( 11 juin, 2008 )

Pratiques esclavagistes: L’AFCF et S.O.S. Esclaves dénoncent des blocages dans l’évolution du dossier de l’esclavage

Les Organisations de Défense des Droits de l’Homme, en particulier SOS. Esclaves et l’Association des Femmes Chefs de Famille, n’en peuvent plus de voir tout le temps leurs plaintes renvoyées aux calendes grecques.   Parce que, tout simplement, toutes les plaintes qu’elles déposent, dans le cadre des violations des droits de l’Homme relatives à l’esclavage, sont classées sans suite par les autorités judiciaires.

Au cours d’une conférence de presse, organisée conjointement ce 10 juin, elles ont encore fustigé la faible implication des hautes autorités de l’Etat dans le traitement du dossier de l’esclavage.  La seule alternative qui leur reste, c’est la dénonciation et elles comptent l’utiliser comme moyen de pression.  

La Mauritanie a ratifié et voté un ensemble d’instruments juridiques contre l’esclavage : la convention de Genève de 1926, l’ordonnance n° 81.234 abolissant l’esclavage, la loi n° 2003-05 du 17 juillet portant répression de la traite des personnes, la loi n° 2005-015 portant code du travail et la convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage de 1956.   Récemment, la loi n° 048-2007 a été votée pour criminaliser l’esclavage et les pratiques esclavagistes. Mais, aux yeux de Aminétou Mint Ely Moctar, cette loi est inutile parce qu’ «elle n’a pas abouti à grande chose » dans l’éradication de l’esclavage et des pratiques esclavagistes.  Les cas de pratiques esclavagistes avérées continuent de faire scandale. A en croire, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, il y a un lobby hyper structuré au sein de l’administration, de la justice, qui empêche toute évolution du dossier.

«Dans n’importe quelle Moughata ou wilaya du pays, a-t-elle remarqué, dès qu’il y a un cas d’esclavage, toute l’autorité se dresse contre. » Cela démontre en toute évidence selon elle, qu’il y a «une volonté de nier l’existence de l’esclavage dans ce pays ».  S’y ajoute encore une médiocre campagne de vulgarisation de la loi n° 048-2007 criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes. Cette loi est ‘handicapée’ aussi du fait de l’absence de mesures d’accompagnement qui auraient pu permettre aux victimes d’esclavage d’en bénéficier.  

L’ampleur du phénomène de l’esclavage n’est plus un secret. «Même à Nouakchott, il y a des maisons d’esclaves.

Ces derniers demeurent exploités et serviles ; sans aucun moyen de se libérer parce qu’ils sont enfermés. Ils font du travail manuel sans être rémunérés», a renseigné Aminétou Mint Ely Moctar, qui estime que le gouvernement doit prendre ses dispositions sur ce nouveau phénomène des «maisons d’esclaves ».  

Elle a aussi estimé, que les autorités doivent cesser de leurrer les populations en continuant à tenir des discours démagogiques sans proposer de solutions fiables au problème de l’esclavage.  

Elle a tancé les médias publics qui ne jouent pas véritablement leur rôle dans la sensibilisation des populations au sujet de la loi n° 048-2007. 

De même que l’attitude passive de certaines personnalités de l’Etat. «Ce n’est pas parce qu’un ministre s’est rendu dans une région que c’est une sensibilisation. C’est pour tout simplement, faire du marketing pour le gouvernement.

Ce que font les ministres, ce n’est pas dans l’esprit de vulgariser cette loi », ironise-t-elle tout en recommandant au gouvernement de prendre des sanctions contre ceux qui enfreignent la loi en refusant de l’appliquer. «Il faut adapter la justice à nos réalités si nous voulons changer les choses et instaurer l’équité entre les citoyens », exige-t-elle.  Quant à Birame O. Dah O. Abeid, il s’est dit révolté et surpris de voir les cas d’esclavage, d’expropriation et de maltraitance à caractère esclavagiste persister. Surtout dans un pays qui se dit démocratique.

«Ce paradoxe qui dure et se développe en mal structurel et moyen de gestion officielle de contradictions sociales dans notre pays, nous impose de tirer l’alarme et de mettre en garde contre cette dérive dont les conséquences sur la paix civile et la concorde nationale sont potentiellement lourdes de dangers », prévient-il tout en relevant que «les cas avérés de pratiques esclavagistes qui ont été constatés dans toutes les moughataas du pays ont été ignorés, niés et dénaturés d’une manière active par les appareils administratifs, judiciaires et sécuritaires ». 

Devant le mépris de l’administration son hésitation à traiter convenablement le dossier de l’esclavage, Birame O. Dah O. Abeid a appelé les victimes et les défenseurs de la dignité humaine à imaginer des méthodes et chemins nouveaux capables de leur assurer une place au soleil dans l’honneur, la dignité et la justice.

Babacar Baye NDiaye

( 9 juin, 2008 )

Coulyman/Le médiateur 2 la rue publik

 

Qui est-il ? Que pense-t-il du Hip Hop en Mauritanie ? Quel genre de relations entretient-il avec Monza, celui qu’il considère comme étant un ‘frère de sang’ ?  

Il est mauritanien et il en est fier. Ses grands parents paternels sont d’origine malienne plus précisément de la ville de Ségou. Ceux du côté maternel, du Sénégal. C’était pendant la période coloniale, la période où il n’y avait pas encore de pièce d’identité ni de nationalité, la période où il était permis aux ressortissants de l’Afrique Occidentale française de s’établir là où ils veulent. C’est comme ça que de nombreuses générations ont apparu. En ce moment-là encore, on ne parlait pas de la Mauritanie, du Mali ou du Sénégal.  

