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( 26 mai, 2008 )

Passif humanitaire et unité nationale: Les journalistes à l’école de la sensibilisation

Le Pnud en collaboration avec la Commission Nationale des Droits de l’Homme en Mauritanie et le National Democratic Institute a organisé une rencontre à l’hôtel Marhaba ce dimanche 25 mai avec les médias dans le cadre de la semaine de sensibilisation pour le règlement du passif humanitaire et le renforcement de l’unité nationale en Mauritanie en présence de Savage Tyrone, expert du Centre International pour la justice transitionnelle, qui a fait une brève présentation sur l’importance d’un processus de réconciliation respectant les standards internationaux  et le rôle des médias.

L’objectif premier de cette rencontre est de sensibiliser les journalistes sur le règlement du passif humanitaire et le renforcement de l’unité nationale. Chacun, au cours de cette rencontre, y est allé de sa propre vision des choses.

«L’unité nationale passe d’abord par la réconciliation nationale. Réconciliation nationale ne veut pas dire réconciliation ethnique entre les populations. Mais, il s’agit plutôt de réconciliation avec un grand ‘S’. Réconciliation des populations avec l’Etat, des populations avec les politiques, de réconciliation des hommes politiques entre eux, de réconciliation entre les communautés, de réconciliation de l’armée entre eux…(…). C’est tout un ensemble de réconciliation qui va nous ouvrir la convergence de l’unité nationale », pense Mohamed Vall O. Oumeire, directeur de publication de la Tribune.

Depuis l’accession de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête de l’Etat, d’importants jalons allant dans le sens du renforcement de l’unité nationale ont été posés. C’est ainsi que des journées nationales de concertation sur le retour des déportés et le règlement du passif humanitaire furent organisées.

«Nous avons tiré une grande leçon des événements de 1989. Tous les mauritaniens confondus ne vont plus accepter cela », prédit Isselmou, directeur de publication de Tahalil Hebdo, qui a refusé toute comparaison avec ce qui s’est déroulé en Afrique du Sud, en Cote d’Ivoire, en Sierra Leone… «Mais quand même il y a eu des remords, reconnaît-il. Les gens ont tiré de ces douloureuses expériences la volonté de ne plus recommencer. »

Le processus de diabolisation(entretenu par un régime et non par une communauté)  atteignit son paroxysme lorsqu’on a fait croire, en 1986 à la suite d’un putsch tenté et manqué par des noirs, à la communauté maure(victime de manipulation) qu’on voulait les exterminer un par un. S’ensuivit une chasse à l’homme dans les rangs de l’armée qui dura des années. Ceci a engendré ce qu’on appelle aujourd’hui le passif humanitaire qui reste encore un sujet tabou même si on en discute.

«Il ne faut pas confondre amnistie nationale et amnésie nationale. Dans ce dossier-là, l’essentiel c’est de rétablir la vérité, de redonner aux victimes leur dignité. L’essentiel, c’est de réparer les torts », souligne Isselmou en refusant l’idée que la Mauritanie est divisée en deux camps antagonistes qui se regardent en chiens de faïence. «Dire non plus qu’il n’y a pas de rancœur ou de frustration, c’est faire preuve de cécité », dit-il en préconisant la création d’une commission autonome mais limitée dans le temps pour régler le problème du passif humanitaire dans le consensus.

Il faudrait que les mauritaniens, pense Moussa Ba journaliste à Biladi,  traient la question du passif humanitaire et le renforcement de l’unité nationale en Mauritanie avec un certain détachement pourqu’on puisse s’acheminer vers l’essentiel.

«Au-delà du règlement du passif humanitaire, c’est d’abord un problème d’Etat. Il y a eu un régime à un certain moment qui a commis des crimes. Ce n’est pas vraiment une affaire qui doit entraîner ou être discutée au niveau de la base des différentes communautés », a laissé entendre Khattat, rédacteur en chef de Nouakchott-Info.

«On a besoin aujourd’hui de renforcer l’unité nationale. Au niveau des partis politiques, il y en a certains qui véhiculent des messages politiques très dangereux comme le partage du pouvoir entre les Noirs et les Maures », conclut-il.

