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( 14 mai, 2008 )

Nominations aux postes de Ministres: Comment peut-on construire la Mauritanie en marginalisant la couche la plus représentative de la population ?

En une année, le Président de la République, celui qu’on reproche à tort ou à raison d’être un maître Aliboron aura tout donné et tout permis. Il a accordé à la presse davantage de liberté et d’espace d’expression. Aux réfugiés mauritaniens, il a organisé dignement leur retour. Aux femmes, il les a fait accéder aux postes de gouverneurs et d’ambassadrices. Il a fait voter une loi criminalisant l’esclavage. A chaque fois qu’il a ressenti la nécessité de recevoir la classe politique, il l’a fait. 

Entre autres, il a déclaré la guerre à la corruption et a appelé tous les mauritaniens à combattre et dénoncer ce fléau méprisable. Régulièrement, il reçoit le chef de l’opposition pour discuter avec lui du pays, de la politique, de l’économie, du social, etc. Il a décidé d’augmenter le salaire des fonctionnaires alors que rien ne l’astreignait à le faire. 

Pour montrer qu’il est un homme d’ouverture, de concertation et de dialogue, il associe deux partis politiques de l’opposition(Union des Forces de Progrès et Tawassoul) à la gestion des affaires de la République. Lui, au moins, a le mérite d’avoir essayé que les mauritaniens se réconcilient entre eux. Et certainement, ce n’est pas à lui non plus qu’on va reprocher d’être un Président despote. 

C’est vrai, par essence, toute œuvre humaine est défaillante. Mais ceux-là même qui dénigrent ou qui sont actuellement en train de le faire auraient-ils proposé quelque chose de meilleur ? 

Dans la vie, tout est une question de temps. Ça ne coûte pas grand-chose d’attendre et de voir. Quatre ans encore ! Pour juger l’action gouvernementale, pour apprécier le trajet emprunté par nos autorités. Eh ! Oui, pour sanctionner aussi  tous ceux qui n’ont pas été à la hauteur des missions, des espoirs, des attentes et des réalisations. 

Le processus vers la démocratie est irréversible. Il faut prouver aux mauritaniens de tout bord, de toute communauté que tout est possible dans la vie sauf si on n’y croit pas. Ce qu’il faut, c’est de rassurer les esprits qui pensent que le changement ne va jamais s’acquérir ou se produire un jour. Certains mauritaniens ont tellement souffert de la dictature, des brimades, des humiliations de tout acabit qu’ils n’y croient plus. A ceux-là, il faut tenir un discours rassurant et novateur. 

Aujourd’hui, chacun peut se prétendre être le messie. Chacun d’entre nous peut se prévaloir aujourd’hui d’être à l’avant-garde des intérêts du pays et du peuple mauritanien. On ne forge pas un pays sur des intentions qui ne sont pas suivies d’actions et d’effets. On a tellement perdu de temps et de peine dans ce domaine qu’on a l’impression de vivre le supplice de Tantale. Beaucoup de mauritaniens ont vécu dans la souffrance et la douleur. On nous a toujours fait croire, nous autres, que notre wagon était accroché à la locomotive. 

Aujourd’hui, il y a beaucoup de raisons de croire que nous sommes sur la voix. La voix du vrai. La voix de la vérité. Pendant longtemps, on nous a caché la réalité. On aura monté les uns contre les autres. C’est dire que nous avons du chemin encore à parcourir. Du chemin pour ‘reconstruire’ les idées, les mœurs et les mentalités. Du temps, pour établir un nouvel Etat difforme de ce que nous avons connu dans le passé. 

Mais surtout du temps, pour ‘mettre bas’ une jeunesse décomplexée. Une jeunesse qui aura ses propres idoles dans son propre pays. Une jeunesse qui n’aura plus besoin de s’identifier à d’autres cultures du monde. Une jeunesse qui n’aura plus besoin d’aller exporter des valeurs et des principes ailleurs. Cela, bien sûr, n’est pas réalisable à court terme. Mais, il faut y croire. La jeunesse mauritanienne a toujours montré qu’elle voulait respirer, vivre et surtout être comme les autres. Cette jeunesse a toujours rêvé de choses grandes et grandioses. Il appartient aux autorités de ce pays de les réaliser. 

Les germes de la paix et de la réconciliation nationale, c’est en elle qu’il faut la semer. Parce qu’elle est fertile. Parce qu’elle est innocente. Parce qu’elle est plus apte à la germination. Mais le Président et son Premier ministre ont déçu en matière de responsabilisation de la jeunesse mauritanienne.

