• Accueil
  • > CULTURE
  • > Clôture de la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades
( 16 avril, 2008 )

Clôture de la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades

Tinariwen et Sékouba Bambino ont mis le feu au stade du Ksar 

 

Tout est bien qui finit bien. Eh ! Oui, la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades de Nouakchott qui a réuni durant 5 jours plus de 300 artistes venus d’Europe, d’Orient et d’Afrique, a pris fin ce vendredi 11 avril, avec les prestations époustouflantes de Tinariwen et de Sékouba Bambino respectivement, pour ceux qui ne le connaissent pas, originaires du Mali et de la Guinée Conakry. Malgré une folle semaine marquée par des accrochages nourris entre les forces de l’ordre et des groupes extrémistes dans la ville de Nouakchott, le Festival a finalement triomphé du terrorisme en résistant à la peur.

                                              copiedebambino2.jpg 

Pour le dernier jour du Festival International des Musiques Nomades de Nouakchott, personne ne voulait se le faire raconter le lendemain. Déjà, à 20 heures, avant le début du spectacle, les populations riveraines du Ksar ont pris d’assaut le stade. La première partie du concert fut assuré par Tinariwen. Originaire de l’Adar des Ifoghas, ce groupe malien représente les ‘Ishoumar’, jeunes touaregs ne connaissant que le travail précaire et l’exil.  Musique contemporaine touarègue aux guitares électriques blues et aux chants caractéristiques, leur place tient autant à leur poids politique qu’à leur histoire de rebelle. Ils sont devenus de véritables représentants d’une culture à cheval entre l’Orient et l’Afrique Noire sur les scènes internationales. Leur musique, assouf, qui signifie la solitude, la nostalgie, fait la synthèse entre le blues, le rock, la musique traditionnelle touarègue et la musique arabe. Venus se produire pour la première fois en Mauritanie, les musiciens de Tinariwen ont laissé une bonne impression au public mauritanien. Car, dès leur entrée, sur scène, ce sont des salves d’applaudissement qui accueillirent leurs sons de tam-tam. Bien enrubannés, portant des boubous blancs, ils ont offert de leur mieux au public mauritanien. Accompagnés de deux superbes nanas pareilles à des nymphes et vêtues, elles aussi, en voile pourpre, les musiciens de Tinariwen ont égayé le public sur des sons berçant. A chaque début de morceau qu’entamait le groupe, il y avait les cris de joie qui accompagnaient la musique. Le public se reconnaissant dans cette musique que jouait Tinariwen très proche de la musique traditionnelle maure en demandait toujours. Captivante, la musique de Tinariwen vous transporte dans le temps, dans le désert, dans les viscères de la nuit. Ce Festival International des Musiques Nomades de Nouakchott fut l’occasion pour ce groupe de se faire découvrir en Mauritanie où vit aussi une importante communauté touarègue. A travers leur musique, ils essaient de véhiculer un message de paix entre toutes les communautés. A travers leur accoutrement très particulier, ils revalorisent la culture touarègue très peu connue en Afrique.   

                                              copiedebambino2.jpg 

C’est sous un froid de glace et dans un stade plein à craquer que les jembé et les tam-tam annoncèrent l’arrivée de Sékouba Bambino. Durant presque deux tours d’horloge, il a tenu en haleine le public. Une chose est sûre : les absents ont eu tort et les présents ne le regretteront certainement pas  de s’être déplacés. Les sons de la musique mandingue furent ressuscités ce vendredi 11 avril. Sapristi ! Même le diable a eu chaud ! Item, les dizaines de centaine de personnes. Voire très chaud. Très forte et envoûtante, la musique de Sékouba Bambino n’a pas laissé personne sur le carreau. La batterie, les sons de jembé, de tam-tam et de balafon ont fait exploser l’applaudimètre ! La Guinée était bien là, celle qui sait vibrer les cœurs. Enflammé, Sékouba Bambino ne cessait de chantonner : ‘Mauritanie ! Mauritanie ! Mauritanie !’. L’Afrique était bien là. Les ‘Woooh’ ne cessaient de fuser partout à chaque fois qu’il prononçait la Mauritanie, le Mali, la Guinée, le Sénégal, la Cote d’Ivoire ou le Maroc. Changeant de tempo musical comme ils voulaient, les musiciens de Sékouba Bambino ont bien chauffé le stade du Ksar. Tellement qu’il voulait donner tout le meilleur de lui, que Sékouba a senti la nécessité d’enlever l’un de ses boubous qui commençait à l’importuner. A la suite d’une partie de notes musicales rythmées, endiablées et bien servies, était venu le temps des ballades. Et lorsque Sékouba Bambino prend sa guitare, il faut s’attendre à une partie de plaisir. Rien que des notes douces pour vous bercer comme un marmot d’un an. Sékouba Bambino a bien montré que lorsqu’une musique est bien faite et suave, elle peut être dansée par tout le monde malgré la langue dans laquelle elle est chantée. Eh ! Oui, tout le monde a dansé, chanté, approuvé et applaudi. Surtout lorsqu’il a entonné son mythique morceau ‘Apollo Soumamba’. C’était vraiment le summum ! Que dire de l’entrée sur scène de Ousmane Gangué qui distribua généreusement sans sourciller des billets de 1000 et 2000 UM à Sékouba Bambino ! Le public n’en revenait pas. Ousmane Gangué, content, s’est permis, lui aussi, de balancer dans les airs, son boubou. Ce fut merveilleux. Les ‘Bambino argaye’(en français, viens) que ce dernier chantonnait ont ébloui plus d’un. Ce que la politique n’a  pu faire, la musique l’a fait c’est à dire réunir les cœurs et dire que les frontières sont virtuelles. De leur première rencontre sur scène, ce fut grandiose. Qui disait ou pensait que les mauritaniens ne savent pas danser  la salsa ? Tenez-vous bien, ils en ont montré de tous les pas de danse. Eh ! Oui, parfois même mieux que les Cubains, les inventeurs de la salsa. Détrompez-vous : les mauritaniennes savent aussi décaler. Qu’est-ce que vous croyez ? Il fallait les voir faire le tournesol et vibrer leurs popotins. Hum ! En tout cas pas mal ! Même les mauresses savent gigoter le couper-décaler. Cette fois-ci made in Mauritania. Sékouba Bambino est reparti comme il est venu. Et la directrice du Festival International des Musiques Nomades, à la fin de la prestation de Sékouba Bambino, Khady Mint Cheikhna n’a pas dissimulé toute sa satisfaction. «Je suis contente que ce festival soit déroulé dans de bonnes conditions. On a eu droit à toutes les musiques et la population, visiblement, est comblée parce que ce soir, la ville a une âme. Nous avons, à travers cette manifestation, une rencontre et un rapprochement des hommes. Lorsque les hommes se rapprochent, la paix s’instaure. Je  demande l’indulgence pour les imperfections parce que toute œuvre humaine est par essence insuffisante et comporte des lacunes. Mais en tout cas, je voudrai exprimer toute ma satisfaction envers les partenaires qui nous ont soutenus durant tout ce festival. » 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr                copiedebambino2.jpg 

 

 

 

Pas de commentaires à “ Clôture de la 4ième édition du Festival International des Musiques Nomades ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|