanie occupe la 28ième  place mondiale devant de nombreux pays de la sous-région. Même si dans ce cadre, les résultats sont assez encourageants, ils demeurent toutefois insuffisants pour pouvoir atteindre la cible 4 des objectifs du millénaire pour le développement relatif à la mortalité des enfants.

Ceci est d’autant plus vrai que l’enquête nationale sur les indicateurs du bien-être et de la santé surtout de l’enfant a montré que le taux de mortalité infanto-juvénile reste élevé en Mauritanie.  Ainsi donc, mesurant l’importance de la protection de l’enfant et de sa survie, le gouvernement a souscrit et adopté en partenariat avec l’UNICEF et l’OMS une stratégie accélérée pour la survie et le développement de l’enfant qui prévoit une batterie de dispositions susceptibles de réduire le pourcentage des décès des enfants.

Ces mesures vont de la présence d’un personnel soignant qualifié lors de l’accouchement et soins au nouveau-né à l’utilisation optimale des moustiquaires traités à l’insecticide et médicaments efficaces pour prévenir et soigner le paludisme en passant entre autres par l’amélioration de la qualité de l’eau et des installations sanitaires et à la vaccination contre les 6 grandes maladies que l’on peut éviter par un vaccin.

Cela passe en outre par l’application des stratégies suivantes qui peuvent avoir des impacts réels sur la réduction de la mortalité infantile : instaurer des conditions favorables à la survie et à la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, renforcer le continuum de soins dans l’espace temporel et géographique, mettre en œuvre à grande échelle des panoplies de services essentiels en renforçant les systèmes de santé et les partenariats communautaires, développer les données, les recherches et les conclusions sur lesquelles s’appuie l’action, mobiliser des ressources pour les mères, les nouveau-nés et les enfants et enfin faire de la survie des mères, des nouveau-nés et des enfants un impératif mondial.

«La survie de l’enfant n’est pas seulement un impératif sur le plan des droits de l’homme, c’est aussi un impératif sur le plan du développement », a dit Joy Phumaphi, vice-présidente du réseau du développement humain à la banque mondiale qui pense qu’ «investir dans la santé des enfants et de leurs mères, c’est une bonne décision d’un point de vue économique et l’une des voies les plus sûres qu’un pays pourrait choisir vers un avenir meilleur ».

Encadré: Les principales causes immédiates des décès d’enfants

Les pays et les régions dans lesquels les enfants de moins de 5 ans meurent en grand nombre sont bien connus et les principales causes immédiates de décès prématurés et de problèmes de santé sont elles aussi bien établies.

Environ 40% de tous les décès d’enfants de moins de 5 ans ont lieu durant la période néonatale, le premier mois de la vie, des suites de complications( sida, blessures, rougeole, paludisme, maladies diarrhéiques, tétanos, asphyxie à la naissance, anomalies congénitales, naissance prématurée…). Sur ces décès néonatals, environ 26%  sont imputables à des infections graves. Une proportion non négligeable des infections est causée par la pneumonie et la septicémie. Environ 2 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent de pneumonie chaque année- environ 1 décès sur 5 à l’échelle mondiale. De plus, jusqu’à un million d’enfants meurent d’infections graves, dont la pneumonie, durant la période néonatale. Malgré les progrès accomplis depuis les années 1980, les maladies diarrhéiques représentent 17% des décès d’enfants de moins de 5 ans. Pris ensemble, le paludisme, la rougeole et le SIDA sont responsables de 15% des décès d’enfants.

De nombreux facteurs se conjuguent pour accroître la mortalité des enfants au-delà de leurs impacts individuels, la dénutrition étant responsable de 50% des décès d’enfants. Une eau insalubre, un assainissement insuffisant et des installations sanitaires inadéquates sont non seulement responsables de l’incidence élevée des maladies diarrhéiques mais aussi un important facteur de mortalité des enfants de moins de 5 ans par suite de pneumonie, de troubles néonatals et de dénutrition.

Source : Rapport de l’UNICEF 2008 sur la situation des enfants dans le monde 

Babacar Baye Ndiaye

( 21 février, 2008 )

Réchauffement climatique: La Mauritanie peut-elle y faire face ?

Pour sonner l’alerte contre le dérèglement du système climatique qui serait à l’origine des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse, des vagues de chaleur meurtrières, le film ‘Une vérité qui dérange’ de Davis Guggenheim avec Al Gore et Charles Berling a été projeté au centre culturel français, ce mardi 12 février. Un film qui donne de grosses sueurs de frissons !

Cette projection de film a été suivie d’un débat sur la thématique du réchauffement climatique. A bien entendre les experts en changement climatique, nous nous acheminons vers un cataclysme sans précédent si rien n’est fait pour véhiculer le message de sensibilisation sur les changements climatiques auprès des populations et notamment des bailleurs de fonds.