En cette période, il n’y avait pas non plus les indépendances qui verront au grand jour la naissance des pays africains avec tout ce que cela a impliqué. C’est dans ce contexte que ses parents sont nés à Saint-Louis du Sénégal qui était une passerelle entre la Mauritanie et le Sénégal.  

Quant à lui, Coulyman, il sera né à Nouakchott en…Peu importe la date de naissance qui sera pour nous autres un mystère. Pour lui, le temps de rentrer dans les détails, l’année de sa naissance n’est pas nécessaire à connaître. L’essentiel pour lui, c’est qu’on retienne la date suivante : le mercredi 23 février 2000. C’est à partir de cette date que son histoire dans la musique a débuté. C’était au CCF, lieu de passage obligé pour être connu à Nouakchott et en Mauritanie. Cette date marque véritablement son premier pas dans le Hip Hop. Déniché par Monza, le Président 2 la Rue Publik, il se plaisait à écrire des chansons qu’il distribuait sans bourse délier. 

Coulyman ? Derrière chaque lettre de ce nom se dissimule une signification qu’il préfère ne pas partager avec les autres. C’est une surprise pour le moment, qu’il garde en attendant la sortie de son prochain album. Coulyman vient de ‘Couly’ diminutif de Coulibaly et de ‘man’, un mot anglais qui signifie en français homme. Ce nom a aussi une connotation religieuse. Dans Coulyman, on peut trouver ‘Coulou-imri’in’, un mot arabe qui signifie en français chaque individu. D’autres voient en lui un ‘Cool man’, c’est à dire un homme sérieux et sociable. Son vrai nom, c’est Mamadou Coulibaly. Mais, pour des raisons superstitieuses (cela peut se comprendre parce que nous sommes en Afrique), il s’est choisi ‘Coulyman’ comme nom d’artiste. 

Pour ceux qui ne le connaissent pas, il est longiligne. Il a la démarche d’un canard-roi. Certainement à cause de sa stature. Il ressemble un peu à Xuman, ce tonitruant rappeur sénégalais. Depuis 2005, il porte des dreads locks. Une façon de se différencier des autres rappeurs mauritaniens. D’ailleurs, cette coiffure lui sied bien. Ce n’est pas par snobisme qu’il l’a fait mais juste parce qu’il est artiste, nous dit-il. 

Pour votre information, Coulyman a fait un passage éphémère au Military Underground qui vient de mettre sur le marché national leur premier album ‘Au Secours’. Des jeunes qu’il respecte bien pour leur talent ! Partenaire de Monza, il considère ce dernier comme un ‘frère de sang’.   

Grâce à lui, nous a-t-il fait savoir, il est devenu ce qu’il est aujourd’hui. Celui qu’il qualifie aujourd’hui comme étant son ‘président’, non par simple allégation, lui a fait découvrir beaucoup de choses. Monza, président 2 la rue publik ! Coulyman, médiateur 2 la rue publik ! Ventrebleu ! Dans quel pays sommes-nous ? Leur groupe, ‘la rue publik’, tient à rappeler Coulyman, pour dissiper les mauvaises interprétations, n’est pas ‘un parti politique’ encore moins une République dans une République. C’est juste ‘la rue publik’ ! 

Coulyman refuse toute idée consistant à penser que Monza, le président de la rue publik, l’exploite en utilisant son talent. Pour ceux qui pensent qu’il est naïf, il réplique : «Il n’y a que Dieu qui compte. » Refusant de pérorer, il explique avec beaucoup d’assurance et de précision que : «Monza n’a aucun intérêt à m’exploiter. » Il se justifie en avançant qu’il n’en sera jamais ainsi.  

Parce que, tout simplement, «c’est un frère », croit-il. Mais ne dit-on pas souvent que qui vivra verra. La notoriété de Monza ne l’importune guère même si certaines langues déliées, depuis quelques temps, sèment la confusion dans l’esprit des fans de ‘la rue publik’ en disant que : «Coulyman est plus célèbre que Monza. Monza est plus célèbre que Coulyman.» Ces rumeurs, selon Coulyman, n’altéreront en rien la fraternité qui le lie avec Monza. 

Non seulement, Coulyman est un artiste mais aussi c’est un technicien en génie civil et bâtiment. C’était le chemin le plus court pour réussir après avoir tenté n fois le bac. «Ce n’est pas parce que j’étais nul. Loin de là », se justifie-t-il comme un voleur qu’on a pris la main dans le sac. «Je fus un élève vraiment brillant en classe », rajoute-t-il en faisant savoir que l’obtention du bac ne relève que de la ‘chance’.  

Comme la plupart de ces élèves ayant connu le même sort, il porte la responsabilité de son échec scolaire sur le système éducatif et les hommes qui l’incarnent. «C’est une chance dans la mesure où les correcteurs ne prennent pas vraiment le temps de corriger les épreuves », regrette-t-il. Il avait compris, en continuant à faire le bac, qu’il pédalait dans le vide.  

C’est ainsi qu’il entra au lycée technique de Nouakchott d’où il est sorti comme technicien en génie civil et bâtiment en 1999. Paresseux qu’il était, il ne se voyait faisant des études supérieures parfois très longues où seuls les teigneux s’en sortent. Il était hors de question de faire de longues études. Ça pourrait le fatiguer !  

