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( 27 juin, 2008 )

Egalité des sexes: L’AFCF dénonce les discriminations dont sont victimes les femmes

Pour montrer que rien ne va, comme veulent le faire croire certains, en matière d’égalité des sexes, les femmes, regroupées autour de l’Association des Femmes Chefs de Famille, ont sorti tout ce qu’elles avaient dans leur cœur comme discriminations à leur égard.

L’AFCF veut secouer les autorités pour qu’elles lèvent les réserves faites par la Mauritanie sur la Convention relative à l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes adoptée et ouverte à la signature, à la ratification et à l’adhésion par l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies dans sa résolution 34/180 du 18 décembre 1979. 

Aujourd’hui, les femmes mauritaniennes ont du mal à comprendre que presque 30 ans après, cette convention ne soit pas toujours ratifiée par la Mauritanie. Dans ce cadre, l’Association des Femmes Chefs de Famille et plus d’une soixantaine d’ONGs ont adressé au Président de la République une lettre de plaidoyer pour que la Mauritanie lève les réserves faites sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Aussitôt informé, le Président de la République a instruit le ministère de la justice et de la condition féminine de mettre en place une commission ad hoc qui va étudier les voies et moyens à prendre pour lever ces réserves tant décriées par les ONGs de défense des droits de la femme, dont l’AFCF, qui pensent que c’est une entorse à la démocratie et à l’évolution de la femme mauritanienne.

Aminétou Mint Ely Moctar a dénoncé leur mise à l’écart dans l’établissement de cette commission qu’elle a qualifiée de «bidon ». Laquelle commission, rapporte-t-elle, a porté une réserve sur l’article 16 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. (Voir encadré). Cette réserve n’a pas été du goût de Aminétou Mint Ely Moctar qui a tenu des propos salés à l’égard des membres de cette commission qu’elle  a considéré comme étant des loufoques allergiques à l’émancipation de la femme mauritanienne.

Aujourd’hui, les femmes mauritaniennes souffrent de discriminations flagrantes. Par exemple, elles n’ont pas droit  de toucher à la pension de retraite de leurs époux lorsque ceux-ci décèdent. Leur âge à la retraite est de 55 ans contrairement à celui des hommes qui est de 65 au maximum. Autant de discriminations qui, aux yeux de Aminétou Mint Ely Moctar, menacent même l’existence des femmes mauritaniennes.

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille a souligné au cours de sa déclaration aux médias que les femmes mauritaniennes doivent se battre pour se libérer du joug de la féodalité, de l’exclusion et de la pauvreté qui l’empêche d’avoir les mêmes droits et les mêmes responsabilités que les hommes.

Article 16 de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. 

1.     Les Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour éliminer la discrimination à l’égard des femmes dans toutes les questions découlant du mariage et dans les rapports familiaux et, en particulier, assurent, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme :

a)     Le même droit de contracter mariage

b)    Le même droit de choisir librement son conjoint et de ne contracter mariage que de son libre et plein consentement ;

c)     Les mêmes droits et les mêmes responsabilités au cours du mariage et lors de sa dissolution ;

d)    Les mêmes droits et les mêmes responsabilités en tant que parent, quelque soit leur état matrimonial, pour les questions se rapportant à leurs enfants ; dans tous les cas, l’intérêt des enfants est la considération primordiale

e)     Les mêmes droits de décider librement et en toute connaissance de cause du nombre et de l’espacement des naissances et d’avoir accès aux informations, à l’éducation et aux moyens nécessaires pour leur permettre d’exercer ces droits ;

f)      Les mêmes droits et responsabilités en matière de tutelle, de curatelle, de garde et d’adoption des enfants ou d’institutions similaires, lorsque ces concepts existent dans al législation nationale ; dans tous les cas, l’intérêt des enfants est la considération primordiale ;

g)     Les mêmes droits personnels au mari et à la femme, y compris en ce qui concerne le choix du nom de famille, d’une profession et d’une occupation ;

h)     Les mêmes droits à chacun des époux en matière de propriété, d’acquisition, de gestion, d’administration, de jouissance et de disposition des biens, tant à titre gratuit qu’à titre onéreux ;

2.     Les fiançailles et les mariages d’enfants n’ont pas d’effets juridiques et toutes les mesures nécessaires, y compris des dispositions législatives, sont prises afin de fixer un âge minimal pour le mariage et de rendre obligatoire l’inscription du mariage sur un registre officiel.

Babacar Baye Ndiaye

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