( 22 mai, 2008 )

Lamine Kane, initiateur de ‘A vous la scène !’

«Il n’y a aucune volonté politique pour faire la promotion de notre culture » 

 

En matière de création et d’imagination artistique, les jeunes mauritaniens n’en manquent pas. Tout ce qui leur faut, c’est d’être soutenu par les pouvoirs publics. Lamine Kane en est une parfaite illustration. ‘A vous la scène’, c’est lui. En plus de cela, il dispense des cours de musique gratuits ouverts à tous les publics. Dans le but uniquement de promouvoir la musique mauritanienne marquée par une carence en termes de musiciens. On l’a rabâché à plusieurs fois. Le centre culturel français de Nouakchott ne peut pas tout faire à lui seul. Il est grand temps maintenant que le ministère de la culture s’implique dans la promotion de nos artistes musiciens qui manquent énormément de lieux de production et de rencontres. Le développement de la musique mauritanienne, ce n’est pas uniquement l’affaire de Malouma, de Tahara, de Dimi, de Thiédel, d’Ousmane Gangué pour ne citer que ceux-là. C’est l’affaire d’abord du gouvernement mauritanien qui doit mettre en place une politique efficace en matière de promotion culturelle. Sur ce point, l’initiateur de ‘A vous la scène !’ ne sait pas tourner autour du pot quand il s’agit de dire la vérité, rien que la vérité. «J’accepte mal qu’on ait un ministère de la Culture qui ne fout rien pour les artistes. Ce n’est pas le fait d’organiser des prix qui va sortir la musique mauritanienne du creux de la vague. Il faut appuyer les artistes. Il faut ouvrir les maisons des jeunes et y mettre du matériel pour qu’ils puissent s’exprimer. » Cela pourrait permettre, à son avis, d’annihiler le taux de chômage, de banditisme et de criminalité. Car, rajoute-t-il, il y a beaucoup de jeunes musiciens, comme lui, qui ont d’énormes projets dans la tête. «Mais ce qui leur manque, argumente-t-il, ce sont les moyens. »

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Les initiatives existent, selon lui, mais il faut qu’elles soient soutenues par les autorités en premier lieu par le ministère de la Culture. Sans cela, très peu de mauritaniens vivront convenablement de leur musique. Comment faire donc pour améliorer cette situation désarmante ? «Il faut qu’on soit aidés(les artistes de manière générale, Ndlr). Nous seuls, nous ne pouvons rien faire ! » 

Il regrette l’absence de volonté politique pour faire la promotion de la culture mauritanienne. «Non seulement la culture est un facteur de développement social et économique, explique-t-il, mais c’est aussi un facteur de stabilité et d’unité. » 

La réconciliation nationale qu’on clame, à longueur de journée, c’est à travers, dit-il, la culture qu’on pourra y arriver. «Il n’y a pas d’autres alternatives », professe-t-il. L’initiateur de ‘A vous la scène !’ demeure convaincu, malgré les problèmes de tout bord, que la musique mauritanienne est sur les rails. «Le terrain est encore vierge, reconnaît Lamine Kane. Nous avons un rythme de tortue mais on va y arriver. » 

Passionné de musique, il compte bientôt monter un Centre de Formation Musicale. Lorsqu’on a des partenaires comme Machéo Parker(saxophoniste de James Brown), Steve Coleman, Richard Bonna, Salif Kéita, Manu Katché, Moctar Samba, on ne peut que renifler l’air du paradis. «Tous ces gens-là sont régulièrement mis au parfum de l’évolution de ce projet », renseigne-t-il. 

L’argent nécessaire pour acheter le matériel est de 2 millions d’ouguiyas. Le Centre Culturel français de Nouakchott sera un partenaire de ce grand projet culturel qui sera logé dans un premier temps dans la salle polyvalente du CCF. «Mais je souhaite avoir mes propres fonds pour construire notre propre centre de formation », confie-t-il. 

‘A vous la scène !’ est né dans le but de rapprocher davantage les musiciens mauritaniens et de les promouvoir. Quatre mois après le début de cette aventure musicale, Lamine Kane semble être traversé par une lumière d’optimisme. «Au début, on avait fait le programme sans pour autant penser au public. J’avais fait ‘A vous la scène !’ pour tous les musiciens qui veulent chanter, jouer de la musique sans pour autant attendre que le public soit là ou non. Du moment qu’on a vu que le public s’intéressait à ça, on a essayé maintenant de réorganiser la chose pour qu’elle soit plus agréable et beaucoup plus appréciée par le public. » 

‘A vous la scène !’ du mois de mai recevait Tiédel Mbaye avec la présence de la TVM Plus sous forme d’un plateau télévisé. Une première à ‘A vous la scène !’ 

. «Je pense qu’il faut changer de temps en temps pour ne pas tomber dans la routine », explique Lamine Kane. Le budget de ‘A vous la scène’ est de 30.000 UM donnés entièrement par le Centre Culturel Français. Et Lamine Kane a été très clair avec les artistes en ce qui concerne les primes de prestation. «Je ne peux pas inviter des artistes comme Tiédel Mbaye, Ousmane Gangué, Nora, Amath Kâ, Wal Fadjri Groupe…et leur donner 30.000 UM alors que ce sont des professionnels. Alors, je leur ai dit : ‘La buvette est là. Vous voulez boire, buvez ! Vous voulez manger, mangez ! Je paierai. Quand vous rentrez, je vous donne votre billet de transport. Ou alors, si vous voulez, je prends 3 têtes d’affiches et je leur donne chacune 10.000 UM’. » 

Pur produit des frères Athié qui l’ont initié aux rudiments de la musique en 1994, Lamine Kane est exacerbé lorsqu’il entend dire qu’il y a une musique qu’on peut qualifier de typiquement mauritanienne. «Je ne peux pas prendre Ousmane Gangué et dire que c’est ça la musique mauritanienne. Tel ne se verrait pas dedans. La musique de Yélinkaré, tel autre ne se verrait pas dedans. Ils nous faut asseoir une musique où tout le monde se verrait dedans. La musique doit être un miroir », soutient-il. 

Cela est du ressort de la responsabilité des artistes musiciens mauritaniens et c’est bien possible. Car, presque chaque pays a une musique dans laquelle tout le monde s’identifie. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

( 22 mai, 2008 )

Oumar Baal:Une merveille de la peinture mauritanienne !

                        

La vingtaine rugissante et déjà il est un génie ! Pour certains, comme Mokhis, ce n’est pas une surprise ni une découverte. «C’est un enfant que j’ai connu, il y a très longtemps. C’est un goss que j’ai découvert qui travaillait au fil de fer. J’ai senti qu’il y avait quelque chose entre ses mains et sa tête. Il fallait l’aider à ce qu’il rentre complètement dans la peinture. Lorsque Oumar est venu avec son père(Issa Baal, ndlr) qui nous l’a confié, nous l’avons orienté. Aujourd’hui, il ne nous a pas déçus. » Pour autant, il ne s’en affabule pas. «Il y a des gens qui me disent qu’il faut assumer que tu es génie » et lui de répondre modestement : «Pour moi, je ne fais qu’essayer pour laisser des traces… » 

Son travail est beaucoup apprécié. Dans ses œuvres, il utilise de la matière récupérée comme le tissu, le fil de fer, le papier, la terre, le bois…Ce jeune prodige de la peinture mauritanienne est actuellement, malgré son jeune âge, parmi les meilleurs artistes peintres de la Mauritanie. Son talent est reconnu par tous ses compères. Sur le plan international, il fait parler de lui. Ses œuvres sont vendues comme de petits pains un partout en France et en Espagne. «D’ici quelques années, il sera l’une des plus grandes stars de la peinture en Mauritanie », prédit Mokhis visiblement ému de voir un de ses anciens disciples faire un travail exceptionnel et apprécié par tout le monde. 

