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( 16 avril, 2008 )

Université de Nouakchott: Etats des lieux d’une institution à l’article de la mort

A certaines heures de la journée, moins qu’un temple du savoir, l’Université de Nouakchott ressemble à une pétaudière. Ça s’esclaffe à gauche, ça converse à droite. Le tout dans une ambiance moribonde.

Dans ce tohu-bohu, lorsque vous demandez à un étudiant quelconque ce qu’il pense de l’Université, il vous répond sans fioritures : ‘La situation est catastrophique’. On a constaté que lorsque les bacheliers entrent à l’université de Nouakchott, ils déchantent très vite. Eux qui pensaient que tout allait se passer comme dans le meilleur des mondes possibles, que tout se passerait vite comme dans un conte de fée se rendent à l’évidence d’une réalité qu’ils ont du mal à fourguer : le découragement qui revient tout le temps dans leurs propos.

Depuis sa création à nos jours, l’Université de Nouakchott n’a pas véritablement réussi à s’accrocher au train de l’évolution du monde en termes d’enseignement. Elle aura aussi été mêlée à toutes les sauces idéologiques et politiques. 

Aujourd’hui, la  seule université du pays va mal ! Etudier à l’Université de Nouakchott est un véritable calvaire pour les étudiants mauritaniens qui n’ont eu d’autres choix que de déposer leurs baluchons dans cette institution aux mille et un problèmes qui ne se résolvent jamais, dans cette institution qui patauge dans l’indifférence et l’oubli total. Comme si cette institution devait servir à former des générations sacrifiées !

«Les étudiants sont trop fatigués, explique Ibrahima Abdoulaye Diallo étudiant en 1re année de philo-Sociologie. On ne dispose pas assez de moyens pour faire de très bonnes études. On n’a pas de bibliothèque. On n’a rien du tout ! »  

Les infrastructures, justement. Sur ce plan, pour la documentation, les étudiants mauritaniens notamment les francisants sont astreints de se rendre au niveau du centre culturel français ou du centre culturel marocain. L’Université de Nouakchott est la seule université au monde où la sociologie et la philosophie sont compactées dans un seul département appelé ‘Philo-Sociologie’.

Dans ce département, les étudiants sont mêlés comme des vaches, des moutons et des chèvres dans un seul enclos. Du dire des étudiants du même département, ce n’est pas une sinécure. Les salles ne sont pas confortables. Les chaises manquent. 

Contrairement à Ibrahima Momar Bousso, étudiant en 2ième année de Biologie et de Géologie à la Faculté des Sciences et Techniques, lui, Ibrahima Abdoulaye Dia, originaire de Bababé au sud de la Mauritanie peut bien se frotter les mains puisqu’il bénéficie d’une bourse d’études de 8.500 UM. «Mais, ça ne satisfait pas la moyenne de mes besoins », se plaint-il. Les bourses sont limitées. Seuls de rares étudiants en bénéficient.

Les critères d’attribution y sont pour quelque chose. Pour avoir une bourse, il faut avoir le bac, tenez-vous bien,  à l’intérieur du pays pour pouvoir prétendre d’abord à une bourse et ensuite être âgé de moins de 24 ans. Même en 2ième année, tous les étudiants ne bénéficient qu’une aide sociale de 20.000 UM pour toute l’année. Et pour avoir cette modique somme, il faut courir de gauche à droite. 

Par rapport à l’enseignement, les étudiants mauritaniens se sacrifient autant qu’ils le peuvent pour essayer de comprendre mais à vrai dire, ce n’est pas prometteur, pense-t-on ici, à l’Université de Nouakchott. A ce rythme-là,  «il n’y aura pas de bons cadres sauf pour ceux qui vont sortir du pays et aller en Europe pour y continuer leurs études supérieures », soutient Bocar Ly, car selon ses dires, la formation ou plutôt l’enseignement qui est dispensé à l’Université de Nouakchott est très mauvais.

Et ce dernier compte un jour sortir du pays, comme d’autres avant lui, pour aller poursuivre ses études à l’étranger. Ce que rêvent bon nombre d’étudiants mauritaniens ! Les demandes d’inscription dans les universités françaises notamment parlent d’elles-mêmes et prouvent cette obsession qu’ont les étudiants mauritaniens à aller poursuivre leurs études ailleurs. 

Faute de grives, les étudiants mauritaniens mangent des merles. Les facultés laissent à désirer. C’est à croire à peine si elles sont de véritables facultés car elles sont mal équipées. A l’Université de Nouakchott, les moyens techniques posent énormément de difficultés. Par exemple, à la Faculté des Sciences et Techniques, là où sortent nos ingénieurs, il n’y pas assez de laboratoires et de matériel pour pouvoir réellement faire des Travaux Pratiques(TP).

