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( 10 mars, 2008 )

Qu’est-ce qui a changé en Mauritanie ?

Serions-nous curieusement dans un pays bizarre, dans un pays habité par des aveugles qui ne comprennent que dalle de tout ce qui se fait ou se trame sur leur dos et à leur insu tous les jours.

Aujourd’hui, à la grande stupéfaction de tout le monde, les voleurs, les dissimulateurs et les papelards d’hier, ceux qui ont dépouillé la République, le pays et l’ont introverti à tort et à travers, s’érigent en donneurs de leçons, de moralité et de probité. Que c’est incroyable !

Qui ne souvient pas encore de leur arrogance intraitable ? Nos douleurs sont encore fraîches pour être omises de si vite. Ils  se permettent d’affirmer, devant celui qui veut les entendre, qu’ils incarnent le changement, les aspirations du peuple mauritanien et qu’il n’y a pas d’autres alternatives qu’eux-mêmes.

Ni leurs idées, leurs méthodes, leurs opinions, leur manière de faire de la politique encore moins leurs mensonges, à la limite, extravagants n’ont pas alterné au fil des années. Et qu’on ne s’y trompe pas, rien n’a véritablement changé en Mauritanie. Il faut vraiment avoir mangé de la cervelle de poule ou de coq pour le croire. La transhumance est érigée en règle comme une sorte de bouée de sauvetage pour pouvoir échapper honteusement aux dures réalités de la vie quotidienne.

Les fils des hauts et intouchables dignitaires du pouvoir usent et abusent des propriétés de l’Etat sans que cela ne turlupine leurs pères. Pendant ce temps-là, une localité de la wilayaa de l’Assaba souffre d’un manque criard de poste de santé, d’eau potable, d’électricité, de téléphone…

Et nous trouvons cela normal. Nous sommes loin du partage et de la redistribution des richesses nationales, de la justice sociale et de l’équilibre économique. Ce ne sont pas à travers des statistiques ou des chiffres tronqués qu’on peut faire disparaître ou réduire à moitié la pauvreté qui avilit l’être humain. Comment d’ailleurs  peut-on être digne dans la pauvreté ?

Chaque jour, les riches spolient les terres des pauvres sans que la justice n’intervienne parce qu’ils sont pauvres. Chaque jour, on accuse et emprisonne des innocents parce qu’ils sont incapables de se payer les frais d’un bon avocat souvent en connivence avec l’administration. Chaque jour, on accuse des gens de vol ou d’escroquerie parce qu’ils sont pauvres. Alors que les véritables voleurs roulent dans des voitures qui frisent la démesure. 

Ce qui a changé sous nos cieux, ce sont les discours officiels, c’est le locataire du palais présidentiel. Ce qui a changé, c’est le Président de l’Assemblée Nationale. Les mêmes figures gravitent toujours autour des centres de décision stratégiques du pouvoir depuis plus de deux décennies et on ose nous dire que les choses ne sont plus comme elles étaient. Bien sûr qu’elles ne sont plus comme avant. Ce qui n’a pas changé, c’est l’impunité. Ce qui n’a pas changé, c’est notre indifférence face aux pauvres qui manquent de perspectives. 

Ceux qui nous dirigent et taillent notre destinée à la mesure de leurs intérêts cryptopersonnels peuvent-ils nous assurer des lendemains meilleurs comme il a été prédit dans «Mauritanie Vision 2030» ? Déjà, les actes qu’ils posent chaque jour sont loin d’être rassurants pour un mauritanien averti. Va-t-on continuer à renier l’héritage du 3 août 2005 ? Le doute est permis !

Qu’on ne s’y trompe pas, rien n’a changé en Mauritanie. Et pourtant, certains gens qui ont honni la République en bafouant les principes les plus élémentaires de la bonne gouvernance, du respect des droits de l’homme, de la justice et de l’égalité sociale, veulent nous faire croire qu’un nouvel esprit s’est installé dans nos mœurs. Que nenni ! Que du bla-bla !

La mise en place des structures dirigeantes du PNDD a consacré le retour en triomphe des disciples de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya dans l’engrenage du pouvoir. Et les mauritaniens ont assisté impuissants face à ce retour. Ils n’ont rien dit encore moins manifesté leur désapprobation. On leur serine tout le temps les mêmes discours. C’est comme s’ils oubliaient que leur avenir leur appartient et qu’il serait dangereux de le confier à des «mains douteuses » et peu scrupuleuses. Nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises ! Loin de là. 

La Mauritanie serait-elle habitée par des moutons de panurge ? Comment donc expliquer que ceux-là même qui ont participé à la ruine de ce pays en détournant les fonds publics destinés à la construction de routes, de structures sanitaires, d’écoles, etc…puissent revenir en passant par la grande porte.

Ceux-là même qui ont participé à la paupérisation de nos populations, contribué à l’effritement de notre économie en transformant nos unités industrielles et nos sociétés d’Etat en propriété privée. C’est tout simplement hallucinant notre taux de chômage pour un pays qui ne compte pas plus de 3 millions de bouches à nourrir, à vêtir, à éduquer, à soigner et à protéger en les mettant dans de bonnes conditions de vie et de travail. Les populations vulnérables continuent d’être opprimées au su de tout le monde. 

Le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est comme pris dans un étau qui se resserre de plus en fort et inquiétant autour de sa personne. Les vieux faucons et les vieux loups sont toujours tapis sous l’ombre.

Le feu couve toujours sous la cendre et la fumée peut se dissiper à tout moment. Ceux qui sont contre les réformes sociales sont en train de ruminer, malgré eux, leur désaccord. Sidioca, comme on l’appelle affectueusement, devrait se soucier de manière vigilante de la sournoiserie, de la supercherie et surtout d’une certaine déviance politique qui risquerait de le faire porter le chapeau en le faisant endosser toute une responsabilité dont il ne serait pas responsable et la source.

On est en train de profiter dangereusement de sa bonne foi et de sa générosité patriotique sans que personne ne rechigne. Trouve-t-on cela normal et établi dans l’ordre des choses ? Surtout de la part d’un Président de la République, élu démocratiquement et légitimement par une bonne frange de la population, mais qui se fait avaler des couleuvres de toute taille et de n’importe quel poids par des inconditionnels de la gabegie. Lui, qui a osé s’attaquer à des dossiers aussi complexes et sensibles comme le retour des déportés et l’esclavage mérite-t-il vraiment cela ? 

