( 30 mars, 2008 )

Détournement de mineures

 

 Oumoul Khairy : mariée à 6 ans, divorcée à 8 ans 

 

L’Association des Femmes Chefs de Famille (l’AFCF) a organisé, ce samedi 29 mars, à son siège sis Tévragh-Zéina, une conférence de presse. A l’ordre du jour, deux points : le premier concernait l’arrestation du rédacteur en chef du quotidien arabophone  Essirage, Mohamed Salem O. Mohameddou par la police mauritanienne la semaine dernière et le second point était relatif au détournement de mineures. Le cas de Oumoul Khairy mariée à 6 ans et divorcée à 8 ans constitue un exemple bouleversant d’une atrocité bien avérée digne d’un autre âge. 

L’AFCF se solidarise avec Mohamed Salem O. Mohameddou rédacteur en chef d’Essirage 

Aminétou Mint Ely Moctar a condamné, au cours de ‘sa’ conférence de presse, la manière dont le journaliste d’Essirage Mohamed Salem O. Mohameddou a été appréhendé par les forces de l’ordre. (Il fut cueilli sans mandat d’arrêt dans son lieu de travail, NDLR). Cela, à ses yeux, est inadmissible surtout dans un pays démocratique. «Dans un pays qui veut avancer, dit-elle, la moindre des choses, c’est d’accorder la liberté d’expression et la liberté d’opinion à sa presse et à ses journalistes. » 

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille a mis en exergue le rôle de la presse dans l’information des populations mauritaniennes, l’ancrage de la démocratie et le développement  de notre pays. Selon elle, les pouvoirs publics ne doivent pas s’immiscer encore moins fouiner dans le travail de la presse et des journalistes. L’arrestation de ce journaliste démontre, s’exclame-t-elle, que les autorités veulent museler la presse et tuer dans l’œuf la liberté d’expression et d’opinion dans notre pays. En outre, elle a demandé la libération immédiate et sans condition de Mohamed Salem O. Mohameddou rédacteur en chef du quotidien arabophone  Essirage. «Nous lançons un appel à l’Etat mauritanien de libérer ce journaliste qui reste encore détenu. Nous ne voulons pas qu’il y ait une tache qui va salir l’image de notre pays», note-t-elle. 

Tout en réitérant son soutien et sa solidarité à Mohamed Salem O. Mohameddou, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, Aminétou Mint Ely Moctar a réaffirmé son engagement en faveur de la justice et de la liberté d’expression, seuls gages d’un Etat de droit. 

 

Cas de mariage précoce  

Une fillette mariée à 6 ans et divorcée à 8 ans ? Cela est arrivé en République Islamique de Mauritanie. Son nom : Oumoul Khairy.  Agée aujourd’hui de 8 ans, elle a été amenée en Arabie Saoudite, à l’âge de 6 ans par sa tante El Moumina Mint Tijani qui l’a marié à un certain Abdelatif O. Adel. Ce dernier, après avoir violé la petite, a été expulsé d’Arabie Saoudite. Ce cas de mariage précoce, à la limite répugnant, est un véritable cas de conscience. Durant deux années, elle a été torturée et maltraitée par sa propre tante et la famille de cette dernière. Sans que ces parents ne soient véritablement pas au courant ! 

Ecœurée par ce mariage précoce qu’elle qualifie de détournement de mineure et de viol, Aminétou Mint Ely Moctar a appelé les autorités à être plus vigilantes sur ce genre de trafic qui sont devenues monnaie courante dans notre pays. Souvent l’œuvre de réseaux hyperstructurés avec parfois la complicité de certains policiers, les trafics d’enfants et de petites filles se développent de jour en jour au su de tout le monde sans que cela ne fasse rechigner personne. Estimant que de telles pratiques sont contraires aux principes de l’islam, Aminétou Mint Ely Moctar a demandé l’appui et la solidarité de tout le monde pour freiner de telles pratiques. Par rapport à ce cas, l’AFCF, a révélé sa présidente, va porter plainte au niveau de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et de saisir aussi le ministère de la promotion féminine, de la femme et de l’enfance. Oumoul Khairy, a promis Aminétou, sera encadrée et alphabétisée. 

Sur le plan juridique, le cas de Oumoul Khairy est un cas très grave qui viole le Code du Statut Personnel qui stipule que le mariage doit se faire à l’âge de 18 ans au moins. Que dire de cette fillette âgée seulement de 8 ans ? 

Cet énième cas de détournement mineure pose aussi le problème des trafics d’enfants souvent utilisés pour servir de prostituée dans certains pays arabes. Aminétou a demandé à la presse de faire des investigations sur ces pratiques qui avilissent l’être humain dont la majorité des victimes demeurent des mineures souvent livrées à elles-mêmes. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

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