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( 5 mai, 2008 )

Université de Nouakchott:Nebghouha Mint Mohamed Vall ‘affronte’ les étudiants

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Le Front Uni des Syndicats Estudiantins a organisé, ce samedi 3 mai, à l’amphithéâtre de la Faculté des Sciences Juridiques et Economiques de l’Université de Nouakchott un face-à-face public, premier du genre, avec Nebghouha Mint Mohamed Vall ministre de l’Education Nationale. Au cours de ce débat, elle a étalé les grandes réformes qu’elle compte mettre en branle pour donner une nouvelle image au système éducatif mauritanien. Elle a aussi expliqué les grands défis qui attendent son département ministériel notamment dans le domaine de la qualité. 

  

La venue de Nebghouha Mint Mohamed Vall à l’Université de Nouakchott était attendue avec beaucoup d’impatience par les étudiants. C’était la première fois, en effet, qu’un ministre de l’Education Nationale y mettait les pieds pour débattre avec les étudiants. Tenez-vous devant tout le monde dans un amphithéâtre plein à craquer pour discuter de l’Université et de ses problèmes. La ministre de l’Education Nationale a passé en revue tous les problèmes qui gangrènent le système éducatif mauritanien de manière générale. De l’enseignement fondamental à l’enseignement supérieur en passant par l’enseignement secondaire, elle a fait un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle que traverse notre système éducatif. En Mauritanie, «sur 2 enfants qui rentrent en première année fondamentale, 1 seul arrive en 6ième année », renseigne madame la ministre de l’Education Nationale qui compte remédier le plus rapidement possible cette situation préjudiciable. «Des études ont démontré, poursuit-elle, que des enfants qui ne font pas six années complètes ne sont pas entièrement alphabétisés. Par ailleurs, elles ont démontré que la qualité de l’apprentissage se dégrade à ce niveau(école fondamentale, NDLR) d’une année à une autre ». 

Au niveau aussi de l’enseignement secondaire, le constat est le même : la qualité de l’enseignement s’est dégradée aussi. Les premières victimes, ce sont les élèves qui en paient les conséquences. Nous avons encore en mémoire les catastrophiques résultats du bac 2007 qui sont une parfaite illustration du niveau de dégradation de notre système éducatif qui ne parvient plus à assurer un enseignement de qualité. Seulement 11% du taux de réussite. Ç’aurait pu être plus ridicule si on n’avait pas procéder au repêchage des candidats. «C’est très grave », juge la ministre de l’Education Nationale. 

L’Université de Nouakchott n’est pas épargnée, elle aussi,  par la faiblesse de la qualité. Les répercussions de cette baisse de qualité s’y font ressentir dramatiquement.  Avec un effectif avoisinant plus de 12.000 étudiants, l’Université de Nouakchott a largement dépassé aujourd’hui sa capacité d’accueil qui était prévu entre 3500 et 5000 étudiants. «L’Université de Nouakchott n’a pas malheureusement réussi à combler tous les gaps et à construire toutes les compétences qu’elle était supposée construire pendant les 4 ans que vous(les étudiants) passez à l’Université », a reconnu la ministre de l’Education Nationale. 

Au cours de ce face-à-face avec les étudiants de l’Université de Nouakchott, Nebghouha Mint Mohamed Vall a révélé que l’Etat mauritanien a beaucoup investi de l’argent dans l’expansion du système éducatif mauritanien. L’Etat mauritanien, selon elle, a investi moins d’argent dans les ressources humaines pour construire des compétences solides au niveau de l’offre du système éducatif. Item aussi à tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité(livres, laboratoires…). 

C’est pour inverser cette tendance que l’actuel ministre de l’Education Nationale Nebghouha Mint Mohamed Vall a entamé des réflexions pour mettre en place des plans d’action pour avoir une idée de ce qu’il faut faire. «Ce n’est pas toujours suffisant, dit-elle. Nous ne sommes pas satisfaits de la situation actuelle mais nous essayerons de l’améliorer. Nous souhaitons aussi que vous nous aidiez(les étudiants) en analysant à chaque fois les progrès réalisés non en comparaison de ce qu’on voudrait avoir mais en comparaison de la situation où on était. Il faut avoir à l’esprit qu’on ne peut pas tout résoudre d’une baguette magique. Comparons pour améliorer de manière substantielle aussi bien les services qui vous sont dispensés au niveau de l’Université que la qualité des apprentissages que vous obtenez pour vous professionnaliser davantage et vous permettre de pouvoir accéder à la fin de votre scolarité au marché de l’emploi ». 

La Mauritanie compte aujourd’hui plus de 15 mille étudiants dont 2.500 sont à l’étranger et 20 % du budget du ministère de l’Education Nationale leur est consacré. L’enseignement secondaire qui compte plus de 90 mille élèves occupe 30 % du budget du ministère de l’Education Nationale. Quant à l’enseignement fondamental qui représente plus de 500 mille élèves bénéficie de 50 % du budget alloué au ministère de l’Education Nationale. 

L’enveloppe budgétaire de l’enseignement supérieur avoisine les 5 milliards : les 2 milliards sont destinés aux étudiants mauritaniens vivant à l’extérieur et les 3 milliards à l’Université de Nouakchott. «Notre compréhension c’est qu’à chaque fois que le budget du ministère de l’Education Nationale augmente et par conséquent celui de l’enseignement augmente que l’augmentation aille à l’Université de Nouakchott, à l’amélioration des services, au renforcement des capacités des professeurs, à la documentation… », précise la ministre. 