Nos hommes politiques manquent de dignité et de foi politique à vrai dire. Ils s’orientent  comme un ballon d’air à la guise de leurs intérêts. Le pouvoir se clanise et c’est là un véritable problème qui risque de transformer le pouvoir en un centre d’appétit, d’intérêt et de confrontation dont les conséquences n’épargneraient personne. 

Le PNDD serait-il donc devenu le point de chute des anciens sbires du Président Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya ? Tout porte à le croire et on a bien des raisons de nous angoisser sur l’avenir et la gestion de ce pays longtemps mêlé à toutes les sauces par nos hommes politiques à la recherche du temps perdu. L’éducation est un exemple patent de nos tâtonnements en matière de choix et d’identification de programmes. On ne sait même ce qui est bon ou mauvais pour nos populations. On avale à tout va tout ce qu’on nous propose sans peser le bénéfique et le préjudiciable. 

Ceci est d’autant plus vrai qu’ils ont fait preuve de leurs véritables aptitudes à pouvoir transformer la Mauritanie et de leur manque de vision politique. Sinon, aujourd’hui, nous n’en serions pas là à chercher nos repères et nos marques visiblement perdus dans les foliacés du temps. 

Le grand perdant de la ressuscitation des anciens princes du PRDS serait incontestablement l’opposition qui semble être transcendée par les événements. Au lieu de faire face, elle semble préférer faire joujou peut être plus facile à faire qu’à contrer la vague du PNDD. Quand l’histoire jugera, elle donnera certainement tort à notre opposition démocratique qui est en train de  s’entre-déchirer pour des pruines. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 10 mars, 2008 )

Fête internationale de la femme:«Ensemble pour un développement équilibré »

Les femmes mauritaniennes, à l’instar de la communauté internationale, ont célébré hier, au Palais des Congrès de Nouakchott, la fête internationale de la femme sous la présidence effective de l’épouse du Président de la République Madame Khattou Bint El Boukhary. A l’occasion de cette importante cérémonie, madame Vatimétou Mint Khattry, Ministre chargée de la promotion féminine, de l’enfance et de la Famille a révélé qu’un plan d’action pour la femme rurale sera bientôt achevé pour améliorer la situation de celle-ci et pour lui permettre de bénéficier de façon adéquate des programmes de développement exécutés par l’Etat. 

Profitant de ce 8 mars pour exprimer leur élan de solidarité, les femmes mauritaniennes ont exprimé ‘leur admiration et leur grande considération pour la lutte héroïque que mènent leurs sœurs en Palestine’ qui ont refusé ‘obstinément toute soumission et résignation préférant plutôt la mort pour la défense de leur pays’. 

Dans son discours, madame Vatimétou Mint Khattry, Ministre chargée de la promotion féminine, de l’enfance et de la Famille a magnifié d’emblée, au nom de toutes les femmes mauritaniennes, l’action de l’épouse du Président de la République Madame Khattou Bint El Boukhary. «Nous saluons, dit-elle, les sacrifices grandioses consentis par la première dame, l’épouse du Président de la République Madame Khattou Bint El Boukhary en vue d’alléger les souffrances des catégories vulnérables et des sinistrés auxquelles elle montre une solidarité exemplaire dans les moments les plus difficiles ». 

Fêté sous le thème «Ensemble pour un développement équilibré », le 8 mars de cette année 2008 intervient quelques jours après l’appel lancé par le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi  aux femmes mauritaniennes d’entreprendre une campagne contre la gabegie et la corruption et à participer activement à la réforme de la société mauritanienne. 

Plus qu’un coup de projecteur sur la réalité de la femme mauritanienne, la fête internationale de la femme de cette année fut une occasion pour la ministre chargée de la promotion féminine, de l’enfance et de la famille de faire une présentation des actions menées par son ministère et les défis qui se dressent sur le chemin des femmes mauritaniennes. 

C’est vrai que le nombre de femmes dans les postes de décision a accru et que leur participation dans la vie politique, économique et sociale du pays va en crescendo, mais leur place dans la société mauritanienne demeure encore très faible malgré le crédit accordé par le Président de la République aux femmes de bénéficier des priorités du gouvernement dans le domaine du développement et de la lutte contre la pauvreté ainsi que celui de la résolution  des grands défis relatifs à l’esclavage et à ses séquelles, au retour des réfugiés, au règlement du passif humanitaire… 

Face à cette nouvelle conjoncture, le ministère de la promotion féminine, de l’enfance et de la femme a pris une batterie de mesures élaborées dans un plan triennal qui tient en compte le cadre stratégique de la lutte contre la pauvreté. Ce qui a pu permettre de redynamiser la stratégie nationale pour la promotion féminine et d’adopter un arsenal juridique en faveur de la famille, de la femme et de l’enfant. 

Outre cela, le ministère a consolidé les centres de promotion professionnels pour la promotion féminine. Tous ces efforts du gouvernement dans le cadre de la promotion féminine vivent à améliorer le sort de la femme mauritanienne. Ainsi donc, «en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté au sein des femmes et de la famille, confie madame Vatimétou Mint Khattry, Ministre chargée de la promotion féminine, de l’enfance et de la Famille, des efforts ont été concentrés sur cette catégorie à travers des programmes directement ciblés par le département et exécuter par d’autres départements et en coordination avec ceux-ci ». 

La femme mauritanienne est désormais au cœur des préoccupations du gouvernement mauritanien. Cela se manifeste dans les différents programmes élaborés dans ce sens. Comme par exemple, le programme de LIHDADE et d’Aftout, le programme d’urgence dans les wilayas des deux Hodds financé à hauteur de 80.000.000 UM réparties dans des projets générateurs de revenus dans le cadre d’un plan gouvernemental. 

S’inscrivant dans une démarche novatrice, le ministère de la promotion féminine va privilégier l’approche genre et l’intégrer dans les politiques et programmes de développement afin de réaliser l’égalité des chances.  Dans ce cadre, la ministre a fait savoir que son ministère va adopter une stratégie nationale avant la fin de l’année en cours.

Babacar Baye Ndiaye

( 10 mars, 2008 )

Dorsale à fibre optique: Le projet coûtera à Mauritel plus de 2 milliards d’ouguiyas

L’entreprise Mauritel vient de franchir un nouveau cap en lançant son nouveau projet, la «dorsale à fibre optique » qui reliera Nouakchott à Nouadhibou. La pause de la première pierre  de cet important projet financé à hauteur de 2.364.054.000 UM s’est déroulé ce jeudi 6 mars  en présence du ministre en charge des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, du Président- Directeur Général de Mauritel et de nombreuses convives. L’occasion a été saisie par les responsables pour faire une présentation sur les progrès réalisés par Mauritel. 