Coulyman est un type très méticuleux avec un emploi du temps bien aménagé. Pour preuve, il réussit à allier sans contrainte sa vie d’artiste et celle de technicien en génie civil et bâtiment qu’il exerce depuis 2001. Il boulotte le matin et, l’après-midi, il se consacre à la musique et aux répétitions. De temps à autre, si sa disponibilité le lui permet, il bifurque vers le sport. Eh oui, il est aussi un excellent footballeur, selon ses propres termes ! 

Pour ceux qui ne le savent pas, Coulyman est le fils aîné de Diadié Coulibaly, un des premiers fondateurs de l’Orchestre National de la Mauritanie de la fin des années 70. Son père a joué avec de grands noms de la musique africaine à l’époque. Touré Kunda, par exemple. Il a eu à bourlinguer, avec l’Orchestre National de la Mauritanie, un peu partout en Afrique notamment l’Afrique de l’Ouest.  

Encore enfant à cette époque, Coulyman se souvient toujours de ces répétions de l’Orchestre National de la Mauritanie qui faisait la fierté de toute une nation. C’est à partir de là que Coulyman a attrapé un jour le virus de la musique. Dans la rue, à l’école, à la maison, partout il fredonnait des airs de salsa qu’il connaissait bien, puisqu’à cette époque, la musique cubaine était au sommet de sa gloire. Celle-ci a influencé bon nombre de nos musiciens des années 60 et 70. La salsa était vraiment à la mode. 

Son père lui a été d’un apport considérable dans son évolution dans le milieu de la musique. Aujourd’hui, des rappeurs comme Dady Bibson, Xuman, Maxi Crazy lui vouent beaucoup d’estime et l’apprécient bien. Il écoute toutes sortes de musique. Du reggae au jazz, en passant par la salsa. Pas étonnant, si on retrouve dans ses morceaux, ces différents styles de musique. 

A présent célibataire, le médiateur 2 la rue publik rêve d’une bonne femme pour fonder un bon foyer. Il compte vieillir dans la musique. Ses morceaux s’inspirent de la vie quotidienne de tous les jours. 

En matière d’inspiration, il est inégalable. Il passe tout son temps à écrire. C’est un auteur-compositeur. Un don qui n’est pas donné à tous les artistes. Coulyman fait partie aujourd’hui de ces rappeurs qui font vivre le Hip Hop en Mauritanie. Il est l’auteur d’un célèbre morceau émouvant, qui ne manquerait pas de vous arracher des larmes. Ce morceau s’inspire d’un fait divers de société relatant l’histoire d’un père de famille qui a abandonné femme et enfants pour aller à sa propre perte. 

Aujourd’hui, il regrette le ‘manque de confiance’ qui caractérise les relations entre les rappeurs. Pour lui, les rappeurs doivent ranger leur hache de guerre et faire de sorte que le Hip Hop soit plus connu à l’extérieur. Coolyman pense que les rappeurs ne doivent plus servir de courroie de transmission aux idées que veulent véhiculer les hommes politiques qui ne se ruent vers eux qu’à l’approche d’élections ou de manifestations politiques. 

Coulyman, ou le médiateur 2 la rue publik, comme vous coulez, promet, avec son prochain album solo, de faire un tabac. En avant première, il va sortir un opus pour les fans. On attend…

 

 

Babacar Baye Ndiaye 

ducdejoal@yahoo.fr

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( 9 juin, 2008 )

Fonction Publique: Formation linguistique au profit de 200 agents et planification pour un futur institut des langues au sein de l’ENA

Le Ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, monsieur Moustapha O. Hamoud, a présidé hier à l’Ecole Nationale d’Administration, le démarrage d’une session de formation linguistique au profit de 200 agents de l’Etat. Cette formation qui va durer deux mois portera sur le français, l’anglais et l’arabe. 

Celle-ci rentre, en effet, dans le cadre du processus de réformes de l’administration publique mauritanienne  engagé par les pouvoirs publics.  

Le but aussi de cette formation est de répondre aux besoins de formation linguistique des agents de l’administration. «La réforme de l’administration et sa modernisation constitue en effet l’un des axes essentiels du programme du président de la république et de l’action du gouvernement », a rappelé le directeur de l’Ecole Nationale d’Administration.  

«Les autorités mauritaniennes sont conscientes du besoin incontournable de disposer d’une administration publique moderne répondant aux exigences du développement économique et social du pays conformément aux principes de la bonne gouvernance » a-t-il poursuivi en soulignant que son école jouera un rôle important dans al réalisation du renforcement des capacités des ressources humaines de l’Etat mauritanien.  

Faire en sorte qu’au moins chaque fonctionnaire maîtrise deux langues, c’est l’obsession des pouvoirs publics qui ont fait appel à l’expertise française et américaine. Aujourd’hui, selon  les statistiques fournies par le ministère de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, plus de 2500 fonctionnaires veulent se mettre à niveau rien qu’en français. Cette demande du gouvernement  mauritanien n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Car, les gouvernements français et américain ont manifesté leur volonté de soutenir cet ambitieux projet linguistique. 

Cette formation linguistique n’est qu’une première pierre à l’édifice du futur Centre de Langues de l’Ecole Nationale d’Administration. Dans ce cadre, le Centre International d’Etudes Pédagogiques de Sèvres a été sollicité pour la réalisation du Centre de Langues de l’ENA. D’ailleurs, une première mission est déjà venue à Nouakchott. L’ambassadeur de la République française à Nouakchott a promis que son pays apportera des moyens budgétaires significatifs avec la mise en place d’un projet pluriannuel du Fonds de Solidarité Prioritaire. Une partie de ce fonds, a-t-il précisé, sera entièrement destinée au Centre de Langues de l’ENA et à la formation linguistique des agents de l’Etat.  