Conscients de leur devenir et du sort de leur institution, les étudiants de l’université de Nouakchott se constituent de plus en plus en associations communautaires pour défendre leurs intérêts et essayer de surmonter certaines difficultés d’ordre estudiantin ou intellectuel. L’Université, dans toute sa ‘grandeur’ ne dispose que de deux amphithéâtres, l’un qui se trouve à la faculté des sciences juridiques et économiques, le plus grand de toute l’Université et l’autre à la faculté des lettres et sciences humaines. 

Offusqués, les étudiants ne ratent jamais l’occasion pour jeter des pierres dans la marre. Parmi eux, Abdoulaye Ibra Ba, étudiant en 2ième année de droit qui pense que l’une des tares qui gangrène leur institution, c’est le favoritisme. «On est avec des étudiants maures, raconte-t-il, qui ne savent même pas écrire une phrase correcte en français. Pendant les délibérations, ils passent devant nous. Ça s’est bizarre quand même alors que nous suivions tous nos cours pendant toute l’année universitaire pour avoir une bonne moyenne. » 

Issus souvent de famille peu aisée, certains étudiants se voient obligés, après l’obtention de leur baccalauréat, de venir s’inscrire, malgré eux, à l’Université de Nouakchott, pour y poursuivre des études supérieures. 

Le spectacle qu’offre parfois l’enceinte de l’Université est extraordinaire. Partout, c’est la queue leu leu ! Comme par exemple, aux bureaux des inscriptions. 

Autre dilemme pour les étudiants. La carte de transport, c’est le merle blanc. «Tous les étudiants veulent avoir la carte de transport, explique Ibrahima Abdoulaye Dia. Il y a certains, fatigués de se faire renvoyer aux calendes grecques, finissent par laisser tomber. D’autres, comme moi, parce qu’ils habitent loin, sont obligés de se sacrifier pour avoir une carte de transport. » 

L’obtention d’ailleurs de cette carte de transport ne signifie guère la fin du calvaire. Car, les chauffeurs ne veulent pas ‘embarquer’ dans leurs ‘caisses’ les étudiants et ceci en violation des accords signés entre eux et le gouvernement. «Les chauffeurs de bus ne s’arrêtent pas lorsqu’ils te voient avec un classeur entre les mains, poursuit-il. Ils sont agacés pour attendre. Et nous, nous n’avons pas d’autres solutions. Nous sommes une génération sacrifiée. L’Université ne promet rien à ses enfants.» 

Que dire de la bouffe au restaurant ? Les étudiants la jugent nulle et très mauvaise. Pas de petit déjeuner encore moins de dîner ! Et cela est valable pour les étudiants qui résident dans le campus universitaire. Le ticket revient à 50 UM. Imaginez dans quelle situation alors doit se retrouver un étudiant non boursier qui vient des viscères de la Mauritanie, qui crèche dans les quartiers périphériques de Nouakchott et obligés de passer la journée à l’Université pour réviser. 

Avec des méthodes plombées et lacunaires, le système d’éducation mauritanien ne vaut pas son pesant d’or. Les programmes sont séculaires et ringards. Et voilà depuis plus de 20, 30 ans que cela dure et perdure au grand désavantage des étudiants mauritaniens. Conséquence : le niveau s’affaiblit de plus en plus. Les états généraux tant annoncés au début de l’année tardent à voir le jour.

La dernière batterie de réformes qui a été utilisée n’a pas donné les effets escomptés. Et les autorités continuent toujours à persister et à s’entêter dans leurs démarches en pensant qu’elles ont pris la bonne option ou qu’elles sont assises sur la bonne branche. Les défaillances du système sont visibles à l’œil nu. «Je connais un arabisant qui fait actuellement le bac C. Mais il est incapable d’écrire une lettre correcte en arabe », ironise Mohamed Abdallahi, étudiant en 1ière année d’interprétariat en Anglais. 

«Le Ministère de l’éducation nationale, enchaîne un autre étudiant, se soucie peu de la réussite des élèves et étudiants. Le système s’invente du jour au lendemain. On ne sait pas où se situe le bon chemin. Les autorités doivent se concerter et essayer de créer quelque chose de prometteur pour la future génération. Nous, nous savons déjà que notre génération a sombré dans l’obscurité. »

Hélas, c’est la triste réalité. Le fractionnement du système éducatif mauritanien, d’une part l’arabisation et d’autre part la francisation, où est-ce qu’il nous a mené ? Et la radioscopie faite sur l’Université de Nouakchott n’est guère rassurante encore moins prometteuse. Les étudiants eux-mêmes en sont conscients.

Dans un article récemment publié dans ‘L’Etudiant’, le premier journal étudiant mauritanien, Ousseynou Birama Cissé, rédacteur en chef dudit journal n° 13 du 07 avril au 25 avril écrivait ceci : «L’Université est malade. Malade d’elle-même du fait de son incapacité à pouvoir accueillir les braves fils de ce pays même malgré le faible taux de réussite.

