( 9 mai, 2008 )

Monza, Initiateur de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’

«On a besoin de paix pour construire notre pays » 

 

Pendant 3 jours non-stop, la Ville de Nouakchott va vibrer au rythme de la musique à travers ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’ qui sera une occasion de découvrir les jeunes rappeurs mauritaniens qui commencent à s’affirmer même si c’est de manière timorée. Dans la foulée, nous avons accroché Monza qui n’est plus à présenter au public mauritanien. L’initiateur de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’ n’a pas mis de gants pour stigmatiser l’attitude du ministère de la Culture qui n’a pas daigné mettre un sou dans ce festival. 

 

A qui la faute, si aujourd’hui, la musique mauritanienne dans son ensemble patauge dans un immobilisme béant ? D’abord, aux médias publics qui ne participent pas à la promotion de la musique mauritanienne de manière générale. Et Monza d’indexer du doigt notre télévision nationale qui ne diffuse que de la musique étrangère tout en aménageant la TVM Plus parce qu’elle commence, dit-il, à faire passer des rappeurs ou des groupes de Rap mauritanien. «Mais, ce n’est pas suffisant », affirme-t-il. Pour lui, le salut du Rap mauritanien passe inéluctablement par la libéralisation du secteur audiovisuel  pour qu’on puisse avoir une certaine diffusion de la musique mauritanienne. Et faut-il continuer à être optimiste face aux mille et un problème d’ordre organisationnel et structurel, de manque de studios modernes, de moyens techniques qui pourrissent l’âme du hip hop mauritanien ? «Je vais être optimiste parce que je sais qu’en Mauritanie, il y a des talents dans le milieu du Rap. Il y a vraisemblablement un bon pourcentage de groupes de Rap de la place qui peuvent représenter dignement la Mauritanie sur le plan international », proclame Monza. 

A travers ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’, Monza veut promouvoir le dialogue des cultures et surtout la paix entre toutes les communautés du pays et entre tous les fils et filles de l’Afrique. «On a besoin de paix pour avoir la stabilité dans tout ce qu’on fait, souligne-t-il. On a besoin de paix dans le hip hop mauritanien. On a aussi besoin de paix pour construire notre pays. » Au-delà de cet aspect rassembleur, ce festival a pour ambition de valoriser davantage le Rap mauritanien qui est maintenant une réalité dans notre pays. Organiser un festival, tout le monde le sait, exige beaucoup d’argent. Et «le ministère de la Culture ne nous a pas aidés. Nous n’avons eu que des promesses. Du coup, nous nous sommes dit que sans le ministère de la Culture, nous allons monter notre festival », déclare Monza sur un ton de déception. «Nous, nous faisons en fonction de nos moyens. Notre gouvernement n’a rien fait pour nous. C’est juste la coopération française qui m’a donné une subvention qui me permet d’exécuter et de pouvoir organiser ce festival. Nous n’avons eu aucun geste à part celui de la communauté urbaine de Nouakchott. » 

Par rapport à la programmation, Monza a apporté des précisions en faisant savoir qu’elle s’est déroulée à partir de la performance artistique tout en balayant du revers de la main l’idée de la complaisance. «Si c’était une histoire de ‘khamaneté’(de connaissance, ndlr), la programmation ne s’arrêterait pas là. Elle serait différente de celle-là. Si c’était une histoire de ‘khamaneté, il y aurait d’autres et d’autres…C’est plutôt une histoire de performance. On ne peut pas prendre tout le monde à la fois. Il y a une première étape.» Il ajoute sur un ton plus grave cette fois-ci. «Ce n’est pas une question de ségrégation. Il ne faudrait pas insinuer ce qui n’est pas. La programmation a été très délicate et on a voulu être le plus équitable possible. » 