Lors de son discours, le directeur de l’école nationale d’administration a affirmé que son école sera un partenaire essentiel dans la réalisation de cette initiative de par sa double mission qui consiste à assurer d’une part, une formation administrative de base à des diplômes de l’enseignement général et préparant à l’exercice d’un emploi minimal et d’autre part, un renforcement de la qualification des personnels de l’Etat afin d’adapter leur connaissance administrative à un environnement évolutif, de remplir pleinement sa mission et faire face aux nouvelles exigences d’une administration efficace et performante s’appuyant sur un personnel suffisamment formé pour produire des prestations de qualité de manière efficiente. 

La création du Centre de Langues de l’ENA permettra ainsi de renforcer les capacités des fonctionnaires en al matière afin de faciliter leur formation. Cependant, «tous ces efforts risquent d’être vains s’ils ne sont pas accompagnés de programmes destinés à la maîtrise des langues et de la communication.(…). Cette préoccupation trouve un début d’exécution grâce à ce projet pilote initié par le ministère de la fonction publique et de la modernisation de l’administration et qui se concrétisera définitivement à partir d’octobre avec la mise en place d’un programme annuel et la disponibilité de professeurs permanents », a rassuré le directeur de l’Ecole Nationale d’Administration. 

L’enjeu est donc de taille puisque l’objectif de cette formation linguistique va permettre aux agents de participer à l’amélioration de leur ministère, à renforcer al cohésion sociale et identitaire du pays tout en augmentant leurs compétences et leurs connaissances. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 9 juin, 2008 )

Violations des droits de l’Homme: N’ayant plus confiance en la justice, les victimes se tournent vers les Organisations de défense des droits de l’Homme

Le Président de la République avait promis de rétablir la justice et de faire de la Mauritanie un Etat de droit. Doit-on continuer à rêver ? En tout cas, avec les cas d’esclavage, d’expropriation de terres que la presse relate tous les jours, ce n’est pas demain la veille. En effet, des blocages continuent à être régulièrement constatés par les Organisations de Défense des Droits de l’Homme. Ce constat est aussi valable en ce qui concerne le retour des déportés et du passif humanitaire.  

A Bouldem, des familles réclament toujours leurs terres 

Encore des victimes d’expropriation de terres cultivables ! A Bouldem dans l’arrondissement de Lexeiba 2, des familles ont été dépossédées de leurs terres. Ceci remonte au moment des événements de 1989. Profitant de ces événements, des personnes malveillantes ont récupéré ces terres de culture d’une superficie de 150 ha dûment acquis.   

A leur retour du Sénégal, ces familles sont allées voir le gouverneur de la wilaya du Trarza. Mais, en vain, elles n’ont pas obtenu gain de cause.  Par la suite, un chef d’arrondissement (Mohamedou O. Wagui ) est nommé à Lexeiba 2. Ce dernier est un proche parent de ceux qui ont récupéré les terres de culture pendant les événements de 89. Ces personnes qui ont, illégalement occupé ces terres, sont Khalil O. Habibou Rahmane, Mohamedin O. Habibou Rahmane( ancien directeur des Impôts à Nouadhibou). Ces terres n’ont jamais été mises en valeur. Il a fallu qu’il y ait l’appel du Président de la République pour assurer l’autosuffisance alimentaire et combattre la faim pour que ces derniers se ruent vers ces terres.  Pire encore, l’octroi de ces terres se fait souvent de gré à gré. Par exemple, un citoyen simple n’a droit qu’à 20 ha et un homme d’affaires plus de 100 ha Où se situe la vérité ? Ces populations victimes d’expropriation de terre n’ont cessé de faire une ‘rotation’ entre le chef d’arrondissement de Lexeiba, le préfet de R’Kiz et le Wali du Trarza.  

 Ce qui est désarmant dans ces affaires, c’est que des personnalités y sont mêlées jusqu’au cou. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités par rapport à la question des terres pour éviter le pire. Car, la colère des populations ne cesse de se gonfler comme une mayonnaise. Comme en témoignent les cas de plainte  soumis aux Organisations de Défense des Droits de l’homme et à la Commission Nationale des Droits de l’Homme! 

Un vieux de 58 ans « fugue » de la maison de ses maîtres 

Ahmed O. Mohamed est père de 8 enfants. Il est presque vieux (58 ans). Déjà, il marche avec l’aide d’une canne. Il est esclave c’est à dire toujours dépendant de son maître, sans biens et sans droit. Il était exploité comme une bête de somme. Toutes ces années de misère et de souffrance, il l’a vécu avec beaucoup de résignation. Mais un jour, il a décidé de ne plus être esclave de personne. C’est ainsi qu’il a quitté son village Achram 2 dans la Moughata de Moudjéria. 

