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( 11 mai, 2008 )

La participation au gouvernement de la majorité divise l’opposition

Tout est clair maintenant  par rapport aux partis politiques qui vont rentrer ou non dans le futur gouvernement de Ould Waghef.  La journée du 10 mai a été particulièrement houleuse. Les discussions au sein des formations politiques se sont poursuivies durant toute la soirée. Le suspens est donc levé sur la participation ou non de l’opposition dans le nouveau dispositif gouvernemental. Seuls l’Ufp et Tawassoul ont donné leur accord. Le Rfd, Hatem et l’Ajd/mr ont tout simplement «claqué » la porte préférant se situer à l’extérieur du sérail. Le combat continue…

Le Niet du Rfd 

Le Rfd a exclu toute idée de participation au nouveau gouvernement. C’est son Président et chef de file de l’ex opposition démocratique, M. Ahmed Ould Daddah qui a annoncé très vite cette option vendredi dernier, lors d’une conférence de presse. Le Rfd, voulant incarné toujours les principes qu’il défend, ne s’est pas bien prêté à la proposition du Premier ministre, selon laquelle « la  participation d’un parti de l’opposition équivaudrait à un abandon total de toute revendication, de tout programme commun de gouvernement et même de toute appellation de type Gouvernement d’union nationale ou même de Gouvernement de coalition », affirme le Rfd dans un communiqué.  Pour le chef de ce parti, qui est aussi chef de file de l’opposition démocratique, l’entrée dans un gouvernement n’est pas « une fin en soi, surtout lorsqu’on ne s’est pas accordé sur des objectifs et un programme minimum ». »Je ne percevrais pas la fonction gouvernementale comme une sinécure, mais plutôt comme une charge, une servitude », a rétorqué Ould Daddah, séance tenante, au Premier ministre, selon le texte du communiqué. Réitérant sa position maintes fois déclarée, le Rfd indique que « la situation de crise multiforme que traverse le pays appelle la conjugaison de toutes les forces politiques et sociales pour alléger les souffrances des populations, consolider l’unité nationale et la cohésion sociale, raffermir la démocratie et faire face aux périls en terme de sécurité ». « Les conditions d’un vrai dialogue visant à réaliser un consensus autour des enjeux majeurs du développement du pays ne sont pas réunies du fait de calculs personnels, de visions réductrices, du retour des pratiques anciennes faites de volonté d’exclure ou de phagocyter, n’offrant aucune chance à des discussions sérieuses sur le programme et la formation du gouvernement de la république », a-t-il estimé. « Le risque est énorme de voir l’association à la gestion gouvernementale se confondre à une simple invite d’un partage d’un butin et de conforter les pratiques et la culture du népotisme dans le silence et l’impunité totaux », souligne le parti de Ould Daddah. 

Selon lui « en posant comme condition à un parti de l’opposition historique pour son entrée dans le gouvernement de payer comme prix le renoncement à son programme, à son éthique politique, voire à ses principes fondateurs, il s’agit là d’un acte de provocation qui décrédibilise des concertations jetées comme une poudre aux yeux de l’opinion ». 

L’AJD/ MR ne rentrera pas au Gouvernement de Ould Waghef 

C’est maintenant officiel. L’Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation ne rentrera pas au gouvernement de Ould Waghef. Cette décision a été annoncée par Ibrahima Moctar Sarr, président de l’ajd/mr, au cours d’une conférence de presse tenue ce samedi 10 mai. Au cours de sa déclaration aux médias, Ibrahima Moctar Sarr a affirmé que son parti ne peut pas entrer dans un gouvernement, sans conditions, autour d’un programme minimal. Cette demande de l’ajd/mr n’a pas été acceptée par le nouveau premier ministre Ould Waghef qui balaya cette proposition de l’ajd/mr d’un revers de la main. «Nous sommes prêts à nous ouvrir à toute force politique qui veut venir s’ajouter à la majorité présidentielle et appliquer le programme du Président de la République », déclare Ibrahima Moctar Sarr rapportant les propos de Ould Waghef à l’issue du tête-à-tête qu’il a eu avec lui. «Le programme du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est un programme ambitieux où il y’a un certain nombre de points qui se recoupent avec les nôtres », reconnaît le président de l’ajd/mr. «Si je ne l’ai pas soutenu au second tour(élections présidentielles de mars 2007, ndlr), poursuit-il, c’est qu’il y avait certaines questions fondamentales sur lesquelles nous ne sommes pas tombés d’accord. Si aujourd’hui(…), j’accepte d’entrer dans ce gouvernement, mes militants me demanderont qu’est-ce que j’ai obtenu de nouveau par rapport à ce qu’ils ont posé auparavant. » Et le président de l’ajd/mr de nuancer : «Nous souhaiterions discuter avec le nouveau gouvernement pour voir quels sont les points minima sur lesquels nous pouvions nous entendre afin de nous permettre effectivement d’apporter une contribution effective au développement du pays. » 