Monza, ce truculent rappeur, ne rate jamais l’occasion pour se jeter des fleurs. «Pour inviter des artistes étrangers, il faut avoir des contacts, avoir aussi un certain agenda. Nous, par rapport aux gens que nous connaissons, que nous apprécions et qui ont fait leur preuve à travers le monde, nous faisons la sélection. » Il cite l’exemple de Daraa-J, un groupe de Rap sénégalais. «C’est incontestablement un des groupes qui mérite d’être invité pour une première de ‘Assalamalekoum Hip Hop Festival’. Daraa-J a fait ses preuves. Depuis plus de dix ans de Rap, ils ont été nominés à BBC Awards. » 

Par rapport au budget du Festival, Monza a finalement fini par postillonner la somme après avoir vibrionné pendant des secondes. «Ce festival, pour ce qui est de son organisation et de sa réalisation, il faudrait un budget non loin de 10 millions d’ouguiyas. » Aux nouakchottois, il leur promet une ‘grande première’. Et d’ajouter : «Nous avons une vision à long terme de ce festival. » 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr

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( 9 mai, 2008 )

Ali Amadou Ba, comédien

Le Diable qui a séjourné à Nouakchott, c’est lui ! 

 

Ceux qui ont suivi, ce mardi 29 avril dernier au Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry, ‘Le Séjour d’un diable à Nouakchott’ de Ali Amadou Ba inspiré du roman «Que le Diable t’emporte » de Harouna Rachid Ly, écrivain mauritanien, sont restés sur leur faim. Tellement ils ont pouffé de rire qu’ils ne voulaient pas quitter des yeux Ali Amadou Ba qui incarnait le diable. Rassurez-vous : il n’a pas l’air d’un diable perdu au milieu d’une marée humaine. Il n’a fait que ressusciter le diable ! Lui, il fait partie de ces êtres spécifiques dont le métier consiste à faire plaisir et surtout à faire oublier les pesanteurs de la vie. Sacré métier  que celui de comédien ! Avec lui, on est sûr de pouvoir passer de délicieux moments de théâtre. Sur scène, il devient un autre. Ses gestes, sa démarche, son rire narquois vous charrient comme dans un monde féerique. On pourrait dire sans fourcher notre langue qu’il est impressionnant. Ouf ! Que de chemin il a parcouru pour en arriver là aujourd’hui ! 

Voilà, en effet, plus de 15 ans qu’il monte sur les planchers. De quoi pouvoir user les pieds ! Lui qui a presque grandi dans le théâtre est très écœuré de voir le théâtre en Mauritanie descendre dans les bas-fonds boueux de l’oubli. Par manque de soutien, de structures et de considération. A son avis, le développement du théâtre dans notre pays dépend de la bonne volonté des autorités qui ont en charge la culture. «C’est juste une question de volonté politique, laisse-t-il entendre sur un ton d’amertume. Si le gouvernement le décide : le théâtre peut aller très loin. » Et de donner son exemple. «Le gouvernement ne m’a jamais donné un sou pour un quelconque déplacement à l’extérieur. Le ministère de la Culture ne nous aide pas.» Le Gouvernement, ajoute-t-il, a sa contribution à apporter dans le développement du théâtre dans notre pays. «Il ne faudrait pas que des gens viennent d’ailleurs pour faire progresser des artistes mauritaniens.» Ce qu’il n’admet pas c’est que des pays comme la France ou l’Espagne continuent à assister les artistes mauritaniens qui parviennent à s’en sortir miraculeusement. Cependant, il est optimiste. Et «peut-être, dit-il, avec la volonté politique, les choses vont bouger. Pour le moment, nous n’avons pas espoir que ça aille de l’avant parce que nous n’avons aucune aide provenant des autorités. » Regrettant le fait que le théâtre ne nourrisse pas son homme en Mauritanie, il déclare : «On aimerait quand même bien vivre du théâtre.» 