Il se sert parfois des tee-shirts comme substrat dans ses œuvres picturales avec une originalité et une dextérité dont lui seul détient le mystère. «Il me semble très clairement que c’est un travail d’un artiste qui a beaucoup de talent et un avenir sûrement prometteur. Les couleurs, c’est des couleurs très riches et la particularité des formes aussi se caractérise par une touche vraiment artistique qui semble donner un excellent résultat », explique Oumar Ould Rajel, secrétaire général de l’Union des Artistes Peintres de Mauritanie(UAPM). Tous les férus de peinture ont reconnu une chose en Oumar Baal : que c’est un grand artiste qui a de l’avenir ! Ses œuvres ont émerveillé plus d’un. «Je suis impressionné par ces sculptures qui sont des sculptures très particulières et reflètent un art très singulier. J’aime ses sculptures parce qu’il y a un relief dans les mouvements », témoigne toujours Oumar Ould Rajel.

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Depuis ses débuts dans la peinture, Oumar Baal ne cesse de surprendre. Déjà, à l’âge de 9 ans, il commençait à sculpter avec des plastiques pour en ressortir des formes d’animaux. La peinture, c’est dans son sang. Son père est lui aussi artiste peintre. Ce dernier l’influença très tôt, car dit-il, voyant son père à l’œuvre, il a eu envie tout de suite de suivre les traces de son père. Au fil des années, le génie qui dormait en lui s’est réveillé. Ainsi donc, la peinture est devenue une véritable passion. Chose curieuse aussi, presque toute leur famille s’adonne à la peinture. Il a de petits frères qui commencent à s’exercer déjà à la peinture. Oumar Baal, c’est un artiste hors pair, un artiste né. Comment se sent-on lorsqu’on est le père d’un génie créateur comme Oumar Baal ? «Je suis très content de lui. Je sais que c’est un jeune qui aime la peinture. Il n’a que la peinture. Depuis qu’il a commencé à faire de la peinture, je n’ai pas vu autre chose qui l’intéresse que ça à part la musique, bien qu’il ne la joue pas, il l’aime beaucoup. Et puis, sérieusement, s’il continue dans cette voie, il ne va pas regretter parce que je sais qu’il est bien. D’ailleurs, moi son père, je peux vous dire qu’il travaille mieux que moi. Et en plus, son travail est plus aimé que le tien. » 

Oumar Baal est un grand artiste et tous les grands artistes de ce monde ont eu à faire face(souffrir) à plusieurs épreuves notamment d’ordre sentimental. Dans l’une de ses œuvres, il y a un tableau pas comme les autres. Ce tableau porte un nom étrange, mariyama. «Mariyama, c’est une histoire personnelle… » dit-il. Une histoire d’amour qu’il a voulu exprimer pour sortir ce qu’il avait dans son cœur et qui le rongeait profondément. Grâce à la peinture, il a transmis quelque chose de lui pour le partager avec les autres à travers une œuvre d’art. Malheureusement pour lui, il n’a pas fait d’études poussées pour des raisons de santé. Il était écrit qu’il en serait ainsi. Puisque l’âge de 15 ans, il fit astreint de laisser tomber les études. Ce fut une période très difficile pour lui. Cependant, il y avait le soutien moral de son père qui ne cessait de l’encourager. 

La peinture ne nourrit pas son homme en Mauritanie parce que, dit-il, notre pays est un pays sous-développé. En plus de cela, les gens n’ont aucune éducation artistique. «Les mauritaniens ne connaissent pas la valeur de l’art encore moins prendre leur argent et le dépenser dans les œuvres d’art », croit-il. 

La vie dans la brousse, au bord du fleuve Sénégal le fascine beaucoup. La vie autour de lui l’inspire aussi(enfants de la rue, mendiants…).Ces œuvres reflètent parfaitement cet environnement exotique. Son artiste préféré : Gustave Klimt qui est un peintre symboliste autrichien et un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau de Vienne. Il aime en lui ses personnages candides et bizarroïdes qu’il peignait dans ses tableaux. Ce qui m’inspire, nous dit-il, sur la sculpture, c’est le corps de l’être humain. «Je l’exploite détails par détails », nous apprend-il. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr

( 22 mai, 2008 )

Le Lionisme en Mauritanie

Les chevaliers des non-voyants ouvrent leurs portes au public !

 

«Faire connaître Le Lions Club International (en Mauritanie) et arriver à trouver dans les ressources humaines mauritaniennes les meilleures ressources (…) qui intègrent cette association (Le Lions Club International, Ndlr) pour rendre le service le plus noble possible à nos concitoyens les plus démunis ». C’est l’un des objectifs prioritaires du Lions Club International en Mauritanie qui a organisé au Centre Culturel Français du 14 au 15 mai dernier deux journées ‘Portes Ouvertes’ sur le lionisme destinées à faire connaître davantage cette association humanitaire internationale fondée en 1917 par Melvin Jones, un citoyen américain.

 

Ces portes ouvertes, selon les organisateurs, seront désormais inscrites dans l’agenda des activités du Lions Club International. Exposition, projections, conférence,…Les Chevaliers des non-voyants n’ont pas manqué d’imagination pour faire de ces ‘portes ouvertes’ sur le lionisme une réussite. Le lionisme existe en Mauritanie depuis 1963. Mais, «nous sommes méconnus par la plupart des Mauritaniens », a reconnu monsieur Bâ Amadou Béchir, président de la zone 111 au cours de la conférence de presse organisée à l’occasion des portes ouvertes sur le lionisme en Mauritanie. «Les gens ne savent pas ce que nous faisons. On nous voit dans (ces) vestons bleus et (ces) pantalons blancs. On se rencontre dans les soirées ; les gens pensent que nous sommes là pour faire la fête. Alors que dans ces soirées, tous les fonds qui seront récoltés, c’est des fonds qui iront dans des comptes-œuvres. Nous, nous servons mais nous ne nous servons pas. Notre devise, c’est de servir et non de se servir », a tenu à rappeler dans la foulée le président de la zone 111, Bâ Amadou Béchir. 

Au-delà de cette particularité, Le Lions Club International vise à attirer de plus en plus de personnes à rejoindre cette association humanitaire et à travailler dans le lionisme pour le développement de l’être humain.  

De 1963 à nos jours, Le Lions Club International en Mauritanie a investi plus de 180 millions d’ouguiyas en termes de financements. Ce qui fait de lui, le premier contributeur de la Mauritanie en matière de préservation de la vue. Dans ce domaine, le Centre Priorité à la Vue est à mettre à leurs réalisations. Aussi, chaque année, ils organisent une campagne de vaccination contre le trachome à travers toutes les régions de la Mauritanie.

