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( 3 juin, 2008 )

Kkdlvkpk

Une idée très originale

 L’exercice favori de José Javier Legarra est de ramasser des objets balancés dans la rue. A partir de ces matériaux de récupération, il réussit merveilleusement à créer toutes sortes de mobiliers : lampaleines, tablophones, ferteuils, taboufer, papier-jours, lampardins, fut-tons, lamparmites…Surtout, n’allez pas fouiner dans l’Encyclopédie de la langue française. Ce sont des néologismes. 

 

A travers une idée très originale, le ‘kkdlvkpk’, un jeu de consonnes espagnoles qui signifie en français ‘la crotte de la vache Françoise’, il développe une nouvelle forme d’expression artistique assez singulière consistant à récupérer des objets jetés, par exemple des cartes téléphoniques grattées, un flexible de lavabo, du câble, des photolites de la presse locale… pour en faire un bon usage. Une sorte de recyclage ! Le ‘kkdlvkpk’ est une expression espagnole qu’on utilise pour désigner des objets utilisés qu’on va jeter.   

 

Ce 2 juin 2008 au Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry de Nouakchott, il a présenté un concept original qui en a émerveillé plus d’un. Il a exposé ses tables, chaises, lampes d’intérieur et de jardin, coussins, futons, cendriettes, pochetons,…Ainsi donc, en les récupérant, il leur donne un nouvel aspect aidé en cela par des artisans mauritaniens. 

 

Tout est né d’une promenade au cours de laquelle il a vu des poubelles, des amas de détritus dans les rues de Nouakchott. Cet aspect hideux de la ville de Nouakchott l’a révolté et dérangé son esprit. L’architecte qu’il est avait du mal à accepter cela. Venu en Mauritanie dans le cadre d’un projet de construction de logements sociaux financés par la Coopération espagnole à Péka 12, il va participer à la réalisation d’une centaine de logements sociaux. C’est ainsi qu’il a eu l’idée de faire ramasser aux populations de Péka 12 tous les sachets plastiques pour bourrer les briques destinées aux logements sociaux. 

 

Ceci dans le but de faire une bonne utilisation des sachets plastiques et par conséquent rendre le quartier plus propre. Dans la foulée, il initia les femmes de cette zone à transformer ces sachets en rideaux plastiques. Désormais, s’est-il dit, on peut faire plein de choses avec les objets ramassés. Ainsi donc, avec des cartons de lait, il va réussir à créer des pochettes. Avec les canettes de boisson, des cendriettes. Avec de la douille, du câble, des flexibles de lavabo, des photolites de la presse locale, il forme des lampaleines. Avec du fer, du bois et des cartes de téléphone, il crée un tablophone. 

 

En dehors de ce concept original qui en a séduit plus d’un, il s’amuse avec la langue française. «S’il y a des cartes de téléphone que tu veux utiliser pour faire une table, pourquoi ne pas appeler ce mobilier ‘tablophone’. C’est une façon de montrer qu’est-ce que c’est », explique-t-il en pensant aussi que c’est une manière aussi d’enrichir la langue française. «L’idée, c’est de donner aux gens l’envie de faire ça et de l’améliorer, poursuit-il. Plus les gens vont copier, plus les choses vont s’améliorer. » 

 

C’est un exercice très difficile pour les profanes. Dans le but de valoriser le concept du ‘do it yourself’, (faites-le vous-mêmes) il explique aux visiteurs sur une notice les modes d’emploi pour fabriquer soi-même chacun de ces mobiliers faits à partir d’objets de récupération. 

 

Avec des objets jetés, il peut faire autant de choses qu’il veut. Combien d’objets sont jetés tous les jours dans la rue alors qu’ils peuvent être transformés ? Les mauritaniens devaient s’inspirer de cette approche pour participer à rendre la ville de Nouakchott plus écologique. Surtout que tous les pays, notamment ceux industrialisés, se ruent de plus en plus sur l’écologie en en vantant les avantages. 

 

Venu pour faire deux ans en Mauritanie, José Javier Legarra y est resté. Maintenant, il travaille dans un projet initié par la Coopération espagnole. Il se dit à l’aise en Mauritanie parce qu’il a retrouvé une certaine tranquillité et une qualité de vie joviale. Il ne croit pas à ces histoires de terrorisme qui ont assombri la Mauritanie. Pour preuve, il cite Ouadane où il se trouve depuis presque 3 ans. Une bourgade propice pour le repos et la méditation, selon lui!    