Par exemple, Ils auraient pu confier le ministère de la jeunesse ou le ministère de l’insertion, de l’emploi et de la formation professionnelle à des jeunes. Comment peut-on construire la Mauritanie en marginalisant la couche la plus représentative de la population ? Au lieu de ça, on promeut de vieux rapaces qui ont déjà fait leurs preuves en matière de politique et de gestion économique.

Mais que faire c’est cela aussi les règles de la politique. On ne compose qu’avec ceux qui gagnent. On n’y peut rien et souvent c’est dur à avaler! Pour preuve, dans le gouvernement politique de large ouverture que vient de mettre en place Ould Waghef, on n’a pas remarqué l’ombre d’un jeune mauritanien promu à un poste ministériel. Mais que des politicards, comme disent certains, rompus à la tâche. Promus, en contrepartie, pour leur expérience, leur influence et surtout pour leur poids électoral. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 14 mai, 2008 )

Diam Min Tekky:Les «Che » du Hip Hop en Mauritanie

Il est des groupes de Rap mauritanien qui n’ont pas peur de l’ombre de personne, fut-elle celle d’un justicier, d’un policier ou d’un préposé de renseignements. Parmi eux, on peut citer Diam Min Tekky. Personne n’a réussi véritablement à les ébranler ou les museler.

Malgré leur sale caractère, ils sont aimés par le public comme de grands seigneurs. Ils prétendent être les diseurs de vérité et les faiseurs de  moralité. Ils sont de véritables rebelles, d’insupportables torpilles. A chaque concert, ils déclarent qu’ils ne veulent pas d’un président de la République qui ne s’occupe pas des problèmes des mauritaniens encore moins d’un patron radin, orgueilleux et égoïste.

Leurs textes très engagés leur ont valu une réputation hors pair dans le milieu du Hip Hop en Mauritanie. Cette réputation leur a valu aussi de continuer à être marginalisés dans certaines manifestations organisées notamment par les pouvoirs publics.

A l’occasion de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’, ils ont encore démontré qu’ils étaient toujours les champions de la critique et de la dénonciation en Mauritanie. Dans leurs critiques, ils ne laissent personne sur le carreau.

Ils n’ont pas besoin de mettre des gants pour dire tout ce qu’ils pensent du pays, du système politique mauritanien, de la situation économique et sociale du pays, des policiers corrompus qu’ils fusillent à chaque fois dans leurs spectacles…

Le qualificatif de «Che Guevara » leur colle bien la peau. Issus de milieux difficiles, ils luttent, à travers leurs textes engagés,  pour l’avènement d’une Mauritanie juste et débarrassée de ses turpitudes et des ses mensonges. Plusieurs fois tabassés par la police, ils n’ont jamais tempéré leur ardeur et leur détermination. 

A cause de leur virulence verbale, ils ont fini par s’imposer sur la scène musicale comme étant de jeunes rappeurs contestataires. Même s’ils ont une tempérance qui frise souvent l’exagération. Si certains saluent leur courage et leur position très affichée et radicale sur certaines questions nationales, d’autres par contre, leur reprochent parfois leur insolence et leur impolitesse. Mais eux, ils s’en défendent bien.

«Dans nos sociétés, lorsque tu dis la vérité ou la réalité aux aînés, on te prend pour un jeune impoli en pensant que tu les insultes », explique Mar Ba, membre du groupe accompagné de Lamine Cheikh Ba et de  Ousmane Samba Oumar Sow qui composent le trio de Diam Min Tekky. Leurs textes portent les aspirations et les cris de désespoir de la jeunesse mauritanienne en quête de bonheur et de perspectives.

C’est ça d’ailleurs qui les a poussés à prendre le microphone pour dénoncer les abus et les injustices dont est victime une certaine partie de la population mauritanienne. Leur premier album(Gonga, la vérité, sorti le 17 février 2007) les a imposés comme l’un des groupes de Rap les plus critiques en Mauritanie. Et la police était tout le temps à leurs trousses. «On a eu pas mal de problèmes parce que l’album était trop engagé. Et tu sais en Mauritanie la démocratie n’existe pas et la liberté d’expression pareille », renseigne Mar Bâ. 

Sous le régime de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, ils firent l’objet de plusieurs intimidations et menaces. Mais ce régime n’a jamais réussi à les assujettir. Entre temps, il y a eu le 3 août 2005 et l’arrivée de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête du pays depuis le 19 avril 2007.  C’est des jeunes fougueux qui partagent les mêmes rêves et les mêmes soucis. Leurs faveurs, c’est qu’ils sont ancrés dans les réalités sociales de la Mauritanie. Leur slogan : toujours dire la vérité même s’il faut se sacrifier au prix de la liberté et de la justice.