Cette ‘fugue’ lui a valu d’être banni par ses maîtres : Abdallahi O. Souleymane Mohamédine O. Hadrami.  Ceux-ci font partie de l’ex-PRDS à Tijikja. Les comparant à de véritables tortionnaires, ce vieux de 58 ans a subi toutes sortes de supplice et de châtiment de la part de ses maîtres. Pire encore, ils l’ont dépossédé de ses oasis que lui ont léguées ses aïeux. Il a accusé ‘ses’ maîtres de prendre en otage ses enfants en les réduisant à l’esclavage. De même son épouse.  Il a appelé l’Etat mauritanien à le rétablir dans son droit tout en condamnant ces maîtres esclaves qu’il qualifie de ‘féodaux’.  En outre, il a dénoncé les agissements de Arbi O. Mohamed Mahmoud, ancien président du tribunal départemental de Kiffa, dans cette affaire. De même que ceux de l’ancien ministre de la justice Mahfouh O. Bettah. Les dossiers qu’il avait introduit au niveau du tribunal départemental de Tijikja, pour récupérer ses terrains, ont disparu dans les tiroirs.  Tout ce qu’il demande aujourd’hui, c’est d’être rétabli dans ses droits.   

Parce qu’il est esclave, sa fille a été mariée sans son consentement 

Taleb O. Sidi est né en 1957 et père de 6 enfants. Il est originaire de Bousstaïla dans la Moughataa de Timbédra. Il est esclave lui aussi. Contre son gré, ses maîtres ont enlevé par la force sa fille pour la marier à un autre esclave.  En vain, il a essayé de reprendre sa fille âgée seulement de 15 ans. Pendant ce temps, il avait adressé deux lettres aux procureurs de la République de Timbédra et d’Amourj pour protester contre ce mariage décidé par ses maîtres sans son consentement.  Ces derniers, au lieu de régler ce problème, ils l’ont classé sans suite pour protéger ceux qui ont marié par la force sa fille. En l’occurrence ses maîtres qui n’ont cessé de lui proférer des paroles menaçantes.  Aujourd’hui, ce monsieur ne rêve que de revoir sa fille mariée sans son contentement. 

La légitimation d’un système fondé sur la politique de la main basse 

La Commission Nationale des Droits de l’Homme est présentement saisie de toutes ses affaires qui «sont la résultante de la mauvaise volonté des autorités et la détermination des groupes dominants à maintenir et préserver des privilèges basés sur la discrimination, l’exclusion et l’impunité », a relevé Biram Ould Dah Ould Abeid.  Et par rapport au retour des déportés, il a constaté que cela se passe dans des ‘conditions déplorables’  en remarquant que les autorités n’ont rien fait pour résoudre la question de l’expropriation des terres de la vallée.  

Entouré de victimes de violations des droits de l’homme, il a qualifié la volonté de certains dignitaires civils et militaires de faire main basse sur la seule source de revenus des gens de la vallée qu’est la terre de culture. «Le système judiciaire et administratif a légitimé par ses pratiques discriminatoires et de classe l’emprise des féodalités tribales et théocratiques qui imposent un régime d’exploitation et de servage moyenâgeux aux couches serviles vivant et travaillant sur les terres cultivables », regrette-t-il.   Il s’est aussi insurgé contre l’exclusion des haratines et des noirs dans le financement de la campagne agricole au profit de l’agro-business et de la féodalité de l’ethno-classe arabo-berbère. Enfin, Birame O. Dah O. Abeid a dénoncé la déviation systématique des programmes télévisés et radiodiffusés de l’esprit de la campagne de dénonciation de l’esclavage vers une campagne de négationnisme et du confortement du système idéologique et anachronique esclavagiste. Babacar Baye Ndiaye   

( 9 juin, 2008 )

Grève du SIPES : Le spectre de l’année blanche sera-t-il évité ?

Nebghouha maintient le calendrier scolaire, rejette toute négociation sous la contrainte, mais affirme, néanmoins, sa disposition au dialogue. Le Sipes, pour sa part, continue son mouvement de grève. Et les élèves, dans tout cela ?

————Par Babacar Baye Ndiaye 

La Ministre de l’Education Nationale, Nebghouha Mint Mohamed Vall, qui a tenu une conférence de presse vendredi matin, a fait savoir que, une semaine après le début de la grève annoncée par l’un des syndicats de l’enseignement secondaire (SIPES ou Syndicat Indépendant des Enseignants du Secondaire), plus de 60% des enseignants continuent leur travail. 

«Le premier enseignement que l’on peut tirer de ce constat, c’est que le souci de l’intérêt général a animé le comportement positif de la majeure partie des enseignants durant la semaine écoulée et nous espérons que leurs collègues grévistes ne tarderont pas à les rejoindre pour que les choses rentrent dans l’ordre et que l’année scolaire se termine dans des conditions normales », lit-on dans le communiqué de presse transmis à l’issue de cette conférence de la Ministre de l’Education Nationale Nebghouha Mint Mohamed Vall qui faisait sa deuxième sortie depuis le début de la grève. 

Par rapport aux compositions de passage, prévues ce dimanche 8 juin, la Ministre de l’Education Nationale a affirmé que son département a pris toutes les mesures garantissant le bon déroulement des compositions. Et ce dans les meilleures conditions permettant d’évaluer en toute objectivité et toute transparence le travail des élèves durant l’année scolaire qui s’achève. 

Loin de minimiser la grève des enseignants, la Ministre de l’Education Nationale a reconnu l’impact que cet acte pourrait avoir sur le bon déroulement des étapes ultérieures du processus. La ministre souhaite même que les choses se passent dans des conditions optimales. 

En conséquence, «nous sommes rentrés dans un processus de négociation avec l’ensemble des syndicats de l’Education Nationale », a-t-elle précisé en faisant savoir que son département a toujours essayé de répondre à chaque occasion aux sollicitations des enseignants. Elle a rappelé aussi le point d’achoppement ayant déclanché la grève de la semaine passée et qui oppose le ministère et le syndicat. Il s’agit de l’augmentation des salaires. Or, celle-ci, précise la Ministre, devrait être discutée au moment où de la préparation du budget. Autrement, c’est mettre la charrue avant le bœuf. 

