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( 1 mai, 2008 )

Unité et diversité culturelle:L’école, lieu de régénérescence des valeurs citoyennes

L’école mauritanienne a joué dans le passé un rôle important dans l’encrage des valeurs citoyennes. Elle a permis aux jeunes mauritaniens dans leur diversité culturelle et linguistique de se connaître, se respecter et surtout de cultiver l’amour et la fraternité.

Les premières générations ont appris à vivre dans une atmosphère de convivialité et de partage. Dans un univers où les différences  se rencontrent, les identités se croisent, les particularismes s’enrichissent mutuellement au détriment des préjugés.

Quand les futurs dirigeants d’une nation s’abreuvent à la source d’un système unifié comme à l’eau d’une même fontaine, c’est la Mauritanie qui en sortira grande, forte et assainie. L’école, on ne le dira jamais assez, est ce cadre adéquat de socialisation des jeunes appelés à perpétuer les vertus morales et citoyennes.

A travers un enseignement partagé, un système pédagogique lavé de toute idéologie, comment ne pas faire germer les graines de l’unité dans la diversité. Il nous semble que cette unité ne peut se faire nulle part ailleurs plus qu’à l’école. L’image que reflètent nos salles de classe doit être une Mauritanie en miniature, un échantillon représentatif des diversités culturelles diluées dans un enseignement commun. 

A l’école, la transculturalité est le terreau menant à l’émergence de ‘l’homo mauritanien’ nouveau à qui on doit inculquer les valeurs inaltérables de son présent et de son futur.

Depuis 10 ans, cette vision est devenue une réalité à la faveur de la réforme du système éducatif national où l’Arabe est la langue littéraire et le français le médium linguistique des disciplines scientifiques et mathématiques. Si l’esprit d’une telle réforme est appréciable, il y a urgence d’en améliorer le contenu et la qualité pédagogique pour asseoir un cadre rationnel  profitable à tous les enfants du pays.

C’est en ce moment que l’école nouvelle, pierre angulaire de l’édifice, trouvera un terrain fertile où clora la graine de l’unité.  Une graine qui a besoin de régénérer face aux multiples soubresauts que le pays a connus. Tous les efforts en cours menés par les acteurs politiques, les partenaires au développement, la société civile doivent tendre à recréer l’image réelle de la Mauritanie à travers une ‘école citoyenne’.

Les premières expériences qui ont été initiées dans le pays avaient donné des résultats probants. Il est impératif de ramener un système monocéphal riche et ouvert. La voie est balisée mais les bases de cette réforme méritent d’être améliorées. 

Qu’y a-t-il de plus beau, plus constructif que des élèves issus d’un même pays regardant vers la même direction, au tableau noir, comme pour lire ensemble l’avenir de leur pays, leur destin commun ? En l’absence de tout contact, de toute communication, le fossé différentiel ne fera que se creuser.

Heureusement que nos écoliers ont re-commencé cet apprentissage constructif. Dans quelques années, ils écriront ensemble en lettres d’or  l’histoire réelle de la Mauritanie : l’unité dans la diversité et transmettront ces nobles valeurs aux futures générations… 

«La beauté d’un tapis résulte de la diversité de ses couleurs ». Cette vision sur la pluralité culturelle d’un peuple émane de l’écrivain Amadou Hampâté Ba. Elle résume de façon éloquente l’interculturalité de toute nation qui œuvre au rapprochement harmonieux de ses composantes.

Dans ce cadre, la Mauritanie est un modèle en devenir. Un laboratoire expérimental et expérimentable. Mieux, c’est une réalité incontournable, une exigence ethnique, ‘esthétique’, politique, une pierre angulaire pour la construction d’une nation moderne, civilisée, démocratique, unie et prospère. La Mauritanie dispose d’un passé riche où des empires, des Emirats, des Almamiyas ont vécu en parfaite intelligence loin de tous les clivages et de querelles byzantines.

Aujourd’hui, cette image est encore vivace à travers les composantes sociales. Elle a façonné le destin de ses fils, engendré un métissage culturel et biologique. Les instruments musicaux maures tirent leur origine de la création artistique négro-africaine.

C’est le cas du Tidinit, de l’Ardine, du Tabal et bien d’autres outils de percussions. Chez les peulhs, les similitudes sont frappantes dans tous les domaines avec les Arabes, les soninkés et les wolofs.

Aujourd’hui, toutes ces identités sont diluées dans la mare de la diversité. Un mauritanien est facilement reconnaissable à travers ses manières raffinées de saluer, d’accueillir les étrangers.

Si bien que cette synthèse à produit une personnalité mauritanienne plus forte et mieux ‘armée’ pour résister à l’usure du temps. La religion est venue renforcer le ciment de notre unité dans notre diversité. Cette appartenance à une religion commune ne se retrouve nulle part ailleurs.

Les mosquées constituent un rempart contre les divisions ethniques. L’école mauritanienne a durant des décennies été un creuset de rencontre de la multuculturalité du pays. Ce système fut le socle de l’unité nationale dont les fossoyeurs ont sapé les bases. Sans toutefois réussir à faire écrouler un édifice qui est en train de renaître de ses cendres.