Ils auraient pu aller plus loin s’ils mêlaient dans leurs textes d’autres dialectes comme le français, l’anglais ou les autres langues du pays. Plus malin qu’eux, tu meurs. Dans leur esprit, ils veulent imposer leur langue, le poular, sur la scène musicale mauritanienne.

« C’est parce que nous sommes d’abord des peuls, soutient Mar Ba. On a vu aussi au Sénégal que le wolof a été imposé sur la scène musicale. Nous aussi, nous aimerions imposer notre langue. » 

Ils ne supportent pas les policiers parce que, disent-ils, c’est eux qui sont à l’origine de tout ce désordre qui règne à Nouakchott. «C’est l’ennemi de la jeunesse, ajoute Mar Bâ. Ils dérangent beaucoup. Tu vois ça(il montre une plaie cicatrisée sur le coté gauche de son visage), c’est un policier qui m’a cogné comme ça. » 

Les «Che Guevara » du Hip Hop en Mauritanie viennent de réaliser un nouveau clip sur l’immigration clandestine des jeunes africains. Même s’ils ne sont pas les meilleurs, ils font partie des meilleurs groupes de Rap en Mauritanie. Après Gonga, Diam Min Tekky est en train de préparer la sortie de son nouvel album qui sera baptisé Gonga 2. Certainement qu’il fera mouche. 

 Babacar Baye Ndiaye 

( 14 mai, 2008 )

Les mauritaniens semblent être hantés et poursuivis par la poisse. Ils ne croient plus aux miracles et rêves tant promis par le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui vient de nommer son deuxième Premier ministre Ould Waghef  en lieu et place de Zéine Ould Zéidane qui avait réussi miraculeusement a décroché la troisième place de la course présidentielle de février 2007. 

Ils ont vite fait de ranger leur optimisme  dans les tiroirs de l’oubli. D’autres par contre ont préféré tout simplement le brûler dans leur esprit. Visiblement, ils sont déçus de leurs gouvernants qui manquent d’imagination et de promptitude, de leur opposition qui passe le plus clair de son temps à vétiller et de leur société civile incapable de s’accommoder aux réalités. Les propos qu’ils tiennent sont symptomatiques d’un malaise social sans précédent et d’un marasme économique très inquiétant. 

Attaques terroristes(d’autres préfèrent dire attaques de grand banditisme et de vandalisme), meurtres, psychose insécuritaire, situation économique exécrable, train de vie coûteuse, caisses de l’Etat vides, indignation et déception des populations, attentes déçues…Qu’on ne s’y trompe pas, le contexte actuel dans lequel se trouve la Mauritanie est loin d’être rassurant. Nier l’ampleur et l’acuité de tels problèmes, c’est méconnaître les dangers qui menacent l’existence de notre jeune démocratie. 

Que nous ont légués les précédents régimes militaires et civils ? Dans le domaine social, rien de concret qui prouve qu’on a voulu véritablement faire avancer la machine. Le pourcentage des pauvres, au lieu de chuter surtout dans un pays réputé pour ses richesses, ne fait qu’accroître. Les différents rapports des diverses agences onusiennes accablent toujours la Mauritanie. Aujourd’hui, le temps a montré que nos gouvernants se sont peu souciés du bien être social des populations. 

Lui, le président de la République sent naturellement tout ce fardeau que lui ont laissé tous ces prédécesseurs. Saura-t-il faire la différence et marquer nos esprits ? Les attentes du peuple mauritanien sont grandes et si les autorités ne l’ont pas compris, elles doivent rendre le tablier. Elles doivent comprendre qu’elles sont là pour se surpasser, mouiller la chemise, se sublimer et être à la hauteur des missions qui leur ont été confiées. 

Notre quotidien doit être entre des mains capables de pouvoir relever les défis. Les défis du progrès, d’une économie compétitive. Les défis de l’éducation et surtout de la santé. Combien sont-ils ces enfants qui n’ont pas accès à l’école ? Combien sont-ils ces enfants de moins de 5 ans qui meurent faute de protection ? Combien encore sont-ils…?

Que dire du réseau routier ! S’ils sont incapables de mener la course contre la montre pour rattraper le temps perdu, ils n’ont qu’à le faire au moment opportun. Aujourd’hui, le peuple mauritanien a besoin d’hommes politiques qui le font rêver. Ce peuple a envie de voir de belles choses sortir de terre. Et c’est dommage qu’il en manque dans notre pays. 