Si vous n’avez pas eu la chance ou l’occasion de regarder ‘Le Séjour d’un Diable à Nouakchott’ de Ali Amadou Ba, vous avez le temps un jour de lire «Que le diable t’emporte » de Harouna Rachid Ly. ‘Le Séjour d’un diable à Nouakchott’ est une mise en scène satirique qui met à nu le vécu quotidien des nouakchottois. Grâce à un diable venu des cieux qui a décidé de séjourner à Nouakchott pendant une journée et une nuit, on va découvrir les mille et une facettes de la vie et de la ville de Nouakchott, à travers ses populations et leurs modes de vie, de transport, ses bruits, ses odeurs nauséabondes, ses habitations, ses policiers corrompus, ses problèmes, son charme nocturne, ses constructions démesurées…Même la politique y est évoquée mais de manière subtile et sournoise. Victime d’une agression pendant  qu’il se reposait tranquillement, ce diable se rendra vite à l’évidence que cette ‘ville’ qu’il découvrait pour la première fois et dans laquelle il voulût rester n’est pas un lieu sûr. Ainsi donc, il décida alors de retourner d’où il est venu… 

A la fin de la mise en scène, Ali Amadou Ba peut s’estimer heureux car, dit-il, il a réussi à faire connaître un auteur qu’il apprécie beaucoup. «Lorsque je suis allé le voir(Harouna Rachid Ly, auteur de «que le diable t’emporte », NDLR) pour lui dire que je voulais mettre en scène son roman, il me donna aussitôt son feu vert.» Et c’est dommage qu’il ne soit pas présent à la mise en scène de son roman. 

Pour adapter ce texte, il a fallu à Ali Amadou Ba 6 mois de dure labeur et de concentration. «Ça a été très difficile. J’ai voulu d’abord être fidèle au texte pour ne pas prostituer l’idée première. » Le choix de ce texte n’est pas banal car cela participait à faire découvrir nos rares écrivains. En effet, depuis 1996, date à laquelle  Ali Amadou Ba avait participé à la mise en scène de ‘La légende de Ouagadougou’ de l’écrivain mauritanien Moussa Diagana, il n’avait plus participé à la mise en scène d’une œuvre mauritanienne. «C’est un roman qui me plaît beaucoup. Ça m’a impressionné dès les premières pages et je n’ai pas voulu me séparer de ce roman.» Et c’est à partir de là qu’à germer l’idée d’adapter au théâtre ce roman. 

Son parcours est assez riche. En 2005, il participa au FESPACO. En 2007, il participe au Festival des contes mimiques de Cotonou. Il gagnera le prix du meilleur comédien étranger en jouant ‘ A vous la nuit ou ma fidélité cravachée’ de Habib Dembélé, un conteur malien. Et comme il le dit, son métier lui a permis de découvrir d’autres cultures en participant à de nombreux festivals notamment en Afrique de l’Ouest. Ayant sacrifié ses études universitaires (il est allé jusqu’en licence au département de droit à l’université de Nouakchott) au profit du théâtre, sa passion et son amour. Professionnel depuis deux ans, il a monté lui aussi son propre groupe théâtral qui s’appelle ‘Théâtre du chameau’ créé en 2006. Il a fréquenté aussi pas mal d’écoles de théâtre en Afrique(Bénin, Tchad…).   

Actualité oblige, Ali Amadou Ba compte écrire sur l’immigration clandestine des jeunes africains qui pensent que l’Europe est soi-disant meilleure que l’Afrique. «On souhaiterait apporter notre pierre à cet édifice qu’est la sensibilisation : essayer de faire comprendre à ces jeunes-là que partout où on se trouve, l’essentiel c’est de pouvoir faire quelque chose(…). » 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr

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( 5 mai, 2008 )

Université de Nouakchott:Nebghouha Mint Mohamed Vall ‘affronte’ les étudiants

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Le Front Uni des Syndicats Estudiantins a organisé, ce samedi 3 mai, à l’amphithéâtre de la Faculté des Sciences Juridiques et Economiques de l’Université de Nouakchott un face-à-face public, premier du genre, avec Nebghouha Mint Mohamed Vall ministre de l’Education Nationale. Au cours de ce débat, elle a étalé les grandes réformes qu’elle compte mettre en branle pour donner une nouvelle image au système éducatif mauritanien. Elle a aussi expliqué les grands défis qui attendent son département ministériel notamment dans le domaine de la qualité. 