Malade du fait de son incapacité à faire face aux défis de l’éducation en termes de structures et de réformes. Malade de ses administrateurs qui pour la majorité ignorent leur devoir envers la nation et par conséquent ne remplissent pas la fonction. Malade du fait de ses docteurs que l’adjectif ‘d’irresponsables dicteurs’ qualifie. Malade de ses enseignants qui sous le regard complice de l’administration s’absentent ou dispensent les cours en 30 mn. Malade incontestablement et essentiellement de son système de recrutement. » 

Alors une question : sommes-nous véritablement dans une Université ? Non, rétorquent les étudiants. En nommant le docteur Isselkou O. Ahmed Izid Bih à la présidence de l’Université de Nouakchott, le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’a fait rendre à César que ce qui lui appartient.

Etant au parfum des réalités de l’Université (promiscuité, absence de bureaux décents, de centres documentaires dans les facultés, faible capacité d’accueil et de logements des étudiants, inexistences des activités culturelles, sportives et créatives…), les étudiants fondent beaucoup d’espoir sur lui pour sortir l’Université de Nouakchott de sa léthargie.

Avec un effectif d’étudiants qui gonfle comme une mayonnaise d’année en année, l’Université de Nouakchott est devenue trop petite pour accueillir les nouveaux bacheliers. Déjà, on estime à plus de 12.000 le nombre d’étudiants inscrits à cette université. Dans le cadre de répondre aux urgences de cette institution, l’état mauritanien a décidé de construire un nouveau campus universitaire.

En outre, et toujours dans le cadre de la rénovation de l’Université de Nouakchott, des financements ont été obtenus pour la construction d’une nouvelle faculté des sciences et techniques, des locaux de la présidence de l’Université, une bibliothèque et un centre d’enseignement à distance. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 16 avril, 2008 )

Thiédel Mbaye: »Dans tout le monde entier, c’est la Mauritanie seule qui néglige ses artistes. Parfois, c’est décourageant. Tu fais un concert gratuit, la population ne vient pas »

 

D’origine griotte, cette diva mauritanienne, dont l’amitié avec Baba Maal n’est plus à prouver, a laissé sa carrière de comptable pour se consacrer à la musique, sa passion. Dans l’interview suivante que Thiédel Mbaye, qui n’est plus à présenter, nous a accordé, elle y évoque entre autres sujets l’indifférence totale dans laquelle baigne la musique mauritanienne.                                                                                                   

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Le Rénovateur Quotidien : En Mauritanie, on n’accorde pas assez de crédit à la musique. Les structures manquent. Il y a, en plus de cela, un problème de coordination entre les musiciens. Comment voyez-vous l’avenir de la musique mauritanienne ? 

Thiédel Mbaye : La situation dans laquelle s’est retrouvée la musique mauritanienne est vraiment inquiétante. La situation des artistes est aussi préoccupante. L’art n’a pas sa juste valeur en Mauritanie. Tu peux être artiste, tu fournis des efforts, tu fais tes cassettes, même un concert gratuit, la population n’est pas prête à venir regarder. C’est vraiment un véritable souci pour tous les artistes. On est en train de se battre, de nous structurer, de former des associations regroupant des artistes, avoir un syndicat des artistes, lutter contre la piraterie et forcer la population à venir vers les artistes. Dans tout le monde entier, c’est la Mauritanie seule qui néglige ses artistes. Parfois, c’est décourageant. Tu fais un concert gratuit, la population ne vient pas. Un artiste étranger vient ici, il fait les billets à 4.000 ou 10.000 UM, la salle est pleine. C’est vraiment révoltant !

 

Le Rénovateur Quotidien : Récemment, un bureau regroupant tous les artistes mauritaniens a été mis en place. Qu’en pensez-vous ? 

Thiédel Mbaye : Nous avons deux bureaux qui réunissent tous les artistes mauritaniens. Le bureau présidé par Mohamed Méidah et l’autre par Ahmed Abba appelé ‘Bureau Mauritanien pour la Promotion de la Musique’ dont je suis membre actif. Avec ces bureaux reconnus par l’Etat mauritanien et soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication, nous pensons que cela va permettre aux artistes de résoudre leurs difficultés.

 

Le Rénovateur Quotidien : On a remarqué qu’en Mauritanie, il n’y a pas une structure qui défend les œuvres des artistes. Est-ce que cela ne pose pas aussi problème ? 

Thiédel Mbaye : Ça pose énormément de problèmes ! J’ai produit deux albums (‘Jombajoo’ ou la mariée en 2002 et ‘Khuman Biné’ ou l’analphabète en 2005) mais ils ne sont protégés qu’au Sénégal par la BSDA (Bureau Sénégalais des Droits d’Auteur, NDLR). En Mauritanie, les productions se piratent de manière incroyable. Il n’y a pas un bureau qui protége les droits d’auteur et les artistes. Il est impossible aux artistes mauritaniens de défendre leurs œuvres. Aujourd’hui, ils ne vivent pas de leur art. Donc, si les œuvres ne sont pas protégées, c’est vraiment quelque chose d’extraordinaire.