Malgré tout cela, Le Lions Club International souffre d’une mauvaise image dont elle a du mal à se départir. «Souvent, on est taxés d’être des francs-maçons, une organisation sectaire, des juifs », remarque le président de la zone 111. «Quand les gens nous traitent d’un certain nombre d’étiquettes, enchaîne Kodié Diagana président du Club Caravane, il nous (les membres du lions club en Mauritanie, Ndlr) appartient de faire comprendre à ces mêmes personnes que ce vous croyez être Le Lions Club ce n’est pas ça mais le lions club c’est un service. Et c’est l’objectif de ces portes ouvertes. »

Le Lions Club en Mauritanie intervient également dans le social et son apport dans ce domaine se chiffre à des millions d’ouguiyas. A titre d’exemples dans leurs réalisations, on peut citer la création du Centre diabétique de Sebkha qui ne fonctionne plus malheureusement pour des raisons administratives. «On n’est pas connu mais ce n’est pas faute d’avoir essayé de faire quelque chose. J’espère qu’à la sortie de ces journées, on pourra avoir une meilleure couverture médiatique », a plaidé Sow Mohamed, président du Club La Rose des Sables, après un aggiornamento sur les réalisations majeures du Lions Club en Mauritanie.

Le but du Lions Club n’est pas de fournir des budgets de fonctionnement mais de fournir des équipements et de l’aide sociale aux plus démunis. En plus de 40 ans, Le Lions Club en Mauritanie a financé plus de 270 millions d’ouguiyas dans diverses œuvres sociales sans parler des 180 millions d’ouguiyas financés par Sightfirst pour lutter contre la cécité qui est une maladie très répandue dans notre pays.

La structure de base du Lions club en Mauritanie c’est les clubs (club doyen, club caravane, club Rose des Sables) qui sont des entités juridiques et des associations de droit privé mauritanien. Ces dernières sont affiliées à l’association internationale du Lions club. «Si nous voulons un lionisme saint, c’est nos léos qu’il faut encadrer pour que demain ils deviennent des lions parce que durant leur cursus et leur séjour au niveau des clubs léos, ils ont eu à côtoyer des lions », a préconisé le président de la zone 111 qui estime qu’il faut les faire participer à toutes les activités. «Ils peuvent apporter des solutions par rapport à des problèmes auxquels nous n’avons pas de solutions », conclut-il.

45 ans après son existence, le Lionisme en Mauritanie n’a pas véritablement réussi à se faire connaître. C’est dans ce cadre que ces journées portes ouvertes ont été organisées. Certainement pour sortir du creux de la vague. Car, la grande majorité des mauritaniens ont une idée très sommaire du lionisme. Certains ne le connaissent pratiquement pas. D’autres l’ignorent jusqu’au trognon. En plus de cela, il souffre d’une faible médiatisation. «On est restés 45 ans sans organiser des portes ouvertes, ce n’est pas parce qu’on n’a pas fait de communication. Ces portes ouvertes sont une forme de communication pour faire connaître le lionisme en Mauritanie. Nous avions l’habitude de dire à travers cette phrase : ‘On ne se fera connaître qu’à travers nos œuvres’. Durant toutes ces périodes qui sont passées, on a réalisé beaucoup de choses pendant ces 45 ans, à travers des activités, des manifestations de collecte, des œuvres d’envergure que le lions club a fait en partenariat avec la société civile mauritanienne et le gouvernement mauritanien notamment le Ministère de la Santé(leur ministère de tutelle, Ndlr). Mais la médiatisation attendue de ces œuvres n’a pas été faite », constate Kodié Diagana président du Club Caravane. «C’est ce qui explique, poursuit-il, qu’on a organisé ces portes ouvertes pour faire comprendre à tout le monde que le lions club est une association comme toutes les associations de bienfaisance et que le lions club a un but et que les lions sont imbus d’un idéal commun qui est tout simplement le service : servir et sans rien attendre en retour. »

La Mauritanie n’est pas prête pour le moment à pouvoir organiser une convention internationale sur le lionisme qui réunit plus d’une vingtaine de pays africains. D’abord, parce que notre pays ne dispose pas assez d’infrastructures notamment hôtelières. Ensuite, l’organisation d’une telle manifestation demande beaucoup d’expérience. «Tant qu’on ne fera pas cette communication jusqu’à ce qu’on nous connaisse, ce sera prématuré de vouloir organiser une convention », affirme le président de la zone 111. «Ça ferait un grand plaisir que la Mauritanie puisse organiser une telle manifestation. On sait que de par le monde l’organisation d’une telle manifestation a des retombées économiques énormes. Notre vœu le plus cher c’est de voir très prochainement la Mauritanie pouvoir organiser une convention internationale. Certains pays commencent à nous taquiner en disant : ‘A quand la convention en Mauritanie’ ? Les pays qui reçoivent la convention internationale, ce sont des pays où le lionisme est connu au plus haut sommet de l’Etat jusqu’à la population qui se trouve à la base », déclare Kodié Diagana président du Club Caravane qui pense que cette ignorance sur le lionisme en Mauritanie constitue un handicap majeur. Pour lui, il faudrait que l’information circule par le biais des mass-médias pour permettre à la population de connaître ce que Le Lions Club International fait en Mauritanie et comment il intervient. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

  

 

   

( 14 mai, 2008 )

Nominations aux postes de Ministres: Comment peut-on construire la Mauritanie en marginalisant la couche la plus représentative de la population ?

En une année, le Président de la République, celui qu’on reproche à tort ou à raison d’être un maître Aliboron aura tout donné et tout permis. Il a accordé à la presse davantage de liberté et d’espace d’expression. Aux réfugiés mauritaniens, il a organisé dignement leur retour. Aux femmes, il les a fait accéder aux postes de gouverneurs et d’ambassadrices. Il a fait voter une loi criminalisant l’esclavage. A chaque fois qu’il a ressenti la nécessité de recevoir la classe politique, il l’a fait. 

Entre autres, il a déclaré la guerre à la corruption et a appelé tous les mauritaniens à combattre et dénoncer ce fléau méprisable. Régulièrement, il reçoit le chef de l’opposition pour discuter avec lui du pays, de la politique, de l’économie, du social, etc. Il a décidé d’augmenter le salaire des fonctionnaires alors que rien ne l’astreignait à le faire. 

Pour montrer qu’il est un homme d’ouverture, de concertation et de dialogue, il associe deux partis politiques de l’opposition(Union des Forces de Progrès et Tawassoul) à la gestion des affaires de la République. Lui, au moins, a le mérite d’avoir essayé que les mauritaniens se réconcilient entre eux. Et certainement, ce n’est pas à lui non plus qu’on va reprocher d’être un Président despote. 

C’est vrai, par essence, toute œuvre humaine est défaillante. Mais ceux-là même qui dénigrent ou qui sont actuellement en train de le faire auraient-ils proposé quelque chose de meilleur ? 

Dans la vie, tout est une question de temps. Ça ne coûte pas grand-chose d’attendre et de voir. Quatre ans encore ! Pour juger l’action gouvernementale, pour apprécier le trajet emprunté par nos autorités. Eh ! Oui, pour sanctionner aussi  tous ceux qui n’ont pas été à la hauteur des missions, des espoirs, des attentes et des réalisations. 

