• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 16 juillet 2008
( 16 juillet, 2008 )

Diddal Jaalal:Le temps des concerts et des découvertes

diddaljaalal.jpg                                                             

Décidément, Diddal Jaalal a le vent en poupe ces derniers temps, est-on tenté de dire. De retour de la Gambie, où ils ont participé pour leur première fois à l’International Gambian Roots, Festival qui s’est tenu du 31 mai au 7 juin dernier, ils ont enchaîné sans répit concert sur concert à Nouakchott. Au stade de Banjul, plein à craquer, ils ont ouvert ce festival devant le Président de la République gambienne Yaya Djameh et l’ambassadeur de la Mauritanie en Gambie. 

Durant leur séjour, ce fut l’occasion pour Diddal Jaalal de découvrir la Gambie.  Par exemple, ils ont joué au Kamasutu Cultural Camp, un lieu réputé pour sa lagune naturelle bordée de maisonnettes fantastiques. Situé à quelques kilomètres de la capitale gambienne, ce haut lieu touristique et écologique offre un cadre de vie exceptionnel. C’est dans ce lieu à la fois moderne et sauvage que la ministre gambienne a dansé aux rythmes de la musique de Diddal Jaalal.   

Autres localités où a joué Diddal Jaalal : Kanélagne, Diandiambouré. L’objectif visé par les organisateurs de l’International Gambian Roots Festival, c’est de promouvoir le tourisme culturel en Gambie, qui demeure un pays peu connu des touristes européens. A Banjul,  à l’occasion de l’International Gambian Roots Festival, Diddal Jaalal a laissé une bonne impression au sein du public gambien. 

C’est dans cette atmosphère de dégustation inachevée que Diddal Jaalal a quitté la Gambie. De retour à Nouakchott, le temps d’un répit, ils vont enchaîner coup sur coup en jouant successivement au Centre de détention pour mineurs de Beyla à l’occasion de la journée de l’Enfant africain, à l’Ecole Souleymane Baal durant les journées de la scolarité, à Nouakchott. 

Le 21 juin, voilà Diddal Jaalal au Centre Culturel français, pour célébrer avec les mauritaniens, la fête de la musique aux côtés de Ousmane Gangué, Tahara Mint Hembara, la virtuose de l’ardine. Avec cette dernière, ils viennent de créer un nouveau morceau intitulé «Ligodène Leydimen» qui signifie en français «développons notre patrie». Le mois de juin ne fut pas de tout repos pour Diddal Jaalal. D’ores et déjà, il en sera autant pour juillet ! 

A l’occasion de la Quinzaine des Arts du 18 juin au 2 juillet dernier, Diddal Jaalal a rencontré le groupe toulousain Afrodream de Momar Kane, un sénégalais établi en France. Chacun a découvert en l’autre des affinités, des points communs sur le plan musical. Coup du destin ou pure coïncidence, ces deux groupes ont comme blason la vache. Entre le blues que joue Afrodream de Momar Kane et l’Afronomade que joue Diddal Jaalal, il n’y a quasiment pas de frontières, ou si peu. 

Organisée par Médiation, une structure artistique basée en Europe, la quinzaine des arts fut une occasion grandiose pour Diddal Jaalal de faire des créations internationales avec des groupes comme Afrodream de Momar Kane, Kodé Pinal d’Ousmane Gangué… 

Lors de toutes ces rencontres, les échanges furent enrichissants pour Diddal Jaalal qui venait de franchir une autre étape dans sa professionnalisation. Avec Balléké Cissako, Michaël Delféro, Kenneth String, Old Grey Goose…, Diddal Jaalal a encore une fois montré que c’est un groupe qui bouge en direction des autres, toujours à la quête d’échanges culturels, de nouvelles expériences et de nouvelles connaissances. Bref, à la quête de l’autre. Une des caractéristiques qui fait le charme du groupe ! 

Si, aujourd’hui, Diddal Jaalal commence à conquérir d’autres horizons, c’est grâce au style musical très différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre en Mauritanie. Leur style musical, l’Afronomade, est une musique que partagent des peuples de culture nomade, une musique qui transcende les frontières physiques. Universelle, elle l’est aussi parce qu’on la joue dans de nombreux pays africains. 