Mauritel, leader de télécommunication en Mauritanie comme elle se proclame, vient non seulement de taper fort avec ce projet qualifié de «structurant et novateur », mais aussi de prouver qu’elle ne compte pas jouer les seconds rôles dans le secteur des nouvelles technologies de l’Information et de la Communication de plus en plus fortement marqué par la concurrence et l’innovation en matière de produits et de services à la pointe de la technologie. 

 C’est dire que Mauritel  ne compte pas s’arrêter là puisqu’en l’espace de 7 ans, elle a réalisé de gros efforts, malgré des couacs à la limite compréhensifs, grâce à un transfert de compétences et un appui organisationnel et technologique de la part de Maroc Télécom au capital de Mauritel en tant que partenaire stratégique par une prise de participation à hauteur de 51% par un investissement global de 48 milliards USD. 

Les progrès réalisés par Mauritel et Mauritel Mobiles

Ainsi donc, depuis 2001, début du partenariat avec Maroc Télécom, Mauritel et Mauritel Mobiles n’ont cessé d’accroître leur parc dans le but de répondre aux exigences de plus en plus pressantes de la clientèle en termes de prestation de services. Les localités du pays couvertes par le réseau fixe sont passées de 14 en 2001 à 36 en 2006. Une faible évolution engendrée essentiellement par l’explosion du mobile. Ce phénomène est mondial et aucun opérateur du téléphone fixe n’y échappe. 

De 2000 à 2007, le parc de Mauritel fixe est passé de 19.003 abonnés à 36.780 abonnés. Pour ce qui est de Mauritel Mobiles, le nombre d’abonnés est passé de 7.000 à 904.469 entre 2001 et 2007 : soit une progression de 37% par an.     

En 2007, Mauritel Mobiles a investi 7.868.000.000 UM dans l’expansion de son réseau. Pour cette année 2008, elle envisage d’investir 9.657.000.000 UM. En termes de contributions au trésor public de l’Etat Mauritanien, Mauritel Mobiles a fait entrer dans les caisses de l’Etat 12.369.000.000 UM. 

Outre ces importantes avancées en matière d’infrastructures de télécommunications et des retombées positives en termes d’investissements, d’introduction d’une panoplie de produits et services, d’une contribution significative aux recettes de l’Etat, la Mauritel est une entreprise citoyenne qui contribue efficacement à la création de milliers d’emplois directs ou indirects et participe également à des actions humanitaires importants dont une aide conséquente pour les sinistrés de Tintane(100 tonnes de denrées alimentaires distribuées) en plus de son appui constant à la promotion sociale et culturelle dans notre pays. 

Dorsale à fibre optique: »un projet structurant et novateur » 

La Dorsale à fibre optique est un projet de grande envergure nationale qui reliera Nouakchott à Nouadhibou par 24 fibres optiques qui permettront d’offrir une capacité importante et extensible de 1500 Gbps. Non seulement, elle va renforcer le déploiement SDH et STM entre Nouakchott et Nouadhibou mais va permettre de sécuriser  la connectivité internationale du pays mais aussi de véhiculer tout ce qu’on peut imaginer dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication : écoulement du trafic Internet, voix, données et liaisons louées internationales… 

Les travaux de cet important projet de plus de 500 km seront réalisés par Fiberhome, une société spécialisée dans les communications,  et prendront fin à la fin de mois de février 2009. Ce projet est entièrement financé par Mauritel pour un budget alloué de 2.364.054.000 UM soit 6.321.000 Euros. 

Babacar Baye Ndiaye

( 10 mars, 2008 )

Dioba, artiste-chanteuse/Une vraie militante des causes de l’enfant !

Elle est née en 1982 à Nouakchott. Issue d’une famille de griots. Elle est chanteuse et veut aller plus loin : conquérir la Mauritanie et être populaire. Cette ambitieuse, qui refuse de jouer les seconds rôles dans la musique mauritanienne, s’habille toujours en rastafari.

Cette ‘femme publique’ s’appelle Marième Guéye plus connue sous le nom d’artiste de Dioba. Lorsqu’on parle d’elle, les mots et les qualificatifs ne manquent pas : c’est une diva, c’est une star, elle a la voix d’or, elle peut aller loin…affirment ses amies et ceux qui partagent avec elle, le milieu de la musique. Mais elle refuse de s’en affabuler. 

«Je n’ai pas une voix d’or ! Je ne suis pas encore une diva ! », glousse-t-elle.Peu importe, ce que les ‘autres’ pensent ou déclarent puisque les appréciations sont libres. Sa sobriété, elle la garde comme un précieux coffret. D’ailleurs, c’est parmi ses particularités. Normal, peut-on penser, quand on est issu d’une famille où le virus du chant et de la musique se transmet de génération en génération dans les limbes de la voix. 

Elle aurait pu être rappeur, tirer à boulets rouges sur le gouvernement, dénoncer les injustices sociales, dire tout ce qu’elle pense lorsqu’elle monte sur scène sans fioritures, elle aurait pu être un vrai esprit révolutionnaire, mais elle avait envie de faire du vrai mbalax parsemé de jazz, de salsa et  de reggae.

Marième Guèye dit Dioba

Elle va s’appeler Dioba, nom qu’elle a emprunté à sa grand-mère, Fatou Diop Gawlo, une grande cantatrice.  De sa grand-mère, elle ne gardera que son nom. Pas de souvenirs d’elle puisqu’elle décédera très tôt.

Elle bravera tous les obstacles et tous les interdits. En premier lieu, faire face à l’incompréhension de ces parents qui ne voulaient pas qu’elle devienne musicienne. Mais face à sa détermination, le mur parental a finalement cédé. Et elle se rappelle encore de ces moments et ces nuits où ses parents l’interdisaient de sortir. Mais, ses débuts dans la musique furent difficiles, avoue-t-elle. 

Bien sûr, Dioba n’est pas comme ces filles arrogantes. D’ailleurs, l’arrogance, ça l’agace ! Elle ne supporte pas les personnes arrogantes. Free, elle l’est. Elle n’a pas peur des regards et des critiques des autres, dit-elle. Les décolletés qu’elle porte parfois en est une illustration. Mais elle n’oublie jamais qu’elle est une musulmane et qu’elle respecte assidûment les heures de prière.