«En 1989-91, ce qu’il y a eu, enchaîne Khalilou Diagana, journaliste au Quotidien de Nouakchott, ce n’est pas deux communautés comme au Rwanda qui se sont charcutées à coup de hache. Il arrive parfois que des journalistes écrivent sur ça en parlant d’ affrontements interethniques. »

Et par rapport au passif humanitaire, il poursuit en rappelant que c’est un Etat qui, à travers son armée, son administration, sa police, a réprimé une partie de la population. «Je ne crois pas au rappel historique ou à une histoire commune comme facteur d’unité nationale. L’unité nationale se fera avec moins de discrimination, avec moins d’hégémonie. Pour moi, rappeler qu’une mauresse s’est mariée à un soninké, ça ne rapporte rien à l’unité nationale. En Mauritanie, dire qu’il n’y a pas un problème entre noirs et maures, ce n’est pas exact », dit-il en s’appuyant sur l’exemple du système éducatif.

«De 1979 à 1999, pendant 20 ans, dans ce pays-là, il y a eu deux écoles. L’école des arabes et l’école des négro-africains. Cette fracture scolaire a créé deux générations de mauritaniens qui ne peuvent pas communiquer. »

Cependant, avec la dernière réforme qui a été initiée par le ministère de l’Education Nationale, les choses commencent à redevenir normales. L’unité nationale passera aussi et nécessairement à travers les programmes éducatifs, socio-économiques.

Cela est d’autant plus urgent que la Mauritanie connaisse un taux de pauvreté très élevé. Par conséquent, la lutte contre la pauvreté peut constituer un moyen de renforcer l’unité nationale. Les questions économiques et les changements des conditions matérielles sont essentielles dans la vie des gens. Les récentes violences xénophobes en Afrique du Sud sont là pour nous rappeler la triste réalité.

A l’issue de cette rencontre, tout le monde a compris qu’il y avait une nécessité de se réconcilier pour avoir l’unité nationale en transcendant les divisions. Mais cela passera par la normalisation de la société et la réparation des préjudices causés aux victimes. Cela est de la responsabilité de l’Etat mauritanien.

C’est vrai parler de violations des droits humains en Mauritanie, c’est parfois choquant et dérangeant. Mais il faut faire avec pour rétablir la vérité. C’est aux mauritaniens de voir les stratégies qui peuvent marcher en engageant  le dialogue et de voir ce qu’il faut dans le règlement du passif humanitaire.

Sans la vérité, nous n’avons rien, nous ne pouvons pas connaître l’ampleur des torts et les victimes n’oublient jamais. On ne peut plus ressusciter ces morts mais la République peut les honorer en leur bâtissant des mémorials, des édifices ou des monuments en guise de souvenirs.

Babacar Baye Ndiaye    

( 26 mai, 2008 )

12 ans après s’être dépossédées de leurs terres

Les populations de Garalol et Diawaldi Mango attendent que justice soit faite

 

Combien sont-elles ces populations qui ont été dépossédées, avec la complicité de certains colonels de l’armée ou de la gendarmerie, de leurs terres de culture ? Cette triste et inoubliable ‘époque’ bâtie sur et par la force ne cesse de nous estomaquer en révélant ses vérités et ses mensonges chaque jour que Dieu fait.

En 1996, en plein régime du président Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, 19 terres de culture furent l’objet de spoliation dans les localités de Garalol et de Diawaldi Mango dans la Moughataa de Mbagne qui regorge d’importantes potentialités agro-pastorales. Ces terres spoliées depuis 1996 sont placées sous la propriété privée de Mohamed Ould Jouly. A la surprise générale des populations dont la plupart sont des éleveurs, des engins de l’armée nationale vinrent nettoyer de fond en comble ces terres de culture. Sy Moussa Harouna, suppléant du sénateur de Mbagne et simultanément conseiller municipal de Niabina se rappelle encore de ce jour de deuil. «C’était le 19 avril 1996. Il y a eu un déploiement de gros engins dont certains appartenaient à l’armée nationale sur ces terres de culture du Walo qui ont été reprises des mains des populations(…). Quand les populations ont réagi, il y a eu des militaires qui les ont menacé.» 

Depuis ce 19 avril 1996, la situation est restée toujours la même. En vain, à la suite d’une riposte contre cette occupation illégale de l’armée nationale, les populations des localités de Garalol et de Diawaldi Mango ont adressé plusieurs correspondances au wali du Brakna pour obtenir gain de cause. C’était le 3 juin 1996. En 1997 aussi, d’autres lettres de protestation furent adressées aux autorités régionales et départementales. Plus grave encore, les propriétaires de terre dépossédés ne savaient pas qui se  dérobait derrière cette spoliation. «Ce n’est qu’en 2003, rappelle Sy Moussa Harouna au cours d’une conférence de presse organisée dans les locaux du Fonadh ce dimanche 25 mai, que le ministre de l’intérieur de l’époque, sous la pression des populations, a demandé au gouverneur du Brakna d’appeler l’occupant des terres(Mohamed Ould Jouly). Le gouverneur lui a demandé de présenter aux populations les documents justificatifs par lesquels il occupait les terres. » 

Pendant ce temps-là, de 1996 à 2003, les populations auraient entendu toutes sortes de menaces et d’intimidations de la part de Mohamed Ould Jouly hyper protégé par des bras puissants tapis dans l’ombre. 