Ce succès n’emballe pas pour autant les membres du groupe qui garde la tête sur les épaules. Même si ça leur fait plaisir de découvrir le monde, d’autres cultures, d’autres publics. En l’espace de 8 ans, Diddal Jaalal a beaucoup appris par le biais de leurs voyages à l’extérieur et des relations qu’ils ont su tisser avec d’autres artistes. 

C’est vrai qu’une carrière internationale est toujours agréable et alléchante. On peut même s’attirer quelquefois les foudres de la jalousie ! Dans leur esprit, le travail d’abord avant de penser à l’argent. Ainsi donc, ils sont en train de construire leur propre promotion et leur propre carrière musicale. Chemin nécessaire pour atteindre les sommets de la gloire et de la célébrité. Maintenant, ils comprennent comment fonctionne le monde du showbiz. Leur destin est déjà tout tracé. Il ne leur reste plus qu’à le suivre. Idem pour le succès. Aujourd’hui, la Mauritanie peut compter sur ce groupe artistique hors pair qui a commencé déjà à faire connaître le pays sur le plan international grâce à la musique, la leur ! 

Sans album, ce groupe déjà populaire (chaque année, il joue plus de 200 concerts à l’intérieur du pays !) est en phase de devenir l’un des ambassadeurs de la musique mauritanienne. En attendant la sortie imminente de leur premier album, Diddal Jaalal déguste paisiblement ses succès. Ce n’est que le début d’une histoire, d’une aventure d’une bande de musiciens qui ne rêvent que de conquérir le monde. Mais, une chose : Diddal Jaalal ne pense pas s’établir en Europe pour y promouvoir sa musique ! Leur place est ici en Mauritanie, clament-ils. 

    Ba Djibril Ngawa, artiste peintre                      ba.jpg

Partout où il est, il est tout le temps avec son appareil photo en train d’immortaliser certaines scènes quotidiennes de la vie. Même s’il est en voyage. Il ne s’en débarrasse jamais. Il est aujourd’hui l’un des rares artistes peintres mauritaniens qui utilisent la photographie comme expression artistique. C’est sa vie. Enfant déjà, lorsqu’il voyait quelqu’un avec un appareil photo, il s’émerveillait de joie. L’envie de caresser cet appareil photo s’emparait subitement de lui et envahissait son esprit. 

Adolescent, dans son village, quand il se promenait en pleine nature, il revenait la tête, remplie d’images. Aujourd’hui, il maîtrise aussi bien les techniques de la photographie que celles de la peinture ou du dessein. «La photographie est très négligée en Mauritanie. L’art plastique s’impose. La peinture s’impose. Mais la photographie, elle n’arrive pas à s’imposer», constate-t-il. 

Présentement, il a réalisé plus de dix mille photographies sur la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie et la France. Il croit dur comme fer que la photographie peut participer au rayonnement de l’image de la Mauritanie à l’extérieur. «C’est bien possible car la Mauritanie a de très beaux paysages», croit-il. Cependant, un fait est là : ces paysages sont aujourd’hui négligés. Et, pourtant, ils peuvent contribuer à l’évolution du tourisme culturel en Mauritanie, un concept qui lui est si cher. 

On ne peut pas développer le tourisme culturel, dit-il, sans pour autant que les autorités en charge de la Culture et du Tourisme fassent un effort de bonne volonté en soutenant la production photographique de certains artistes qui réalisent de belles photographies. 

En peinture, il est aussi un maître incontesté. A son actif, plus de 3000 esquisses et une cinquantaine de tableaux. Sa forme d’expression lui a valu d’être surnommé Picasso. Et, surtout, de travailler avec de nombreux artistes étrangers qui admirent en lui ses tableaux toujours riches en couleurs. 

Durant la Quinzaine des Arts qui a eu lieu du 18 juin au 2 juillet, ce fut une délectation pour lui de faire la connaissance d’artistes étrangers avec qui il a réalisé des tableaux. A son avis, il pense que les artistes mauritaniens ont besoin de ce genre de manifestations culturelles pour s’enrichir. «On a beaucoup appris. Les échanges étaient très riches entre les artistes. C’était excellent. On a appris de nouvelles techniques. Cela nous a enrichis», reconnaît-il. 

