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( 16 juillet, 2008 )

Ibrahima Moctar Sarr, Président de l’AJD/MR: »Si le Président de la République est incapable de prendre ses propres responsabilités, nous lui demandons de démissionner et de prendre le peuple à témoin  »

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Le Président de l’AJD/MR, Ibrahima Moctar Sarr, a appelé, au cours d’une conférence de presse, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à se ressaisir et à tendre la main aux partis politiques qui veulent faire avancer le pays sur la base d’un programme alternatif. «Quand nous (l’ajd/mr) avons entendu cette déclaration du Président de la République (le 2 juillet, ndlr), nous avons pensé effectivement, qu’il était prêt à prendre ses responsabilités. Mais, force est de constater, que le Président a reculé devant l’exigence des députés », note Ibrahima Moctar Sarr visiblement déçu par la volte-face du Président de la République après avoir menacé de dissoudre l’Assemblée Nationale.

Cette situation, selon lui, a fragilisé le pouvoir et a installé la Mauritanie dans «une crise qui perdure et qui menace la stabilité du pays et la pérennité des institutions ». Cette crise au sommet de l’État a eu pour conséquence directe le retard de la formation du gouvernement bis de Ould Waghef reconduit ipso facto par le Président de la République après avoir rendu le tablier. Depuis plus de dix jours, la Mauritanie est sans gouvernement. «Aujourd’hui encore, nous attendons la formation du prochain gouvernement. Cette situation est vécue par les mauritaniens avec beaucoup d’inquiétudes parce que les tenants et les aboutissements ne sont pas toujours clairs. On va de spéculations en spéculations. Les discussions dans les salons et les rumeurs vont bon train. Rien ne nous indique que la crise est dénouée et que nous allons vers un aboutissement heureux », annonce-t-il.

Ibrahima Moctar Sarr a aussi évoqué la situation économique du pays, caractérisée par le renchérissement du coût de la vie et la paupérisation accrue des populations. «Rien n’est fait pour porter secours à ces populations faibles dans la campagne et les bidonvilles. Ces populations regardent médusées cette situation conflictuelle au niveau du plus haut sommet de l’Etat », s’indigne-t-il.

Le Président de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation ne semble pas être surpris par la situation inquiétante que traverse la Mauritanie depuis la levée de boucliers de certains députés qui avaient menacé de déposer une motion de censure à l’encontre du gouvernement de Yahya Ahmed Ould Waghf si certaines personnalités issues du régime de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya siégeaient encore dans ce gouvernement.

Les raisons d’une telle situation, selon lui, sont à chercher ailleurs. «La manière dont la transition militaire s’est opérée dans ce pays allait conduire nécessairement à une situation comme celle que nous vivons aujourd’hui. La transition militaire qui n’a pas joué le rôle qu’on attendait d’elle a permis l’arrivée au pouvoir d’un homme qui resterait sous leur dévotion. C’est pourquoi ce qui se passe aujourd’hui ne nous étonne pas au niveau de notre parti. Nous l’avions dit et écrit. »

Le Président de la République n’est-il pas le gardien de la Constitution ? N’est-il pas le chef des forces armées ? N’a-t-il pas juré devant le peuple de faire des réformes et d’aller dans le sens du développement de la Mauritanie ?

Autant de faits qui devaient pousser Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, selon Ibrahima Moctar Sarr, à prendre ses responsabilités dès le début de la crise au sommet de l’État. «Ce qui ressemble à une volonté de remettre en cause un gouvernement va au-delà. Il s’agit bel et bien d’une volonté d’amener le Président de la République lui-même à se démarquer », croit le Président de l’ajd/mr. «Qui a intérêt à faire partir le Président de la République ? », se demande-t-il.

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, aux yeux d’Ibrahima Moctar Sarr, a été victime de ses propres erreurs et tactiques stratégiques. «Dans sa volonté de se remettre, de repréciser son pouvoir, après avoir pris des décisions importantes par rapport à l’examen du passif humanitaire, à la loi sur l’esclavage, au retour des déportés, le Président de la République n’a pas trouvé mieux que de faire appel à ceux qui étaient à la base de tous ces problèmes qu’a connus la Mauritanie. »

Ibrahima Moctar Sarr a dû mal à comprendre que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, avec sa volonté de poursuivre les réformes qu’il a entreprises, veuille reprendre les mêmes personnes qui ont fait les mauvais jours de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya pour reconstruire la Mauritanie sur la justice, la démocratie et l’unité. «C’est pourquoi, à ce niveau, nous ne pouvons pas, malgré tout ce qu’il a pris comme réforme et décision, le comprendre dans son attitude. »

Concernant ceux qui réclament tambour battant la tête de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Ibrahima Moctar Sarr est revenu sur ce que tout le monde sait déjà : «Eux-mêmes, ils ne sont pas non aussi propres qu’ils veuillent le faire croire. Beaucoup parmi eux figurent parmi ceux qu’on appelle les « Roumouz El Vessad ». Eux aussi, sont impliqués par le passé dans la gabegie, la forfaiture et certainement dans des crimes contre des mauritaniens. »

Par rapport aux querelles intestines qui dévorent le parti ADIL et qui sont ressenties même jusqu’au sommet de l’État, le Président de l’AJD/MR est sans équivoque. «L’ajd/mr ne peut pas se mettre dans un camp contre l’autre parce qu’il ne s’agit pas de la lutte contre un pouvoir et des opposants potentiels qui veulent faire avancer le pays. Mais, il s’agit d’une lutte pour le contrôle du pouvoir de deux éléments d’un même système. »

En termes plus clairs, l’ajd/mr ne s’alignera pas sur aucun camp. «Nous sommes dans le camp de ceux qui veulent préserver les acquis démocratiques déjà réalisés. Ces acquis qui sont le fruit de la lutte du peuple mauritanien. Qui ne sont pas octroyés par aucune force ! C’est la lutte du peuple mauritanien qui a amené ce que nous avons connu comme avancées sur le plan démocratique. Nous ne souhaitons pas qu’on nous ramène en arrière. »

Ayant constaté que l’actuelle configuration de l’Assemblée Nationale ne reflète pas la réalité politique, Ibrahima Moctar Sarr a demandé ipso facto la dissolution immédiate de cette institution. «L’Assemblée Nationale a été élue avant l’élection présidentielle, rappelle-t-il. Cela a donné une autre réalité géopolitique. Les députés qui siègent actuellement à l’Assemblée Nationale ne reflètent pas véritablement la configuration (politique) du pays. »

Le Président de la République va-t-il revenir sur sa décision de dissoudre l’assemblée nationale après avoir fait volte-face devant l’intransigeance de certains députés à faire tomber le gouvernement de Ould Waghf ?

Si c’est l’option susceptible de faire sortir le pays de cette crise au sommet de l’État, il n’y aurait pas d’inconvénient à ce que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi fasse usage de l’article 31 de la Constitution qui lui permet de dissoudre l’Assemblée Nationale, après consultation du Premier Ministre et des Présidents des Assemblées.

D’ici là, le Président de l’AJD/MR peut prendre son chapelet et prier pour que le Président de la République procède à la dissolution de l’Assemblée Nationale.

Babacar Baye Ndiaye

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