Le processus vers la démocratie est irréversible. Il faut prouver aux mauritaniens de tout bord, de toute communauté que tout est possible dans la vie sauf si on n’y croit pas. Ce qu’il faut, c’est de rassurer les esprits qui pensent que le changement ne va jamais s’acquérir ou se produire un jour. Certains mauritaniens ont tellement souffert de la dictature, des brimades, des humiliations de tout acabit qu’ils n’y croient plus. A ceux-là, il faut tenir un discours rassurant et novateur. 

Aujourd’hui, chacun peut se prétendre être le messie. Chacun d’entre nous peut se prévaloir aujourd’hui d’être à l’avant-garde des intérêts du pays et du peuple mauritanien. On ne forge pas un pays sur des intentions qui ne sont pas suivies d’actions et d’effets. On a tellement perdu de temps et de peine dans ce domaine qu’on a l’impression de vivre le supplice de Tantale. Beaucoup de mauritaniens ont vécu dans la souffrance et la douleur. On nous a toujours fait croire, nous autres, que notre wagon était accroché à la locomotive. 

Aujourd’hui, il y a beaucoup de raisons de croire que nous sommes sur la voix. La voix du vrai. La voix de la vérité. Pendant longtemps, on nous a caché la réalité. On aura monté les uns contre les autres. C’est dire que nous avons du chemin encore à parcourir. Du chemin pour ‘reconstruire’ les idées, les mœurs et les mentalités. Du temps, pour établir un nouvel Etat difforme de ce que nous avons connu dans le passé. 

Mais surtout du temps, pour ‘mettre bas’ une jeunesse décomplexée. Une jeunesse qui aura ses propres idoles dans son propre pays. Une jeunesse qui n’aura plus besoin de s’identifier à d’autres cultures du monde. Une jeunesse qui n’aura plus besoin d’aller exporter des valeurs et des principes ailleurs. Cela, bien sûr, n’est pas réalisable à court terme. Mais, il faut y croire. La jeunesse mauritanienne a toujours montré qu’elle voulait respirer, vivre et surtout être comme les autres. Cette jeunesse a toujours rêvé de choses grandes et grandioses. Il appartient aux autorités de ce pays de les réaliser. 

Les germes de la paix et de la réconciliation nationale, c’est en elle qu’il faut la semer. Parce qu’elle est fertile. Parce qu’elle est innocente. Parce qu’elle est plus apte à la germination. Mais le Président et son Premier ministre ont déçu en matière de responsabilisation de la jeunesse mauritanienne.

Par exemple, Ils auraient pu confier le ministère de la jeunesse ou le ministère de l’insertion, de l’emploi et de la formation professionnelle à des jeunes. Comment peut-on construire la Mauritanie en marginalisant la couche la plus représentative de la population ? Au lieu de ça, on promeut de vieux rapaces qui ont déjà fait leurs preuves en matière de politique et de gestion économique.

Mais que faire c’est cela aussi les règles de la politique. On ne compose qu’avec ceux qui gagnent. On n’y peut rien et souvent c’est dur à avaler! Pour preuve, dans le gouvernement politique de large ouverture que vient de mettre en place Ould Waghef, on n’a pas remarqué l’ombre d’un jeune mauritanien promu à un poste ministériel. Mais que des politicards, comme disent certains, rompus à la tâche. Promus, en contrepartie, pour leur expérience, leur influence et surtout pour leur poids électoral. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 14 mai, 2008 )

Diam Min Tekky:Les «Che » du Hip Hop en Mauritanie

Il est des groupes de Rap mauritanien qui n’ont pas peur de l’ombre de personne, fut-elle celle d’un justicier, d’un policier ou d’un préposé de renseignements. Parmi eux, on peut citer Diam Min Tekky. Personne n’a réussi véritablement à les ébranler ou les museler.

Malgré leur sale caractère, ils sont aimés par le public comme de grands seigneurs. Ils prétendent être les diseurs de vérité et les faiseurs de  moralité. Ils sont de véritables rebelles, d’insupportables torpilles. A chaque concert, ils déclarent qu’ils ne veulent pas d’un président de la République qui ne s’occupe pas des problèmes des mauritaniens encore moins d’un patron radin, orgueilleux et égoïste.

Leurs textes très engagés leur ont valu une réputation hors pair dans le milieu du Hip Hop en Mauritanie. Cette réputation leur a valu aussi de continuer à être marginalisés dans certaines manifestations organisées notamment par les pouvoirs publics.

A l’occasion de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’, ils ont encore démontré qu’ils étaient toujours les champions de la critique et de la dénonciation en Mauritanie. Dans leurs critiques, ils ne laissent personne sur le carreau.

Ils n’ont pas besoin de mettre des gants pour dire tout ce qu’ils pensent du pays, du système politique mauritanien, de la situation économique et sociale du pays, des policiers corrompus qu’ils fusillent à chaque fois dans leurs spectacles…

Le qualificatif de «Che Guevara » leur colle bien la peau. Issus de milieux difficiles, ils luttent, à travers leurs textes engagés,  pour l’avènement d’une Mauritanie juste et débarrassée de ses turpitudes et des ses mensonges. Plusieurs fois tabassés par la police, ils n’ont jamais tempéré leur ardeur et leur détermination. 

A cause de leur virulence verbale, ils ont fini par s’imposer sur la scène musicale comme étant de jeunes rappeurs contestataires. Même s’ils ont une tempérance qui frise souvent l’exagération. Si certains saluent leur courage et leur position très affichée et radicale sur certaines questions nationales, d’autres par contre, leur reprochent parfois leur insolence et leur impolitesse. Mais eux, ils s’en défendent bien.

«Dans nos sociétés, lorsque tu dis la vérité ou la réalité aux aînés, on te prend pour un jeune impoli en pensant que tu les insultes », explique Mar Ba, membre du groupe accompagné de Lamine Cheikh Ba et de  Ousmane Samba Oumar Sow qui composent le trio de Diam Min Tekky. Leurs textes portent les aspirations et les cris de désespoir de la jeunesse mauritanienne en quête de bonheur et de perspectives.

C’est ça d’ailleurs qui les a poussés à prendre le microphone pour dénoncer les abus et les injustices dont est victime une certaine partie de la population mauritanienne. Leur premier album(Gonga, la vérité, sorti le 17 février 2007) les a imposés comme l’un des groupes de Rap les plus critiques en Mauritanie. Et la police était tout le temps à leurs trousses. «On a eu pas mal de problèmes parce que l’album était trop engagé. Et tu sais en Mauritanie la démocratie n’existe pas et la liberté d’expression pareille », renseigne Mar Bâ. 

Sous le régime de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, ils firent l’objet de plusieurs intimidations et menaces. Mais ce régime n’a jamais réussi à les assujettir. Entre temps, il y a eu le 3 août 2005 et l’arrivée de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête du pays depuis le 19 avril 2007.  C’est des jeunes fougueux qui partagent les mêmes rêves et les mêmes soucis. Leurs faveurs, c’est qu’ils sont ancrés dans les réalités sociales de la Mauritanie. Leur slogan : toujours dire la vérité même s’il faut se sacrifier au prix de la liberté et de la justice.

Ils auraient pu aller plus loin s’ils mêlaient dans leurs textes d’autres dialectes comme le français, l’anglais ou les autres langues du pays. Plus malin qu’eux, tu meurs. Dans leur esprit, ils veulent imposer leur langue, le poular, sur la scène musicale mauritanienne.