  

La venue de Nebghouha Mint Mohamed Vall à l’Université de Nouakchott était attendue avec beaucoup d’impatience par les étudiants. C’était la première fois, en effet, qu’un ministre de l’Education Nationale y mettait les pieds pour débattre avec les étudiants. Tenez-vous devant tout le monde dans un amphithéâtre plein à craquer pour discuter de l’Université et de ses problèmes. La ministre de l’Education Nationale a passé en revue tous les problèmes qui gangrènent le système éducatif mauritanien de manière générale. De l’enseignement fondamental à l’enseignement supérieur en passant par l’enseignement secondaire, elle a fait un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle que traverse notre système éducatif. En Mauritanie, «sur 2 enfants qui rentrent en première année fondamentale, 1 seul arrive en 6ième année », renseigne madame la ministre de l’Education Nationale qui compte remédier le plus rapidement possible cette situation préjudiciable. «Des études ont démontré, poursuit-elle, que des enfants qui ne font pas six années complètes ne sont pas entièrement alphabétisés. Par ailleurs, elles ont démontré que la qualité de l’apprentissage se dégrade à ce niveau(école fondamentale, NDLR) d’une année à une autre ». 

Au niveau aussi de l’enseignement secondaire, le constat est le même : la qualité de l’enseignement s’est dégradée aussi. Les premières victimes, ce sont les élèves qui en paient les conséquences. Nous avons encore en mémoire les catastrophiques résultats du bac 2007 qui sont une parfaite illustration du niveau de dégradation de notre système éducatif qui ne parvient plus à assurer un enseignement de qualité. Seulement 11% du taux de réussite. Ç’aurait pu être plus ridicule si on n’avait pas procéder au repêchage des candidats. «C’est très grave », juge la ministre de l’Education Nationale. 

L’Université de Nouakchott n’est pas épargnée, elle aussi,  par la faiblesse de la qualité. Les répercussions de cette baisse de qualité s’y font ressentir dramatiquement.  Avec un effectif avoisinant plus de 12.000 étudiants, l’Université de Nouakchott a largement dépassé aujourd’hui sa capacité d’accueil qui était prévu entre 3500 et 5000 étudiants. «L’Université de Nouakchott n’a pas malheureusement réussi à combler tous les gaps et à construire toutes les compétences qu’elle était supposée construire pendant les 4 ans que vous(les étudiants) passez à l’Université », a reconnu la ministre de l’Education Nationale. 

Au cours de ce face-à-face avec les étudiants de l’Université de Nouakchott, Nebghouha Mint Mohamed Vall a révélé que l’Etat mauritanien a beaucoup investi de l’argent dans l’expansion du système éducatif mauritanien. L’Etat mauritanien, selon elle, a investi moins d’argent dans les ressources humaines pour construire des compétences solides au niveau de l’offre du système éducatif. Item aussi à tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité(livres, laboratoires…). 

C’est pour inverser cette tendance que l’actuel ministre de l’Education Nationale Nebghouha Mint Mohamed Vall a entamé des réflexions pour mettre en place des plans d’action pour avoir une idée de ce qu’il faut faire. «Ce n’est pas toujours suffisant, dit-elle. Nous ne sommes pas satisfaits de la situation actuelle mais nous essayerons de l’améliorer. Nous souhaitons aussi que vous nous aidiez(les étudiants) en analysant à chaque fois les progrès réalisés non en comparaison de ce qu’on voudrait avoir mais en comparaison de la situation où on était. Il faut avoir à l’esprit qu’on ne peut pas tout résoudre d’une baguette magique. Comparons pour améliorer de manière substantielle aussi bien les services qui vous sont dispensés au niveau de l’Université que la qualité des apprentissages que vous obtenez pour vous professionnaliser davantage et vous permettre de pouvoir accéder à la fin de votre scolarité au marché de l’emploi ». 

La Mauritanie compte aujourd’hui plus de 15 mille étudiants dont 2.500 sont à l’étranger et 20 % du budget du ministère de l’Education Nationale leur est consacré. L’enseignement secondaire qui compte plus de 90 mille élèves occupe 30 % du budget du ministère de l’Education Nationale. Quant à l’enseignement fondamental qui représente plus de 500 mille élèves bénéficie de 50 % du budget alloué au ministère de l’Education Nationale. 

