( 4 juillet, 2008 )

Photographie

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May San Alberto Giraldos présente sa nouvelle création artistique au public mauritanien

 

Imaginez que vous êtes en train de penser, parce que vous êtes préoccupé, parce que vous êtes seul…A ce moment précis, vous êtes ailleurs, vous êtes en train de vous éloignez de la réalité. Tout d’un coup, quelqu’un vous apostrophe et vous demande : «A quoi tu penses ? ». Que lui répondez-vous à part : «A rien ! A n’importe quoi ! ».

 

Avec cette idée, May San Alberto Giraldos a fait une espèce de collage digital à partir duquel on peut observer une couleur très vive, des traits horizontaux et des morceaux de photos verticales qui exhibent diverses formes humaines. Cela donne des structures architecturales impressionnantes. «Quand je demande à quoi tu penses ? Je fais allusion au spectateur qui est en train de regarder mon œuvre. C’est un échange et un dialogue entre l’artiste et le spectateur », explique May San Alberto Giraldos qui était de passage à Nouakchott pour présenter sa nouvelle création artistique, au musée national, sous le thème «A quoi tu penses ? » qui est une métaphore de la pensée.

 

D’Espagne, elle a amené plus d’une dizaine de tableaux lumineux qui résument parfaitement son parcours de voyageuse infatigable. Là où elle passe, elle s’arrête un moment, observe et scrute. Et, puis, tout d’un coup, on entend le crépitement des flashs. Elle en profite pour prendre des photographies qu’elle photocopiera, ciselera, assemblera et enfin collera pour donner naissance à une nouvelle vision des différentes photographies prises. C’est un travail minutieux qui demande beaucoup de dextérité et surtout d’attention pour créer un effet aux yeux du spectateur.

 

Artiste, en même temps, elle est infirmière à l’hôpital de Nouadhibou où elle vient 3 à 4 fois(pendant 15 jours à 1 mois) par an pour aider les infirmiers de cette structure sanitaire dans le cadre de la coopération entre l’Espagne et la Mauritanie. Elle ne voit aucune incompatibilité entre sa vocation artistique et son travail d’infirmière qu’elle exerce depuis plus d’une vingtaine d’années. 

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Son amour pour la peinture est né d’une envie de faire cet art destiné aux esprits élevés. Encouragée par Anna Perrédia, une de ses professeurs qui a très tôt décelé en elle des aptitudes artistiques, elle décide de faire ses humanités à la Faculté des Beaux-Arts de Tenerife aux Iles Canaries avant de se rendre en Angleterre pour se perfectionner dans le domaine artistique. De la poterie à la peinture, en passant par la gravure, les desseins, elle deviendra un touche-à-tout.

 

Parallèlement à ça, elle développe des projets artistiques sur la photographie qui est très développée en Espagne. Petit à petit, elle invente son propre style où elle utilise ingénieusement des techniques approfondies de mélange de la photographie, du dessin, du collage, d’animation, de la diffusion audiovisuelle, de la musique et de la luminosité.

 

Vingt ans de peinture ! Cela lui a permis de découvrir le monde, d’exposer dans les grandes villes européennes comme Paris, Londres ou Madrid. Elle aime voyager. C’est sa nature. La caractéristique des artistes ! Pour la première fois, elle expose ses produits artistiques en Mauritanie qu’elle a découverte en 1978. «J’étais jeune », se rappelle-t-elle. Aujourd’hui, elle trouve que la Mauritanie a beaucoup changé. «Il y a cent ans, la Mauritanie qu’on voit aujourd’hui n’existait pas. Il n’y avait rien. En l’espace de quelques décennies, la Mauritanie a beaucoup évolué. Je ne sais pas si c’est bien ou c’est mieux », s’interroge-t-elle.

 

May San Alberto Giraldos connaît mieux Nouadhibou que Nouakchott. La Mauritanie, confie-t-elle, est son second pays. Elle admire la détermination des femmes mauritaniennes qui ont laissé une forte impression sur elle. «Elles sont très courageuses. Elles commencent à revendiquer leur place dans la société. Elles se positionnent dans la politique, l’éducation, le commerce et les arts aussi », remarque-t-elle. «Il faut créer une Faculté des Beaux-Arts », plaide-t-elle en faveur des femmes artistes mauritaniennes pour qu’elles puissent s’épanouir artistiquement.  

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May San Alberto Giraldos a mis du temps pour s’imposer dans le domaine artistique. De tout temps, l’art a toujours été dominé par les hommes. Au fil des années, elle se trace un chemin à suivre. Bohémienne, symboliste, impressionniste, elle est aussi une artiste insaisissable. C’est ce qui fait certainement son charme et la particularité de son travail.

 

En Espagne, son pays d’origine, elle est devenue l’une des étoiles les plus en vue dans le domaine de la photographie. «Tu dois faire de la photographie », lui avait suggéré un de ses professeurs de la Faculté des Beaux-Arts de Tenerife. «J’ai commencé à y penser, se souvient-elle. Je ne voulais pas faire de la photographie parce qu’en Espagne tout le monde fait de la photographie. »

 

Dans son esprit, elle voulait faire autre chose. En un mot, elle voulait exhiber une nouvelle forme d’expression artistique. «J’ai pris 3 à 4 photos. Je les ai coupées en formes de colonnes d’un cm de large. J’ai fait un collage. Je les ai mélangées et ça donnait une autre réalité. » A partir de là, elle a commencé à faire beaucoup de collages pour faire naître une nouvelle forme d’expression.

 

D’esprit curieux et toujours vers la découverte de nouvelles astuces, elle ouvrira son propre atelier pour s’exercer ainsi à la peinture, et surtout, pour ressortir ce qu’elle a à l’esprit et dans l’âme. Etudiante déjà, elle rêvait de faire de la peinture. Des noms comme Sonia Delanoë entre autres femmes artistes qui ont marqué l’histoire de l’art en Europe l’influencèrent beaucoup aussi.

 

Une chose : May San Alberto Giraldos ne sait pas que photographier ou faire des collages. Elle sait aussi faire la cuisine !

 

Babacar Baye Ndiaye

 

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