Cigarette à la main, jambes croisées, string out…Dioba affirme qu’elle n’est pas de cette catégorie de filles. Ni de ces jeunes filles là qui ne savent pas faire la vaisselle, la cuisine…avec de bons plats : yassa, mafé, tchiou, thiébou djeune…

Toutes ces bonnes choses là, elle les a apprises de sa grand-mère, Mariétou Guèye, à qui elle rend souvent hommage dans ses morceaux.  Le copinage ne l’intéresse pas. «Je n’ai pas ce temps-là », s’explique-t-elle. Mariée ? «J’attends l’homme providentiel », répond-elle avec un brin d’humour. Ses relations avec les autres artistes sont parfaites. Elle répond toujours à leur sollicitation.

Qu’elle soit pour assurer leurs chœurs ou faire un play-back sur scène !  Elle participe aussi à des campagnes de sensibilisation notamment sur la lutte contre le VIH/Sida.  Elle vit de manière naturelle son statut de ‘femme publique’. La situation des enfants est son seul leitmotiv. Elle a mal au cœur lorsqu’elle aperçoit dans les rues de Nouakchott, des enfants sans chaussures, sous le soleil, en train de tendre la main.

Sa vie, elle veut la ménager, pour la cause des enfants. Elle compte même créer une association dans ce sens lorsqu’elle trouvera des fonds nécessaires pour venir en aide aux enfants de la rue. Une vraie militante des causes de l’enfant.                                                                                                           

Et celle que l’on taxe souvent de «jamaïcaine» du fait de son look ne s’est jamais découragé. Matin, midi, soir : elle est toujours en répétition. Elle croit dur comme fer qu’elle peut réussir dans la musique et que seul le travail paie. Des projets, elle en a pleine la tête. Mais elle refuse d’en parler. Il semblerait qu’elle a horreur des prévisions.

Elle ne s’aventure jamais à avancer de date. Car, «Seul Dieu sait», se justifie-t-elle. D’ailleurs, le mot «Dieu » revient tout le temps sur ses propos.  Nièce de Jimmy Mbaye, un guitariste du super étoiles de Youssou Ndour, l’un des meilleurs guitaristes d’Afrique, elle ne veut pas aller trop vite en besogne en ce qui concerne sa carrière musicale.

Même si elle sait qu’elle peut s’en sortir en sollicitant son expérience et son aide.  Elle ingurgite toutes sortes de musique. Une fille moderne et émancipée ! Ma Sané de Wa Flash de Thiès et Coumba Gawlo Seck l’empêchent de dormir. Lorsqu’elles chantent, elle devient muette et attentive !  Choriste de Malouma, elle a pu voyager dans pas mal de pays.

Cette collaboration l’a permis de s’améliorer mais surtout de découvrir certaines astuces de la vie musicale. Grandi entre Nouakchott, Dakar et Tivaouane, elle n’a pas eu la chance de fréquenter l’école française. «Je ne regrette rien », avoue-t-elle. Enfant, se souvient-elle, elle était têtue et bagarreuse. Mais, rassure-t-elle, elle a changé maintenant. Certainement, parce qu’elle est devenue disciple de Khalifa Ababacar Sy (chef religieux de la confrérie Tijane au Sénégal à Tivaouane, ndlr). 

Babacar Baye Ndiaye 

( 10 mars, 2008 )

Situation des prisons en Mauritanie

Aminétou Mint Ely Moctar demande l’amélioration des conditions de détention 

 

Les  conditions de détention des prisonniers mauritaniens ne sont pas fameuses, peut-on penser, à l’issue de la conférence de presse organisée, ce samedi 1er mars, en collaboration avec S.O.S. Esclaves et Al Marsaad Mauritanie, deux associations fortement impliquées dans la défense des droits de l’Homme en Mauritanie. D’ailleurs, le récent rapport de la Commission Nationale des Droits de l’Homme(CNDH) a révélé de nombreux dysfonctionnements criards dans nos prisons. Pas étonnants donc d’entendre des parents de prisonniers affirmer que leurs progénitures sont régulièrement torturées loin de tout regard. 

 

Au cours d’une conférence de presse tenue samedi dernier, la Présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille(AFCF), Aminétou Mint Ely Moctar a catégoriquement dénoncé les conditions dans lesquelles sont détenus  les prisonniers mauritaniens, qu’ils soient des prisonniers d’opinion ou de droit commun. «Nous estimons, souligne-t-elle, quel que soit le crime qui a été commis par un prisonnier, il ne faut jamais oublier que c’est un être humain et qu’il a droit d’avoir une vie décente ». A ses yeux, les prisonniers doivent bénéficier plus d’attention de la part des autorités en leur accordant le droit de recevoir des visites, de voir leurs parents, d’être pris en charge, de bien manger, d’être soignés lorsqu’ils souffrent, bref d’être dans de bonnes conditions. 

Elle a par ailleurs attiré l’attention des mauritaniens sur les brimades, les humiliations et les maltraitances que subissent sans relâche ces mêmes prisonniers qui ne bénéficient d’aucune protection juridique ou sociale. «Nous sommes contre de telles pratiques », a-t-elle martelé en soulignant que «leurs parents ont droit de savoir dans quelles conditions ils vivent. De quoi, ils mangent. C’est un droit élémentaire qu’il faut accorder à leurs parents ». C’est pourquoi, Aminétou Mint Ely Moctar a demandé à ce que des mesures soient prises pour que les parents des prisonniers puissent avoir des informations sur les conditions de détention des prisonniers dans le cadre du respect de la dignité humaine. 

Récemment, un rapport sur la situation des conditions de détention dans les prisons a été publié par la Commission Nationale des Droits de l’Homme(CNDH). Ce rapport a indiqué que les conditions de détention des prisonniers sont catastrophiques. Mais à défaut de changer cette situation, Aminétou Mint Ely Moctar a suggéré qu’elles soient améliorées au bénéfice des prisonniers et de leurs parents.   

Cette situation inquiétante et déplorable est connue des pouvoirs publics qui semblent ne pas accorder du crédit à l’amélioration des conditions de détention des prisonniers. En outre, certains prisonniers, et ils sont nombreux à croupir au fond des geôles, depuis leur incarcération, leurs proches parents n’ont plus de leurs nouvelles. 

Une situation que Aminétou Mint Ely Moctar juge inacceptable et estime qu’il est du ressort des pouvoirs publics d’améliorer les conditions de détention des prisonniers en leur assurant une protection sociale dans un cadre légal. «Tout ce que nous pouvons demander à la justice, c’est qu’elle soit une justice équitable et qu’elle soit une justice réelle » a-t-elle laissé entendre. «Nous voulons que la situation des prisonniers change et que les prisons soient élargies », dit-elle en faisant allusion à la prison centrale qui a largement dépassé sa capacité d’accueil et elle est actuellement à plus de 800 prisonniers entassés dans des cellules souvent trop exiguës. 

