( 28 février, 2008 )

Violations des droits de l’Homme

L’AFCF et S.O.S. Esclaves montent au créneau 

 

Ivoukou Ould Boussersera, Vatma Mint Ahmed El Abd, Cheikhna Ould Ejwad, Jiid Ould Souwelka, Aminétou Mint Khadar…leur point commun, c’est d’être tous des victimes de l’impunité. Des associations de défense des droits de l’homme, S.O.S. Esclaves et l’AFCF, sont montées au créneau, hier,  au cours d’une conférence de presse pour dénoncer ces cas d’atteinte graves aux droits de l’homme et les agissements de ceux qu’ils appellent les «chats gras » qui font la pluie et le beau temps en Mauritanie.   

 

En dépit d’une nouvelle situation politique, la Mauritanie est loin d’être encore un pays exsangue en terme de violations des droits de l’homme. De jour en jour, les droits les plus élémentaires y sont bafoués comme en témoignent les cas d’impunité au grand écœurement  des associations de défense des droits de l’homme déterminées à aller jusqu’au bout de leur souffle. «Il y a une sorte d’impunité. Nous avons constaté la complicité du procureur et de la gendarmerie (de la ville de Nouadhibou, ndlr). Nous l’avons dénoncé et nous l’avons porté au ministère de la justice. Mais jusqu’à présent, le silence demeure », a laissé entendre Aminétou Mint Ely Moctar faisant allusion à la disparition de Ivoukou Ould Boussersera. «Nous pensons que ce cas est un cas très grave d’atteinte aux droits de l’homme et la mise en scène incombe au procureur actuel de Akjoujt qui bénéficie d’un soutien solide au sein du cabinet du Premier ministre », renchérit Birame Ould Bilal. 

 Par rapport à cette affaire, des associations de défense des droits de l’homme, dont l’AFCF, S.O.S. Esclaves et le FONADH avaient dépêché à Nouadhibou une mission auprès du procureur, du gouverneur et de la gendarmerie. Mais en vain, elles n’ont pas eu d’informations confirmant cette disparition et ont écarté la thèse selon laquelle ce jeune homme s’est noyé comme l’affirme Ould Oumière qui l’avait recruté comme berger à Akjoujt. 

Spoliation des terres, esclavage, injustice,…La liste est assez longue. Des atteintes aux droits de l’homme qui sont pour la plupart du temps l’œuvre de dignitaires, d’hommes d’affaires, de chefs de tribus et comme à l’accoutumée, la police et la gendarmerie se déchargent sur les populations qui ne savent pas à quel saint se vouer. Des situations aggravées par l’absence de cadis neutres et honnêtes au niveau des moughataas. Dans leurs témoignages, les victimes se sont plaint d’avoir été spoliées de leurs terres par la force par des ‘chats gras’ avec la complicité des autorités locales parce que disposant des moyens financiers et de l’influence très considérable dans leur localité. 

«Dans un pays sensé être un pays de démocratie, de droit et d’équité, nous ne pouvons pas accepter ces genres de pratiques aujourd’hui. Il faut que chaque mauritanien épris de paix et de liberté s’engage à dénoncer ces genres de pratiques et  demander à ce que la loi soit appliquée parce que toute fois qu’on applique la loi sur une personne, ça va être une expérience, un exemple pour les autres. Ça va permettre aux autres de ne plus répéter la même chose. Si on continue dans le sens de l’impunité, les gens vont continuer à faire ce qu’ils veulent », a conclu la Présidente de l’AFCF. 

«Nous sommes dans un pays où les populations déshéritées sont à la merci de l’injustice, de l’abus de justice et de l’abus de l’Etat. Il y a des personnalités qui sont trempées dans des violations graves des droits de l’homme », affirme Birame en citant l’exemple de Cheikhna Mohamed Ould Ejwad et Jiid Ould Souwelka qui ont été respectivement spoliés par Baba Ould Walhama et Mohamed Ould Déh avec la connivence de l’administration territoriale. Une situation qu’il trouve injuste en se fondant sur un principe du droit selon lequel nul ne doit être exproprié moyennant une rétribution juste, équitable et acceptable. 

«La loi n’a pas été appliquée jusqu’ici dans ce pays, poursuit-il. On continue à dénaturer et à refuser à appliquer la loi et surtout on continue à donner des décisions de justice qui nous permettent de porter les affaires dans d’autres instances. Ça s’est une manière de fermer les portes de la justice aux victimes ». 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

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