L’unification du système éducatif entamé il y a quelques années assurera le retour aux sources : l’unité dans la diversité. En dépit des différentes fractures communautaires, les mauritaniens n’ont jamais cultivé la rupture. Les liens consanguins continuent de régénérer lentement mais sûrement. Même les extrémistes ont tempéré leur ardeur, ‘civilisé’ leurs discours.

Dans les rapports intercommunautaires se dégage une volonté sincère de reconstituer la Mauritanie. Les clivages que certains groupes ont voulu ériger en système ont fini par céder comme des digues emportées par les eaux de ruissellement.

La plus belle illustration de cette confiance retrouvée est visible à travers les programmes des partis politiques dont le nouveau président a jeté les jalons. Les journées de concertation nationale du 20 au 22 novembre 2007 tenues au palais des congrès sur le retour des déportés et le passif humanitaire ont largement contribué à refermer les plaies et tourner la page d’un passé sombre.

Chaque mauritanien doit dire haut et fort : ‘plus jamais ça !’. L’unité nationale est depuis lors en marche. Après 18 ans d’exil forcé, les réfugiés mauritaniens reviennent massivement au pays, leur terre ancestrale. Avant d’être riche en ressources naturelles, la Mauritanie l’est par sa diversité culturelle et linguistique… 

Babacar Baye Ndiaye 

( 1 mai, 2008 )

Assalamalekoum hip hop Festival

Les rappeurs mauritaniens ont désormais leur festival ! ! ! 

Du 7 au 9 mai prochain, pendant 3 jours, le hip hop mauritanien sera à l’honneur avec ‘Assalamalekoum hip hop Festival’. Ce festival verra la participation de Daara-J Family (ex-Daara-J), de DJ Gee Bayss et de Breakdance, groupes de Rap et artistes venus du Sénégal voisin. C’est déjà un pas ! Et cela s’annonce prometteur et encourageant. Les initiateurs de ‘Assalamalekoum hip hop Festival’ viennent emboîter le pas de leurs aînés qui ont initié ‘Festival International des Musiques Nomades’, ‘Festival de Poésie’, ‘Semaine Nationale du Film’… 

Cet événement est né dans l’optique de ne pas rester en marge des grandes rencontres musicales. Désormais, les rappeurs mauritaniens, à l’image de leurs frères de la sous-région, auront eux aussi leur propre festival.  Premier du genre dans notre pays, ‘Assalamalekoum hip hop Festival’ est axé sur la forme scénique des prestations des danses hip hop, du live avec Disc jockey et des formules live avec orchestre dans une dimension mauritano-sénégalaise. Ce festival sera un moment de communion entre le public mauritanien et les différents rappeurs qui se produiront à cette occasion. L’initiateur de ce projet ambitieux n’est autre que Kane Limam alias Monza. 

Le festival, comme l’ont rappelé ses promoteurs, se nourrit du pays, de ses artistes, de l’âme de ses habitants et de leur art, résolument hip hop. Au-delà de cet aspect, il permet ainsi de favoriser un espace d’expression de ces artistes et de rencontres, pour servir de pont entre les différents acteurs du mouvement hip hop des deux pays (la Mauritanie et le Sénégal) représentés au sein de cette première édition. Contribuant au raffermissement des liens existants dans ces deux pays,  l’événement proposera aussi outre les représentations, des temps d’échanges et de sensibilisation à la pratique en danse hip hop en lien étroit avec les artistes qui vont s’y produire. 

‘Assalamalekoum hip hop Festival’, soulignent ses initiateurs, a pour objectif de participer à l’effort de reconnaissance de l’esthétique hip hop mauritanien, de contribuer à la valorisation du savoir-faire en matière de promotion et de production de spectacle pour soutenir les actions de création artistiques et ainsi favoriser les volontés d’engagement en terme d’organisation. 

Les différents artistes invités se produiront au Centre Culturel Français de Nouakchott pendant 3 jours sans répit. Les initiateurs comptent populariser ‘Assalamalekoum hip hop Festival’ en l’organisant annuellement dans plusieurs endroits de Nouakchott et va s’ouvrir dans l’avenir dans les autres localités du pays, promettent-ils, en invitant des formations hip hop venues des quatre coins de la planète. 

Coté mauritanien, il y aura la participation de Franco Man, de Military Underground, de Laye B, Diam Min Tekky, MD Max et La Rue Publik. Au premier jour de l’ouverture de ce festival, il y aura une projection sur le hip hop mauritanien au CCF à partir de 18h. Une sorte de rétrospective du mouvement hip hop en Mauritanie à travers des interviews de différents acteurs de ce milieu. Ce film retracera les parcours des groupes les plus en vue dans le Rap mauritanien grâce aux témoignages des artistes, des promoteurs et du public. Les thèmes développés par le film refléteront essentiellement les difficultés rencontrées par les artistes et les structures locales mais aussi toutes les questions relatives à la structuration et l’organisation des actions en faveur du développement d’un marché de la musique potentiellement hip hop en Mauritanie. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

 

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