Cette situation précaire et dangereuse n’a pas laissé de marbre la Présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille(AFCF)  qui a stigmatisé la manière dont les prisonniers sont entassés et la façon dont ils sont traités. «Nous sommes dans un pays démocratique », dit-elle persuadée qu’on ne peut pas continuer à bafouer les principes les plus élémentaires de la justice et du droit alors que la Mauritanie a ratifié la convention contre la torture. «Le fait d’enchaîner un être humain pendant toute la journée et toute la nuit, c’est de la torture. Cela est inadmissible et inacceptable. Il faut traiter l’être humain en tant qu’être humain et non selon le crime qu’il a commis », pense-t-elle. 

Aminétou Mint Ely Moctar a saisi la balle au bond pour lancer un appel au gouvernement mauritanien de revoir la situation des conditions de détention des prisonniers et notamment en permettant aux parents des prisonniers d’avoir un accès aux prisons en leur apportant à manger, en leur soignant lorsqu’ils tombent malades, etc… 

Et par rapport à la condition actuelle qui prévaut dans les territoires palestiniens, Aminétou Mint Ely Moctar a estimé, en tant que défenseur des droits de l’Homme, que c’est un «massacre collectif» qui a visé principalement des femmes et des enfants. L’Etat Hébreu, a-t-elle fait savoir, est entrain de bafouer toutes les conventions internationales sur les droits des enfants et de la femme sans que cela ne fasse rechigner personne. «Nous demandons aux autorités mauritaniennes de faire pression auprès d’Israël », a-t-elle dit en qualifiant ces raids israéliens de «crime odieux», des attaques qui doivent, selon elle, mobiliser toutes les Organisations de Défense des Droits de l’Homme du monde entier pour que cette situation s’estompe immédiatement afin d’éviter qu’elle ne dégénère et étale ses tentacules sur toute la planète. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

( 10 mars, 2008 )

Allou Allassane, chanteur: »Je me suis marié deux fois à cause d’un manque de compréhension vis-à-vis de mon comportement et de mon esprit d’artiste »

 

Allou Allassane ou l’Enfant du Walo, comme il aime à s’en affabuler, vient de sortir au Sénégal et en Mauritanie, son nouvel album, «Yaag Yoon » (en substance, péripéties de la vie, ndlr) qui comprend six titres : ‘Mame’(aïeul), ‘Mi Yidima’(je t’aime), ‘Ma Dome’(Mon enfant), ‘Nabi’(Le Prophète Mohamed, PSL), ‘Walo’(son territoire natal) et ‘Unité Nationale’. On a eu droit ce jeudi 28 février à une ambiance 100% festive et mbalax comme on pouvait l’attendre de lui. Le C.C.F a vibré au rythme du mbalax made in Mauritania avec Allou Allassane. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Apparemment, vous êtes une personne qui ne respecte pas l’heure. Vous deviez être sur scène à partir de 18 heures. Vous avez fait poireauter le public pendant plus d’une heure et demi. 

Allou Allassane : Je m’en excuse auprès du public. C’était indépendant de ma volonté. Encore une fois, je m’excuse car ce n’est pas dans mes habitudes de faire attendre le public. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Que faisiez-vous pendant tout ce temps-là ? 

Allou Allassane : Je me douchais…Je me préparais…Je priais… 

 

Le Rénovateur Quotidien : Pensez-vous que quelqu’un comme vous qu’on jette des fleurs en disant que vous êtes talentueux, devrait-il agir ainsi ? 

Allou Allassane : Nul n’est parfait. C’est des choses imprévisibles qui peuvent arriver à tout moment. Ce n’était pas dans mes intentions de monter sur scène avec beaucoup de retard. Les gens qui me connaissent parfaitement savent que je suis une personne qui respecte l’heure. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Sur scène, vous sautillez beaucoup. 

Allou Allassane : C’est l’émotion. J’étais danseur avant d’être chanteur. J’ai le rythme dans le sang. 

 

Le Rénovateur Quotidien : C’est vrai que vous avez sorti un album mais vous êtes peu connu des mauritaniens. Qu’allez-vous faire pour vous imposer sur la scène musicale mauritanienne ? 

Allou Allassane : Qu’est-ce que vous entendez par beaucoup de gens ne me connaissent pas ? J’ai sorti mon album à Dakar. J’ai vendu 2000 cassettes. Les radios et les télévisions sénégalaises diffusent régulièrement mes chansons. Comme j’ai fait trois mois de promotion de ma cassette au Sénégal, j’ai décidé de revenir à mon pays pour promouvoir ma cassette et essayer de s’imposer sur la scène musicale mauritanienne. Découvrir la personnalité de Allou Allassane, c’est cela peut-être qui restait ! 

 

Le Rénovateur Quotidien : Tout le monde vous concède vos talents de danseur. Mais par rapport à vos textes, vous avez encore du chemin à parcourir. 

Allou Allassane : Ça, c’est la première qu’on me le dit ! Dans mon album, j’ai prouvé que je suis un chanteur engagé. C’est moi-même qui définis mes propres thèmes. J’ai chanté sur des thèmes extraordinaires allant de l’éducation à la vie en passant par la religion et la solidarité. Si vous faîtes très attention, beaucoup de chanteurs ne font que des éloges dans leurs chansons. Moi, non ! 

 

Le Rénovateur Quotidien : Que pensez-vous, de manière générale, de la musique mauritanienne ? 

Allou Allassane : C’est une musique riche qui a beaucoup de potentialités mais demeure encore inexploitée dans le vrai sens du mot. Il y a des problèmes de mécènes : des supports qui doivent mettre en valeur la culture de ce pays-là. La culture joue un rôle très important dans toutes les activités qui peuvent mettre en valeur un pays partout dans le monde. On espère qu’avec la nouvelle situation du pays, il y aura peut-être des avancées dans ce domaine. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous avez décidé de jouer du mbalax pur et dur. Pourquoi ? 

Allou Allassane : Je ne dirai pas que je fais entièrement du mbalax pur et dur parce qu’aussi, je fais du mbalax diversifié : il y a une partie de jazz avec une coloration rythmique de toutes les couleurs musicales de la sous-région. Je joue de la musique multidimensionnelle et diversifiée. 

 

Le Rénovateur Quotidien : A votre avis, pensez-vous que les artistes mauritaniens qui jouent du mbalax ont de l’avenir dans ce pays ? 