 

Le Rénovateur Quotidien : Au niveau de votre association, avez-vous pensé à mener des démarches pour essayer de mettre en place une pareille structure ? 

Thiédel Mbaye : Notre seul souci d’ailleurs, c’est d’avoir un bureau qui va défendre les droits d’auteur. Chaque artiste doit protéger ses œuvres parce que c’est la seule ressource qu’il a.

 

Le Rénovateur Quotidien : Depuis quelques temps, on ne vous voit pas. Est-ce qu’on peut penser que les feux de Thiédel Mbaye sont éteints ? 

Thiédel Mbaye : Non ! Je suis en train de me préparer pour sortir mon 3ième album. Je reviens d’une tournée au Sénégal dans la région du fleuve. Je m’apprête aussi à y aller dans le cadre encore d’une tournée. Le 24 avril prochain, je serai à Podor pour participer au Festival des Blues du Fleuve organisé par Baba Maal. Nous sommes en train de faire nos répétitions.

 

Le Rénovateur Quotidien : Apparemment, vous jouez beaucoup dans la région du fleuve ? 

Thiédel Mbaye : C’est vrai ! J’y suis très sollicitée. On est en train de faire notre promotion pour notre prochain album.

 

Le Rénovateur Quotidien : Et il va sortir quand ? 

Thiédel Mbaye : On a prévu cela pour le 5 juin. Incha Allah !

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous n’avez pas participé à la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades. Quelle est votre réaction ? 

Thiédel Mbaye : On m’avait proposé mais je ne pouvais pas participer. Je n’ai pas essayé de le faire car je savais que la date n’allait pas me trouver en Mauritanie. J’étais en tournée que j’avais programmé 6 mois auparavant.

 

Le Rénovateur Quotidien : Et pourtant vous êtes actuellement à Nouakchott ? 

Thiédel Mbaye : Oui, je suis là ! Mais je n’ai pas participé malheureusement !

 

Le Rénovateur Quotidien : Et pourquoi ? 

Thiédel Mbaye : On ne m’a pas contacté officiellement. Et puis le fait de ne pas participer à la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades ne m’a guère dérangé parce que j’avais participé à la 3ième édition.

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous n’éprouvez aucun regret ? 

Thiédel Mbaye : NON ! Aucun regret !

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous êtes une artiste bien connue mais on ne vous a jamais vu faire un duo avec un artiste mauritanien ? 

Thiédel Mbaye : Lorsqu’on se rencontre dans les concerts, on fait des duos. Par exemple, Ousmane Gangué, on a beaucoup joué ensemble. Avec Baba Maal, lorsqu’il fut invité par des boghéens, il a fait un morceau dans lequel tous les artistes mauritaniens ont chanté ensemble. C’est par des occasions de cette nature qu’on peut chanter ensemble sinon quelqu’un t’invite à une soirée, tu viens et tu chantes.

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous et Baba Maal, vous semblez entretenir de bonnes relations ? 

Thiédel Mbaye : Baba Maal, vraiment, c’est mon idole ! Et puis, c’est une référence pour moi et c’est un ami personnel aussi.

 

Le Rénovateur Quotidien : Et lui, a-t-il essayé de faire quelque chose pour vous? Par exemple vous produire ? 

Thiédel Mbaye : Il a beaucoup fait pour moi. Il me conseille. C’est lui qui m’a beaucoup encouragé à faire des tournées dans la région du fleuve. La musique que je joue les Hal poular s’y identifient. Il faut vraiment les convaincre, les voir pour qu’ils admirent ta musique ou l’accepter pour que tu puisses percer. Je suis très connue sur le plan international. J’ai  fait des tournées en Europe, aux Etats Unis d’Amérique. Mais dans la région du fleuve, c’est maintenant qu’ils commencent à me découvrir, à travers les radios privées sénégalaises. C’est pour cette raison que je multiplie mes tournées dans cette zone, de faire une bonne promotion de mon futur album.

 

Le Rénovateur Quotidien : Est-ce que vous envisagez de faire un duo avec Baba Maal ? 

Thiédel Mbaye : Oui, nous l’envisageons ! Pour mon prochain album, je tiens vraiment à ce qu’il y participe. Il m’a promis qu’il va chanter un morceau avec moi.

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous êtes une femme. Est-il facile pour vous d’être un chef d’orchestre ? 

Thiédel Mbaye : Oui ! C’est très, très difficile ! En ce qui me concerne, je demeure toujours avec les membres fondateurs de mon groupe. Mon orchestre est composé de musiciens stables et j’en suis très fière. Mes musiciens n’ont aucun problème et ils me comprennent et me soutiennent. Je n’ai pas de musiciens nouveaux dans mon groupe. Je n’ai pas un problème de musicien. Je n’ai pas un problème pour assurer mon rôle de chef d’orchestre. Nous sommes des musiciens qui s’estiment beaucoup.