Toujours selon elle, il n’est pas raisonnable d’exiger du gouvernement l’augmentation des salaires des enseignants six mois après le début de l’exécution du budget de l’Education Nationale. Par conséquent, la Ministre de l’Education Nationale espère que les enseignants vont réfléchir et finir par comprendre que ce n’est pas par manque de volonté politique que cette doléance relative à l’augmentation des salaires n’a pas été satisfaite. « C’est pour des considérations budgétaires et économiques », a-t-elle précisé. 

Interrogée sur la retenue sur le salaire de base des enseignants non grévistes, la Ministre de l’Education Nationale Nebghouha Mint Mohamed Vall a affirmé qu’elle n’a pas été au courant et que si cela était avéré, des mesures rectificatives seraient prises pour rétablir dans leurs droits ceux qui n’avaient pas observé la grève.  

Maintenant, par rapport aux enseignants grévistes, la loi sur la fonction publique autorise le fonctionnaire à observer la grève selon des formes bien précises. En revanche aussi, elle autorise l’employeur (ici, le ministère de l’Education Nationale) à faire des retenues sur les jours pour lesquels aucun service n’a été fait.  

La Ministre a rappelé que l’intention du Ministère de l’Education Nationale n’est pas de pénaliser qui que ce soit ou de le sanctionner pour un droit qui lui est garanti par la loi et les règlements du pays. «Nous ne sanctionnons pas les grévistes qui rentrent dans une grève légale. Ce syndicat qui est en grève a observé toutes les étapes qui doivent être suivies pour que sa grève soit légale. Donc, il n’y a aucune raison que le ministère de l’Education Nationale prenne des sanctions contre ces enseignants qui sont en grève », dit-elle en notant que tout doit se faire en conformité avec les lois régissant la fonction publique mauritanienne. 

Nebghouha Mint Mohamed Vall, qui semble avoir du pain sur la planche devant l’insistance des grévistes à poursuivre leur mot d’ordre de grève jusqu’à entière satisfaction, ne s’est pas empêchée de dissimuler son optimisme en pensant que les enseignants ayant observé le mouvement de grève la semaine dernière finiront par revenir à la raison et à la conscience professionnelle en plaçant l’intérêt général des enfants au-dessus de toutes autres considérations.  

La Ministre de l’Education Nationale, qui est en train de tendre la perche aux enseignants grévistes, va-t-elle réussir à les faire revenir à de meilleurs sentiments ?

 

( 3 juin, 2008 )

Kkdlvkpk

Une idée très originale

 L’exercice favori de José Javier Legarra est de ramasser des objets balancés dans la rue. A partir de ces matériaux de récupération, il réussit merveilleusement à créer toutes sortes de mobiliers : lampaleines, tablophones, ferteuils, taboufer, papier-jours, lampardins, fut-tons, lamparmites…Surtout, n’allez pas fouiner dans l’Encyclopédie de la langue française. Ce sont des néologismes. 

 

A travers une idée très originale, le ‘kkdlvkpk’, un jeu de consonnes espagnoles qui signifie en français ‘la crotte de la vache Françoise’, il développe une nouvelle forme d’expression artistique assez singulière consistant à récupérer des objets jetés, par exemple des cartes téléphoniques grattées, un flexible de lavabo, du câble, des photolites de la presse locale… pour en faire un bon usage. Une sorte de recyclage ! Le ‘kkdlvkpk’ est une expression espagnole qu’on utilise pour désigner des objets utilisés qu’on va jeter.   

 

Ce 2 juin 2008 au Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry de Nouakchott, il a présenté un concept original qui en a émerveillé plus d’un. Il a exposé ses tables, chaises, lampes d’intérieur et de jardin, coussins, futons, cendriettes, pochetons,…Ainsi donc, en les récupérant, il leur donne un nouvel aspect aidé en cela par des artisans mauritaniens. 

 

Tout est né d’une promenade au cours de laquelle il a vu des poubelles, des amas de détritus dans les rues de Nouakchott. Cet aspect hideux de la ville de Nouakchott l’a révolté et dérangé son esprit. L’architecte qu’il est avait du mal à accepter cela. Venu en Mauritanie dans le cadre d’un projet de construction de logements sociaux financés par la Coopération espagnole à Péka 12, il va participer à la réalisation d’une centaine de logements sociaux. C’est ainsi qu’il a eu l’idée de faire ramasser aux populations de Péka 12 tous les sachets plastiques pour bourrer les briques destinées aux logements sociaux. 

 

Ceci dans le but de faire une bonne utilisation des sachets plastiques et par conséquent rendre le quartier plus propre. Dans la foulée, il initia les femmes de cette zone à transformer ces sachets en rideaux plastiques. Désormais, s’est-il dit, on peut faire plein de choses avec les objets ramassés. Ainsi donc, avec des cartons de lait, il va réussir à créer des pochettes. Avec les canettes de boisson, des cendriettes. Avec de la douille, du câble, des flexibles de lavabo, des photolites de la presse locale, il forme des lampaleines. Avec du fer, du bois et des cartes de téléphone, il crée un tablophone. 