 

Babacar Baye Ndiaye 

  

 

  

 

( 3 juin, 2008 )

Démantèlement d’un réseau de terroristes: Révélations sur leurss objectifs sinistres

«La Mauritanie ne saurait servir de base au terrorisme ni à l’extrémisme aveugle » ont déclaré les responsables de la police et de la gendarmerie au cours d’une conférence de presse tenue ce 2 juin à l’Ecole Nationale de Police. «Les responsables de la gendarmerie et de la police vont continuer la poursuite et la traque des éléments terroristes encore en fuite jusqu’à leur neutralisation et leur présentation devant la justice », ont-ils rajouté en faisant savoir qu’ils s’engageront à frapper d’une main  ferme tous ceux qui seraient tentés de porter atteinte à la sécurité du pays, à celle des citoyens et des étrangers. 

La Mauritanie serait-elle dans le rétroviseur des terroristes dont les attaques sont imminentes. En tout cas, à en croire les révélations faites par les responsables de la gendarmerie et de la police, cette bande est en train de se constituer en organisation subversive dont l’annonce devrait être faite par voie de presse internationale. Elles ont rapporté aussi les intentions criminelles de cette bande de porter les armes contre les institutions de l’Etat et l’appropriation de biens publics et privés. Cette bande se base sur la doctrine du ‘Takfir’. Celle-ci considère les gouvernants et les populations comme des apostats. A la suite de multiples investigations menées par la gendarmerie et la police, d’importantes quantités d’armes, de munitions et d’explosifs ont été saisies (voir photo). Elles sont composées de bombes artisanales, de ceintures explosives prêtes à être utilisées, une quantité importante d’explosifs TNT, des détonateurs, de cordons détonants, de capsules explosives, d’armes automatiques de différents calibres collectifs et individuels et d’importantes quantités de munitions.  Ces armes subversives sont actuellement exposées dans une salle hyper surveillée de l’Ecole Nationale de Police.  

Quelle est cette bande terroriste ? 

Cette bande armée jusqu’aux dents fut à l’origine des actes terroristes que la Mauritanie a connus ces derniers mois. Elle est impliquée dans des opérations de vol à main armée notamment contre des ressortissants étrangers résidant en Mauritanie en leur enlevant leurs biens. Le braquage d’un fourgon de transport de fonds publics du port autonome de Nouakchott, c’est aussi elle. Cette bande ne s’est pas arrêter là. Elle va poursuivre ces actes terroristes similaires avec l’assassinat des 4 touristes français près d’Aleg le 24 décembre 2007. L’attaque contre l’ambassade d’Israël et le restaurant mitoyen, c’est à mettre à leur compte. 

Les fonds de ce ‘gang’ proviennent en majorité des ressources qu’elle a tirées des différents vols et braquages. Lesquelles ressources vont les permettre de louer plusieurs domiciles dans les quartiers comme Tévragh-Zéina pour se mettre à l’abri de tout soupçon ! Ces domiciles vont servir de cache aux membres de cette bande et aux éléments venus de l’étranger en appoint en leur fournissant armes et munitions. C’est après plusieurs investigations menées par les forces de l’armée et de sécurité que cette bande a été démantelée. 

Cette association terroriste était en train de préparer des actes criminels de grande envergure ont révélé les responsables de la police et la gendarmerie au cours de cette conférence de presse. Les armes – des explosifs – que cette bande s’apprêtait à utiliser étaient capables de faire disparaître des quartiers entiers de Nouakchott.  Heureusement que cette bande a été neutralisée. A la suite d’une enquête judiciaire, il a été révélé que cette bande disposait d’une organisation opacte et d’un système de recrutement et d’embrigadement hautement cloisonné qui a permis la constitution de petites cellules. 

Babacar Baye Ndiaye

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( 3 juin, 2008 )

Papys Koné

Sur les traces de son père, Jules Koné !

 

Avec des notes musicales douces, sobres et parfois frileuses mêlant voluptueusement folklore, reggae, afro, Papys Koné a charmé, pendant presque deux tours d’horloge, le public dans une atmosphère musicale qui rappelle les nuits chaudes au bord de la mer, au moyen seulement d’une guitare, d’une calebasse et d’un Djembé. C’était ce jeudi 29 mai au Centre Culturel Français.

 

Pour son baptême de feu, il a donné une bonne impression au public. Ses chansons sont une revendication de l’identité africaine, un appel à transcender les clivages sociaux et les barrières raciales. Il se réfère beaucoup à l’Eternel dans ses thèmes, Dieu qui est pour lui l’alpha et l’oméga. Il aborde aussi l’amitié et la trahison dont il a été beaucoup victime. Il est capable de vous arracher des larmes tellement ses morceaux sont pleins de susceptibilité, d’amour et de tolérance. Ses qualités de chanteur ne sont plus à démontrer. Il sait dompter sa guitare, sa seconde compagne comme il dit souvent, comme un Azerbaïdjanais sait dompter un épervier. Il a aussi des qualités de conteur. Il l’a d’ailleurs démontré ce soir, le temps de se dégourdir mais surtout de chasser le stress.