L’enveloppe budgétaire de l’enseignement supérieur avoisine les 5 milliards : les 2 milliards sont destinés aux étudiants mauritaniens vivant à l’extérieur et les 3 milliards à l’Université de Nouakchott. «Notre compréhension c’est qu’à chaque fois que le budget du ministère de l’Education Nationale augmente et par conséquent celui de l’enseignement augmente que l’augmentation aille à l’Université de Nouakchott, à l’amélioration des services, au renforcement des capacités des professeurs, à la documentation… », précise la ministre. 

L’attribution des bourses à l’étranger, selon elle, sera désormais gérée de manière transparente. «C’est fini les dessous de table », a-t-elle promis aux étudiants. «Les bourses à l’étranger continueront à être limitées parce que la priorité des priorités c’est d’abord l’université de Nouakchott. Il faudrait qu’elle devienne une université moderne et qu’elle réponde aux besoins de développement économique et social du pays », a-t-elle laissé entendre. 

Par rapport au futur campus universitaire dont la capacité sera de 2.500 places, les études architecturales, selon la ministre de l’Education Nationale, sont dans une phase très avancée. Quant à la Faculté des Sciences et Techniques, l’appel d’offres est en instance d’approbation du principal bailleur de fonds.   

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

 

 

( 5 mai, 2008 )

Fête du 1er mai 2008:Les travailleurs appellent l’Etat à sécuriser leur pouvoir d’achat

La célébration de la fête du 1er mai de l’année 2008 s’est déroulée dans un contexte social et économique assez difficile pour les populations en général et aussi pour les travailleurs en particulier. C’est ainsi qu’à l’occasion de cette traditionnelle fête du travail du 1er mai, ils ont appelé les autorités de la République à renforcer davantage leur pouvoir d’achat afin de les mettre à l’abri des aléas des hausses vertigineuses des denrées de premières nécessités qui proviennent en grande partie de l’extérieur. 

 

Le pouvoir d’achat, la généralisation de logement pour l’ensemble des fonctionnaires, la cherté de la vie, l’augmentation des salaires entre autres furent au cœur des revendications, jeudi 1er mai en Mauritanie, dans les défilés de la fête du Travail qui ont rassemblé des milliers de manifestants dans les grandes artères du centre-ville de Nouakchott. L’occasion pour les centrales syndicales de faire un bilan de leurs doléances. «Notre plate-forme de revendication n’a pas pousser d’un pas. Il n’y a aucun pas qui a été réalisé à ce jour. Les travailleurs sont dans une situation des plus difficiles. Les droits ne se donnent pas. Ils s’arrachent. Mais il manque malheureusement à la société syndicale cet éveil qui va obliger le patronat à lâcher du lest et à donner aux travailleurs leurs droits », souligne Abderrahmane Ould Boubou, Secrétaire Général de l’UTM. 

Les centrales syndicales n’ont pas dérogé à la règle. Pour marquer la célébration de cette année, elles ont mobilisé toute leur force et leur énergie pour mettre en exergue leur capacité de mobilisation. Pour parer à toute infiltration ou débordement, la police a été fortement mobilisée, elle aussi. Elle a fidèlement encadré les manifestants. Pas de heurts ni d’incidents enregistrés durant tout le défilé de la fête du 1er mai. A part quelques bousculades ! Dans l’ensemble, la mobilisation a été bien réussie au niveau de chaque centrale syndicale comme l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM) ou la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM). Cependant, contrairement à l’année précédente, les différentes centrales syndicales du pays ont marché seules. La célébration de la fête du 1er mai de cette année s’est fait dans une dispersion totale. Chaque centrale syndicale a fait cortège seule. Et certaines centrales syndicales comme l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM) y voient une forme d’affaiblissement du monde du travail caractérisé par la multiplicité des centrales syndicales « C’est un handicap pour l’effort des centrales, pense Abderrahmane Ould Boubou, Secrétaire Général de l’UTM. Il doit y avoir  union dans l’action. Le pouvoir n’a qu’à cesser de nous verser une multitude de centrales qui n’ont de centrale que leur nom (…) ». 

