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( 2 février, 2008 )

Collège de Tévragh-Zéina: Les élèves boudent les cours et les classes

La voie la plus rapide pour se faire entendre lorsqu’on n’est pas d’accord c’est de calciner des pneus et de barrer la route. Cette méthode, les élèves du Collège de Tévragh-Zéina, l’ont si bien appliqué ce samedi 26 aux environs de 10 heures. Ils étaient dans la rue pour protester contre les dernières mesures prises par le ministère de l’éducation nationale. 

Les potaches dudit établissement sont sortis en masse dans la rue en boudant ainsi les cours et les salles de classes pour dénoncer «les réformes» de la toute puissante ministre de l’éducation nationale, madame Nebghouha Mint Mohamed  Vall. De quoi susciter l’ire des collégiens et chauffer leur esprit ! 

«Nous n’en voulons pas de ces mesures ! », «Nous ne voulons pas apprendre les soirs ! », «Ce n’est pas normal »…Ces propos émanant de la bouche de quelques élèves manifestants sont clairs et prouvent que les dernières mesures sont mal accueillies. Certains y voient déjà une volonté de la part de la ministre de faire avaler aux enseignants et aux élèves des «décisions unilatérales» sans qu’ils rechignent. «Ce qui s’est passé est très regrettable. Je crois que c’est le résultat d’un manque de concertation entre le ministère de l’éducation nationale, le corps enseignant, les élèves et les parents d’élèves. On n’a pas demandé malheureusement notre avis », déplore Monsieur Bâ, professeur de français qui soutient que cette décision de faire une journée discontinue est impopulaire. «Je suis enseignant mais je suis aussi parent d’élève. Je sais ce que représente une journée discontinue financièrement et même par rapport aux problèmes que rencontrent les élèves pour trouver le bus». 

Difficilement acceptée par les élèves et les enseignants, cette mesure risque fort bien de perturber l’année scolaire et vient de jeter une véritable bombe dans la mare de l’école mauritanienne. «C’est une mesure qu’on aurait dû chercher à contourner ou en tout cas à ne pas prendre surtout dans cette période» prévient monsieur Bâ. «Il ne sert à rien de lancer des pierres parce qu’éventuellement, on peut blesser des personnes qui n’ont rien à voir avec cette affaire. On doit privilégier la concertation et faire le pour et le contre. Je pense que cette mesure est venue à un moment inopportun parce que nous sommes au milieu de l’année scolaire. On va tout changer et puis, il y a des parents qui n’ont pas les moyens.», rajoute son collègue qui n’a pas voulu décliner son identité. 

Une fois de plus, la ministre, celle qui ose toucher là où ça fait mal, est venu bousculer les choses. Et l’école mauritanienne n’est-elle pas en train de frôler une suite scolaire qui risquerait d’être trépidante. «Je ne pense pas. On n’ira pas jusque là », estime un enseignant. 

Ces manifestations constituent, à n’en pas douter, le début d’un mauvais signe de confrontation entre les différents acteurs de notre éducation nationale. Ceci est plausible d’autant plus que les récentes mesures prises par le ministère de l’éducation nationale, dans l’unilatéralisme, ont exacerbé les enseignants et les élèves. «Je pense que c’est un peu excessif. J’aurai préféré que la journée soit continue. J’habite loin. J’ai des enfants. Ça me coûtera très cher!», confie un enseignant. 

L’erreur de la part du ministère de l’éducation nationale, soutiennent certains enseignants, c’est d’avoir pris cette décision sans la moindre concertation avec les concernés. Pendant ce temps là, la fumée continuait de nous asphyxier. Finalement, les forces de l’ordre ne seront présentes qu’aux environs de 11 heures pour dissiper les manifestants qui ont bloqué la circulation durant plus d’une heure paralysant tout le trafic et astreignant les automobilistes à contourner cet axe routier passant devant l’hôtel Novotel. 

Comme pour apporter des arguments après coût, l’inspecteur général de l’éducation nationale a fait une sortie à la télévision nationale sans réellement convaincre. 

Babacar Baye Ndiaye 

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