Allou Allassane : Ils ont de l’avenir si vraiment, ils changent de comportements c’est à dire la vraie valeur d’un artiste, c’est de croire en lui, d’avoir la foi et la détermination pour pouvoir affronter les péripéties de la vie musicale. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Dans votre album, il y a un morceau intitulé «Mi Yidima ». Est-ce que vraiment vous croyez à l’amour ? 

Allou Allassane : Je le crois mais c’est très difficile de le vivre. L’amour est un sentiment divin  qui se trouve dans le cœur : quand tu regardes une femme ou quelque chose que tu aimes, ce n’est pas toi qui choisis le fait de l’aimer. C’est un sentiment intérieur qui donne un sentiment de reflet ou de sensation qui te permet de savoir que tu aimes quelque chose. Maintenant, reste à avoir la conscience de le suggérer, de le gérer en tant qu’amour. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Avez-vous personnellement souffert de l’amour ? 

Allou Allassane : Oui, beaucoup ! Je me suis marié deux fois à cause d’un manque de compréhension vis à vis de mon comportement et de mon esprit d’artiste. Je suis un artiste sollicité donc je dois être à la disposition de tout le monde. La femme qui ne comprend pas tout cela ne peut pas vivre avec moi. Il y a toujours un problème d’incompréhension mais il existe toujours l’amour. 

 

Le Rénovateur Quotidien : D’ailleurs, êtes-vous marié ? 

Allou Allassane : Je suis encore célibataire mais je suis en train de me préparer au mariage. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Revenons encore à votre album «Yaag Yoon ». Quelle est la situation actuelle des ventes ? 

Allou Allassane : Quand je l’ai fait sortir au Sénégal avec le studio 2000, j’ai produit 2000 cassettes. J’ai dupliqué encore 1000 cassettes qui ont été achetés par les walo-walo. J’ai amené à Nouakchott 500 cassettes qui ont été bien vendus. Je suis en train de préparer avec des partenaires la duplication en Compact Disc parce qu’il y a beaucoup de gens qui le demandent. J’ai pu contourner les pirateries parce que je n’ai pas vendu à Sandaga (marché à Dakar, ndlr) mais j’ai vendu mon album en faisant le porte à porte. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Et ç’a marché ? 

Allou Allassane : Effectivement ! 

 

Le Rénovateur Quotidien : Lorsque vous intitulez votre album, «Yaag Yoon », à quoi faites-vous allusion ? 

Allou Allassane : Je fais allusion aux moments les plus durs de ma vie. J’ai laissé ma carrière d’enseignant pour être  musicien. J’ai laissé ma famille. J’ai dû faire face à l’incompréhension de mon environnement. Personne n’avait compris ma détermination par rapport à la musique. C’est par rapport à tout l’itinéraire que j’ai fait pour me cultiver dans le domaine musical- 10 ans de musique et 15 ans de danse -, que j’ai décidé d’intituler cet album, «Yaag Yoon ». 

 

Le Rénovateur Quotidien : Les artistes mauritaniens vivent très difficilement de leur art. Qu’en pensez-vous ? 

Allou Allassane : Ils ne vivent pas de leur musique, c’est vrai. C’est un métier qui ne nourrit pas son homme en Mauritanie parce que ce n’est pas pris en considération. Il n’y a pas d’ouverture. Il n’y a pas de mécène. Vous voyez le C.C.F, c’est une opportunité pour un artiste quel que soit ce qu’on lui paie, de montrer ses talents. Avec les médias et les mécènes, on croit qu’on va nous appuyer pour développer la musique en Mauritanie. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Que représente le Walo pour vous ? 

Allou Allassane : Il représente beaucoup de choses pour moi parce que c’est un créneau de développement que les gens ignorent. Le Walo représente notre pétrole, notre richesse et nous devons s’unir pour son développement. Nous avons une terre fertile et les eaux du fleuve. Ce qui reste à faire c’est d’amener du matériel agricole et investir dans notre sous-sol. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Et vous serez le premier à y retourner si toutes ces conditions sont réunies ? 

Allou Allassane : Le premier clip que j’ai introduit à la télé, c’est Walo. C’est pour montrer la diversité culturelle et l’idée que j’ai du développement de cette contrée. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous avez chanté dans votre album le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Pourquoi ? 

Allou Allassane : Non, je ne l’ai pas chanté. J’ai fait allusion au peuple qui a élu un Président qui s’appelle tel. Qu’attend maintenant ce peuple ? 

 

Le Rénovateur Quotidien : Que pensez-vous du Président ? 

Allou Allassane : Je pense qu’il a des idées novatrices qui peuvent permettre à une démocratie, à un développement. Mais est-ce que cette donnée politique est comprise par les éléments politiques de l’époque. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous semblez avoir beaucoup de confiance  en lui ? 

Allou Allassane : J’ai une confiance en lui parce qu’il y a un petit changement qui commence à naître. Vous voyez la liberté de ton qu’il y a dans la presse. Aujourd’hui, les gens s’expriment comme ils veulent.  Lorsque tu entends quelqu’un dire ses pensées, c’est parce qu’il y a une liberté d’expression. Voilà l’espoir que nous avons reste maintenant à s’occuper du peuple, aux gens qui ont faim, qui sont malades, aux sans-abri, à la santé, à l’éducation… 

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous avez aussi chanté l’unité nationale. Est-ce à dire que cela vous tient à cœur ? 

Allou Allassane : Je voulais devenir le Président non pas de la Mauritanie mais de l’Afrique pour définir notre politique de développement. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Et vous pensez qu’il en manque ? 

Allou Allassane : Bien sûr ! Nous avons les compétences et le savoir mais ça traîne dans la cohésion des idées. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous estimez que les artistes ont un rôle très important  à jouer dans cette unité nationale ? 

Allou Allassane : Parfaitement ! Et si nos politiques et notre gouvernement ont compris cela, ils doivent investir dans la culture en pensant à nous parce que nous jouons un rôle très important dans l’unité de ce pays. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Tout à l’heure, lorsque Ousmane Gangué chantait, vous aviez des larmes aux yeux. Etes-vous émotif à ce point-là ? 

Allou Allassane : C’est l’émotion. Il a fait des éloges sur ma personne. Nous, les Africains, nous aimons cela et malheureusement, cela commence à disparaître dans nos traditions. Nous avons tendance à oublier nos traditions du fait de l’influence occidentale. 

