( 16 avril, 2008 )

Débrayage des enseignants du secondaire

Après le départ en grève des professeurs de l’enseignement supérieur pour 45 jours, voilà que ceux du secondaire entrent dans la danse. Visiblement suivi, le mot d’ordre du SIPES a gagné tous les établissements secondaires publics du pays. Seules les écoles privées ne s’y sont pas mêlées pour des raisons pécuniaires. A quelques exceptions près, comme dans certaines villes de l’intérieur du pays comme Kiffa ou Kaédi, ce mouvement de grève de 3 jours consécutifs lancé par le Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire(SIPES) a été suivi sur l’ensemble du territoire national. Les autorités du Ministère de l’Education Nationale semblent être prises de court par la célérité des événements qui ont affirmé faire de leur mieux pour trouver des solutions à leurs revendications. 

Ce mouvement de grève est né à la suite d’une insatisfaction de la part du Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire de leur plate-forme revendicative dont les points substantiels portaient sur la non – révision du statut des enseignants, l’augmentation de la prime d’incitation, l’instauration de prime d’acquisition de documentation, la réouverture des concours de recrutement ministériel et le non paiement de l’indemnité d’éloignement. 

Intervenu à moins de deux mois de la fin de l’année scolaire, ce mouvement de grève lancé par le SIPES est analysé comme une volonté manifeste de saborder l’année scolaire et surtout d’utiliser le terrain syndical pour assouvir leurs revendications. Selon certaines sources concordantes, des garanties formelles ont été pourtant données par le Ministère de l’Education Nationale qui a reçu le SIPES en vue de négocier sur les différents points contenus dans sa plate-forme revendicative. 

Avec cette grève, le SIPES récidive. On se rappelle, il y a 3 mois, le même syndicat avait lancé un mot d’ordre de grève d’une journée qui était mal suivi. Mais cette fois-ci, le syndicat semble taper fort car cette grève de 3 jours est suivie par l’ensemble des professeurs du secondaire du pays. Ces derniers, aujourd’hui, sont accusés de vouloir torpiller l’année scolaire en cours en brandissant l’arme des revendications qui ont fait l’objet d’une série de négociations avec le Ministère de l’Education Nationale pour trouver des solutions.  Cette grève qui devra en principe durer 3 jours va-t-elle se poursuivre si le Ministère ne parvenait pas à satisfaire tous les points contenus dans la plate-forme revendicative du Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire ? 

Le premier jour du mot d’ordre de grève légalement lancé par le Syndicat Indépendant des Professeurs de l’Enseignement Secondaire a été un franc succès. Notamment, à Nouakchott, où tous les professeurs de l’enseignement secondaire ont observé ce mouvement de grève. Selon le coordonnateur du SIPES à Tiris-Zemmour, monsieur Souleymane O. Boyba, le mot d’ordre de grève a été suivi à 100% dans cette wilaya même si à Bir Mogrhéin il a été relevé un cas de défaillance de 45 mn. 

Selon les dernières informations que nous avons eues, le Ministère de l’Education Nationale est toujours ouvert au dialogue avec les partenaires sociaux dans le but de protéger l’enseignement secondaire d’une turbulence dont les victimes premières seraient les élèves.   

Babacar Baye Ndiaye 

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