Les documents dont disposait Mohamed Ould Jouly étaient signés par le gouverneur Ould Maouloud qui donna l’autorisation d’exploiter ces terres de culture tant convoitées et s’étendant sur une superficie de 300 hectares. «A l’époque, le gouverneur n’était pas habilité à donner 300 ha. Pour ce faire, il les morcela en 10 lots de 30 ha chacun. Ces dix lots de 30 ha, il les distribua à 10 personnes. Il s’est trouvé dans les documents que les 9 autres personnes sont fictives. Il n’y a qu’une seule personne qu’on pourrait identifier », s’indigne Sy Moussa Harouna en accusant Mohamed Ould Jouly et Ould Vayda d’être derrière ces actes de vente. 

Pour votre complément d’information, Ould Vayda fut à cette époque colonel et commandant de la base militaire de Bababé. On comprend mieux donc pourquoi, il y a eu la présence des engins de l’armée nationale pour détruire les terres de culture dont dépendent des milliers de famille. C’est ce colonel qui a fait signer ce contrat de vente à Mohamed Ould Jouly, lui aussi, proche parent du colonel Boukhréiss! Leurs signatures figurent dans les contrats de vente de ces terres de culture. 

Ce contrat de vente portait sur 30 ha vendu à 40.000 UM. L’autorisation d’exploitation n’est pas un titre de propriété. Par conséquent, ces terres devaient être retirées d’office. «Mais cela n’a pas été fait », constate Sy Samba Harouna. «Sur la base de ces contrats de vente, un 2ième wali vient et fait des autorisations d’exploitation en se référant au contrat de vente. Alors que ces terres vendues ne sont pas propriété de l’Etat. Ensuite, des terres même appartenant à l’Etat doivent faire l’objet de publication », explique-t-il en notant que ces terres qui sont aujourd’hui au cœur d’un litige appartient à des mauritaniens qui ont été déguerpis durant les événements de 1989 entre le Sénégal et la Mauritanie. 

Désespérés, les propriétaires de ces terres de culture ont adressé ces derniers jours des missives au hakem de Mbagne, au wali du Brakna et même au Président de la République. Mais jusqu’à présent, ils n’ont reçu aucune suite favorable. Pour rappel, le 5 mai 1991, les populations de ces localités avaient signé avec la Sonader un contrat pour l’aménagement de ces terres de culture. Cela s’inscrivait dans le cadre du projet IDA. 

En Mauritanie, les titres fonciers sont régis par l’ordonnance n° 83-127 qui reconnaît 3 types de régimes fonciers : il s’agit du régime foncier issu de l’Afrique Occidentale Française, du régime foncier sur les droits de propriété relevant des pratiques traditionnelles du droit musulman et enfin le régime foncier sur la propriété individuelle des terres propriétés de l’Etat. 

Ces terres qui font aujourd’hui l’objet de litige sont réglementées par le régime foncier issu de l’AOF. Ce régime est maintenu et toujours reconnu par la loi sur le régime foncier. Elles sont immatriculées au registre foncier n° 4 de la subdivision de Boghé. «Nous tenons à ce que l’Etat qui est le premier responsable de l’application des textes fasse respecter et faire respecter par son administration le contenu des textes. Malheureusement, nous constatons que les premiers à violer les textes, ce sont les autorités administratives régionales. Lorsqu’une autorité se permet d’agir de la sorte et que son acte reste impuni, les populations continuent à supporter ces genres d’injustice, c’est vraiment malheureux », regrette Sy Samba Harouna. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

 

 

 

( 26 mai, 2008 )

Tourisme: Comment sortir du trou après l’attaque d’Aleg ?

Cinq mois après l’imprévisible et mystérieux assassinat des 4 touristes français près d’Aleg le 24 décembre 2007, l’activité touristique en Mauritanie semble être au bas du trou, une situation en bonne partie imputable au manque de communication efficace du ministère du tourisme et de l’artisanat. Le nombre de touristes en direction de la Mauritanie a fortement chuté depuis l’attaque d’Aleg. 