« C’est parce que nous sommes d’abord des peuls, soutient Mar Ba. On a vu aussi au Sénégal que le wolof a été imposé sur la scène musicale. Nous aussi, nous aimerions imposer notre langue. » 

Ils ne supportent pas les policiers parce que, disent-ils, c’est eux qui sont à l’origine de tout ce désordre qui règne à Nouakchott. «C’est l’ennemi de la jeunesse, ajoute Mar Bâ. Ils dérangent beaucoup. Tu vois ça(il montre une plaie cicatrisée sur le coté gauche de son visage), c’est un policier qui m’a cogné comme ça. » 

Les «Che Guevara » du Hip Hop en Mauritanie viennent de réaliser un nouveau clip sur l’immigration clandestine des jeunes africains. Même s’ils ne sont pas les meilleurs, ils font partie des meilleurs groupes de Rap en Mauritanie. Après Gonga, Diam Min Tekky est en train de préparer la sortie de son nouvel album qui sera baptisé Gonga 2. Certainement qu’il fera mouche. 

 Babacar Baye Ndiaye 

( 14 mai, 2008 )

Les mauritaniens semblent être hantés et poursuivis par la poisse. Ils ne croient plus aux miracles et rêves tant promis par le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui vient de nommer son deuxième Premier ministre Ould Waghef  en lieu et place de Zéine Ould Zéidane qui avait réussi miraculeusement a décroché la troisième place de la course présidentielle de février 2007. 

Ils ont vite fait de ranger leur optimisme  dans les tiroirs de l’oubli. D’autres par contre ont préféré tout simplement le brûler dans leur esprit. Visiblement, ils sont déçus de leurs gouvernants qui manquent d’imagination et de promptitude, de leur opposition qui passe le plus clair de son temps à vétiller et de leur société civile incapable de s’accommoder aux réalités. Les propos qu’ils tiennent sont symptomatiques d’un malaise social sans précédent et d’un marasme économique très inquiétant. 

Attaques terroristes(d’autres préfèrent dire attaques de grand banditisme et de vandalisme), meurtres, psychose insécuritaire, situation économique exécrable, train de vie coûteuse, caisses de l’Etat vides, indignation et déception des populations, attentes déçues…Qu’on ne s’y trompe pas, le contexte actuel dans lequel se trouve la Mauritanie est loin d’être rassurant. Nier l’ampleur et l’acuité de tels problèmes, c’est méconnaître les dangers qui menacent l’existence de notre jeune démocratie. 

Que nous ont légués les précédents régimes militaires et civils ? Dans le domaine social, rien de concret qui prouve qu’on a voulu véritablement faire avancer la machine. Le pourcentage des pauvres, au lieu de chuter surtout dans un pays réputé pour ses richesses, ne fait qu’accroître. Les différents rapports des diverses agences onusiennes accablent toujours la Mauritanie. Aujourd’hui, le temps a montré que nos gouvernants se sont peu souciés du bien être social des populations. 

Lui, le président de la République sent naturellement tout ce fardeau que lui ont laissé tous ces prédécesseurs. Saura-t-il faire la différence et marquer nos esprits ? Les attentes du peuple mauritanien sont grandes et si les autorités ne l’ont pas compris, elles doivent rendre le tablier. Elles doivent comprendre qu’elles sont là pour se surpasser, mouiller la chemise, se sublimer et être à la hauteur des missions qui leur ont été confiées. 

Notre quotidien doit être entre des mains capables de pouvoir relever les défis. Les défis du progrès, d’une économie compétitive. Les défis de l’éducation et surtout de la santé. Combien sont-ils ces enfants qui n’ont pas accès à l’école ? Combien sont-ils ces enfants de moins de 5 ans qui meurent faute de protection ? Combien encore sont-ils…?

Que dire du réseau routier ! S’ils sont incapables de mener la course contre la montre pour rattraper le temps perdu, ils n’ont qu’à le faire au moment opportun. Aujourd’hui, le peuple mauritanien a besoin d’hommes politiques qui le font rêver. Ce peuple a envie de voir de belles choses sortir de terre. Et c’est dommage qu’il en manque dans notre pays. 

On a toujours accepté ce qui nous est arrivé avec fatalité. Comme si tout se résumait à accepter notre sort ! A vouloir penser que tout provient de Dieu. 

Babacar Baye Ndiaye  

( 14 mai, 2008 )

Les hommes politiques sont toujours impressionnants. Voire même imprévisibles ! Ils n’ont d’égal qu’eux-mêmes. Ils ne surgissent que là où on les attend le moins du monde.

On a beau crier, vitupérer, dénoncer, vibrionner, ils façonnent à leur guise, comme ils l’appréhendent, le destin des communautés et des peuples. Dans ce domaine, ils sont imbattables, intalonnables et inclassables. Ils créent et recréent les schémas de la vie publique et politique selon les conditions et les exigences du moment.

Ils ne composent qu’avec ceux et celles qui convergent avec leurs affinités, leurs points de vue et leurs stratégies. Leur point faible, c’est qu’ils ne peuvent pas résister aux diverses tentatives du pouvoir avec tout ce que cela implique comme avantages et confort matériel et financier. 

Les partis politiques qui viennent de déposer leurs bagages dans l’attelage gouvernemental ont soutenu dans leur déclaration aux médias que leur entrée au gouvernement était sous-tendue par une logique d’urgence à sortir le pays de l’ornière.

Cette explication ne tient pas debout et c’est tout simplement lamentable.  Au regard des portefeuilles ministériels qui leur ont été confiés, le pouvoir de Sidi Mohamed Ould Cheikh vient de leur donner de véritables graines à moudre. Certainement, le président de la République a entendu les vœux de Mohamed Ould Maouloud qui demandait, durant sa conférence de presse du 10 mai dernier à l’hôtel Khaïma, au pouvoir de les mettre dans des postes significatifs.

Et on a envie de savoir s’ils vont réussir leur passage dans des départements aussi tarabiscotés que celui de l’enseignement supérieur, de l’insertion, de l’emploi et de la formation professionnelle, de la santé…

La composition du nouveau gouvernement dirigé par Ould Waghef sera véritablement une mise à l’épreuve qui ne tardera pas à révéler ses vérités et ses mensonges au grand jour. Changer de gouvernement pour apporter et résoudre les problèmes quotidiens des mauritaniens, oui.

Un gouvernement, dit-on, c’est pour traduire dans les faits le programme politique d’un président de la République. Pour cela, il faut que le président de la République trouve son ‘homme’ de confiance en qui il peut porter la lourde responsabilité de traduire sa vision, un homme issu de ses ‘cotes’.

Cette réalité politique, Zéine Ould Zéidane l’a appris à ses dépens mais de manière malencontreuse. Cependant, il ne faudrait pas omettre que la vocation première d’un gouvernement, c’est de répondre aux préoccupations des populations. Maintenant que Ould Waghef  est chargé de ça, c’est à lui de convaincre les mauritaniens qui ont élu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la tête du pays à l’issue d’élections libres et transparentes.

Ould Waghef doit aussi convaincre qu’il n’est plus cet homme au passé controversé qu’il fut. La composition du nouveau gouvernement composé par Ould Waghef fait déjà jaser. Ce dernier a choisi de mettre en place un gouvernement politique en lieu et place d’un gouvernement technocrate ou semi-technocrate.