 

En dehors de ce concept original qui en a séduit plus d’un, il s’amuse avec la langue française. «S’il y a des cartes de téléphone que tu veux utiliser pour faire une table, pourquoi ne pas appeler ce mobilier ‘tablophone’. C’est une façon de montrer qu’est-ce que c’est », explique-t-il en pensant aussi que c’est une manière aussi d’enrichir la langue française. «L’idée, c’est de donner aux gens l’envie de faire ça et de l’améliorer, poursuit-il. Plus les gens vont copier, plus les choses vont s’améliorer. » 

 

C’est un exercice très difficile pour les profanes. Dans le but de valoriser le concept du ‘do it yourself’, (faites-le vous-mêmes) il explique aux visiteurs sur une notice les modes d’emploi pour fabriquer soi-même chacun de ces mobiliers faits à partir d’objets de récupération. 

 

Avec des objets jetés, il peut faire autant de choses qu’il veut. Combien d’objets sont jetés tous les jours dans la rue alors qu’ils peuvent être transformés ? Les mauritaniens devaient s’inspirer de cette approche pour participer à rendre la ville de Nouakchott plus écologique. Surtout que tous les pays, notamment ceux industrialisés, se ruent de plus en plus sur l’écologie en en vantant les avantages. 

 

Venu pour faire deux ans en Mauritanie, José Javier Legarra y est resté. Maintenant, il travaille dans un projet initié par la Coopération espagnole. Il se dit à l’aise en Mauritanie parce qu’il a retrouvé une certaine tranquillité et une qualité de vie joviale. Il ne croit pas à ces histoires de terrorisme qui ont assombri la Mauritanie. Pour preuve, il cite Ouadane où il se trouve depuis presque 3 ans. Une bourgade propice pour le repos et la méditation, selon lui!    

 

Babacar Baye Ndiaye 

  

 

  

 

( 3 juin, 2008 )

Démantèlement d’un réseau de terroristes: Révélations sur leurss objectifs sinistres

«La Mauritanie ne saurait servir de base au terrorisme ni à l’extrémisme aveugle » ont déclaré les responsables de la police et de la gendarmerie au cours d’une conférence de presse tenue ce 2 juin à l’Ecole Nationale de Police. «Les responsables de la gendarmerie et de la police vont continuer la poursuite et la traque des éléments terroristes encore en fuite jusqu’à leur neutralisation et leur présentation devant la justice », ont-ils rajouté en faisant savoir qu’ils s’engageront à frapper d’une main  ferme tous ceux qui seraient tentés de porter atteinte à la sécurité du pays, à celle des citoyens et des étrangers. 

La Mauritanie serait-elle dans le rétroviseur des terroristes dont les attaques sont imminentes. En tout cas, à en croire les révélations faites par les responsables de la gendarmerie et de la police, cette bande est en train de se constituer en organisation subversive dont l’annonce devrait être faite par voie de presse internationale. Elles ont rapporté aussi les intentions criminelles de cette bande de porter les armes contre les institutions de l’Etat et l’appropriation de biens publics et privés. Cette bande se base sur la doctrine du ‘Takfir’. Celle-ci considère les gouvernants et les populations comme des apostats. A la suite de multiples investigations menées par la gendarmerie et la police, d’importantes quantités d’armes, de munitions et d’explosifs ont été saisies (voir photo). Elles sont composées de bombes artisanales, de ceintures explosives prêtes à être utilisées, une quantité importante d’explosifs TNT, des détonateurs, de cordons détonants, de capsules explosives, d’armes automatiques de différents calibres collectifs et individuels et d’importantes quantités de munitions.  Ces armes subversives sont actuellement exposées dans une salle hyper surveillée de l’Ecole Nationale de Police.  

Quelle est cette bande terroriste ? 

Cette bande armée jusqu’aux dents fut à l’origine des actes terroristes que la Mauritanie a connus ces derniers mois. Elle est impliquée dans des opérations de vol à main armée notamment contre des ressortissants étrangers résidant en Mauritanie en leur enlevant leurs biens. Le braquage d’un fourgon de transport de fonds publics du port autonome de Nouakchott, c’est aussi elle. Cette bande ne s’est pas arrêter là. Elle va poursuivre ces actes terroristes similaires avec l’assassinat des 4 touristes français près d’Aleg le 24 décembre 2007. L’attaque contre l’ambassade d’Israël et le restaurant mitoyen, c’est à mettre à leur compte. 

Les fonds de ce ‘gang’ proviennent en majorité des ressources qu’elle a tirées des différents vols et braquages. Lesquelles ressources vont les permettre de louer plusieurs domiciles dans les quartiers comme Tévragh-Zéina pour se mettre à l’abri de tout soupçon ! Ces domiciles vont servir de cache aux membres de cette bande et aux éléments venus de l’étranger en appoint en leur fournissant armes et munitions. C’est après plusieurs investigations menées par les forces de l’armée et de sécurité que cette bande a été démantelée. 

Cette association terroriste était en train de préparer des actes criminels de grande envergure ont révélé les responsables de la police et la gendarmerie au cours de cette conférence de presse. Les armes – des explosifs – que cette bande s’apprêtait à utiliser étaient capables de faire disparaître des quartiers entiers de Nouakchott.  Heureusement que cette bande a été neutralisée. A la suite d’une enquête judiciaire, il a été révélé que cette bande disposait d’une organisation opacte et d’un système de recrutement et d’embrigadement hautement cloisonné qui a permis la constitution de petites cellules. 

Babacar Baye Ndiaye

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( 3 juin, 2008 )

Papys Koné

Sur les traces de son père, Jules Koné !

