• Accueil
  • > Archives pour le Dimanche 6 avril 2008
( 6 avril, 2008 )

Khady Mint Cheikhna, directrice du Festival International des Musiques Nomades

«Le Festival International des Musiques Nomades est l’occasion de montrer que nous sommes une terre de convivialité, d’hospitalité et d’ouverture » 

                                                            khady.jpg

A quelques heures de l’ouverture de la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades à Nouakchott par Ousmane Gangué et le Kodé Pinal, la directrice dudit festival Khady Mint Cheikhna nous a accordé une interview exclusive dans laquelle elle a laissé entendre que ce festival pourrait servir de vitrine à la culture mauritanienne dans les prochaines années à venir.  

Le Rénovateur Quotidien : Les grands noms de la musique mauritanienne comme Malouma, Tahara Mint Hembara, Dimi, Tiédel Mbaye entre autres ne participeront pas à ce festival. Expliquez-nous un peu ? 

Khady Mint Cheikhna : Certains grands artistes auraient pu participer mais en raison de leur indisponibilité, ils n’ont pas pu le faire. Nous avons fait une programmation artistique qui a été faite sur la base de critères objectifs. Parmi lesquels, on peut citer la disponibilité des artistes mais surtout de donner l’opportunité à des talents émergents et enfin de donner des chances à ceux qui n’ont jamais pu participer aux précédentes éditions du Festival International des Musiques Nomades. Si certains artistes n’ont pas pu participer, c’est en fonction de ces critères-là que je viens d’énumérer. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Qu’est-ce qu’un rappeur comme Didier Awadi vient faire dans un festival international consacré aux musiques nomades ? 

Khady Mint Cheikhna : La musique nomade est tout à fait convertible à la musique moderne. On peut la valoriser et pour nous, la musique nomade ne doit pas rester en retrait. Elle doit communiquer avec le monde et accompagner l’évolution artistique du monde entier. Elle peut trouver sa place dans le circuit des marchés internationaux. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Les concerts dans les moughataas mettent en valeur plus les artistes mauritaniens que la programmation du Ksar qui met l’accent sur la musique internationale. Est-ce un choix délibéré ? 

Khady Mint Cheikhna : Nous avons un public très varié. Une frange de la population opte pour la musique traditionnelle. Nous avons des jeunes qui sont imprégnés et de plus en plus acquis à la musique moderne. Pour cette raison, nous avons essayé de donner satisfaction à tout notre public et à toute notre population dans toutes ses composantes et goûts aussi. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Organiser un festival de cette dimension demande beaucoup d’argent. D’ailleurs, est-ce que son financement a posé problèmes ? 

Khady Mint Cheikhna : Bien entendu que c’est difficile de trouver de l’argent pour ce genre de manifestation ! C’est encore beaucoup plus difficile chez nous parce que les hommes d’affaires ne sont pas encore complètement acquis à l’idée que la musique et la culture de manière générale peuvent générer des fonds. Cependant, nous avons eu des partenaires mauritaniens et étrangers comme la coopération française, espagnole et allemande. Mais l’argent, le sponsoring ou le financement d’un Festival pose  toujours problème parce qu’il est toujours perçu comme une perte sèche ou une simple contribution sans retour financier. 

  

Le Rénovateur Quotidien : Vous qui êtes la directrice de ce festival, la réussite de cette 4ième édition, à votre avis,  dépendra de quoi exactement ? 

Khady Mint Cheikhna : La réussite dépendra de l’adhésion et de l’intégration de la population à cet événement mais surtout de la nécessité d’organiser régulièrement une manifestation culturelle de cette dimension ; si la population comprend qu’elle a besoin d’une manifestation culturelle, de son propre festival comme le Mali, le Niger, le Sénégal qui ont leurs propres festivals. Le festival international des musiques nomades, c’est un rendez-vous, un échange culturel et une occasion d’identifier de nouveaux talents mais aussi l’occasion de montrer que nous sommes une terre de convivialité, d’hospitalité et d’ouverture. 

 

Le Rénovateur Quotidien : En quelque sorte essayer de vendre l’image de la Mauritanie ? 

Khady Mint Cheikhna : Bien sûr ! L’un des objectifs majeurs est de valoriser l’image de marque de la Mauritanie et de la montrer dans toutes ses facettes culturelles. 

 

Le Rénovateur Quotidien : A quelques heures de l’ouverture de la 4ième édition du Festival International de Musique Nomade, est-ce que tout est fin prêt ? Y’a-t-il eu des couacs de dernière minute ? 

Khady Mint Cheikhna : On ne peut jamais dire que la réussite d’une manifestation comme le Festival International des Musiques Nomades est acquis d’avance. Quoiqu’on dise, il y a toujours des imperfections. Toutefois, toute l’équipe du festival n’a épargné  aucun effort pour que l’organisation soit la meilleure possible. Et je dis bien ‘possible’ puisque le risque zéro n’existe pas. 

 

Le Rénovateur Quotidien : Pour l’ouverture de la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades, vous avez porté votre choix sur Ousmane Gangué. Qu’est-ce qui a dicté le choix sur lui ? 

Khady Mint Cheikhna : Parqu’Ousmane Gangué est l’un des artistes modernes en Mauritanie qui commence véritablement  à faire son ascension musicale. C’est un artiste qui a beaucoup de courage et qui travaille très bien. Nous voulons d’abord le faire découvrir et l’aider afin qu’il puisse occuper une place dans le circuit des marchés internationaux et dans le showbiz. 

 

Le Rénovateur Quotidien : La musique comme outil de développement économique, vous y croyez ? 

Khady Mint Cheikhna : Tout à fait ! Je pense que la culture est un moyen extraordinaire de génération de fonds. La culture : si elle est bien organisée et sponsorisée peut rapporter des fonds énormes et peut être un axe de développement économique. 

 

Propos recueillis par : 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

|