Le nouveau Premier et ses ‘idéologues’ veulent nous faire croire que seul un gouvernement politique regroupant diverses forces politiques peut régler les défis auxquels la Mauritanie est confrontée aujourd’hui depuis un certain temps. Là aussi, il faudra que Ould Waghef convainque que l’option qu’il a prise était la bonne à prendre.

La nomination de Ould Waghef à la Primature va-t-elle changer la situation économique et sociale du pays peu reluisante? Le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh a-t-il une confiance aveugle jusqu’à nommer ou parachuter Ould Waghef à la Primature ? Si oui, le chemin pour la présidence est définitivement tracée pour cet homme qui a été à tous les niveaux de l’appareil d’Etat. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 14 mai, 2008 )

Laye B:Un rappeur tiraillé entre deux cultures

C’est le Sénégal qui l’a révélé au monde entier. C’est dans ce pays que sa véritable histoire a commencé. C’est au pays ‘des lions de la téranga’ qu’il a été découvert par les producteurs sénégalais qui ne lésinèrent pas sur les moyens pour le produire. Alors qu’il venait de débarquer fraîchement de Nouakchott. En 2003, il sort son 1ier album ‘Black à part’ et en 2007 ‘Sénégal-Mauritanie’, son 2ième album. Cet album révélera au grand jour son identité et ses racines. Né d’une mère mauritanienne et d’un père sénégalais, Papa Abdalaye Diop alias Laye B a collaboré avec de nombreux rappeurs sénégalais très connus comme Didier Awadi, Xuman, Bibson, Maxi Crazy, Fata, Daara J…Ceci lui valut d’acquérir, mine de rien, une grande expérience. Agé de 27 ans, Laye B est du genre à aller toujours plus haut, là où on l’attend le moins du monde. Petit à petit, il réussit à se faire un nom et trouver sa place au Sénégal. Dans ce pays, son 2ième pays, il est aimé et adulé comme le dalaï-lama. Mais «Je suis né ici(en Mauritanie, ndlr). J’ai grandi ici. J’ai fait mes études ici. Je connais mieux la Mauritanie que le Sénégal et je suis fier d’être mauritanien. Au niveau du Sénégal, je me suis battu pour qu’on m’accepte en tant que mauritanien. J’ai commencé à chanter en hassanya comme par exemple dans le futur album de Awadi pour prouver que je suis mauritanien. Je ne connais que la Mauritanie», précise Laye B même s’il se sent parfois tiraillé entre deux cultures. 

Actuellement, il est sous contrat avec un studio sénégalais basé à Dakar qui s’appelle ‘Yes’. C’est ce studio d’ailleurs qui a produit ses deux premiers albums sortis au Sénégal. Présentement, il est en train de préparer son nouvel album international qui va sortir sous peu de temps.  On y trouvera dans cet album des sonorités diverses comme le raggae, le RnB, le dance Soul… 

Invité à la première édition de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’, Laye B est séduit par cette initiative de Monza de réunir pendant des jours certaines célébrités du Hip Hop Mauritanien et étranger. C’est tout naturel donc qu’il apprécie fort bien cette démarche novatrice. De Military Underground à Diam Min Tekky, en passant par, Franco Man, sans oublier les spectacles de Breakdance, les animations de Dj Gee Bayss et les prestations de la Rue Publik et de Daara J Family, la première édition de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’ a fait mouche. Cette réussite n’a pas laissé Laye B indifférent. «Ce festival est une bonne chose(…). Je ne suis jamais resté ici mais ce festival me pousse à vouloir rester. On sent vraiment que le Hip Hop mauritanien est en train de progresser. » Pour lui, les autorités doivent aussi apporter leur contribution à cette évolution du Hip Hop en Mauritanie en mettant notamment la main dans la poche pour créer des structures propices au développement de cette musique en particulier et surtout soutenir les initiateurs de certains événements culturels comme ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’ qui demande beaucoup de budget. Dans l’immédiat, il compte revenir en Mauritanie pour monter un projet du genre ‘Grammy Awards’ où les rappeurs mauritaniens recevront des distinctions honorifiques pour les encourager davantage à persévérer. Mais pour que le Rap puisse se développer aussi, dit-il, il faut que les rappeurs regardent vers la même direction en exploitant leur diversité linguistique(soninké, wolof, hassanya et poular) qui constitue un avantage musical incommensurable. 

Invitant ses frères rappeurs, il les exhorte néanmoins à véhiculer dans leurs textes des messages d’unité car, selon lui, la Mauritanie en a actuellement besoin. «Un président, il ne peut pas rassembler les populations mais un artiste peut le faire. Lorsqu’un président veut parler aux populations, il amène un artiste. Une société qui veut faire de la publicité, elle prend un artiste. Donc, la responsabilité, c’est les artistes. S’ils regroupent les gens, c’est pour une cause. » 

Marié depuis 5 ans et père d’un enfant, pas la peine de lui demander si les jeunes filles le draguent, lui qui est un rappeur connu de tout le monde. «Cela ne manque pas. Mais moi, j’ai dépassé ce stade. Je suis marié et je me sens très bien en famille. Pour vraiment faire de la musique, il faut être un vrai responsable c’est à dire être marié. C’est cela ma philosophie. Le respect que je donne à ma femme et à mon enfant, c’est le respect que je donne à tout le monde que je croise dans la rue. » Lorsqu’il n’est pas au Sénégal où il a signé ses contrats, il est en Mauritanie pour se ressourcer. Ce pays qui l’a vu grandir et qu’il porte tant dans son cœur. Au Sénégal, Laye B représente dignement la musique Mauritanie. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

  

  

 

 

 

( 12 mai, 2008 )

Ndongo D de Daara J Family: »Ce n’est plus le temps de nous appesantir sur notre passé et de dire que nous sommes en retard « 

Il est membre de Daara J Family. Son vrai nom c’est Mamadou Lamine Seck. En marge de la première édition de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’ qui s’est déroulé du 7 au 9 mai passé au Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry, nous l’avons rencontré spécialement pour vous. Entretien 

Le Rénovateur Quotidien : Que pensez-vous au fait qu’on associe des rappeurs sénégalais comme vous à la première édition de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’ ?   

Ndongo D : C’est tout à fait normal. Je pense qu’entre le Sénégal et la Mauritanie, il y a une grosse connexion en ce qui concerne le Hip Hop. C’est donc naturel quand les mauritaniens organisent un festival de cette nature ils invitent des rappeurs sénégalais comme nous.

On a une dizaine d’années d’expérience. On a fait beaucoup de festivals à travers le monde. On sait ce que cela veut dire. Je pense qu’à ce niveau, on peut apporter  notre pierre à cet édifice-là. 

Le Rénovateur Quotidien : Aladji Man ne fait plus partie de votre groupe. Est-ce que son départ vous a beaucoup handicapé ? 

Ndongo D : Non ! De toute façon, nous sommes là. L’histoire du groupe continue. Même si Aladji Man a quitté. J’ai souvent l’habitude de dire qu’une seule personne peut représenter le groupe. 

Le Rénovateur Quotidien : Cela fait plus de 10 ans que vous êtes dans le Rap. Vous avez connu le succès. Vous avez obtenu des prix. Qu’est-ce qui manque maintenant à votre palmarès ? 