L’attribution des bourses à l’étranger, selon elle, sera désormais gérée de manière transparente. «C’est fini les dessous de table », a-t-elle promis aux étudiants. «Les bourses à l’étranger continueront à être limitées parce que la priorité des priorités c’est d’abord l’université de Nouakchott. Il faudrait qu’elle devienne une université moderne et qu’elle réponde aux besoins de développement économique et social du pays », a-t-elle laissé entendre. 

Par rapport au futur campus universitaire dont la capacité sera de 2.500 places, les études architecturales, selon la ministre de l’Education Nationale, sont dans une phase très avancée. Quant à la Faculté des Sciences et Techniques, l’appel d’offres est en instance d’approbation du principal bailleur de fonds.   

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

 

 

( 5 mai, 2008 )

Fête du 1er mai 2008:Les travailleurs appellent l’Etat à sécuriser leur pouvoir d’achat

La célébration de la fête du 1er mai de l’année 2008 s’est déroulée dans un contexte social et économique assez difficile pour les populations en général et aussi pour les travailleurs en particulier. C’est ainsi qu’à l’occasion de cette traditionnelle fête du travail du 1er mai, ils ont appelé les autorités de la République à renforcer davantage leur pouvoir d’achat afin de les mettre à l’abri des aléas des hausses vertigineuses des denrées de premières nécessités qui proviennent en grande partie de l’extérieur. 

 

Le pouvoir d’achat, la généralisation de logement pour l’ensemble des fonctionnaires, la cherté de la vie, l’augmentation des salaires entre autres furent au cœur des revendications, jeudi 1er mai en Mauritanie, dans les défilés de la fête du Travail qui ont rassemblé des milliers de manifestants dans les grandes artères du centre-ville de Nouakchott. L’occasion pour les centrales syndicales de faire un bilan de leurs doléances. «Notre plate-forme de revendication n’a pas pousser d’un pas. Il n’y a aucun pas qui a été réalisé à ce jour. Les travailleurs sont dans une situation des plus difficiles. Les droits ne se donnent pas. Ils s’arrachent. Mais il manque malheureusement à la société syndicale cet éveil qui va obliger le patronat à lâcher du lest et à donner aux travailleurs leurs droits », souligne Abderrahmane Ould Boubou, Secrétaire Général de l’UTM. 

Les centrales syndicales n’ont pas dérogé à la règle. Pour marquer la célébration de cette année, elles ont mobilisé toute leur force et leur énergie pour mettre en exergue leur capacité de mobilisation. Pour parer à toute infiltration ou débordement, la police a été fortement mobilisée, elle aussi. Elle a fidèlement encadré les manifestants. Pas de heurts ni d’incidents enregistrés durant tout le défilé de la fête du 1er mai. A part quelques bousculades ! Dans l’ensemble, la mobilisation a été bien réussie au niveau de chaque centrale syndicale comme l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM) ou la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM). Cependant, contrairement à l’année précédente, les différentes centrales syndicales du pays ont marché seules. La célébration de la fête du 1er mai de cette année s’est fait dans une dispersion totale. Chaque centrale syndicale a fait cortège seule. Et certaines centrales syndicales comme l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM) y voient une forme d’affaiblissement du monde du travail caractérisé par la multiplicité des centrales syndicales « C’est un handicap pour l’effort des centrales, pense Abderrahmane Ould Boubou, Secrétaire Général de l’UTM. Il doit y avoir  union dans l’action. Le pouvoir n’a qu’à cesser de nous verser une multitude de centrales qui n’ont de centrale que leur nom (…) ». 

Les travailleurs ont déploré aussi le manque de considération dont ils font l’objet. Car, estiment-ils, ils n’ont pas été associés aux mesures récemment prises par le gouvernement pour faire face à la flambée des prix et la cherté du coût de la vie. Ils ont plaidé pour leur implication dans le programme d’urgence concocté par l’Etat mauritanien. Toutefois, ils n’ont pas manqué de saluer dans leur grande majorité  les récentes mesures prises par le gouvernement. Ils ont jugé ces mesures ‘salvatrices’. «C’est des mesures intéressantes attendu qu’elles soient encadrées et parviennent aux destinataires c’est à dire les pauvres et les couches défavorisées », signale le Secrétaire Général de l’UTM. 

Fer de lance du mouvement social, les centrales syndicales ont appelé à la promotion du dialogue social. Dans ce cadre, la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie, en vue de promouvoir le dialogue social dans notre pays, a demandé la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les partenaires sociaux, cadre déjà préconisé par les partenaires sociaux dont le principe et la mise en œuvre sont déjà inclus dans les accords de 2004. 

Le chômage, l’esclavage, la faiblesse du pouvoir d’achat, la réduction du coût de transport, du tarif de l’eau, de l’électricité, des produits pharmaceutiques, des coûts d’hospitalisation, la couverture sociale et médicale, la sous-traitance, la protection des travailleurs, logements sociaux…Les centrales syndicales ont passé en revue la situation économique et sociale du pays fortement dominée par la hausse des prix. Dans ce domaine, elles ont appelé les autorités à mettre en place des structures de contrôle efficace des prix où elles seront impliquées. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

 

 

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