 

Avec des notes musicales douces, sobres et parfois frileuses mêlant voluptueusement folklore, reggae, afro, Papys Koné a charmé, pendant presque deux tours d’horloge, le public dans une atmosphère musicale qui rappelle les nuits chaudes au bord de la mer, au moyen seulement d’une guitare, d’une calebasse et d’un Djembé. C’était ce jeudi 29 mai au Centre Culturel Français.

 

Pour son baptême de feu, il a donné une bonne impression au public. Ses chansons sont une revendication de l’identité africaine, un appel à transcender les clivages sociaux et les barrières raciales. Il se réfère beaucoup à l’Eternel dans ses thèmes, Dieu qui est pour lui l’alpha et l’oméga. Il aborde aussi l’amitié et la trahison dont il a été beaucoup victime. Il est capable de vous arracher des larmes tellement ses morceaux sont pleins de susceptibilité, d’amour et de tolérance. Ses qualités de chanteur ne sont plus à démontrer. Il sait dompter sa guitare, sa seconde compagne comme il dit souvent, comme un Azerbaïdjanais sait dompter un épervier. Il a aussi des qualités de conteur. Il l’a d’ailleurs démontré ce soir, le temps de se dégourdir mais surtout de chasser le stress.

 

Ce n’est pas une surprise, si aujourd’hui, Papys Koné est devenu un chanteur. On prédit déjà qu’il sera une future icône de la musique mauritanienne. Son père n’est d’autre que Jules Koné qui fut le grand guitariste soliste de l’Orchestre National pendant les années 70 et 80. Il a tenu à être ce jour-là au baptême de feu de son fils, Papys Koné. Emu, il n’a pas manqué l’opportunité de faire le témoignage suivant : «Je sais que c’est un musicien. C’est un artiste. Je ne lui ai jamais rien appris en matière de musique. Mais j’ai toujours compris qu’il allait tôt ou tard faire de la musique. C’est encore le début. La musique, ce n’est pas une sinécure. Je sais qu’un jour viendra où on entendra parler de lui. »

 

«Je lui ai toujours appris, poursuit-il, à se comporter bien.» Et pourtant, au début, Jules Koné, pour des raisons personnelles, n’était pas favorable à ce que son fils fasse de la musique. Cependant, lorsqu’il a compris que Papys Koné n’aimait que la musique, il le confie ceci en guise de rappel et d’avertissement : «La musique, c’est comme un train. Il peut t’amener là où tu voudras comme il peut dérailler. A toi de réfléchir et de comprendre ! »

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La musique que joue Papys Koné n’est pas encore connu en Mauritanie. C’est une musique très originale capable de réveiller les vieux souvenirs. Son père a tenu à être présent, ce jeudi 29 mai, pour que Papys Koné comprenne qu’il a du talent. On peut dire que le chemin est tracé pour suivre les traces de son père. Lorsque ce dernier est monté sur le podium pour être présenté, Papys Koné a eu une forte émotion. Ce jour-là, il aurait aimé voir sa maman présente. La séparation de ses parents, il la vit comme un supplice. Il aurait aimé les voir ensemble à sa première sortie musicale. 

 

Voilà à peine 3 ans quand il a commencé à caresser la guitare. Cependant, tout n’a pas été rose pour lui. Même si son père fut un artiste. Pour se perfectionner, il est allé chercher la connaissance dans les livres spécialisés traitant de musique.

 

Papys Koné, c’est aussi la timidité. Pour comprendre cela, il faut faire un flash-back sur son enfance, une enfance mouvementée qui l’a marqué au fer rouge. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de résignation qu’il en parle. C’est comme si la bête dormait toujours en lui. Il a failli y laisser la vie. Cette parenthèse de sa vie l’a handicapé sur beaucoup de choses. Il était devenu une âme perdue entre les mains de Lucifer. Pour se sortir de cet état dépressif, il consulta des livres de psychologie qui l’ont aidé petit à petit à sortir du canevas dans lequel il s’était engouffré. Grâce aussi à l’apprentissage du Saint Coran, il s’est remis sur le bon chemin.

 

Aujourd’hui, avec le recul, il essaie de comprendre cet épisode douloureux de sa vie de jeune enfant jeté dans les pâtures de l’inconscience. Même s’il n’aime pas en parler ou bousculer l’ordre des choses. Son seul regret, c’est de n’avoir pas fait des études poussées. Il est en train de se battre actuellement pour que sa musique soit connue des mauritaniens. Tout ce qui lui manque sur le plan musical, c’est de sortir un album.

 

Il s’est essayé au Rap, au Reggae, à la Soul music. Mais il a aussitôt senti que ce n’était pas son domaine. C’est ainsi qu’il a opté pour la guitare afin de s’exprimer. A l’âge de 9 ans, il a commencé à s’exercer aux notes musicales. Un jour, son père l’entendit jouer à la maison. Il en fut impressionné. La musique est une partie de sa vie. La preuve, lorsque son père a voulu le débarrasser de ce qu’il aime, il s’est senti blessé dans son âme.

 

C’est ainsi qu’il a commencé à fuguer et à fréquenter la rue. Il deviendra par la suite danseur pour, dit-il, boucher le trou. C’était vers 1987 qu’il acquiert une notoriété en matière de danse. Par la suite, petit à petit, il commence à tester sa voix en improvisant des airs de chanson. C’est ainsi qu’est né le chanteur qu’il est à nos jours et qu’il deviendra demain. Une étoile est née.

 

Babacar Baye Ndiaye

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