Juste après les attaques d’Aleg qui a eu pour conséquence immédiate l’annulation du rallye Paris Dakar, on a remarqué une forte régression de l’activité touristique dans tout le pays. Néanmoins, déclarent certains aubergistes, l’activité touristique commence à reprendre souffle petit à petit.

Mais, «ce n’est pas toujours le même niveau de l’année passée (Ndlr, 2007) », précise Berthomé Hermann, gérant de l’auberge Sahara. En outre, poursuit Berthomé Hermann : «Nos meilleurs mois de travail de l’année c’est les mois de janvier et de février qui coïncidaient souvent avec l’arrivée du rallye Paris Dakar. C’est les deux mois les plus forts.

C’est ce qu’on a perdu cette année. Ces deux mois-là, c’est ce qui fait travailler toute l’année. Si tu perds ces deux mois-là, tu as des difficultés pour payer les employés, l’eau, l’électricité, le loyer et tout. » 

Ce ralentissement notoire de l’activité touristique est accentué considérablement par une absence de remise à niveau et de communication au niveau du ministère de l’artisanat et du tourisme. 2008 fut une année dramatique pour les acteurs du tourisme en Mauritanie. Presque 50% de perte sèche pour l’économie nationale. Cela est aggravé aussi par l’absence de subventions pour booster l’activité touristique. 

Après ce qui s’est passé (l’attaque d’Aleg soldée par la mort de 4 touristes français), que faut-il faire maintenant ? Oublier, pensent certains. Car, disent-ils, ce qui est arrivé le 24 décembre 2007 était imprévisible et indépendant des mauritaniens. Ce coup de destin, fortement amplifié par les médias français notamment France 24 et les chaînes satellitaires arabes dont Al Jazzera, bouleversa tout le pays et toute la République. «C’était un peu excessif », pense Berthomé Hermann, gérant de l’auberge Sahara qui existe depuis 2004. 

Cet aubergiste d’origine française est un de ces rares esprits français qui osent décocher des flèches en direction du gouvernement français qui a marqué
la Mauritanie sur la liste des pays terroristes à l’image de l’Irak ou de l’Afghanistan. « La Mauritanie
est loin d’être comme ces pays-là. Loin de là », soutient-il.

Et pour illustrer la papelardise des autorités françaises, que certains appellent ‘deux poids deux mesures’, il cite certains pays qui ont été rudement et pitoyablement frappés par des attaques terroristes. «Au Maroc, il y a eu combien d’attentas ces 5 dernières années, s’interroge-t-il. Le gouvernement français n’a jamais déconseillé à ses ressortissants de ne jamais s’y rendre.

Ici (en Mauritanie, Ndlr), il y a eu un acte et ça y est : on déconseille à tous les touristes de ne pas se rendre en Mauritanie. Pourquoi ? En Espagne, il y a eu combien d’attentats ? On n’a jamais déconseillé aux touristes français de s’y rendre ! À Londres ? Aux Etats-Unis ? Je trouve cela injuste ! » 

Avant le 24 décembre 2007, jour de l’assassinat des 4 touristes français près d’Aleg, l’activité touristique en Mauritanie se portait à merveille. Qu’en est-il aujourd’hui et que reste-t-il de cette image d’Epinal, 5 mois après ce drame qui fit basculer la Mauritanie dans le terrorisme à ciel ouvert avec tous ses corollaires ? Quelles sont les mesures qui ont été prises par les autorités pour redynamiser l’activité touristique de notre pays fortement entamée ? 

Surtout pour un pays qui, dit-on, s’est affirmé sur le plan international comme un pôle de stabilité politique et de sécurité grâce à la maturité de son expérience démocratique, à l’enracinement de ses institutions républicaines et aux valeurs nobles et authentiques de son peuple, caractérisées par l’hospitalité et la tolérance inspirées de la religion musulmane. 

Les autorités du ministère du tourisme et de l’artisanat reconnaissent aujourd’hui que l’attaque d’Aleg et les événements qui s’en suivirent eurent un impact très négatif sur l’activité touristique en Mauritanie qui a chuté de manière vertigineuse. 2008 fut l’année la plus catastrophique pour notre activité touristique.

De 9000 à 12.000 touristes, on est passé à 5000, selon les données fournies par l’Office National du Tourisme Mauritanien (ONT). De quoi susciter la peur et la crainte au niveau du ministère du tourisme et de l’artisanat ! Toutefois, «ça va beaucoup mieux maintenant parce qu’à un certain moment, il y a eu une super médiatisation négative et pendant un mois, on a eu quand même peur », professe Hamady Samba Ba, directeur du département de la communication et de l’information. 