 

Le Rénovateur Quotidien : C’est la première fois qu’un chanteur mauritanien utilise le concept «la Mauritanie qui gagne ». Est-ce que vous y croyez réellement ? 

Allou Allassane : C’est pour cela, je l’ai chanté. Je ne chante pas ce que je ne ressens pas. Je suis un musicien engagé et cultivé. Un musicien qui a rampé, qui a souffert et qui comprend qu’il y a un peuple derrière moi qui demande à ce que je transmette  leurs doléances. Je me considère en quelque sorte leur porte-parole. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

( 10 mars, 2008 )

Kadjata Malick Diallo, député de l’UFP

Au cours d’une conférence de presse, le député Kadjata Malick Diallo, accompagné de ses camarades députés, est largement revenu en détails sur l’évaluation de la session ordinaire  relative aux amendements du statut de l’opposition finalement approuvés par une grande majorité des parlementaires.

 

Jeudi dernier, les parlementaires s’étaient réunis au cours d’une session ordinaire consacré à l’examen d’une proposition de loi émanant de l’Union des forces et de Progrès(UFP) pour remplacer l’ordonnance du CMJD en date du 9 avril 2006 portant statut de l’opposition démocratique. Au cours d’une conférence de presse organisée par les parlementaires de l’UFP, le député Kadjata Malick Diallo est largement revenu en détails sur l’évaluation de la session ordinaire  relative aux amendements du statut de l’opposition finalement approuvés par une grande majorité des parlementaires.

Pour ne pas engendrer des sentiments d’exclusion ou de frustration, Khadija Malick Diallo a rappelé que la proposition de loi sur le statut de l’opposition démocratique avait fait l’objet d’une large concertation au niveau de ‘toute’ l’opposition afin que des amendements soient apportés à l’ordonnance du CMJD relative au statut de l’opposition démocratique. «Il a été convenu que nous apportions des amendements à l’ordonnance du CMJD. Pourquoi ? Parce qu’elle répondait aux aspirations et une demande criarde de l’opposition pour qu’elle soit dotée d’un statut qui la préserve et qui garantit ses intérêts et ses droits », explique Kadjata Malick Diallo qui n’a pas manqué de constater qu’il y avait, malgré la pertinence de cette ordonnance,  un certain nombre de lacunes relevées dans l’ordonnance du CMJD portant statut de l’opposition.  «Ces lacunes se résument au fait que le chef de file de l’opposition devrait être le porte-parole attitré de toute l’opposition et qu’il devait donc donner l’avis de l’ensemble des partis qu’il soit en accord ou en désaccord » a-t-elle observé en faisant remarquer qu’il(le chef de file de l’opposition) bénéficiait de manière exclusive des avantages matériels et protocolaires considérables et qu’aussi, il fallait parler de «l’institution de l’opposition »  et non dire «chef de file de l’opposition ».

«On s’était mis d’accord au niveau de l’opposition pour que ces lacunes là soient relevées et  modifiées par des amendements qu’il faut apporter au niveau de l’assemblée nationale lors de la session ordinaire de novembre à janvier », a-t-elle déclaré.

Dans l’ordonnance du CMJD, il a été constaté que la mise en place de «l’institution de l’opposition »  posait problème. Cela découlait du fait que l’ordonnance accordait beaucoup de prérogatives au chef de file de l’opposition’. A l’époque, dans la mise en place de cette structure, l’UFP avait décliné sa participation pour des raisons objectives. « Au niveau de la loi, les prérogatives reviennent au chef de file de l’opposition » a déclaré Kadjata Malick Diallo. Ainsi donc, des modifications devaient être apportées pour combler toutes ces lacunes relevées dans l’ordonnance du CMJD portant statut de l’opposition. L’UFP, en âme et conscience, et surtout devant l’insistance de Ahmed Ould Daddah, avait décidé de participer à la mise en place de cette institution. «On a fini par accepter de participer à la mise en place de cette institution. Au moment de mettre en place cette institution, nous avons privilégié à ce qu’on détermine les critères sur lesquels on doit monter cette institution. Les autres partis n’ont pas été d’accord avec nous sur cette approche » a-t-elle soutenu  en pensant que leurs partenaires sont allés trop vite en besogne et ceci a créé des malentendus et des points de divergence au sein même de l’opposition notamment entre l’UFP et le RFD. «Si on ne détermine pas des critères sur lesquels on se met d’accord et qu’on va appliquer à tout le monde, il sera tout simplement de l’arbitraire » a-t-elle estimé car cela a fait planer le doute au niveau de l’UFP qui voyait mal la manière même dont le chef de file de l’opposition a été désigné par le conseil constitutionnel du seul  fait que Ahmed Ould Daddah  bénéficiait plus de députés à l’assemblée nationale par rapport aux autres partis politiques de l’opposition.

La répartition des autres postes de l’institution du chef de file de l’opposition notamment celui de secrétaire général  a créé beaucoup d’écarts entre les différents partis politiques. «Nous considérons le fait de ne pas accepter que ce critère soit appliqué sur le poste de secrétaire général, c’est parce que ce poste devait revenir à l’UFP et on voudrait que ce dernier occupe ce poste. On met entre parenthèses le critère par rapport à ce poste et à l’ensemble des autres postes », dit-elle.

Les plénières, prévues pour le vote de la proposition de loi sur le statut de l’opposition, ont été moult fois retardées voire même reportées à cause du manque de consensus au niveau des critères de désignation du chef de file de l’opposition qui doit revenir, juridiquement,  au parti qui a le plus de députés à l’assemblée nationale comme cela se passe dans tous les pays qui sont dotés d’un statut de l’opposition à l’instar de la Grande Bretagne, de l’Australie et du Canada. «Alors pourquoi chercher à le retarder pour son application », s’interroge Kadjata Malick Diallo qui pense qu’il fallait définir des critères consensuels pour pouvoir sortir de cette situation confuse. Heureusement, que la loi portant sur le statut de l’opposition a été votée et cela a permis de dénouer la situation de tiraillements entre les différents partis de l’opposition.

 

Babacar Baye Ndiaye 

Ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

 

 

( 10 mars, 2008 )

Enseignement technique/Mouvement de grève dans les rangs des professeurs

Apparemment, ça sent le roussi dans l’enseignement technique et de la formation  professionnelle. En effet, les professeurs ont observé un arrêt de travail ce lundi 3 mars sur l’ensemble du territoire national. Selon leurs assertions, ils ne comptent pas s’arrêter là  si toutefois  les autorités n’ont pas satisfait leurs revendications. Et pour montrer aussi qu’ils sont déterminés à aller jusqu’au bout, ils ont déjà déposé un préavis de grève si un dialogue sincère n’est pas établi. 