Le Rénovateur Quotidien : Vous êtes aussi mère de famille et on sait que vous voyagez beaucoup. Avez-vous l’esprit tranquille lorsque vous laissez votre famille derrière vous ? 

Thiédel Mbaye : C’est un peu difficile pour chaque mère de famille d’être obligée de se séparer de ses enfants surtout lorsqu’ils sont peu âgés. Ma fille benjamine est née en 2000. J’ai une grande famille (machaa allah !) mais j’ai de petits-fils qui vont à l’école. Certainement, mon absence leur manque beaucoup. Mais c’est un choix. Je dois le respecter.

 

Le Rénovateur Quotidien : Sur scène, vous êtes bien maquillée et raffinée. Mais à la maison, comme je vous ai  retrouvée (elle était habillée en sœur musulmane), vous êtes très simple. Pourquoi cette ambivalence dans l’accoutrement ? 

Thiédel Mbaye : Je défends une culture un peu compliquée. Je suis griotte d’origine. Je suis en train de promouvoir la culture griotte. Donc, l’artiste se voit à travers son comportement et son accoutrement. A la maison ou en ville, je porte tout ce que je veux mais sur scène, c’est un pari. Là, je dois porter des habits respectables. A cause de la population, de mon public, à travers aussi la musique que je suis en train de défendre. Je suis obligée de porter des habits présentables.

 

Le Rénovateur Quotidien : Et vous estimez que vous avez un rôle à jouer dans le rayonnement de la culture griotte ? 

Thiédel Mbaye : Certainement ! Car c’est mon appartenance à la culture griotte qui m’a poussé à faire de la musique. Je suis griotte d’origine, de père et de mère, d’une grande famille griotte très respectée. Peut être à long terme, je pourrai changer d’accoutrement parce que la musique est un peu curieuse. Plus tu tends vers le professionnalisme, plus le public demande autre chose.

 

Le Rénovateur Quotidien : La musique exige maintenant beaucoup de professionnalisme. Avez-vous pensé à vous professionnaliser, à rentrer réellement dans le milieu du showbiz ? 

Thiédel Mbaye : Effectivement ! Parce que c’est la seule issue qui peut permettre à un artiste aujourd’hui de se faire découvrir et de se faire connaître davantage. Au début, tu ne peux pas être un professionnel. Tu es obligé d’être un amateur mais à un moment donné, il faut que tu te professionnalises en ayant un manager, un groupe structuré si tu tiens vraiment à faire une carrière musicale. Cela est impératif !

 

Le Rénovateur Quotidien : Comment pouvez-vous nous expliquez le fait que vous soyez une artiste un peu effacée de la scène musicale ? 

Thiédel Mbaye : C’est curieux ! J’ai mes soirées. Parfois, quand on m’invite, je viens. Mais je suis une femme un peu réservée. Je crois qu’il faut travailler d’abord et ensuite pouvoir faire des choses grandioses. J’étais très fréquente sur la scène musicale mauritanienne. Je faisais des soirées gratuites. Je suis très impliquée dans la sensibilisation de certaines campagnes comme la lutte contre le sida, l’analphabétisme…A un moment donné, je me suis retirée. Mais actuellement, je suis en train de faire un nouveau répertoire, de revoir ma musique et de la parfaire surtout.

 

Le Rénovateur Quotidien : Avez-vous fait les bancs ? 

Thiédel Mbaye : Oui ! J’ai fait les bancs jusqu’en terminale. Et je suis comptable de profession. J’ai travaillé pendant 4 ans au ministère du développement rural.

 

Le Rénovateur Quotidien : Et vous travaillez toujours là-bas ? 

Thiédel Mbaye : Non, non ! J’ai choisi la musique. J’ai abandonné depuis 5 ou 6 ans. Je ne vis que de ma musique et en plus je voyage beaucoup.

 

Le Rénovateur Quotidien : Certainement, vous devez être riche ? 

Thiédel Mbaye : Je ne suis pas riche. C’est une passion. Aucun artiste mauritanien, comme je l’ai dit tantôt, ne vit de son art. Mais seulement, c’est un choix et je suis prête à tout pour uniquement faire carrière dans la musique. Ce n’est pas que j’en profite comme je veux mais je sais que je laisserai une trace qui sera peut être suivie par mes enfants. Je ne vois que la musique. J’ai toute ma famille qui réside à Paris. Mes frères et mes sœurs vivent en France et ont la nationalité française. Donc, je n’ai pas un problème de nécessité.

 

Le Rénovateur Quotidien : Que pensez-vous de la nouvelle génération de chanteuses qui est en train de vous bousculer ? 

Thiédel Mbaye : La musique, ce n’est pas une course ! La musique, il faut d’abord la connaître, chercher à la connaître et avoir du temps pour ça ! Mais dès que tu commences à chantonner, tu crois que tu es au niveau, non ! Elles n’ont qu’à être très gentilles, revoir leurs textes et surtout essayer de tendre vers le professionnalisme.

