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( 11 juillet, 2008 )

NON CONTENTS DE LA COMPOSITION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT:DES DEPUTES DE LA MAJORITE DEPOSENT UNE MOTION DE CENSURE

La démocratie s’est-elle, définitivement, ancrée en Mauritanie? En tout cas, des députés de la majorité présidentielle ont déposé une motion de censure pour dénoncer la formation d’un gouvernement qui n’est pas de leur goût. Une première dans l’histoire de la Mauritanie. 

 La Mauritanie a l’épreuve de la démocratie, tel pouvait être l’intitulé du feuilleton politique qui retient l’attention des mauritaniens: une motion de censure portée par des députés de la majorité pour remettre en cause le choix de leur leader. En fait, pour avoir formé un gouvernement qui n’est pas du goût de quelques uns de ses partisans, le président de la République, Sidi Ould Cheikh Abdallahi fait face à sa première véritable crise politique. Une première, d’ailleurs, dans l’histoire politique de la Mauritanie.   

Ainsi, ils sont 39 députés, proches du pouvoir, à déposer, lundi dernier, sur la table du président de l’Assemblée nationale, siégeant en séance plénière pour le renouvellement du bureau de l’Assemblée, une motion de censure pour le renversement du gouvernement mis en place le 11 mai dernier et dirigé par Yahya Ould Ahmed Al Waqef. Des motifs brandis par les frondeurs, l’on retient: «le recul de tous les indicateurs de croissance», «la mauvaise gestion des revenus pétroliers», «l’échec du plan spécial d’intervention pour alléger le renchérissement des prix», «l’opacité dans la gestion du budget de l’Etat» et «l’accentuation du chômage et l’appauvrissement des populations». En plus de ces motifs, l’on avance l’idée selon laquelle les signataires de la motion n’ont pas apprécié la présence des partis de l’Union des forces du progrès (Ufp) et le Tawassoul (Islamistes modérés) dans l’actuel gouvernement, arguant que «le gouvernement ne doit refléter que la majorité politique qui a travaillé à l’élection du président de la République». Déposée à l’absence du président de la République et avant que le Premier ministre, Yahya Ould Ahmed Al Waqef, ne présente sa déclaration de politique générale, la motion doit être votée par 48 députés pour pouvoir passer. Ce qui ne posera pas de problème puisque les principaux partis de l’opposition ont affirmé leur intention de soutenir la motion de censure dont le vote est prévu par la constitution pour demain, jeudi, c’est-à-dire 48 heures après son dépôt. Il reste que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit que «ce délai peut être prolongé de trois jours». 

Au-delà des raisons avancées, des observateurs renseignent que le dépôt de la motion de censure n’est que le prolongement du conflit qui oppose le Chef de l’Etat aux principaux chefs de l’Armée,  à savoir le Chef d’Etat major particulier du président de la République, Général Mohamed Ould Abdel Aziz et le Chef d’Etat major de l’Armée nationale et Mouhamed Ould Cheikh Ahmed Ould Ghazwani, par ailleurs Chef d’Etat major de l’Armée nationale. Ceux-là mêmes qui, avec Ely Ould Mohamed Vall, avaient réussi à renverser le pouvoir de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya et installer le Conseil militaire pour la justice et la démocratie (Cmjd). Une structure qui a mené, en main de maître, le processus de la transition démocratique en Mauritanie avant de déposer le pouvoir entre les mains des civils, suite à des élections jugées libres et transparentes par toute la communauté internationale. 

En fait, ce que les militaires n’ont pas pu digérer c’est «pourquoi Sidi Ould Cheikh Abdallahi procède au changement du gouvernement sans demander leur avis. Pire, pourquoi a-t-il permis aux anciens caciques du pouvoir de Maaouiya d’occuper des postes ministériels stratégiques, notamment celui de l’Intérieur, des Affaires étrangères et du Pétrole». 

Ainsi, la suite à donner à cet acte dépend de l’attitude du président de la République. S’il veut instaurer un climat d’apaisement, il devra laisser la procédure suivre son cours normal et aboutir à la formation d’un nouveau gouvernement qui pourra refléter la cartographie de l’Assemblée nationale. Ce qui donnera une victoire politique aux frondeurs. Sinon, il peut laisser la situation continuer et puis «se rabattre sur les partis de l’ex-Coalition des forces du changement démocratique (Cfcd) pour former un gouvernement d’union nationale». La pertinence de cette option est qu’elle va constituer un rempart contre les députés initiateurs de la motion de censure. La dernière attitude que Sidi Ould Cheikh Abdallah peut adopter est la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation, dans les 40 jours qui suivent, d’élections législatives. Ce qui constitue un danger pour lui, car par rapport à la situation actuelle du pays, rien ne peut lui garantir une nouvelle majorité. 

Babacar Baye Ndiaye 

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