Mécontents de leur sort qui leur réservé et de leurs conditions de travail précaires, les professeurs de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle ont décidé, hier, de suspendre leurs cours jusqu’à nouvel ordre c’est à dire jusqu’à ce que leur ministère de tutelle accepte de revoir sa copie. «Nous sommes là pour protester et montrer notre mécontentement. Depuis deux ans, en effet, nous courons  derrière notre ministère de tutelle pour résoudre nos problèmes », nous rencarde Ahmed Salem, chargé de la communication et des relations extérieures au Syndicat National des Professeurs d’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, retrouvé devant le portail du Lycée National d’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle.   

Ce mouvement de grève est né à la suite de multiples négociations avec leur ministère de tutelle entamées depuis décembre 2005. En effet, depuis le dépôt de leur plate-forme revendicative le 1er mai 2007, les professeurs de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle courent derrière leurs doléances qui semblent échoir dans l’oreille d’un sourd en l’occurrence leur ministère de tutelle qui les avait pourtant promis des primes de craie et de risques déjà acquis, après d’âpres négociations, mais qu’il tarde toujours à concrétiser. 

Autre grief reproché au ministère de l’enseignement technique concerne la nomination de certains directeurs des établissements de l’enseignement technique. Des nominations qui violent, selon le chargé de la communication et des relations extérieures du SYNAPET, l’article n° 11 de l’arrêté n° 0314 du 02/04/2002 qui stipule que les directeurs des lycées doivent être un professeur de l’enseignement technique, disposant d’une ancienneté de 5 ans et aurait fait preuve d’une compétence et d’une régularité irréprochable. 

Ces nominations, ont soutenu les professeurs, se sont fait sur des bases qui ne tiennent pas en compte les textes en vigueur sur l’enseignement technique. «Comment peut-on donc avoir confiance en des gens qui ne respectent pas les textes et les lois », s’interroge alors Ahmed Salem. «On a contacté le ministre plusieurs fois. Il nous donne seulement des promesses. Mais jusqu’à aujourd’hui, il n’a jamais fait quelque chose de concret. C’est toujours des promesses, des séries de promesses sans fin », déplore-t-il. 

Cet arrêt de travail n’est qu’un avertissement adressé au Ministère de l’Enseignement Technique. Mais, prédisent les professeurs, si rien n’est fait dans le sens de tenir en considération leurs principales revendications, ils vont durcir le ton en paralysant l’enseignement dans tous les lycées de formation technique et professionnelle ainsi que dans tous les centres de formation professionnelle et de perfectionnement. La balle est maintenant dans le cas du gouvernement. «S’il n’y a pas une amélioration de la situation, certainement, on va prendre d’autres mesures. D’ailleurs, nous avons déjà déposé un préavis de grève pour le 2 avril prochain et d’ici là, si les gens ne résolvent pas nos problèmes, nous allons rentrer dans une grève ouverte», a laissé entendre le chargé de la communication et des relations extérieures du SYNAPET qui a exigé, en outre, que leurs doléances relatives au développement de carrière surtout soient respectées par le gouvernement s’il veut que les choses s’en arrêtent là et ne s’empirent. «On a voulu dès le début prendre des démarches responsables. On a contacté les autorités compétentes. Mais, malheureusement,  cela n’a pas abouti à quelque chose », regrette-t-il. 

«Nous savons que l’enseignement technique et professionnel est coûteux. C’est un métier ingrat comme tout autre enseignement mais il est à la base de tout développement économique d’un pays. Aucun pays ne peut se développer sans son enseignement technique », déclare Hosmi Ould Maloukif, Président du Conseil National du SYNAPET qui pense pour que l’enseignement technique mauritanien  retrouve son lustre d’antan, il faut que les professeurs, ceux-là même qui ont accepté de choisir ce métier, puissent avoir en contre partie de quoi subvenir à leurs besoins. 

Il a par ailleurs rappelé aux autorités de prendre toutes leurs responsabilités par rapport à l’hémorragie qui est en train de causer beaucoup de dégâts à l’enseignement technique mauritanien. «Tous les ans, dit-il, nous avons 4 ou 6 parmi les meilleurs professeurs qui quittent l’enseignement pour aller dans les métiers où ils sont mieux rémunérés. Si vous prenez un ingénieur et vous lui payez 60.000 UM. Que représente cette somme par rapport à la vie quotidienne d’aujourd’hui au moment où il peut trouver 400.000 ou 600.000 UM dans les entreprises privées ? ». 

L’arrêt de cette hémorragie passe, selon lui, par l’amélioration des conditions de vie et de travail des professeurs afin qu’ils puissent continuer à travailler et former des générations mais en respectant un certain nombre d’exigences. «Tout ce que nous voulons, c’est l’équité. Que tous les fils de ce pays soient traités de la même manière ! Qu’on arrête ces parachutages ! Qu’on arrête les coups de piston ! Nous demandons l’application des lois et qu’il y ait des critères de transparence », déclare le Président du Conseil National du SYNAPET sur un ton grave. 

L’image de l’Enseignement Technique Mauritanien est marquée par une situation exécrable et désarmante. Dans les ateliers de formation et d’apprentissage du lycée national technique et professionnel où nous avons fait un tour, les machines de travail datent de plus de 40 ans. Les budgets alloués sont insignifiants pour pouvoir répondre aux exigences de la formation et d’un enseignement de qualité. Mais «elles continuent à fonctionner, assure Hosmi Ould Maloukif, grâce à l’effort des professeurs qui continuent à les entretenir et à les maintenir. Les pièces ne sont plus fabriquées à l’étranger puisque ces machines n’existent plus. Nous sommes obligés de confectionner les pièces pour les réparer. Tout cela, sans contre partie. On n’a aucune prime de maintenance, ni d’entretien, ni de réparation, ni de risques ». 

Un des professeurs qui nous a accompagné dans les ateliers de formation nous a même confié qu’il n’y a jamais eu de renouvellement de ces vieilles machines. D’ailleurs, des appels d’offres ont été faits dans ce sens mais jusqu’à présent rien de concret. Et comme on dit, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. 

Outre cela, les risques auxquels sont exposés les élèves et les professeurs sont réels. Il arrive même, nous dit-on,  que des accidents de travail surviennent. Certains même se retrouvent avec des doigts amputés par ces machines  hyper tranchantes dont le nom seulement évoque beaucoup de choses : la guillotine, la presse-plieuse… 

Babacar Baye Ndiaye 

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