Ndongo D : Qu’est-ce qui nous manque ? (Il hésite). C’est la perfection, l’éternelle recherche de soi à travers la musique et la vie. Je pense que  le plus important c’est la quête et la soif de connaissance. Lorsqu’on parle de connaissance, c’est très large. Mais là, je fais allusion à la connaissance divine qui englobe tout cela. C’est cela qui nous manque. 

Le Rénovateur Quotidien : Vous êtes bien apprécié par le public mauritanien. D’ailleurs, cela fait à peine un mois que vous avez joué ici à Nouakchott. Quel effet cela vous fait de voir tout un monde vous regardez ? 

Ndongo D : On est comblé ! Pour nous, la musique, ça fait voyager. Il y a une vraie connexion. Quand on débarque dans des pays comme la Mauritanie, on arrive à connaître mieux le peuple. Le plus important, c’est d’être avec les gens et le public. Daara J sera désormais là. 

Le Rénovateur Quotidien : Tous les grands rappeurs africains, comme vous, mêlent différentes sonorités(Soul, funk, reggae, ragga…) dans leur musique. Est-ce que c’est toujours nécessaire d’aller puiser dans ces sonorités-là pour faire du bon Rap ? 

Ndongo D : Effectivement ! L’Afrique, c’est le melting pot. Aujourd’hui, les Africains ont voyagé partout et ce qu’ils rapportent de leurs bagages, c’est cela qui représente aujourd’hui la musique africaine.

Ce n’est plus que la musique populaire, traditionnelle ou la musique mbalax. Je pense que cela est très important. On a été partout dans le monde et on sait comment les gens perçoivent la musique africaine. Les gens sont actuellement en train de mieux comprendre le message et la direction de la musique africaine. 

Le Rénovateur Quotidien : Vous n’avez pas encore chanté ou collaboré avec des rappeurs mauritaniens dans vos albums. Vous y pensez ? 

Ndongo D : Bien sûr qu’oui et ça ne saurait tarder ! On est en train d’y réfléchir. Le plus important, c’est de bien le faire. A chaque fois qu’on est en Mauritanie, on est en connexion avec les rappeurs. Tel que Monza. On a eu à rencontrer dans des manifestations internationales des artistes mauritaniens comme Malouma. Tous les jeunes qui viennent aussi au Sénégal comme Military Underground, Waraba, Diam Min Tekky…C’est des jeunes que nous respectons beaucoup pour ce qu’ils font en matière de hip hop en Mauritanie. 

Le Rénovateur Quotidien : Après Daara J, Xalima, Boomerang. A quand votre prochain album international ? 

Ndongo D : En fin d’année. Il y a un single qui arrive en été entre juin et juillet. Pour l’instant, c’est une surprise. On est en train de voir pour le single parce qu’il y a de bons titres dans l’album. 

Le Rénovateur Quotidien : Mais est-ce que vous pouvez nous donner déjà un avant goût de cet album tant attendu par vos fans qui poireautent depuis plus de 4 ans ? 

Ndongo D : (il entonne un air du futur single). Ce morceau (baay sa waar, ndlr : en français, cela signifie substantiellement ‘fais ton devoir’) parle de l’attentisme des africains. Pourquoi on parle du retard des africains dans les domaines de l’économie, du social, des sciences, de l’industrie ? Aujourd’hui, lorsqu’on parle d’un africain, on dit que c’est un attentiste. C’est pour cela qu’on a fait ce morceau pour appeler les Africains à ne dépendre de personne et de compter sur leur propre énergie.L’avenir est devant nous. Et je l’ai dit, la nouvelle génération africaine a une grosse mission : c’est le devenir des élites. Ce n’est plus le temps de nous appesantir sur notre passé et de dire que nous sommes en retard. Je crois que le plus important c’est de nous former, de nous instruire pour devenir de bons avocats, de bons docteurs, de bons économistes, de bons ministres, de bons présidents. C’est ça la vraie mission aujourd’hui des jeunes africains. 

Le Rénovateur Quotidien : Vous êtes de jeunes rappeurs. Vous voyez tout le temps des jeunes désespérés prendre le chemin de la Mer. Que dites-vous à ceux-là qui voudraient le faire ? 

Ndongo D : C’est un gros sujet qui a bouleversé l’Afrique ces dernières années. Cela prouve l’échec des dirigeants africains et de la politique européenne par rapport à l’Afrique. Je ne blâme pas les jeunes qui ont pris le chemin de la Mer. Mais aussi qu’ils ne se suicident pas.

C’est une grosse responsabilité qui pèse sur le dos des dirigeants africains et des pays du Nord qui ont abandonné les jeunes africains. Même s’il y a certains de ces pays qui font de leur mieux pour aider l’Afrique. C’est aux jeunes de reprendre le flambeau car nos dirigeants actuels ne font pas l’affaire. 

Le Rénovateur Quotidien : Vous êtes une personne de nature très effacée et réservée. Expliquez-nous un peu… 

Ndongo D : Cela correspond à mon nom : Ndongo Daara(discipline issue d’une école coranique, ndlr). Je veux rester humble durant toute ma vie. Je ne fais jamais la grosse tête devant les gens. C’est vrai que je suis connu mais je veux demeurer effacé et je sais pourquoi je veux mener une vie pareille. 

Le Rénovateur Quotidien : Revenons un peu à vos textes. On a constaté qu’ils sont trop spirituels. Il faut être vraiment un initié pour comprendre vos paroles. 

Ndongo D : De toute façon, la musique c’est pour éveiller les gens et les esprits. Je me rappelle : les premiers textes que j’ai écrits, les gens n’y comprenaient rien. C’est après des années qu’ils ont commencé à comprendre mes paroles. J’aime bien utiliser les paraboles. J’aime aussi être direct. Je pense que la musique est faite pour que les gens cogitent. Ce n’est pas uniquement pour danser.   

Propos recueillis par 

Babacar Baye Ndiaye 

( 11 mai, 2008 )

La participation au gouvernement de la majorité divise l’opposition

Tout est clair maintenant  par rapport aux partis politiques qui vont rentrer ou non dans le futur gouvernement de Ould Waghef.  La journée du 10 mai a été particulièrement houleuse. Les discussions au sein des formations politiques se sont poursuivies durant toute la soirée. Le suspens est donc levé sur la participation ou non de l’opposition dans le nouveau dispositif gouvernemental. Seuls l’Ufp et Tawassoul ont donné leur accord. Le Rfd, Hatem et l’Ajd/mr ont tout simplement «claqué » la porte préférant se situer à l’extérieur du sérail. Le combat continue…