Prenant l’exemple des pays du Maghreb et de l’Egypte qui ont subi ce genre d’événements, monsieur Ba a révélé que la période qui a suivi l’attaque d’Aleg a été une période très difficile. «Il s’agit maintenant, dit-il, de prendre les problèmes à bras-le-corps et de prendre les mesures qui s’imposent pour redémarrer. » 

Et pour redémarrer l’activité touristique, un ensemble de mesures furent prises par les autorités du ministère du tourisme et de l’artisanat pour faire rebondir sur ces deux pattes l’activité touristique qui était fortement écornée par l’assassinat des 4 touristes français près d’Aleg.

Pour dissiper les nuages qui planaient au-dessus de l’activité touristique, une campagne d’explication fut organisée pour expliquer au monde entier que la Mauritanie n’est pas un pays terroriste. L’Office National du Tourisme participera aussi dans les grands salons de tourisme et organisera dans la même veine une rencontre avec les médias occidentaux pour les rassurer. 

Présentement, l’ONT est en train de valider un plan marketing sur 3 ans. Son but, c’est de continuer cette campagne de communication à travers les médias. Une nouvelle approche qui consistera à amener des Edit-Tours composés de journalistes spécialisés et de groupes de tours opérateurs en provenance des pays touristes.

En dehors de ce plan marketing, un film documentaire sera réalisé pour mieux vendre l’image de la Mauritanie à l’extérieur. «Il a fallu que le secteur du tourisme ait des problèmes pour que les gens se rendent compte qu’il occupait une place très importante dans l’économie du pays, affirme Hamady Samba Ba. On s’est rendu compte que le tourisme est un secteur très important qu’il faut revitaliser parce qu’il y a énormément de gens qui vivent de ça. » 

Justement, combien sont-ils, ces personnes qui vivent ou dépendent de l’activité touristique. Difficile d’y répondre car l’Office National du Tourisme ne dispose pas de statistiques. Mais, ont rassuré les responsables de l’ONT, ils vont bientôt procéder à un recensement des personnes gravitant autour de l’activité touristique en Mauritanie pour avoir une base de données. 

Depuis la création de l’ONT en 2002, les opérateurs mauritaniens n’ont plus besoin d’utiliser les stands des marocains, maliens ou sénégalais pour vendre leurs circuits touristiques. Pour faire connaître l’image de la Mauritanie à l’extérieur, l’ONT a du sortir de l’argent pour faire des films documentaires avec Euronews et Liberté TV. 

Située entre le Maroc et le Sénégal, la Mauritanie semble souffrir de la notoriété du tourisme de ces deux pays. «Notre ambition, c’est de faire connaître qu’entre le Maroc et le Sénégal, il y a un pays qui est la Mauritanie. Il nous faut vraiment multiplier les actions et faire une offensive pour que ce pays soit mieux connu », soutient Hamady Samba Ba en citant l’exemple de l’Office National du Tourisme marocain, créé en 1928, qui a des représentations dans tous les pays du monde. 

La beauté du paysage mauritanien, de son désert notamment, constitue un atout non négligeable dans le développement du tourisme en plus de cela, il y a tout pour faire de la Mauritanie une destination privilégiée pour les touristes : les montagnes de l’Adrar, le  banc d’Arguin, Diawling, les paysages naturels de Kiffa qu’on ne  retrouve nulle part ailleurs en Mauritanie. 

« La Mauritanie, c’est toute l’Afrique dans un pays. Ce que les gens trouvent au Mali, on le retrouve à l’est de la Mauritanie. Ce qu’on trouve au Sénégal, on le retrouve au sud de la Mauritanie. Ce qu’on trouve au Maroc, on le retrouve au nord de la Mauritanie », confie Hamady Samba Ba, directeur du département de la Communication et de l’Information à l’Office National du Tourisme qui pense que cela est un avantage que notre pays peut exploiter sur le plan touristique. «On a les mêmes produits et les mêmes potentialités sinon plus, poursuit-il. S’ils vendent mieux, c’est qu’ils communiquent mieux et la communication coûte chère. » 

C’est clair donc. Le salut du tourisme en Mauritanie passera nécessairement par la bataille de la communication. C’est dans ce cadre qu’une Semaine Nationale de
la Mauritanie à Paris sera organisée du 27 mai au 1er juin. Ces journées rentrent dans le cadre des efforts de communication pour restaurer l’image du pays qui a été fortement écornée par les événements qui ont secoué
la Mauritanie. 

Babacar Baye Ndiaye 

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