Durant cette première édition de la Quinzaine des Arts, Ba Djibril Ngawa a travaillé avec Nadia H. Cas, une artiste-peintre française et Diallo Abdoulaye, sur un tableau commun qu’ils ont appelé «Amitié». Avec Myrielle, une mosaïste française, dans «Point d’interrogation sur le futur des mariages», ils s’interrogent, avec le développement des mariages homosexuels, sur l’avenir de l’institution du mariage qui semble être menacé. 

Parallèlement à cela, Ba Djibril Ngawa a exposé à l’Université de Nouakchott, à la Communauté Urbaine de Nouakchott et au Musée National dans le cadre d’une exposition commune à l’occasion de la Quinzaine des arts. «Les frontières», «Le fardeau» et «Vie sur terre» sont ces dernières créations artistiques qui constituent des quêtes permanentes de soi. 

Babacar Baye Ndiaye 

( 16 juillet, 2008 )

Ibrahima Moctar Sarr, Président de l’AJD/MR: »Si le Président de la République est incapable de prendre ses propres responsabilités, nous lui demandons de démissionner et de prendre le peuple à témoin  »

                                                 ims.jpg 

Le Président de l’AJD/MR, Ibrahima Moctar Sarr, a appelé, au cours d’une conférence de presse, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à se ressaisir et à tendre la main aux partis politiques qui veulent faire avancer le pays sur la base d’un programme alternatif. «Quand nous (l’ajd/mr) avons entendu cette déclaration du Président de la République (le 2 juillet, ndlr), nous avons pensé effectivement, qu’il était prêt à prendre ses responsabilités. Mais, force est de constater, que le Président a reculé devant l’exigence des députés », note Ibrahima Moctar Sarr visiblement déçu par la volte-face du Président de la République après avoir menacé de dissoudre l’Assemblée Nationale.

Cette situation, selon lui, a fragilisé le pouvoir et a installé la Mauritanie dans «une crise qui perdure et qui menace la stabilité du pays et la pérennité des institutions ». Cette crise au sommet de l’État a eu pour conséquence directe le retard de la formation du gouvernement bis de Ould Waghef reconduit ipso facto par le Président de la République après avoir rendu le tablier. Depuis plus de dix jours, la Mauritanie est sans gouvernement. «Aujourd’hui encore, nous attendons la formation du prochain gouvernement. Cette situation est vécue par les mauritaniens avec beaucoup d’inquiétudes parce que les tenants et les aboutissements ne sont pas toujours clairs. On va de spéculations en spéculations. Les discussions dans les salons et les rumeurs vont bon train. Rien ne nous indique que la crise est dénouée et que nous allons vers un aboutissement heureux », annonce-t-il.

Ibrahima Moctar Sarr a aussi évoqué la situation économique du pays, caractérisée par le renchérissement du coût de la vie et la paupérisation accrue des populations. «Rien n’est fait pour porter secours à ces populations faibles dans la campagne et les bidonvilles. Ces populations regardent médusées cette situation conflictuelle au niveau du plus haut sommet de l’Etat », s’indigne-t-il.

Le Président de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation ne semble pas être surpris par la situation inquiétante que traverse la Mauritanie depuis la levée de boucliers de certains députés qui avaient menacé de déposer une motion de censure à l’encontre du gouvernement de Yahya Ahmed Ould Waghf si certaines personnalités issues du régime de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya siégeaient encore dans ce gouvernement.

Les raisons d’une telle situation, selon lui, sont à chercher ailleurs. «La manière dont la transition militaire s’est opérée dans ce pays allait conduire nécessairement à une situation comme celle que nous vivons aujourd’hui. La transition militaire qui n’a pas joué le rôle qu’on attendait d’elle a permis l’arrivée au pouvoir d’un homme qui resterait sous leur dévotion. C’est pourquoi ce qui se passe aujourd’hui ne nous étonne pas au niveau de notre parti. Nous l’avions dit et écrit. »

Le Président de la République n’est-il pas le gardien de la Constitution ? N’est-il pas le chef des forces armées ? N’a-t-il pas juré devant le peuple de faire des réformes et d’aller dans le sens du développement de la Mauritanie ?