Les travailleurs ont déploré aussi le manque de considération dont ils font l’objet. Car, estiment-ils, ils n’ont pas été associés aux mesures récemment prises par le gouvernement pour faire face à la flambée des prix et la cherté du coût de la vie. Ils ont plaidé pour leur implication dans le programme d’urgence concocté par l’Etat mauritanien. Toutefois, ils n’ont pas manqué de saluer dans leur grande majorité  les récentes mesures prises par le gouvernement. Ils ont jugé ces mesures ‘salvatrices’. «C’est des mesures intéressantes attendu qu’elles soient encadrées et parviennent aux destinataires c’est à dire les pauvres et les couches défavorisées », signale le Secrétaire Général de l’UTM. 

Fer de lance du mouvement social, les centrales syndicales ont appelé à la promotion du dialogue social. Dans ce cadre, la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie, en vue de promouvoir le dialogue social dans notre pays, a demandé la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les partenaires sociaux, cadre déjà préconisé par les partenaires sociaux dont le principe et la mise en œuvre sont déjà inclus dans les accords de 2004. 

Le chômage, l’esclavage, la faiblesse du pouvoir d’achat, la réduction du coût de transport, du tarif de l’eau, de l’électricité, des produits pharmaceutiques, des coûts d’hospitalisation, la couverture sociale et médicale, la sous-traitance, la protection des travailleurs, logements sociaux…Les centrales syndicales ont passé en revue la situation économique et sociale du pays fortement dominée par la hausse des prix. Dans ce domaine, elles ont appelé les autorités à mettre en place des structures de contrôle efficace des prix où elles seront impliquées. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr 

 

 

 

 

( 1 mai, 2008 )

Unité et diversité culturelle:L’école, lieu de régénérescence des valeurs citoyennes

L’école mauritanienne a joué dans le passé un rôle important dans l’encrage des valeurs citoyennes. Elle a permis aux jeunes mauritaniens dans leur diversité culturelle et linguistique de se connaître, se respecter et surtout de cultiver l’amour et la fraternité.

Les premières générations ont appris à vivre dans une atmosphère de convivialité et de partage. Dans un univers où les différences  se rencontrent, les identités se croisent, les particularismes s’enrichissent mutuellement au détriment des préjugés.

Quand les futurs dirigeants d’une nation s’abreuvent à la source d’un système unifié comme à l’eau d’une même fontaine, c’est la Mauritanie qui en sortira grande, forte et assainie. L’école, on ne le dira jamais assez, est ce cadre adéquat de socialisation des jeunes appelés à perpétuer les vertus morales et citoyennes.

A travers un enseignement partagé, un système pédagogique lavé de toute idéologie, comment ne pas faire germer les graines de l’unité dans la diversité. Il nous semble que cette unité ne peut se faire nulle part ailleurs plus qu’à l’école. L’image que reflètent nos salles de classe doit être une Mauritanie en miniature, un échantillon représentatif des diversités culturelles diluées dans un enseignement commun. 

A l’école, la transculturalité est le terreau menant à l’émergence de ‘l’homo mauritanien’ nouveau à qui on doit inculquer les valeurs inaltérables de son présent et de son futur.

Depuis 10 ans, cette vision est devenue une réalité à la faveur de la réforme du système éducatif national où l’Arabe est la langue littéraire et le français le médium linguistique des disciplines scientifiques et mathématiques. Si l’esprit d’une telle réforme est appréciable, il y a urgence d’en améliorer le contenu et la qualité pédagogique pour asseoir un cadre rationnel  profitable à tous les enfants du pays.

C’est en ce moment que l’école nouvelle, pierre angulaire de l’édifice, trouvera un terrain fertile où clora la graine de l’unité.  Une graine qui a besoin de régénérer face aux multiples soubresauts que le pays a connus. Tous les efforts en cours menés par les acteurs politiques, les partenaires au développement, la société civile doivent tendre à recréer l’image réelle de la Mauritanie à travers une ‘école citoyenne’.