On a toujours accepté ce qui nous est arrivé avec fatalité. Comme si tout se résumait à accepter notre sort ! A vouloir penser que tout provient de Dieu. 

Babacar Baye Ndiaye  

( 14 mai, 2008 )

Les hommes politiques sont toujours impressionnants. Voire même imprévisibles ! Ils n’ont d’égal qu’eux-mêmes. Ils ne surgissent que là où on les attend le moins du monde.

On a beau crier, vitupérer, dénoncer, vibrionner, ils façonnent à leur guise, comme ils l’appréhendent, le destin des communautés et des peuples. Dans ce domaine, ils sont imbattables, intalonnables et inclassables. Ils créent et recréent les schémas de la vie publique et politique selon les conditions et les exigences du moment.

Ils ne composent qu’avec ceux et celles qui convergent avec leurs affinités, leurs points de vue et leurs stratégies. Leur point faible, c’est qu’ils ne peuvent pas résister aux diverses tentatives du pouvoir avec tout ce que cela implique comme avantages et confort matériel et financier. 

Les partis politiques qui viennent de déposer leurs bagages dans l’attelage gouvernemental ont soutenu dans leur déclaration aux médias que leur entrée au gouvernement était sous-tendue par une logique d’urgence à sortir le pays de l’ornière.

Cette explication ne tient pas debout et c’est tout simplement lamentable.  Au regard des portefeuilles ministériels qui leur ont été confiés, le pouvoir de Sidi Mohamed Ould Cheikh vient de leur donner de véritables graines à moudre. Certainement, le président de la République a entendu les vœux de Mohamed Ould Maouloud qui demandait, durant sa conférence de presse du 10 mai dernier à l’hôtel Khaïma, au pouvoir de les mettre dans des postes significatifs.

Et on a envie de savoir s’ils vont réussir leur passage dans des départements aussi tarabiscotés que celui de l’enseignement supérieur, de l’insertion, de l’emploi et de la formation professionnelle, de la santé…

La composition du nouveau gouvernement dirigé par Ould Waghef sera véritablement une mise à l’épreuve qui ne tardera pas à révéler ses vérités et ses mensonges au grand jour. Changer de gouvernement pour apporter et résoudre les problèmes quotidiens des mauritaniens, oui.

Un gouvernement, dit-on, c’est pour traduire dans les faits le programme politique d’un président de la République. Pour cela, il faut que le président de la République trouve son ‘homme’ de confiance en qui il peut porter la lourde responsabilité de traduire sa vision, un homme issu de ses ‘cotes’.

Cette réalité politique, Zéine Ould Zéidane l’a appris à ses dépens mais de manière malencontreuse. Cependant, il ne faudrait pas omettre que la vocation première d’un gouvernement, c’est de répondre aux préoccupations des populations. Maintenant que Ould Waghef  est chargé de ça, c’est à lui de convaincre les mauritaniens qui ont élu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête du pays à l’issue d’élections libres et transparentes.

Ould Waghef doit aussi convaincre qu’il n’est plus cet homme au passé controversé qu’il fut. La composition du nouveau gouvernement composé par Ould Waghef fait déjà jaser. Ce dernier a choisi de mettre en place un gouvernement politique en lieu et place d’un gouvernement technocrate ou semi-technocrate.

Le nouveau Premier et ses ‘idéologues’ veulent nous faire croire que seul un gouvernement politique regroupant diverses forces politiques peut régler les défis auxquels la Mauritanie est confrontée aujourd’hui depuis un certain temps. Là aussi, il faudra que Ould Waghef convainque que l’option qu’il a prise était la bonne à prendre.

La nomination de Ould Waghef à la Primature va-t-elle changer la situation économique et sociale du pays peu reluisante? Le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh a-t-il une confiance aveugle jusqu’à nommer ou parachuter Ould Waghef à la Primature ? Si oui, le chemin pour la présidence est définitivement tracée pour cet homme qui a été à tous les niveaux de l’appareil d’Etat. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 14 mai, 2008 )