 

Ce n’est pas une surprise, si aujourd’hui, Papys Koné est devenu un chanteur. On prédit déjà qu’il sera une future icône de la musique mauritanienne. Son père n’est d’autre que Jules Koné qui fut le grand guitariste soliste de l’Orchestre National pendant les années 70 et 80. Il a tenu à être ce jour-là au baptême de feu de son fils, Papys Koné. Emu, il n’a pas manqué l’opportunité de faire le témoignage suivant : «Je sais que c’est un musicien. C’est un artiste. Je ne lui ai jamais rien appris en matière de musique. Mais j’ai toujours compris qu’il allait tôt ou tard faire de la musique. C’est encore le début. La musique, ce n’est pas une sinécure. Je sais qu’un jour viendra où on entendra parler de lui. »

 

«Je lui ai toujours appris, poursuit-il, à se comporter bien.» Et pourtant, au début, Jules Koné, pour des raisons personnelles, n’était pas favorable à ce que son fils fasse de la musique. Cependant, lorsqu’il a compris que Papys Koné n’aimait que la musique, il le confie ceci en guise de rappel et d’avertissement : «La musique, c’est comme un train. Il peut t’amener là où tu voudras comme il peut dérailler. A toi de réfléchir et de comprendre ! »

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La musique que joue Papys Koné n’est pas encore connu en Mauritanie. C’est une musique très originale capable de réveiller les vieux souvenirs. Son père a tenu à être présent, ce jeudi 29 mai, pour que Papys Koné comprenne qu’il a du talent. On peut dire que le chemin est tracé pour suivre les traces de son père. Lorsque ce dernier est monté sur le podium pour être présenté, Papys Koné a eu une forte émotion. Ce jour-là, il aurait aimé voir sa maman présente. La séparation de ses parents, il la vit comme un supplice. Il aurait aimé les voir ensemble à sa première sortie musicale. 

 

Voilà à peine 3 ans quand il a commencé à caresser la guitare. Cependant, tout n’a pas été rose pour lui. Même si son père fut un artiste. Pour se perfectionner, il est allé chercher la connaissance dans les livres spécialisés traitant de musique.

 

Papys Koné, c’est aussi la timidité. Pour comprendre cela, il faut faire un flash-back sur son enfance, une enfance mouvementée qui l’a marqué au fer rouge. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de résignation qu’il en parle. C’est comme si la bête dormait toujours en lui. Il a failli y laisser la vie. Cette parenthèse de sa vie l’a handicapé sur beaucoup de choses. Il était devenu une âme perdue entre les mains de Lucifer. Pour se sortir de cet état dépressif, il consulta des livres de psychologie qui l’ont aidé petit à petit à sortir du canevas dans lequel il s’était engouffré. Grâce aussi à l’apprentissage du Saint Coran, il s’est remis sur le bon chemin.

 

Aujourd’hui, avec le recul, il essaie de comprendre cet épisode douloureux de sa vie de jeune enfant jeté dans les pâtures de l’inconscience. Même s’il n’aime pas en parler ou bousculer l’ordre des choses. Son seul regret, c’est de n’avoir pas fait des études poussées. Il est en train de se battre actuellement pour que sa musique soit connue des mauritaniens. Tout ce qui lui manque sur le plan musical, c’est de sortir un album.

 

Il s’est essayé au Rap, au Reggae, à la Soul music. Mais il a aussitôt senti que ce n’était pas son domaine. C’est ainsi qu’il a opté pour la guitare afin de s’exprimer. A l’âge de 9 ans, il a commencé à s’exercer aux notes musicales. Un jour, son père l’entendit jouer à la maison. Il en fut impressionné. La musique est une partie de sa vie. La preuve, lorsque son père a voulu le débarrasser de ce qu’il aime, il s’est senti blessé dans son âme.

 

C’est ainsi qu’il a commencé à fuguer et à fréquenter la rue. Il deviendra par la suite danseur pour, dit-il, boucher le trou. C’était vers 1987 qu’il acquiert une notoriété en matière de danse. Par la suite, petit à petit, il commence à tester sa voix en improvisant des airs de chanson. C’est ainsi qu’est né le chanteur qu’il est à nos jours et qu’il deviendra demain. Une étoile est née.

 

Babacar Baye Ndiaye

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