Le Niet du Rfd 

Le Rfd a exclu toute idée de participation au nouveau gouvernement. C’est son Président et chef de file de l’ex opposition démocratique, M. Ahmed Ould Daddah qui a annoncé très vite cette option vendredi dernier, lors d’une conférence de presse. Le Rfd, voulant incarné toujours les principes qu’il défend, ne s’est pas bien prêté à la proposition du Premier ministre, selon laquelle « la  participation d’un parti de l’opposition équivaudrait à un abandon total de toute revendication, de tout programme commun de gouvernement et même de toute appellation de type Gouvernement d’union nationale ou même de Gouvernement de coalition », affirme le Rfd dans un communiqué.  Pour le chef de ce parti, qui est aussi chef de file de l’opposition démocratique, l’entrée dans un gouvernement n’est pas « une fin en soi, surtout lorsqu’on ne s’est pas accordé sur des objectifs et un programme minimum ». »Je ne percevrais pas la fonction gouvernementale comme une sinécure, mais plutôt comme une charge, une servitude », a rétorqué Ould Daddah, séance tenante, au Premier ministre, selon le texte du communiqué. Réitérant sa position maintes fois déclarée, le Rfd indique que « la situation de crise multiforme que traverse le pays appelle la conjugaison de toutes les forces politiques et sociales pour alléger les souffrances des populations, consolider l’unité nationale et la cohésion sociale, raffermir la démocratie et faire face aux périls en terme de sécurité ». « Les conditions d’un vrai dialogue visant à réaliser un consensus autour des enjeux majeurs du développement du pays ne sont pas réunies du fait de calculs personnels, de visions réductrices, du retour des pratiques anciennes faites de volonté d’exclure ou de phagocyter, n’offrant aucune chance à des discussions sérieuses sur le programme et la formation du gouvernement de la république », a-t-il estimé. « Le risque est énorme de voir l’association à la gestion gouvernementale se confondre à une simple invite d’un partage d’un butin et de conforter les pratiques et la culture du népotisme dans le silence et l’impunité totaux », souligne le parti de Ould Daddah. 

Selon lui « en posant comme condition à un parti de l’opposition historique pour son entrée dans le gouvernement de payer comme prix le renoncement à son programme, à son éthique politique, voire à ses principes fondateurs, il s’agit là d’un acte de provocation qui décrédibilise des concertations jetées comme une poudre aux yeux de l’opinion ». 

L’AJD/ MR ne rentrera pas au Gouvernement de Ould Waghef 

C’est maintenant officiel. L’Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation ne rentrera pas au gouvernement de Ould Waghef. Cette décision a été annoncée par Ibrahima Moctar Sarr, président de l’ajd/mr, au cours d’une conférence de presse tenue ce samedi 10 mai. Au cours de sa déclaration aux médias, Ibrahima Moctar Sarr a affirmé que son parti ne peut pas entrer dans un gouvernement, sans conditions, autour d’un programme minimal. Cette demande de l’ajd/mr n’a pas été acceptée par le nouveau premier ministre Ould Waghef qui balaya cette proposition de l’ajd/mr d’un revers de la main. «Nous sommes prêts à nous ouvrir à toute force politique qui veut venir s’ajouter à la majorité présidentielle et appliquer le programme du Président de la République », déclare Ibrahima Moctar Sarr rapportant les propos de Ould Waghef à l’issue du tête-à-tête qu’il a eu avec lui. «Le programme du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est un programme ambitieux où il y’a un certain nombre de points qui se recoupent avec les nôtres », reconnaît le président de l’ajd/mr. «Si je ne l’ai pas soutenu au second tour(élections présidentielles de mars 2007, ndlr), poursuit-il, c’est qu’il y avait certaines questions fondamentales sur lesquelles nous ne sommes pas tombés d’accord. Si aujourd’hui(…), j’accepte d’entrer dans ce gouvernement, mes militants me demanderont qu’est-ce que j’ai obtenu de nouveau par rapport à ce qu’ils ont posé auparavant. » Et le président de l’ajd/mr de nuancer : «Nous souhaiterions discuter avec le nouveau gouvernement pour voir quels sont les points minima sur lesquels nous pouvions nous entendre afin de nous permettre effectivement d’apporter une contribution effective au développement du pays. » 

Comme l’a reconnu au cours de cette conférence de presse Ibrahima Moctar Sarr, son parti était favorable à l’entrée du nouveau gouvernement dirigé par Ould Waghef. L’ajd/mr a accusé le nouveau premier ministre son refus de discuter le programme du président de la république « Le Premier Ministre a répété que le programme de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi n’est pas négociable et qu’on  entre au gouvernement sans conditions », rapporte toujours le président de l’ajd/mr. 

Le bureau politique de l’ajd/mr s’est réuni ce vendredi 9 mai d’urgence pour examiner la position du Premier ministre. Ce dernier a estimé que c’était une fin de non-recevoir. «Mon parti, l’ajd/mr, ne peut pas participer à un gouvernement sans conditions », a déclaré Ibrahima Moctar Sarr dont les propos étaient noyés par les salves d’applaudissements des militants visiblement contents de la décision de leur parti de ne pas rentrer au gouvernement de Ould Waghef. 

L’Ufp et Tawassoul signent leur entrée au Gouvernement

Ces deux partis politiques, sans aucune grande surprise, ont annoncé au cours d’une conférence de presse leur entrée dans le nouveau gouvernement qui sera dirigé par Ould Waghef. L’entrée de l’Ufp à ce gouvernement est historique car c’est la première fois, depuis sa création, qu’elle participe à un gouvernement. Partant du constat que le pays traverse une situation économique et sociale très difficile, convaincu que la gestion de ce pays doit impliquer nécessairement tous les partis politiques, l’Ufp n’a pas voulu laisser cette chance lui échapper. «Le moment est venu de participer au gouvernement et qu’il ne s’agit pas en allant au gouvernement de partager un gâteau mais il s’agit d’aller au charbon », explique Mohamed Ould Maouloud. «La situation est très difficile, poursuit-il. Nous allons vers des défis énormes et si on va au gouvernement, c’est pour affronter ces défis.»  Ces défis concernent le renforcement de la sécurité alimentaire, de la sécurité nationale et publique, le règlement complet des contentieux liés à l’unité nationale et enfin l’assainissement et le redressement de l’administration autant de priorités qui constituent en effet l’ossature du programme politique de l’Ufp. «Si nous devons avoir une place au sein du gouvernement, c’est là où nous pouvons affronter les problèmes. Ce n’est pas là où nous devons avoir un gros salaire, une belle villa, une belle voiture et puis s’en tenir là. Cela n’intéresse pas l’Ufp. Nous voulons qu’on nous mette à l’épreuve dans des postes significatifs », a souligné le président de l’Ufp, Mohamed Ould Maouloud. 

Après moult tractations, Tawwassoul a enfin accepté…

La décision du pouvoir d’élargir le gouvernement a créé au sein de certains partis politiques des zones de secousse. C’est le cas de Tawassoul, ce parti d’obédience islamiste prônant un islam orthodoxe, où des divergences de position furent notées. Finalement, après moult tractations au sein de ce parti, tout est revenu à l’ordre. Tawassoul, à l’image de l’Ufp, a décidé de participer au prochain gouvernement dont la composition sera connue dans les prochaines heures. Jémil Mansour a rappelé aussi au cours de sa conférence de presse la nécessité d’œuvrer pour le renforcement de l’unité nationale pour faire face aux dangers qui menacent le pays et régler les problèmes vitaux qui se posent au pays. Il a aussi justifié cette entrée par le fait que son parti œuvre pour la défense de la langue arabe et l’application des principes fondamentaux de l’islam. La rupture des relations diplomatiques avec Israël pourrait être aussi à l’ordre du jour même si pour le moment le gouvernement n’a pas donné une suite favorable à cette exigence de rompre avec l’Etat hébreu.  C’est à partir de discussions très larges avec le pouvoir que ces deux partis ont décidé de participer au futur gouvernement. Reste maintenant les détails concernant l’attribution des portefeuilles ministériels aux partis qui vont participer au nouveau gouvernement. 

Babacar Baye Ndiaye 

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