Certes, les pays africains polluent moins que les pays avancés mais ce n’est pas une raison valable pour dormir sur nos lauriers, semblent dire ces mêmes experts qui pointent un doigt accusateur sur la cupidité des hommes. «L’industrialisation, la course à l’enrichissement, le besoin de survie ont poussé tout le monde à entamer les ressources sans réfléchir en réalité sur l’équilibre qu’on doit maintenir», s’indigne Oumar Fall, consultant international en changement climatique.

Les effets du réchauffement climatique se font sentir de plus en plus à travers les perturbations météorologiques extrêmes, la perturbation de l’atmosphère, les inondations, la sécheresse, les vagues de chaleur meurtrières, la fonte des glaces, la perturbation de l’atmosphère.

C’est dans cette optique qu’a vu le jour le film ‘Une vérité qui dérange’, un film qui met à nu les dangers qui guettent l’humanité et au delà même c’est  son existence qui est littéralement menacée. L’exemple le plus illustratif est la fonte des glaces qui pourrait entraîner le déplacement de plus de 600 millions de personnes vivant au bord de la mer.

Les inondations de Tintane sont encore récentes pour nous rappeler que nous sommes tous embarqués dans le même bateau et que nous sommes aussi responsables que les Américains et les Chinois qui demeurent les deux géants du monde en termes d’émission de gaz à effet de serre. 

Dans ce cadre, les pays les moins avancés(P.M.A., ndlr) ont exigé des pays industrialisés des programmes d’adaptation pendant qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre qui est la cause principale du réchauffement climatique. Ainsi donc, dans le protocole de Kyoto, signé par tous les pays membres des Nations Unies à l’exception de l’Australie et des Etats Unis d’Amérique, les états signataires dudit protocole ont décidé de réduire à moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2012.

La communauté internationale bien consciente de ce danger a décidé de mettre en place un fonds qui permettra de créer des programmes d’adaptation dans les pays les moins avancés qui ne disposent pas assez de potentialités humaines et scientifiques pour faire face aux changements climatiques.

Le message est clair : l’Afrique n’est pas épargnée par le réchauffement climatique, par les phénomènes de changements climatiques. Et face à cette situation, que peut faire la Mauritanie ? Autrement dit, comment peut-elle s’adapter aux changements climatiques en cours ? «Le cas de la Mauritanie ne se pose pas de la même manière qu’il se pose aux Etats Unis. Nous, nous avons besoin de vivre. Peut-être, nous n’avons pas exploité nos ressources naturelles mais nous, nous avons besoin de nous adapter à ces changements climatiques. C’est ça en réalité la problématique qui se pose en Mauritanie. Nous n’émettons pas suffisamment de gaz à effet de serre mais nous le subissons de même que ce réchauffement climatique qui se passe dans le monde comme la plupart des pays les moins avancés », explique Oumar Fall.

Ainsi donc, la Mauritanie est loin de tirer son épingle du jeu. Le Programme des Nations Unies pour le Développement va appuyer les autorités mauritaniennes pour essayer de sensibiliser les populations  sur les enjeux écologiques et environnementaux.

A cet égard, un colloque international sera tenu à Nouakchott bientôt sur les changements climatiques. On annonce même la présence de Nicolas Hulot et de l’ex-vice président des Etats Unis d’Amérique, Al Gore, dont le film ‘Une vérité qui dérange’ lui a valu le prix Nobel de la Paix 2007.

Babacar Baye Ndiaye  

( 21 février, 2008 )

Papis Koné, chef d’orchestre de Walfadjiri Groupe

«. C’est vrai que nous jouions au VIP mais cela ne voudrait pas signifier que notre avenir est en jeu »

 

Avant l’attaque du 29 janvier dernier contre l’ambassade d’Israël en Mauritanie, le Groupe Walfadjiri égayait les noctambules du VIP où il assurait tous les VSD. Maintenant que VIP aurait été fermé, comment les membres dudit  groupe l’ont-ils vécu ? Est-ce un coup dur pour eux d’autant plus qu’ils s’apprêtaient à sortit leur premier album avec l’appui financier du propriétaire de VIP? Eléments de réponse dans cette interview suivante avec Papis Koné, chef d’orchestre de Walfadjiri Groupe.

 

Le Rénovateur Quotidien : Après l’attaque contre l’ambassade d’Israël, le VIP, où vous jouiez régulièrement, a été fermé. N’avez-vous pas peur pour la suite de votre carrière musicale ? 

Papis Koné : Mais bien sûr puisque cela fait à peine plus de 5 ans que notre groupe (Walfadjiri, ndlr) assurait tous les VSD (vendredi, samedi, dimanche, ndlr). Cette attaque, qu’elle soit l’œuvre de mauritaniens ou d’étrangers, est inacceptable.

 

Le Rénovateur Quotidien : Avez-vous rencontré le propriétaire du VIP ? 

Papis Koné : Pas du tout ! Lorsque nous avons essayé de rentrer en contact avec lui, nous avons eu au téléphone sa femme qui nous a confirmé qu’il a été évacué sur Dakar. Depuis la nuit de cette attaque, nous n’avons plus de ces nouvelles. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Et que comptez-vous faire maintenant ?