Comme l’a reconnu au cours de cette conférence de presse Ibrahima Moctar Sarr, son parti était favorable à l’entrée du nouveau gouvernement dirigé par Ould Waghef. L’ajd/mr a accusé le nouveau premier ministre son refus de discuter le programme du président de la république « Le Premier Ministre a répété que le programme de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’est pas négociable et qu’on  entre au gouvernement sans conditions », rapporte toujours le président de l’ajd/mr. 

Le bureau politique de l’ajd/mr s’est réuni ce vendredi 9 mai d’urgence pour examiner la position du Premier ministre. Ce dernier a estimé que c’était une fin de non-recevoir. «Mon parti, l’ajd/mr, ne peut pas participer à un gouvernement sans conditions », a déclaré Ibrahima Moctar Sarr dont les propos étaient noyés par les salves d’applaudissements des militants visiblement contents de la décision de leur parti de ne pas rentrer au gouvernement de Ould Waghef. 

L’Ufp et Tawassoul signent leur entrée au Gouvernement

Ces deux partis politiques, sans aucune grande surprise, ont annoncé au cours d’une conférence de presse leur entrée dans le nouveau gouvernement qui sera dirigé par Ould Waghef. L’entrée de l’Ufp à ce gouvernement est historique car c’est la première fois, depuis sa création, qu’elle participe à un gouvernement. Partant du constat que le pays traverse une situation économique et sociale très difficile, convaincu que la gestion de ce pays doit impliquer nécessairement tous les partis politiques, l’Ufp n’a pas voulu laisser cette chance lui échapper. «Le moment est venu de participer au gouvernement et qu’il ne s’agit pas en allant au gouvernement de partager un gâteau mais il s’agit d’aller au charbon », explique Mohamed Ould Maouloud. «La situation est très difficile, poursuit-il. Nous allons vers des défis énormes et si on va au gouvernement, c’est pour affronter ces défis.»  Ces défis concernent le renforcement de la sécurité alimentaire, de la sécurité nationale et publique, le règlement complet des contentieux liés à l’unité nationale et enfin l’assainissement et le redressement de l’administration autant de priorités qui constituent en effet l’ossature du programme politique de l’Ufp. «Si nous devons avoir une place au sein du gouvernement, c’est là où nous pouvons affronter les problèmes. Ce n’est pas là où nous devons avoir un gros salaire, une belle villa, une belle voiture et puis s’en tenir là. Cela n’intéresse pas l’Ufp. Nous voulons qu’on nous mette à l’épreuve dans des postes significatifs », a souligné le président de l’Ufp, Mohamed Ould Maouloud. 

Après moult tractations, Tawwassoul a enfin accepté…

La décision du pouvoir d’élargir le gouvernement a créé au sein de certains partis politiques des zones de secousse. C’est le cas de Tawassoul, ce parti d’obédience islamiste prônant un islam orthodoxe, où des divergences de position furent notées. Finalement, après moult tractations au sein de ce parti, tout est revenu à l’ordre. Tawassoul, à l’image de l’Ufp, a décidé de participer au prochain gouvernement dont la composition sera connue dans les prochaines heures. Jémil Mansour a rappelé aussi au cours de sa conférence de presse la nécessité d’œuvrer pour le renforcement de l’unité nationale pour faire face aux dangers qui menacent le pays et régler les problèmes vitaux qui se posent au pays. Il a aussi justifié cette entrée par le fait que son parti œuvre pour la défense de la langue arabe et l’application des principes fondamentaux de l’islam. La rupture des relations diplomatiques avec Israël pourrait être aussi à l’ordre du jour même si pour le moment le gouvernement n’a pas donné une suite favorable à cette exigence de rompre avec l’Etat hébreu.  C’est à partir de discussions très larges avec le pouvoir que ces deux partis ont décidé de participer au futur gouvernement. Reste maintenant les détails concernant l’attribution des portefeuilles ministériels aux partis qui vont participer au nouveau gouvernement. 

Babacar Baye Ndiaye 

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