( 14 mai, 2008 )

Les hommes politiques sont toujours impressionnants. Voire même imprévisibles ! Ils n’ont d’égal qu’eux-mêmes. Ils ne surgissent que là où on les attend le moins du monde.

On a beau crier, vitupérer, dénoncer, vibrionner, ils façonnent à leur guise, comme ils l’appréhendent, le destin des communautés et des peuples. Dans ce domaine, ils sont imbattables, intalonnables et inclassables. Ils créent et recréent les schémas de la vie publique et politique selon les conditions et les exigences du moment.

Ils ne composent qu’avec ceux et celles qui convergent avec leurs affinités, leurs points de vue et leurs stratégies. Leur point faible, c’est qu’ils ne peuvent pas résister aux diverses tentatives du pouvoir avec tout ce que cela implique comme avantages et confort matériel et financier. 

Les partis politiques qui viennent de déposer leurs bagages dans l’attelage gouvernemental ont soutenu dans leur déclaration aux médias que leur entrée au gouvernement était sous-tendue par une logique d’urgence à sortir le pays de l’ornière.

Cette explication ne tient pas debout et c’est tout simplement lamentable.  Au regard des portefeuilles ministériels qui leur ont été confiés, le pouvoir de Sidi Mohamed Ould Cheikh vient de leur donner de véritables graines à moudre. Certainement, le président de la République a entendu les vœux de Mohamed Ould Maouloud qui demandait, durant sa conférence de presse du 10 mai dernier à l’hôtel Khaïma, au pouvoir de les mettre dans des postes significatifs.

Et on a envie de savoir s’ils vont réussir leur passage dans des départements aussi tarabiscotés que celui de l’enseignement supérieur, de l’insertion, de l’emploi et de la formation professionnelle, de la santé…

La composition du nouveau gouvernement dirigé par Ould Waghef sera véritablement une mise à l’épreuve qui ne tardera pas à révéler ses vérités et ses mensonges au grand jour. Changer de gouvernement pour apporter et résoudre les problèmes quotidiens des mauritaniens, oui.

Un gouvernement, dit-on, c’est pour traduire dans les faits le programme politique d’un président de la République. Pour cela, il faut que le président de la République trouve son ‘homme’ de confiance en qui il peut porter la lourde responsabilité de traduire sa vision, un homme issu de ses ‘cotes’.

Cette réalité politique, Zéine Ould Zéidane l’a appris à ses dépens mais de manière malencontreuse. Cependant, il ne faudrait pas omettre que la vocation première d’un gouvernement, c’est de répondre aux préoccupations des populations. Maintenant que Ould Waghef  est chargé de ça, c’est à lui de convaincre les mauritaniens qui ont élu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête du pays à l’issue d’élections libres et transparentes.

Ould Waghef doit aussi convaincre qu’il n’est plus cet homme au passé controversé qu’il fut. La composition du nouveau gouvernement composé par Ould Waghef fait déjà jaser. Ce dernier a choisi de mettre en place un gouvernement politique en lieu et place d’un gouvernement technocrate ou semi-technocrate.

Le nouveau Premier et ses ‘idéologues’ veulent nous faire croire que seul un gouvernement politique regroupant diverses forces politiques peut régler les défis auxquels la Mauritanie est confrontée aujourd’hui depuis un certain temps. Là aussi, il faudra que Ould Waghef convainque que l’option qu’il a prise était la bonne à prendre.

La nomination de Ould Waghef à la Primature va-t-elle changer la situation économique et sociale du pays peu reluisante? Le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh a-t-il une confiance aveugle jusqu’à nommer ou parachuter Ould Waghef à la Primature ? Si oui, le chemin pour la présidence est définitivement tracée pour cet homme qui a été à tous les niveaux de l’appareil d’Etat. 

Babacar Baye Ndiaye 

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