Papis Koné : Nous avions eu des projets avec le propriétaire du VIP. Avec nos propres moyens, nous avions réussi à faire un CD à Nouakchott. Avec l’argent que nous avons gagné, j’ai pu aller en France pour faire le mixage et le mastering. Restée seulement la duplication que lui devait assurer. Malheureusement, cette attaque est survenue. Alors qu’il était prêt à décaisser l’argent nécessaire pour la duplication de notre CD qui devait se faire au Maroc. 

 

Le Rénovateur Quotidien : A vous entendre parler, on a l’impression que cette attaque a changée littéralement votre programme ? 

Papis Koné : Effectivement ! Puisque VIP constituait un point de vente et de promotion pour  notre groupe. C’est un milieu très fréquenté par beaucoup de touristes notamment français qui veulent se distraire lorsqu’ils sont de passage à Nouakchott. Ça leur faisait énormément de plaisir car il y avait toujours un groupe qui jouait en live. C’est vraiment un coup dur pour notre groupe d’autant plus qu’actuellement, nous ne jouons plus, même si c’est vrai que nous jouons dans d’autres endroits, les jours ordinaires. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Quelle attitude comptez-vous adoptez ?

Papis Koné : Personne n’ignore que la musique est une activité dévalorisée dans notre pays. C’est une raison des raisons d’ailleurs qui explique le départ de plusieurs musiciens mauritaniens vers d’autres pays comme la France, le Sénégal, le Mali. Telle ne sera pas notre attitude. La culture est essentielle dans la promotion d’un pays. Il n y a pas que la politique qui peut faire changer les choses. La musique joue un rôle non négligeable dans la société pour preuve, nous avons participé à de nombreuses campagnes de sensibilisation sur les élections et bientôt sur la bonne gouvernance. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Où en êtes-vous par rapport à la sortie de votre premier album ? 

Papis Koné : Le CD était déjà enregistré à Nouakchott. Tout ce qui restait c’était le mixage et le mastering. Cela ne fait pas à peine 10 jours que je suis revenu de France où j’étais parti finaliser l’enregistrement de notre album. Comme je vous ai expliqué tantôt, il ne restait plus que le propriétaire du VIP décaisse  l’argent pour qu’on fasse la duplication au Maroc et revenir à Nouakchott faire la promotion de notre album au centre culturel français. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Maintenant, comment vivez-vous cette situation au niveau de votre groupe ? 

Papis Koné : Très difficilement ! Nous sommes là, les bras croisés ! VIP était notre lieu de répétition. Ces temps-ci, nous ne savons plus où se donner de la tête. Nous sommes désœuvrés ! Ce qui nous reste maintenant comme solution, c’est d’aller à la mosquée.  

 

Le Rénovateur Quotidien : Avez-vous essayé de faire quelque chose pour que VIP retrouve sa place ? 

Papis Koné : Ce n’est pas de notre ressort de le faire. D’ailleurs, il paraît qu’il (le propriétaire, ndlr) est en train de chercher un autre lieu plus sécure. C’est vrai que nous jouions au VIP mais cela ne voudrait pas signifier que notre avenir est en jeu. Nous sommes en train de voir d’autres perspectives, de pister d’autres solutions. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Avez-vous contacté d’autres gens pour la duplication de votre album ?    

Papis Koné : Nous avons cela en ligne de mire. Mais qui contacter ? Nous avons adressé des lettres de sponsoring qui n’ont reçu aucune suite favorable. C’est très difficile de trouver des partenaires s’il s’agit de produire un album. Nous voulons faire notre propre autoproduction et c’est bien possible. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous êtes musicien. Comment expliquez-vous le fait qu’il soit très difficile de trouver un producteur en Mauritanie ? 

Papis Koné : Ce qui intéresse les mauritaniens, ils le font. La musique et le sport ne les intéressent guère. Si tu attends une aide de qui que ce soit, tu risques de perdre ton temps inutilement. Tous les artistes qui ont réussi aujourd’hui, ils ont réussi grâce à leur détermination et leur abnégation. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Mais est-ce que vous êtes partis voir des artistes qui ont plus de relation que vous à l’extérieur  pour qu’ils vous appuient. D’ailleurs, n’est-ce pas que vous avez une association, non ? 

Papis Koné : C’est vrai que nous avons une association. Mais à quoi sert-elle ? En ce qui concerne ces artistes dont vous avez fait allusion, nous rencontrons les mêmes difficultés et les mêmes préoccupations. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Quand on parle de musique, on songe aussitôt à des studios de production, de promotion, de duplication. Mais rien de tout cela en Mauritanie. Que faut-il faire à votre avis ?

Papis Koné : C’est une situation très déplorable. Ce n’est pas à nous d’aller voir les autorités pour leur faire-part de cette situation connue de tout le monde. Il y a des gens qui ont réussi à monter des studios grâce à leurs propres moyens. On sent vraiment que ces derniers veulent participer à la promotion de la musique mauritanienne. Mais il faut les appuyer dans leurs initiatives. En plus de cela, il n’existe pas une structure qui défend les droits des artistes quand ils mettent leur album sur le marché national. 

 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

  

 

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