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous jouez de la musique traditionnelle. Actuellement, on constate qu’elle est mélangée à toutes les sauces. N’avez-vous pas peur qu’elle ne disparaisse ? 

Thiédel Mbaye : Je fais de la musique tradimoderne mais je tiens beaucoup à la musique traditionnelle. C’est vrai qu’elle a tendance à disparaître. Personnellement, j’ai fait beaucoup de recherches au niveau de mes grands-mères pour mieux connaître cette musique. C’est une musique que je maîtrise parfaitement. Mais j’ai peur que cette génération ou les générations futures n’y comprennent rien du tout ! Ils ont tendance à jouer du mbalax alors qu’il faut d’abord connaître et maîtriser la musique traditionnelle. A partir, tu peux faire des mixages autant que tu voudras.

 

Le Rénovateur Quotidien : Comment expliquez-vous le fait que la musique mauritanienne devienne de plus en plus influencée par d’autres styles musicaux comme le mbalax ? 

Thiédel Mbaye : C’est vraiment dommage ! La Mauritanie est un pays diversifié. C’est un pays qui est culturellement riche. Mais c’est malheureux que ça ne soit pas exploité. Les gens, dès qu’ils entendent un certain sénégalais ou un malien faire de la musique, ils croient que c’est la meilleure musique. Alors que la musique mauritanienne, je ne trouve pas mieux que ça. Il faut vraiment que les gens promeuvent cette musique en lui donnant sa juste valeur. Les artistes mauritaniens sont vraiment influencés aujourd’hui par des musiques étrangères.

 

Le Rénovateur Quotidien : Si vous aviez un message à faire passer à l’endroit des autorités culturelles de ce pays, que leur diriez-vous ? 

Thiédel Mbaye : C’est d’avoir un conservatoire pour conserver la musique traditionnelle qui est une partie de notre vie. C’est une partie aussi du développement parce que l’artiste peut bien participer au développement d’un pays mais qu’à travers ses œuvres. Le Ministère de la Culture et de la Communication doit fournir beaucoup d’efforts pour aider les artistes.

 

Propos recueillis par

Babacar Baye Ndiaye

ducdejoal@yahoo.fr

 

 

 

 

 

 

( 16 avril, 2008 )

Débrayage des enseignants du secondaire

Après le départ en grève des professeurs de l’enseignement supérieur pour 45 jours, voilà que ceux du secondaire entrent dans la danse. Visiblement suivi, le mot d’ordre du SIPES a gagné tous les établissements secondaires publics du pays. Seules les écoles privées ne s’y sont pas mêlées pour des raisons pécuniaires. A quelques exceptions près, comme dans certaines villes de l’intérieur du pays comme Kiffa ou Kaédi, ce mouvement de grève de 3 jours consécutifs lancé par le Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire(SIPES) a été suivi sur l’ensemble du territoire national. Les autorités du Ministère de l’Education Nationale semblent être prises de court par la célérité des événements qui ont affirmé faire de leur mieux pour trouver des solutions à leurs revendications. 

Ce mouvement de grève est né à la suite d’une insatisfaction de la part du Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire de leur plate-forme revendicative dont les points substantiels portaient sur la non – révision du statut des enseignants, l’augmentation de la prime d’incitation, l’instauration de prime d’acquisition de documentation, la réouverture des concours de recrutement ministériel et le non paiement de l’indemnité d’éloignement. 

Intervenu à moins de deux mois de la fin de l’année scolaire, ce mouvement de grève lancé par le SIPES est analysé comme une volonté manifeste de saborder l’année scolaire et surtout d’utiliser le terrain syndical pour assouvir leurs revendications. Selon certaines sources concordantes, des garanties formelles ont été pourtant données par le Ministère de l’Education Nationale qui a reçu le SIPES en vue de négocier sur les différents points contenus dans sa plate-forme revendicative. 

Avec cette grève, le SIPES récidive. On se rappelle, il y a 3 mois, le même syndicat avait lancé un mot d’ordre de grève d’une journée qui était mal suivi. Mais cette fois-ci, le syndicat semble taper fort car cette grève de 3 jours est suivie par l’ensemble des professeurs du secondaire du pays. Ces derniers, aujourd’hui, sont accusés de vouloir torpiller l’année scolaire en cours en brandissant l’arme des revendications qui ont fait l’objet d’une série de négociations avec le Ministère de l’Education Nationale pour trouver des solutions.  Cette grève qui devra en principe durer 3 jours va-t-elle se poursuivre si le Ministère ne parvenait pas à satisfaire tous les points contenus dans la plate-forme revendicative du Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire ? 

Le premier jour du mot d’ordre de grève légalement lancé par le Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire a été un franc succès. Notamment, à Nouakchott, où tous les professeurs de l’enseignement secondaire ont observé ce mouvement de grève. Selon le coordonnateur du SIPES à Tiris-Zemmour, monsieur Souleymane O. Boyba, le mot d’ordre de grève a été suivi à 100% dans cette wilaya même si à Bir Mogrhéin il a été relevé un cas de défaillance de 45 mn. 