Les premières expériences qui ont été initiées dans le pays avaient donné des résultats probants. Il est impératif de ramener un système monocéphal riche et ouvert. La voie est balisée mais les bases de cette réforme méritent d’être améliorées. 

Qu’y a-t-il de plus beau, plus constructif que des élèves issus d’un même pays regardant vers la même direction, au tableau noir, comme pour lire ensemble l’avenir de leur pays, leur destin commun ? En l’absence de tout contact, de toute communication, le fossé différentiel ne fera que se creuser.

Heureusement que nos écoliers ont re-commencé cet apprentissage constructif. Dans quelques années, ils écriront ensemble en lettres d’or  l’histoire réelle de la Mauritanie : l’unité dans la diversité et transmettront ces nobles valeurs aux futures générations… 

«La beauté d’un tapis résulte de la diversité de ses couleurs ». Cette vision sur la pluralité culturelle d’un peuple émane de l’écrivain Amadou Hampâté Ba. Elle résume de façon éloquente l’interculturalité de toute nation qui œuvre au rapprochement harmonieux de ses composantes.

Dans ce cadre, la Mauritanie est un modèle en devenir. Un laboratoire expérimental et expérimentable. Mieux, c’est une réalité incontournable, une exigence ethnique, ‘esthétique’, politique, une pierre angulaire pour la construction d’une nation moderne, civilisée, démocratique, unie et prospère. La Mauritanie dispose d’un passé riche où des empires, des Emirats, des Almamiyas ont vécu en parfaite intelligence loin de tous les clivages et de querelles byzantines.

Aujourd’hui, cette image est encore vivace à travers les composantes sociales. Elle a façonné le destin de ses fils, engendré un métissage culturel et biologique. Les instruments musicaux maures tirent leur origine de la création artistique négro-africaine.

C’est le cas du Tidinit, de l’Ardine, du Tabal et bien d’autres outils de percussions. Chez les peulhs, les similitudes sont frappantes dans tous les domaines avec les Arabes, les soninkés et les wolofs.

Aujourd’hui, toutes ces identités sont diluées dans la mare de la diversité. Un mauritanien est facilement reconnaissable à travers ses manières raffinées de saluer, d’accueillir les étrangers.

Si bien que cette synthèse à produit une personnalité mauritanienne plus forte et mieux ‘armée’ pour résister à l’usure du temps. La religion est venue renforcer le ciment de notre unité dans notre diversité. Cette appartenance à une religion commune ne se retrouve nulle part ailleurs.

Les mosquées constituent un rempart contre les divisions ethniques. L’école mauritanienne a durant des décennies été un creuset de rencontre de la multuculturalité du pays. Ce système fut le socle de l’unité nationale dont les fossoyeurs ont sapé les bases. Sans toutefois réussir à faire écrouler un édifice qui est en train de renaître de ses cendres.

L’unification du système éducatif entamé il y a quelques années assurera le retour aux sources : l’unité dans la diversité. En dépit des différentes fractures communautaires, les mauritaniens n’ont jamais cultivé la rupture. Les liens consanguins continuent de régénérer lentement mais sûrement. Même les extrémistes ont tempéré leur ardeur, ‘civilisé’ leurs discours.

Dans les rapports intercommunautaires se dégage une volonté sincère de reconstituer la Mauritanie. Les clivages que certains groupes ont voulu ériger en système ont fini par céder comme des digues emportées par les eaux de ruissellement.

La plus belle illustration de cette confiance retrouvée est visible à travers les programmes des partis politiques dont le nouveau président a jeté les jalons. Les journées de concertation nationale du 20 au 22 novembre 2007 tenues au palais des congrès sur le retour des déportés et le passif humanitaire ont largement contribué à refermer les plaies et tourner la page d’un passé sombre.