Laye B:Un rappeur tiraillé entre deux cultures

C’est le Sénégal qui l’a révélé au monde entier. C’est dans ce pays que sa véritable histoire a commencé. C’est au pays ‘des lions de la téranga’ qu’il a été découvert par les producteurs sénégalais qui ne lésinèrent pas sur les moyens pour le produire. Alors qu’il venait de débarquer fraîchement de Nouakchott. En 2003, il sort son 1ier album ‘Black à part’ et en 2007 ‘Sénégal-Mauritanie’, son 2ième album. Cet album révélera au grand jour son identité et ses racines. Né d’une mère mauritanienne et d’un père sénégalais, Papa Abdalaye Diop alias Laye B a collaboré avec de nombreux rappeurs sénégalais très connus comme Didier Awadi, Xuman, Bibson, Maxi Crazy, Fata, Daara J…Ceci lui valut d’acquérir, mine de rien, une grande expérience. Agé de 27 ans, Laye B est du genre à aller toujours plus haut, là où on l’attend le moins du monde. Petit à petit, il réussit à se faire un nom et trouver sa place au Sénégal. Dans ce pays, son 2ième pays, il est aimé et adulé comme le dalaï-lama. Mais «Je suis né ici(en Mauritanie, ndlr). J’ai grandi ici. J’ai fait mes études ici. Je connais mieux la Mauritanie que le Sénégal et je suis fier d’être mauritanien. Au niveau du Sénégal, je me suis battu pour qu’on m’accepte en tant que mauritanien. J’ai commencé à chanter en hassanya comme par exemple dans le futur album de Awadi pour prouver que je suis mauritanien. Je ne connais que la Mauritanie», précise Laye B même s’il se sent parfois tiraillé entre deux cultures. 

Actuellement, il est sous contrat avec un studio sénégalais basé à Dakar qui s’appelle ‘Yes’. C’est ce studio d’ailleurs qui a produit ses deux premiers albums sortis au Sénégal. Présentement, il est en train de préparer son nouvel album international qui va sortir sous peu de temps.  On y trouvera dans cet album des sonorités diverses comme le raggae, le RnB, le dance Soul… 

Invité à la première édition de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’, Laye B est séduit par cette initiative de Monza de réunir pendant des jours certaines célébrités du Hip Hop Mauritanien et étranger. C’est tout naturel donc qu’il apprécie fort bien cette démarche novatrice. De Military Underground à Diam Min Tekky, en passant par, Franco Man, sans oublier les spectacles de Breakdance, les animations de Dj Gee Bayss et les prestations de la Rue Publik et de Daara J Family, la première édition de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’ a fait mouche. Cette réussite n’a pas laissé Laye B indifférent. «Ce festival est une bonne chose(…). Je ne suis jamais resté ici mais ce festival me pousse à vouloir rester. On sent vraiment que le Hip Hop mauritanien est en train de progresser. » Pour lui, les autorités doivent aussi apporter leur contribution à cette évolution du Hip Hop en Mauritanie en mettant notamment la main dans la poche pour créer des structures propices au développement de cette musique en particulier et surtout soutenir les initiateurs de certains événements culturels comme ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’ qui demande beaucoup de budget. Dans l’immédiat, il compte revenir en Mauritanie pour monter un projet du genre ‘Grammy Awards’ où les rappeurs mauritaniens recevront des distinctions honorifiques pour les encourager davantage à persévérer. Mais pour que le Rap puisse se développer aussi, dit-il, il faut que les rappeurs regardent vers la même direction en exploitant leur diversité linguistique(soninké, wolof, hassanya et poular) qui constitue un avantage musical incommensurable. 

Invitant ses frères rappeurs, il les exhorte néanmoins à véhiculer dans leurs textes des messages d’unité car, selon lui, la Mauritanie en a actuellement besoin. «Un président, il ne peut pas rassembler les populations mais un artiste peut le faire. Lorsqu’un président veut parler aux populations, il amène un artiste. Une société qui veut faire de la publicité, elle prend un artiste. Donc, la responsabilité, c’est les artistes. S’ils regroupent les gens, c’est pour une cause. » 

Marié depuis 5 ans et père d’un enfant, pas la peine de lui demander si les jeunes filles le draguent, lui qui est un rappeur connu de tout le monde. «Cela ne manque pas. Mais moi, j’ai dépassé ce stade. Je suis marié et je me sens très bien en famille. Pour vraiment faire de la musique, il faut être un vrai responsable c’est à dire être marié. C’est cela ma philosophie. Le respect que je donne à ma femme et à mon enfant, c’est le respect que je donne à tout le monde que je croise dans la rue. » Lorsqu’il n’est pas au Sénégal où il a signé ses contrats, il est en Mauritanie pour se ressourcer. Ce pays qui l’a vu grandir et qu’il porte tant dans son cœur. Au Sénégal, Laye B représente dignement la musique Mauritanie. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

  

  

 

 

 

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