Autant de faits qui devaient pousser Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, selon Ibrahima Moctar Sarr, à prendre ses responsabilités dès le début de la crise au sommet de l’État. «Ce qui ressemble à une volonté de remettre en cause un gouvernement va au-delà. Il s’agit bel et bien d’une volonté d’amener le Président de la République lui-même à se démarquer », croit le Président de l’ajd/mr. «Qui a intérêt à faire partir le Président de la République ? », se demande-t-il.

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, aux yeux d’Ibrahima Moctar Sarr, a été victime de ses propres erreurs et tactiques stratégiques. «Dans sa volonté de se remettre, de repréciser son pouvoir, après avoir pris des décisions importantes par rapport à l’examen du passif humanitaire, à la loi sur l’esclavage, au retour des déportés, le Président de la République n’a pas trouvé mieux que de faire appel à ceux qui étaient à la base de tous ces problèmes qu’a connus la Mauritanie. »

Ibrahima Moctar Sarr a dû mal à comprendre que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, avec sa volonté de poursuivre les réformes qu’il a entreprises, veuille reprendre les mêmes personnes qui ont fait les mauvais jours de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya pour reconstruire la Mauritanie sur la justice, la démocratie et l’unité. «C’est pourquoi, à ce niveau, nous ne pouvons pas, malgré tout ce qu’il a pris comme réforme et décision, le comprendre dans son attitude. »

Concernant ceux qui réclament tambour battant la tête de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Ibrahima Moctar Sarr est revenu sur ce que tout le monde sait déjà : «Eux-mêmes, ils ne sont pas non aussi propres qu’ils veuillent le faire croire. Beaucoup parmi eux figurent parmi ceux qu’on appelle les « Roumouz El Vessad ». Eux aussi, sont impliqués par le passé dans la gabegie, la forfaiture et certainement dans des crimes contre des mauritaniens. »

Par rapport aux querelles intestines qui dévorent le parti ADIL et qui sont ressenties même jusqu’au sommet de l’État, le Président de l’AJD/MR est sans équivoque. «L’ajd/mr ne peut pas se mettre dans un camp contre l’autre parce qu’il ne s’agit pas de la lutte contre un pouvoir et des opposants potentiels qui veulent faire avancer le pays. Mais, il s’agit d’une lutte pour le contrôle du pouvoir de deux éléments d’un même système. »

En termes plus clairs, l’ajd/mr ne s’alignera pas sur aucun camp. «Nous sommes dans le camp de ceux qui veulent préserver les acquis démocratiques déjà réalisés. Ces acquis qui sont le fruit de la lutte du peuple mauritanien. Qui ne sont pas octroyés par aucune force ! C’est la lutte du peuple mauritanien qui a amené ce que nous avons connu comme avancées sur le plan démocratique. Nous ne souhaitons pas qu’on nous ramène en arrière. »

Ayant constaté que l’actuelle configuration de l’Assemblée Nationale ne reflète pas la réalité politique, Ibrahima Moctar Sarr a demandé ipso facto la dissolution immédiate de cette institution. «L’Assemblée Nationale a été élue avant l’élection présidentielle, rappelle-t-il. Cela a donné une autre réalité géopolitique. Les députés qui siègent actuellement à l’Assemblée Nationale ne reflètent pas véritablement la configuration (politique) du pays. »

Le Président de la République va-t-il revenir sur sa décision de dissoudre l’assemblée nationale après avoir fait volte-face devant l’intransigeance de certains députés à faire tomber le gouvernement de Ould Waghf ?

Si c’est l’option susceptible de faire sortir le pays de cette crise au sommet de l’État, il n’y aurait pas d’inconvénient à ce que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi fasse usage de l’article 31 de la Constitution qui lui permet de dissoudre l’Assemblée Nationale, après consultation du Premier Ministre et des Présidents des Assemblées.

D’ici là, le Président de l’AJD/MR peut prendre son chapelet et prier pour que le Président de la République procède à la dissolution de l’Assemblée Nationale.

Babacar Baye Ndiaye

|