Chaque mauritanien doit dire haut et fort : ‘plus jamais ça !’. L’unité nationale est depuis lors en marche. Après 18 ans d’exil forcé, les réfugiés mauritaniens reviennent massivement au pays, leur terre ancestrale. Avant d’être riche en ressources naturelles, la Mauritanie l’est par sa diversité culturelle et linguistique… 

Babacar Baye Ndiaye 

( 1 mai, 2008 )

Assalamalekoum hip hop Festival

Les rappeurs mauritaniens ont désormais leur festival ! ! ! 

Du 7 au 9 mai prochain, pendant 3 jours, le hip hop mauritanien sera à l’honneur avec ‘Assalamalekoum hip hop Festival’. Ce festival verra la participation de Daara-J Family (ex-Daara-J), de DJ Gee Bayss et de Breakdance, groupes de Rap et artistes venus du Sénégal voisin. C’est déjà un pas ! Et cela s’annonce prometteur et encourageant. Les initiateurs de ‘Assalamalekoum hip hop Festival’ viennent emboîter le pas de leurs aînés qui ont initié ‘Festival International des Musiques Nomades’, ‘Festival de Poésie’, ‘Semaine Nationale du Film’… 

Cet événement est né dans l’optique de ne pas rester en marge des grandes rencontres musicales. Désormais, les rappeurs mauritaniens, à l’image de leurs frères de la sous-région, auront eux aussi leur propre festival.  Premier du genre dans notre pays, ‘Assalamalekoum hip hop Festival’ est axé sur la forme scénique des prestations des danses hip hop, du live avec Disc jockey et des formules live avec orchestre dans une dimension mauritano-sénégalaise. Ce festival sera un moment de communion entre le public mauritanien et les différents rappeurs qui se produiront à cette occasion. L’initiateur de ce projet ambitieux n’est autre que Kane Limam alias Monza. 

Le festival, comme l’ont rappelé ses promoteurs, se nourrit du pays, de ses artistes, de l’âme de ses habitants et de leur art, résolument hip hop. Au-delà de cet aspect, il permet ainsi de favoriser un espace d’expression de ces artistes et de rencontres, pour servir de pont entre les différents acteurs du mouvement hip hop des deux pays (la Mauritanie et le Sénégal) représentés au sein de cette première édition. Contribuant au raffermissement des liens existants dans ces deux pays,  l’événement proposera aussi outre les représentations, des temps d’échanges et de sensibilisation à la pratique en danse hip hop en lien étroit avec les artistes qui vont s’y produire. 

‘Assalamalekoum hip hop Festival’, soulignent ses initiateurs, a pour objectif de participer à l’effort de reconnaissance de l’esthétique hip hop mauritanien, de contribuer à la valorisation du savoir-faire en matière de promotion et de production de spectacle pour soutenir les actions de création artistiques et ainsi favoriser les volontés d’engagement en terme d’organisation. 

Les différents artistes invités se produiront au Centre Culturel Français de Nouakchott pendant 3 jours sans répit. Les initiateurs comptent populariser ‘Assalamalekoum hip hop Festival’ en l’organisant annuellement dans plusieurs endroits de Nouakchott et va s’ouvrir dans l’avenir dans les autres localités du pays, promettent-ils, en invitant des formations hip hop venues des quatre coins de la planète. 

Coté mauritanien, il y aura la participation de Franco Man, de Military Underground, de Laye B, Diam Min Tekky, MD Max et La Rue Publik. Au premier jour de l’ouverture de ce festival, il y aura une projection sur le hip hop mauritanien au CCF à partir de 18h. Une sorte de rétrospective du mouvement hip hop en Mauritanie à travers des interviews de différents acteurs de ce milieu. Ce film retracera les parcours des groupes les plus en vue dans le Rap mauritanien grâce aux témoignages des artistes, des promoteurs et du public. Les thèmes développés par le film refléteront essentiellement les difficultés rencontrées par les artistes et les structures locales mais aussi toutes les questions relatives à la structuration et l’organisation des actions en faveur du développement d’un marché de la musique potentiellement hip hop en Mauritanie. 

 

Babacar Baye Ndiaye 

 

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