Selon les dernières informations que nous avons eues, le Ministère de l’Education Nationale est toujours ouvert au dialogue avec les partenaires sociaux dans le but de protéger l’enseignement secondaire d’une turbulence dont les victimes premières seraient les élèves.   

Babacar Baye Ndiaye 

( 16 avril, 2008 )

Clôture de la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades

Tinariwen et Sékouba Bambino ont mis le feu au stade du Ksar 

 

Tout est bien qui finit bien. Eh ! Oui, la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades de Nouakchott qui a réuni durant 5 jours plus de 300 artistes venus d’Europe, d’Orient et d’Afrique, a pris fin ce vendredi 11 avril, avec les prestations époustouflantes de Tinariwen et de Sékouba Bambino respectivement, pour ceux qui ne le connaissent pas, originaires du Mali et de la Guinée Conakry. Malgré une folle semaine marquée par des accrochages nourris entre les forces de l’ordre et des groupes extrémistes dans la ville de Nouakchott, le Festival a finalement triomphé du terrorisme en résistant à la peur.

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Pour le dernier jour du Festival International des Musiques Nomades de Nouakchott, personne ne voulait se le faire raconter le lendemain. Déjà, à 20 heures, avant le début du spectacle, les populations riveraines du Ksar ont pris d’assaut le stade. La première partie du concert fut assuré par Tinariwen. Originaire de l’Adar des Ifoghas, ce groupe malien représente les ‘Ishoumar’, jeunes touaregs ne connaissant que le travail précaire et l’exil.  Musique contemporaine touarègue aux guitares électriques blues et aux chants caractéristiques, leur place tient autant à leur poids politique qu’à leur histoire de rebelle. Ils sont devenus de véritables représentants d’une culture à cheval entre l’Orient et l’Afrique Noire sur les scènes internationales. Leur musique, assouf, qui signifie la solitude, la nostalgie, fait la synthèse entre le blues, le rock, la musique traditionnelle touarègue et la musique arabe. Venus se produire pour la première fois en Mauritanie, les musiciens de Tinariwen ont laissé une bonne impression au public mauritanien. Car, dès leur entrée, sur scène, ce sont des salves d’applaudissement qui accueillirent leurs sons de tam-tam. Bien enrubannés, portant des boubous blancs, ils ont offert de leur mieux au public mauritanien. Accompagnés de deux superbes nanas pareilles à des nymphes et vêtues, elles aussi, en voile pourpre, les musiciens de Tinariwen ont égayé le public sur des sons berçant. A chaque début de morceau qu’entamait le groupe, il y avait les cris de joie qui accompagnaient la musique. Le public se reconnaissant dans cette musique que jouait Tinariwen très proche de la musique traditionnelle maure en demandait toujours. Captivante, la musique de Tinariwen vous transporte dans le temps, dans le désert, dans les viscères de la nuit. Ce Festival International des Musiques Nomades de Nouakchott fut l’occasion pour ce groupe de se faire découvrir en Mauritanie où vit aussi une importante communauté touarègue. A travers leur musique, ils essaient de véhiculer un message de paix entre toutes les communautés. A travers leur accoutrement très particulier, ils revalorisent la culture touarègue très peu connue en Afrique.   

