( 14 mai, 2008 )

Les mauritaniens semblent être hantés et poursuivis par la poisse. Ils ne croient plus aux miracles et rêves tant promis par le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui vient de nommer son deuxième Premier ministre Ould Waghef  en lieu et place de Zéine Ould Zéidane qui avait réussi miraculeusement a décroché la troisième place de la course présidentielle de février 2007. 

Ils ont vite fait de ranger leur optimisme  dans les tiroirs de l’oubli. D’autres par contre ont préféré tout simplement le brûler dans leur esprit. Visiblement, ils sont déçus de leurs gouvernants qui manquent d’imagination et de promptitude, de leur opposition qui passe le plus clair de son temps à vétiller et de leur société civile incapable de s’accommoder aux réalités. Les propos qu’ils tiennent sont symptomatiques d’un malaise social sans précédent et d’un marasme économique très inquiétant. 

Attaques terroristes(d’autres préfèrent dire attaques de grand banditisme et de vandalisme), meurtres, psychose insécuritaire, situation économique exécrable, train de vie coûteuse, caisses de l’Etat vides, indignation et déception des populations, attentes déçues…Qu’on ne s’y trompe pas, le contexte actuel dans lequel se trouve la Mauritanie est loin d’être rassurant. Nier l’ampleur et l’acuité de tels problèmes, c’est méconnaître les dangers qui menacent l’existence de notre jeune démocratie. 

Que nous ont légués les précédents régimes militaires et civils ? Dans le domaine social, rien de concret qui prouve qu’on a voulu véritablement faire avancer la machine. Le pourcentage des pauvres, au lieu de chuter surtout dans un pays réputé pour ses richesses, ne fait qu’accroître. Les différents rapports des diverses agences onusiennes accablent toujours la Mauritanie. Aujourd’hui, le temps a montré que nos gouvernants se sont peu souciés du bien être social des populations. 

Lui, le président de la République sent naturellement tout ce fardeau que lui ont laissé tous ces prédécesseurs. Saura-t-il faire la différence et marquer nos esprits ? Les attentes du peuple mauritanien sont grandes et si les autorités ne l’ont pas compris, elles doivent rendre le tablier. Elles doivent comprendre qu’elles sont là pour se surpasser, mouiller la chemise, se sublimer et être à la hauteur des missions qui leur ont été confiées. 

Notre quotidien doit être entre des mains capables de pouvoir relever les défis. Les défis du progrès, d’une économie compétitive. Les défis de l’éducation et surtout de la santé. Combien sont-ils ces enfants qui n’ont pas accès à l’école ? Combien sont-ils ces enfants de moins de 5 ans qui meurent faute de protection ? Combien encore sont-ils…?

Que dire du réseau routier ! S’ils sont incapables de mener la course contre la montre pour rattraper le temps perdu, ils n’ont qu’à le faire au moment opportun. Aujourd’hui, le peuple mauritanien a besoin d’hommes politiques qui le font rêver. Ce peuple a envie de voir de belles choses sortir de terre. Et c’est dommage qu’il en manque dans notre pays. 

On a toujours accepté ce qui nous est arrivé avec fatalité. Comme si tout se résumait à accepter notre sort ! A vouloir penser que tout provient de Dieu. 

Babacar Baye Ndiaye  

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