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C’est sous un froid de glace et dans un stade plein à craquer que les jembé et les tam-tam annoncèrent l’arrivée de Sékouba Bambino. Durant presque deux tours d’horloge, il a tenu en haleine le public. Une chose est sûre : les absents ont eu tort et les présents ne le regretteront certainement pas  de s’être déplacés. Les sons de la musique mandingue furent ressuscités ce vendredi 11 avril. Sapristi ! Même le diable a eu chaud ! Item, les dizaines de centaine de personnes. Voire très chaud. Très forte et envoûtante, la musique de Sékouba Bambino n’a pas laissé personne sur le carreau. La batterie, les sons de jembé, de tam-tam et de balafon ont fait exploser l’applaudimètre ! La Guinée était bien là, celle qui sait vibrer les cœurs. Enflammé, Sékouba Bambino ne cessait de chantonner : ‘Mauritanie ! Mauritanie ! Mauritanie !’. L’Afrique était bien là. Les ‘Woooh’ ne cessaient de fuser partout à chaque fois qu’il prononçait la Mauritanie, le Mali, la Guinée, le Sénégal, la Cote d’Ivoire ou le Maroc. Changeant de tempo musical comme ils voulaient, les musiciens de Sékouba Bambino ont bien chauffé le stade du Ksar. Tellement qu’il voulait donner tout le meilleur de lui, que Sékouba a senti la nécessité d’enlever l’un de ses boubous qui commençait à l’importuner. A la suite d’une partie de notes musicales rythmées, endiablées et bien servies, était venu le temps des ballades. Et lorsque Sékouba Bambino prend sa guitare, il faut s’attendre à une partie de plaisir. Rien que des notes douces pour vous bercer comme un marmot d’un an. Sékouba Bambino a bien montré que lorsqu’une musique est bien faite et suave, elle peut être dansée par tout le monde malgré la langue dans laquelle elle est chantée. Eh ! Oui, tout le monde a dansé, chanté, approuvé et applaudi. Surtout lorsqu’il a entonné son mythique morceau ‘Apollo Soumamba’. C’était vraiment le summum ! Que dire de l’entrée sur scène de Ousmane Gangué qui distribua généreusement sans sourciller des billets de 1000 et 2000 UM à Sékouba Bambino ! Le public n’en revenait pas. Ousmane Gangué, content, s’est permis, lui aussi, de balancer dans les airs, son boubou. Ce fut merveilleux. Les ‘Bambino argaye’(en français, viens) que ce dernier chantonnait ont ébloui plus d’un. Ce que la politique n’a  pu faire, la musique l’a fait c’est à dire réunir les cœurs et dire que les frontières sont virtuelles. De leur première rencontre sur scène, ce fut grandiose. Qui disait ou pensait que les mauritaniens ne savent pas danser  la salsa ? Tenez-vous bien, ils en ont montré de tous les pas de danse. Eh ! Oui, parfois même mieux que les Cubains, les inventeurs de la salsa. Détrompez-vous : les mauritaniennes savent aussi décaler. Qu’est-ce que vous croyez ? Il fallait les voir faire le tournesol et vibrer leurs popotins. Hum ! En tout cas pas mal ! Même les mauresses savent gigoter le couper-décaler. Cette fois-ci made in Mauritania. Sékouba Bambino est reparti comme il est venu. Et la directrice du Festival International des Musiques Nomades, à la fin de la prestation de Sékouba Bambino, Khady Mint Cheikhna n’a pas dissimulé toute sa satisfaction. «Je suis contente que ce festival soit déroulé dans de bonnes conditions. On a eu droit à toutes les musiques et la population, visiblement, est comblée parce que ce soir, la ville a une âme. Nous avons, à travers cette manifestation, une rencontre et un rapprochement des hommes. Lorsque les hommes se rapprochent, la paix s’instaure. Je  demande l’indulgence pour les imperfections parce que toute œuvre humaine est par essence insuffisante et comporte des lacunes. Mais en tout cas, je voudrai exprimer toute ma satisfaction envers les partenaires qui nous ont soutenus durant tout ce festival. » 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr                copiedebambino2.jpg 

 

 

 

( 16 avril, 2008 )

Les partis politiques de la mouvance présidentielle condamnent les actes terroristes de la semaine dernière

Les partis politiques regroupant la majorité présidentielle se sont réunis, ce samedi 12 avril à l’hôtel Khatter pour dénoncer les derniers événements qui ont eu lieu la semaine dernière à Nouakchott. Accompagné des partis politiques regroupés dans la mouvance présidentielle à savoir APP, UDP, PLEJ, SAWAB, FADILA, MITHAQ et EL WIHDA, le président du Pacte National pour la Démocratie et le Développement Ould Waghef par ailleurs secrétaire général à la présidence de la République a annoncé au cours de cette conférence de presse d’importants chantiers dans le domaine de la sécurité et de l’agriculture, sans pour autant donner assez de détails, pour faire face aux problèmes de sécurité et par ailleurs assurer l’autosuffisance alimentaire. Qualifiant les actes terroristes récemment perpétrés par des groupes extrémistes, les partis de la mouvance présidentielle ne sont pas allés par quatre chemins pour faire-part de leurs inquiétudes que tels actes pourraient avoir sur la stabilité du pays, la quiétude des populations et de son image sur le plan international. 

Prenant le contre-pied de ceux qui se réclament à tort de l’Islam pour perpétrer de tels actes, les partis politiques regroupés dans la majorité présidentielle se sont déclarés soucieux d’ouvrer pour garantir la sécurité du pays qui est un impératif qui transcende certains considérations partisanes. Dans un communiqué très critique, ces paris ont condamné fermement lesdits actes tout en présentant leurs condoléances les plus attristées aux familles des victimes militaires et civiles. Ils ont par ailleurs appelé le gouvernement à tout mettre en œuvre pour renforcer la lutte contre l’extrémisme et la violence et notamment la communauté des oulémas à protéger l’Islam contre les déviations des faux dévots qui en font un alibi pour couvrir leurs entreprises mafieuses. Enfin, dans le communiqué lu en la circonstance, les partis politiques de la mouvance présidentielle a salué l’action du gouvernement mauritanien notamment à travers son plan le plan d’urgence qui prend en compte les besoins essentiels et les préoccupations des populations les plus démunies et qui est aussi de nature à les soustraire aux tentations. 

Babacar Baye Ndiaye

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